printemps 2017 - Akiho et Arame
Une jolie petite histoire
juste à côté de l'autre,
une parenthèse en forme de rencontres,
qui nous permet de danser autrement ce premier duo
Une histoire en marge de l’histoire,
de ces rencontres simples et belles que je ne peux que partager avec vous.
Le temps d'un ou deux articles, je vais faire un tout petit pas de côté.
pour vous parler de Akiho et Arame.
À l’origine de cette aventure,
Edwige, une collègue (au cv certain) qui me recommande à une parente
qui cherche des danseurs pour porter des kimonos.
Elle m’explique qu’il n’y a pas de budget donc ça serait peut-être plus un projet pour mes élèves
mais que ça a l’air très intéressant.
Je l’autorise à laisser mes coordonnées à Gillian, la fameuse parente,
qui me contacte le 2 février pour me parler de tout ça.
Gillian travaille avec Jean-Louis Garcin, artiste peintre plasticien,
qui a en tête de transférer sur des kimonos son univers coloré.
Il voudrait les mettre en mouvement et filmer le tout.
Je tarde à répondre, emboucanné en ce milieu d’hiver, par une banale petite grippe,
elle me trouve sur Facebook et ne lâche rien :
nouveau message
(que je viens de relire et qui me fait bien rire car à l’époque, elle me vouvoyait encore …)
On convient d’un rendez-vous à l’atelier Dinosart, où Jean-Louis peint et donne quelques cours.
Ce sera le 21 février … à 9h30.
(voilà une chose qu’elle ne ferait plus car maintenant elle sait que pour être sûr de me rencontrer de bonne humeur, il vaut mieux attendre 11h)
Quand j’arrive (plutôt vers 10h), ils sont déjà là, bien réveillés.
Autour d’un café, ils me racontent un peu qui ils sont et ce dont ils ont envie.
Jean-Louis parle … comme un artiste.
Il y a de la passion dans la voix,
et quelque chose de tellement authentique que je sais déjà que quoiqu’il arrive je ferai le projet.
Je le sens intimidé parce que je ne dis pas grand chose.
En fait, je l’écoute et je suis touché.
Je sais exactement ce que c’est que d’être dans cette position de « demandeur ».
Je voudrais trouver les mots pour qu’il sache que ça ira, que tout va bien mais rien ne vient.
(trop tôt, je vous dis …)
Il me montre des tentatives précédentes de mise en image de son univers.
Vidéos d’une mannequin qui marche dans la nature, quelques jolis essais subaquatiques,
je comprends qu’il a envie d’autre chose, de plus de mouvement,
d’une autre création pour ces créations,
dans ces créations.
On fait un tour de ses peintures,
puis Gillian me montre des maquettes des kimonos
C’est donc vêtu de ces splendides oeuvres d’art que j’interviendrai.
Gillian lui a parlé de mon univers musical.
Sur mon site (où vous pouvez aller aussi en suivant ce lien), il a écouté des choses qui l’ont touchées.
Ce sera donc une participation chorégraphique, et musicale.
Peut-être une création ?
Si l’inspiration vient (et que le temps le permet), sinon on puisera dans l’existant.
Je ne suis pas sûr que l’on soit sur la même longueur d’ondes
mais ce qu’il me dit et comment il le dit me plait vraiment.
J’y entends l’amour de son art, son besoin de le partager, la modestie, la sincérité.
J’y sens un vrai désir de mettre en commun ce que l’on fait de mieux,
avec un réel souci que chacun y trouve sa place.
On part sur un tournage en juin,
période qui est la plus calme pour nous tous.
On se quitte contents de s’être rencontrés.
Gillian m’enverra la maquette des kimonos dès que possible.
Le rendez-vous suivant se fait avec Anaïs.
Le mardi 4 avril,
(et cette fois-ci … vers 11h)
pour tester les kimonos qui sont fin prêts.
La conversation est bien plus détendue,
ponctuée par le rire d’Anaïs, bon public à nos blagues vaseuses.
On essaye les créations, esquissant quelques mouvements dansés,
c’est toujours étonnant de voir se matéraliser quelque chose né dans l’esprit de quelqu’un …
Pas de soucis de taille.
Reste à tester plus concrètement dans le mouvement, ces vestes amples aux manches découpées
mais rien ne semble vraiment impossible.
Au vu de nos agendas, le week-end de libre que nous avons tous en commun est celui du 18 juin.
On le bloque et ma foi, l’affaire parait bien engagée.
Nous traversons le printemps chacun de notre côté poursuivant nos aventures personnelles.
Après avoir créé et dansé « à l’heure du thé » dont je vous parlais dans les articles précédents,
je me remets à penser à ce projet.
Je décide de rester sur ce duo.
Parce que la danse que nous venons de traverser, convient aussi à cette nouvelle histoire.
Même musique, autre décor, autres costumes.
Il faut clairement signifier la différence des situations.
Je change le début.
Exit la préparation du thé.
En plus, avec ces kimonos qui rappellent le Japon,
ma façon de préparer le thé qui est plutôt chinoise est hors sujet et je déteste ce genre d’approximations.
Comme en plus Jean-Louis m’a dit dès notre premier rendez-vous qu’il ne cherchait pas quelque chose d’extrême oriental, il faut garder le mouvement en effaçant le cadre.
En revanche, ces mouvements de bras que j’appelle les « spirales » (et dont je vous ai déjà parlé),
se prêteraient bien à ce type de vêtements.
À tester avec Anaïs.
Le mardi 13 juin,
j’ai rendez-vous … vers 11h-11h30
pour récupérer les kimonos qui entre temps ont été exposés un peu ailleurs en France et en Suisse.
J’arrive là-bas vers 13h30 suite à une discussion intempestive au théâtre des Chartreux
où j’étais allé ramener une table.
Je l’avais empruntée le vendredi précédent pour danser à nouveau « l’heure du thé » sur le port de la Ciotat
à l’invitation de l’école Backstage
qui nous a bien aidés pour les répétitions de « In Wei » cet automne.
Les kimonos sont assortis de ceintures,
à utiliser ou pas …
On rit avec Gillian en imaginant une scène dite de la « toupie » où je déroulerais la ceinture d’Anaïs à toute vitesse ayant auparavant, saucissonné ma collègue façon roti de veau sans gras autour.
Mais en réfléchissant un peu plus sérieusement,
à vitesse normale,
l’idée n’est pas mauvaise.
À tester sur Anaïs.
Le tournage est prévu pour samedi.
Je propose à ma partenaire de jeu, deux répétitions.
Une le mercredi matin, et une autre le jeudi après-midi.
(et comme presque tout le temps, elle dit « ok » en souriant)
Mercredi 10h15,
on se retrouve dans ce studio où nous avons créé « l’heure du thé ».
Pour une fois, j’arrive le premier,
et j’en profite pour créer un courant d’air dans cette salle, heureusement à l’ombre,
mais où la chaleur anormalement forte ces jours-là, aime bien s’installer jusque dans les recoins.
Depuis le lundi, j’ai une douleur qui se balade autour de la hanche gauche,
juste au dessus pour être plus précis.
Ça m’inquiète un peu.
Je sens qu’il y a quelque chose en préparation mais ça ne s’est pas encore clairement présenté …
Anaïs arrive à peine plus tard, fatiguée de sa grosse journée du mardi
(je vous ai expliqué pourquoi quelque part par ici).
On parle un peu de notre début de semaine,
on pense à Sabine,
qui est la personne qui a conseillé à Anaïs de passer me voir quand elle rentrait du Canada
(je ne la remercierai jamais assez),
c’est son anniversaire aujourd’hui.
Je lui annonce le programme :
vague échauffement,
duo à l’économie juste pour voir où cela peut coincer avec les kimonos,
tentatives des deux idées dont je vous parlais tout à l’heure.
Après s’être à peu près réveillé dans le mouvement,
on tente « l’heure du thé » en kimonos et … surprise … tout passe.
Cela nous arrange bien, parce qu’entre la fatigue, la chaleur qui arrive et ma douleur dans le dos,
savoir qu’on peut tout garder en l’état, est assez reposant.
On essaie avec et sans ceinture et c’est l’option « avec » qui l’emporte.
Cela évite de se perdre dans le tissu dans certains mouvements.
On peut donc tout de suite tester les deux autres hypothèses.
D’abord les spirales.
On reprend la phrase que l’on fait chacun de son côté dans le duo
mais je mets mes bras dans les manches du kimono d'Anaïs en me plaçant derrière elle,
l'idée étant qu’elle se laisse guider par ce que fait son costume,
ses bras au dessous des miens suspendus dans les manches.
On travaille autour de tout ça,
mais je vois que cette jeune femme ne se laisse pas faire …
Et après lui avoir rappelé une fois ou deux que j’étais censé guider,
je laisse « un peu » tomber l’idée de base (du moins pour le moment).
La phrase se raconte à deux, dirigée par l’un ou par l’autre selon le moment.
Je me sers du début de la musique d’ « à l’heure du thé »
en espérant secrètement que cette nouvelle danse ait exactement la même durée que le temps d’attente d'Anaïs avant qu'elle n'attaque le duo original.
Évidemment, ça ne marche pas.
La danse est plus longue.
Il va falloir que j’en parle au compositeur …
On filme pour que Gillian et Jean-Louis aient une idée de ce que ça peut donner
(et aussi, pour que le compositeur puisse faire quelque chose)
puis on passe l’autre hypothèse.
Alors pour cette autre idée, les choses se compliquent.
Déjà, l’option « toupie » même au ralenti, ne fonctionne pas :
la ceinture est trop courte pour que ça soit réellement intéressant.
En revanche, je me dis qu’imaginer le film à l’envers est du domaine du possible :
enrouler la ceinture autour de la taille d’Anaïs, qui sur un point fixe, n’a qu’à lever les bras à chaque passage de la ceinture sur ses hanches.
De là me vient une autre idée : je peux lui mettre le kimono !
Je propose la scène à Anaïs :
je lui présente le kimono,
elle met une première manche,
une seconde,
et on enchaîne sur l’histoire de la ceinture.
On tente.
Première manche, pas de problème.
Seconde manche, ça bloque.
Comme cette partie du vêtement n’est pas faite d’un seul tenant,
la main d'Anaïs se perd dans les creux, dans les autres sorties.
On galère,
mais qu’est-ce qu’on rit ! …
Finalement, après moult essais, on trouve un système qui fonctionne plutôt bien.
On filme.
Là encore,
(et même plus que pour l’autre option), il va falloir que le compositeur fasse quelque chose,
car je n’ai plus de musique du tout.
Je me sers pour le travail de celle du duo mais je sais déjà qu’elle est complètement utilisée par la danse originale
et par la fin de ce que l’on a créé juste avant.
En tous cas, pour la danse, ça marche.
D’autant que c’est pour une vidéo et qu’on pourra s’offrir le luxe de refaire en cas d’erreur …
Je décide d’annuler la seconde répétition.
Ça permettra au compositeur de travailler la musique.
Et puis s'il fait déjà chaud en fin de matinée, ça risque d'être intenable demain après-midi.
On se quitte vers 12h30.
Moi plus confiant qu’Anaïs …
Comme pour les autres répétions …
Le jeudi, je me suis donc transformé en « compositeur »
Pour caser la première hypothèse dont je vous parlais tout à l’heure,
j’ai d’abord rallongé l’introduction de la musique originale en gardant les notes et la texture des nappes de synthé de fond ainsi que quelques éléments des percussions électroniques.
Je réagence le tout dans une version musicale voisine.
Je teste sur la vidéo pour voir comment cela fonctionne avec la danse.
C’est possible :
Ensuite, je m’attaque à « l’habillage d’Anaïs ».
En revisionnant, je me rends compte qu’on doit pouvoir faire les choses plus tranquillement.
Je range ma casquette de compositeur le temps de créer la vidéo de la version dansée idéale,
en jouant sur les vitesses des mouvements de ce qu’on a filmé.
Une fois la nouvelle durée obtenue, j’invente une atmosphère musicale nouvelle en gardant la même nappe de synthé que la v.o que je ralentis jusqu’à ne pouvoir utiliser que deux notes.
Je laisse naître cette nouvelle ligne de basse sur du vent et je crée au dessus une mélodie à partir des notes de la musique originale.
Dans ma tête, elle sonne bien en percussions, un peu « boisées » : des xylophones ? des marimbas ?
Mais ce que me propose mon ordinateur pour ces instruments ne me convient pas.
Finalement, je choisis un carillon.
Mes cercles autour d’Anaïs me font penser à une horloge.
J’utilise une percussion électronique qui rappelle un tic tac et je la garde jusqu’à la fin avec dans l’idée que la musique s’arrête à la fin de mes cercles.
Je tente une juxtaposition avec la nouvelle version vidéo.
Il faudra s’adapter, mais c’est tout à fait jouable.
Je fignole tout ça le vendredi.
Nous sommes prêts pour le tournage.
Rendez-vous à Auriol, devant le collège
à 8h30 !
Rude.
C’est le seul adjectif qui me vient à l’esprit.
Au fait, peut-être vous posez-vous la question.
Qui sont Akiho et Arame ?
Ce sont les kimonos,
car oui, Jean-Louis Garcin les a baptisés.
juste à côté de l'autre,
une parenthèse en forme de rencontres,
qui nous permet de danser autrement ce premier duo
de ces rencontres simples et belles que je ne peux que partager avec vous.
Le temps d'un ou deux articles, je vais faire un tout petit pas de côté.
pour vous parler de Akiho et Arame.
À l’origine de cette aventure,
Edwige, une collègue (au cv certain) qui me recommande à une parente
qui cherche des danseurs pour porter des kimonos.
Elle m’explique qu’il n’y a pas de budget donc ça serait peut-être plus un projet pour mes élèves
mais que ça a l’air très intéressant.
Je l’autorise à laisser mes coordonnées à Gillian, la fameuse parente,
qui me contacte le 2 février pour me parler de tout ça.
Gillian travaille avec Jean-Louis Garcin, artiste peintre plasticien,
qui a en tête de transférer sur des kimonos son univers coloré.
Il voudrait les mettre en mouvement et filmer le tout.
Je tarde à répondre, emboucanné en ce milieu d’hiver, par une banale petite grippe,
elle me trouve sur Facebook et ne lâche rien :
nouveau message
(que je viens de relire et qui me fait bien rire car à l’époque, elle me vouvoyait encore …)
On convient d’un rendez-vous à l’atelier Dinosart, où Jean-Louis peint et donne quelques cours.
Ce sera le 21 février … à 9h30.
(voilà une chose qu’elle ne ferait plus car maintenant elle sait que pour être sûr de me rencontrer de bonne humeur, il vaut mieux attendre 11h)
Quand j’arrive (plutôt vers 10h), ils sont déjà là, bien réveillés.
Autour d’un café, ils me racontent un peu qui ils sont et ce dont ils ont envie.
Jean-Louis parle … comme un artiste.
Il y a de la passion dans la voix,
et quelque chose de tellement authentique que je sais déjà que quoiqu’il arrive je ferai le projet.
Je le sens intimidé parce que je ne dis pas grand chose.
En fait, je l’écoute et je suis touché.
Je sais exactement ce que c’est que d’être dans cette position de « demandeur ».
Je voudrais trouver les mots pour qu’il sache que ça ira, que tout va bien mais rien ne vient.
(trop tôt, je vous dis …)
Il me montre des tentatives précédentes de mise en image de son univers.
Vidéos d’une mannequin qui marche dans la nature, quelques jolis essais subaquatiques,
je comprends qu’il a envie d’autre chose, de plus de mouvement,
d’une autre création pour ces créations,
dans ces créations.
On fait un tour de ses peintures,
puis Gillian me montre des maquettes des kimonos
C’est donc vêtu de ces splendides oeuvres d’art que j’interviendrai.
Gillian lui a parlé de mon univers musical.
Sur mon site (où vous pouvez aller aussi en suivant ce lien), il a écouté des choses qui l’ont touchées.
Ce sera donc une participation chorégraphique, et musicale.
Peut-être une création ?
Si l’inspiration vient (et que le temps le permet), sinon on puisera dans l’existant.
Je ne suis pas sûr que l’on soit sur la même longueur d’ondes
mais ce qu’il me dit et comment il le dit me plait vraiment.
J’y entends l’amour de son art, son besoin de le partager, la modestie, la sincérité.
J’y sens un vrai désir de mettre en commun ce que l’on fait de mieux,
avec un réel souci que chacun y trouve sa place.
On part sur un tournage en juin,
période qui est la plus calme pour nous tous.
On se quitte contents de s’être rencontrés.
Gillian m’enverra la maquette des kimonos dès que possible.
Le rendez-vous suivant se fait avec Anaïs.
Le mardi 4 avril,
(et cette fois-ci … vers 11h)
pour tester les kimonos qui sont fin prêts.
La conversation est bien plus détendue,
ponctuée par le rire d’Anaïs, bon public à nos blagues vaseuses.
On essaye les créations, esquissant quelques mouvements dansés,
c’est toujours étonnant de voir se matéraliser quelque chose né dans l’esprit de quelqu’un …
Pas de soucis de taille.
Reste à tester plus concrètement dans le mouvement, ces vestes amples aux manches découpées
mais rien ne semble vraiment impossible.
Au vu de nos agendas, le week-end de libre que nous avons tous en commun est celui du 18 juin.
On le bloque et ma foi, l’affaire parait bien engagée.
Nous traversons le printemps chacun de notre côté poursuivant nos aventures personnelles.
Après avoir créé et dansé « à l’heure du thé » dont je vous parlais dans les articles précédents,
je me remets à penser à ce projet.
Je décide de rester sur ce duo.
Parce que la danse que nous venons de traverser, convient aussi à cette nouvelle histoire.
Même musique, autre décor, autres costumes.
Il faut clairement signifier la différence des situations.
Je change le début.
Exit la préparation du thé.
En plus, avec ces kimonos qui rappellent le Japon,
ma façon de préparer le thé qui est plutôt chinoise est hors sujet et je déteste ce genre d’approximations.
Comme en plus Jean-Louis m’a dit dès notre premier rendez-vous qu’il ne cherchait pas quelque chose d’extrême oriental, il faut garder le mouvement en effaçant le cadre.
En revanche, ces mouvements de bras que j’appelle les « spirales » (et dont je vous ai déjà parlé),
se prêteraient bien à ce type de vêtements.
À tester avec Anaïs.
Le mardi 13 juin,
j’ai rendez-vous … vers 11h-11h30
pour récupérer les kimonos qui entre temps ont été exposés un peu ailleurs en France et en Suisse.
J’arrive là-bas vers 13h30 suite à une discussion intempestive au théâtre des Chartreux
où j’étais allé ramener une table.
Je l’avais empruntée le vendredi précédent pour danser à nouveau « l’heure du thé » sur le port de la Ciotat
à l’invitation de l’école Backstage
qui nous a bien aidés pour les répétitions de « In Wei » cet automne.
Les kimonos sont assortis de ceintures,
à utiliser ou pas …
On rit avec Gillian en imaginant une scène dite de la « toupie » où je déroulerais la ceinture d’Anaïs à toute vitesse ayant auparavant, saucissonné ma collègue façon roti de veau sans gras autour.
Mais en réfléchissant un peu plus sérieusement,
à vitesse normale,
l’idée n’est pas mauvaise.
À tester sur Anaïs.
Le tournage est prévu pour samedi.
Je propose à ma partenaire de jeu, deux répétitions.
Une le mercredi matin, et une autre le jeudi après-midi.
(et comme presque tout le temps, elle dit « ok » en souriant)
Mercredi 10h15,
on se retrouve dans ce studio où nous avons créé « l’heure du thé ».
Pour une fois, j’arrive le premier,
et j’en profite pour créer un courant d’air dans cette salle, heureusement à l’ombre,
mais où la chaleur anormalement forte ces jours-là, aime bien s’installer jusque dans les recoins.
Depuis le lundi, j’ai une douleur qui se balade autour de la hanche gauche,
juste au dessus pour être plus précis.
Ça m’inquiète un peu.
Je sens qu’il y a quelque chose en préparation mais ça ne s’est pas encore clairement présenté …
Anaïs arrive à peine plus tard, fatiguée de sa grosse journée du mardi
(je vous ai expliqué pourquoi quelque part par ici).
On parle un peu de notre début de semaine,
on pense à Sabine,
qui est la personne qui a conseillé à Anaïs de passer me voir quand elle rentrait du Canada
(je ne la remercierai jamais assez),
c’est son anniversaire aujourd’hui.
Je lui annonce le programme :
vague échauffement,
duo à l’économie juste pour voir où cela peut coincer avec les kimonos,
tentatives des deux idées dont je vous parlais tout à l’heure.
Après s’être à peu près réveillé dans le mouvement,
on tente « l’heure du thé » en kimonos et … surprise … tout passe.
Cela nous arrange bien, parce qu’entre la fatigue, la chaleur qui arrive et ma douleur dans le dos,
savoir qu’on peut tout garder en l’état, est assez reposant.
On essaie avec et sans ceinture et c’est l’option « avec » qui l’emporte.
Cela évite de se perdre dans le tissu dans certains mouvements.
On peut donc tout de suite tester les deux autres hypothèses.
D’abord les spirales.
On reprend la phrase que l’on fait chacun de son côté dans le duo
mais je mets mes bras dans les manches du kimono d'Anaïs en me plaçant derrière elle,
l'idée étant qu’elle se laisse guider par ce que fait son costume,
ses bras au dessous des miens suspendus dans les manches.
On travaille autour de tout ça,
mais je vois que cette jeune femme ne se laisse pas faire …
Et après lui avoir rappelé une fois ou deux que j’étais censé guider,
je laisse « un peu » tomber l’idée de base (du moins pour le moment).
La phrase se raconte à deux, dirigée par l’un ou par l’autre selon le moment.
Je me sers du début de la musique d’ « à l’heure du thé »
en espérant secrètement que cette nouvelle danse ait exactement la même durée que le temps d’attente d'Anaïs avant qu'elle n'attaque le duo original.
Évidemment, ça ne marche pas.
La danse est plus longue.
Il va falloir que j’en parle au compositeur …
On filme pour que Gillian et Jean-Louis aient une idée de ce que ça peut donner
(et aussi, pour que le compositeur puisse faire quelque chose)
puis on passe l’autre hypothèse.
Alors pour cette autre idée, les choses se compliquent.
Déjà, l’option « toupie » même au ralenti, ne fonctionne pas :
la ceinture est trop courte pour que ça soit réellement intéressant.
En revanche, je me dis qu’imaginer le film à l’envers est du domaine du possible :
enrouler la ceinture autour de la taille d’Anaïs, qui sur un point fixe, n’a qu’à lever les bras à chaque passage de la ceinture sur ses hanches.
De là me vient une autre idée : je peux lui mettre le kimono !
Je propose la scène à Anaïs :
je lui présente le kimono,
elle met une première manche,
une seconde,
et on enchaîne sur l’histoire de la ceinture.
On tente.
Première manche, pas de problème.
Seconde manche, ça bloque.
Comme cette partie du vêtement n’est pas faite d’un seul tenant,
la main d'Anaïs se perd dans les creux, dans les autres sorties.
On galère,
mais qu’est-ce qu’on rit ! …
Finalement, après moult essais, on trouve un système qui fonctionne plutôt bien.
On filme.
Là encore,
(et même plus que pour l’autre option), il va falloir que le compositeur fasse quelque chose,
car je n’ai plus de musique du tout.
Je me sers pour le travail de celle du duo mais je sais déjà qu’elle est complètement utilisée par la danse originale
et par la fin de ce que l’on a créé juste avant.
En tous cas, pour la danse, ça marche.
D’autant que c’est pour une vidéo et qu’on pourra s’offrir le luxe de refaire en cas d’erreur …
Je décide d’annuler la seconde répétition.
Ça permettra au compositeur de travailler la musique.
Et puis s'il fait déjà chaud en fin de matinée, ça risque d'être intenable demain après-midi.
On se quitte vers 12h30.
Moi plus confiant qu’Anaïs …
Comme pour les autres répétions …
Le jeudi, je me suis donc transformé en « compositeur »
Pour caser la première hypothèse dont je vous parlais tout à l’heure,
j’ai d’abord rallongé l’introduction de la musique originale en gardant les notes et la texture des nappes de synthé de fond ainsi que quelques éléments des percussions électroniques.
Je réagence le tout dans une version musicale voisine.
Je teste sur la vidéo pour voir comment cela fonctionne avec la danse.
C’est possible :
Ensuite, je m’attaque à « l’habillage d’Anaïs ».
En revisionnant, je me rends compte qu’on doit pouvoir faire les choses plus tranquillement.
Je range ma casquette de compositeur le temps de créer la vidéo de la version dansée idéale,
en jouant sur les vitesses des mouvements de ce qu’on a filmé.
Une fois la nouvelle durée obtenue, j’invente une atmosphère musicale nouvelle en gardant la même nappe de synthé que la v.o que je ralentis jusqu’à ne pouvoir utiliser que deux notes.
Je laisse naître cette nouvelle ligne de basse sur du vent et je crée au dessus une mélodie à partir des notes de la musique originale.
Dans ma tête, elle sonne bien en percussions, un peu « boisées » : des xylophones ? des marimbas ?
Mais ce que me propose mon ordinateur pour ces instruments ne me convient pas.
Finalement, je choisis un carillon.
Mes cercles autour d’Anaïs me font penser à une horloge.
J’utilise une percussion électronique qui rappelle un tic tac et je la garde jusqu’à la fin avec dans l’idée que la musique s’arrête à la fin de mes cercles.
Je tente une juxtaposition avec la nouvelle version vidéo.
Il faudra s’adapter, mais c’est tout à fait jouable.
Je fignole tout ça le vendredi.
Nous sommes prêts pour le tournage.
Rendez-vous à Auriol, devant le collège
à 8h30 !
Rude.
C’est le seul adjectif qui me vient à l’esprit.
Au fait, peut-être vous posez-vous la question.
Qui sont Akiho et Arame ?
Ce sont les kimonos,
car oui, Jean-Louis Garcin les a baptisés.




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