21-24/08/2017 - le stage de la WeiDanceCompany
Quatre soirs de danse en petit comité,
avec des vieilles connaissances jeunes,
dans ces ambiances que peuvent générer
les amateurs éclairés.
Dimanche 26 novembre
17h,
Dans ma fidèle 107 (Florence pour les intimes), je suis sur l’autoroute entre Tarbes et Toulouse,
de retour d’un stage bien agréable pendant lequel j’ai fait traverser quelques phrases de la future création
à de belles personnes dansantes.
Les plus avancés ont goûté à ce qui devrait être dansé à mi parcours des « Chroniques formosanes » sur scène pendant qu’une vidéo du voyage en ferry de Gushan à Cijin sera projetée.
Les autres ont dansé ce qui se passera probablement vers la fin de la pièce.
Une danse que j’avais aussi partagée avec des taïwanais lors d’un stage organisé par la WeiDanceCompany
il y a maintenant plus de trois mois …
« times flies » comme on dit ….
Et justement,
peut-être avez-vous oublié, pendant ces trois mois, tous ces lieux et ces noms auxquels vous vous étiez familiarisés ?
En cas de doute, sachez qu'il y a une colonne cachée à la gauche de la page du blog
sur laquelle vous trouverez une liste de mots clés qui devraient vous rafraîchir la mémoire.
Pour qu'elle apparaisse,
il faut cliquer sur les trois petits traits en haut à gauche
et sous le vocable « libellés » apparaitra un joli nuage de mots.
Bonne exploration.
Ça y est ?
Vous vous souvenez ?
Gushan? Cijin ?
Alors nous pouvons parler ensemble du stage de la WeiDanceCompany.
Pour cela il faut remonter quelques mois en arrière,
au lundi 21 août, vers 16h30.
Je suis arrivé à la Tsoying Senior High School
où je vais rencontrer pour la première fois les nouveaux arrivés,
les « freshmen » comme on les appelle ici.
Dans le bus, qui m’a amené au lycée, je me suis rendu compte que la carte téléphonique prépayée
que j'avais acheté à l’aéroport un mois plus tôt était expirée.
Donc plus de téléphone ni d’internet,
à moins de me connecter à un réseau Wifi gratuit,
ce que je fais depuis la salle des professeurs du lycée.
Pendant que je dis bonjour à mes amis européens,
je reçois un message d’Ha Bao qui répond à la question que je lui ai posé avant de partir de l’appart :
« where do we meet ? »
car aujourd’hui, après Tsoying, j’attaque le stage organisé par la WeiDanceCompany,
et c’est Ha Bao qui m’emmène au studio où se déroulera le cours.
On va donc y aller en scooter
mais d’où partirons-nous ? :
« PM 06:30. KRT 獅甲 gate 3 »
Les ennuis commencent.
Je ne sais pas où est 獅甲,
mais je crois que KRT c’est le métro (quelque chose comme Kaohsiung Rapid Transport),
le « gate 3 » qui m’indique un numéro de sortie que je dois emprunter en est un second indice.
Une station de métro donc, mais laquelle ? Je chercherai plus tard.
Pour l'instant mon principal souci est « PM 06:30 »
18h30.
Ça, c’est plus que problématique.
D’abord, parce que je croyais que le stage commençait à 19h30
(et dans ce cas, me donner rendez-vous une heure avant me parait quand même un peu excessif)
mais surtout
parce que j’ai cours au lycée jusqu’à .. 18h30.
Avant d’aller rejoindre mes jeunes nouveaux élèves, je préviens donc Cheng Wei des embrouilles en vue :
« Alors …
mister D
comme je te l’ai dit,
j’ai cours à Tsoying de 17h à 18h30.
Ha Bao vient de m’envoyer un message me disant qu’il me donnait rendez-vous à 18h30.
Peux tu le prévenir que je ne pourrai pas être là-bas si tôt ?
… et je croyais que le cours était à 19h30 au fait
… et je ne vais pouvoir répondre au téléphone qu’après 18h45 car je n’ai plus de forfait, ma carte est finie »
Je l’avais prévenu de tout ça.
Les collisions de planning, la carte ...
Mais « restless boy » est très occupé
et le connaissant, il a dû se dire que je finirai par me débrouiller pour la carte téléphonique
et que pour les horaires ça allait passer …
juste …
mais ça passerait quand même.
La réponse de mister D
(raccourci pour Dance, Daniel Dance étant le pseudo de Cheng Wei sur les réseaux sociaux)
ne se fait pas attendre :
« alors il dit que quand tu arrives, tu l’appelles
- ok, j’utiliserai le wifi du métro …
ah au fait où est 獅甲 ?
- Metro R7
ligne rouge, 7e station »
Parfait, je connais l’endroit.
C’est là que je descendais quand il préparait sa première création l’an dernier.
Je pars, à peu près rassuré, au cours que je vous ai déjà raconté il y a quelques semaines,
et pour une fois, je finis à l’heure
(les gens qui me connaissent, une fois que je suis rentré en studio, apprécieront ..).
Il est 18h35 quand j’arrive à l’arrêt de bus.
Je regarde les horaires.
Prochain passage de quelque chose qui me rapproche au métro à … 19h.
Ce qui me fait arriver dix minutes plus tard à la station la plus proche,
à quoi il faut ajouter les vingt minutes de traversée sous terre pour rejoindre R7.
Je n’y serai pas avant au moins 19h30.
Il faut que je prévienne Ha Bao.
Heureusement, je capte encore un peu le Wifi du lycée.
« No bus until 7
- OH MY GOD
- I know :( … »
La nuit est tombée.
Je trépigne à l’arrêt de bus.
Le 218 passe …
J’hésite à le prendre pour rallier la gare et de là, prendre le métro
mais s’il y a de la circulation, cela risque de prendre encore plus de temps.
Attendre … En faisant les cent pas …
De toute façon, il n’y a rien d’autre à faire.
Je suis un peu énervé contre Cheng Wei.
Je l’avais prévenu pourtant …
Enfin bon, ce qu’il y a de bien, c’est que ce stress remplace l’autre,
celui de commencer une nouvelle aventure, de proposer à nouveau mon travail à des gens nouveaux.
Et c'est moins désagréable ...
Enfin, je crois ...
19h.
Le 51 arrive.
19h07.
Je dis fébrilement merci au chauffeur et marche d’un pas pressé vers la bouche de métro.
Si je cours un tant soit peu, je serai complètement trempé de sueur, ingérable en heure de pointe ici.
Je me dépêche …
Le plus calmement possible.
19h10.
Je suis dans la station.
Le métro arrive vite.
Heureusement.
Les stations s’égrènent.
Les gens descendent, remontent,
avec cette vitesse constante que j’apprécie tant d’habitude ici
mais qui dans cette situation, me donne envie de crier « bougez-vous » à chaque fois que les portes s’ouvrent.
Si seulement on était à Taipei, ou à Paris …
Quoique, de toute façon, je crois que la durée d’attente minimale en station est standardisée.
Mais là, l’œil rivé sur l’horloge de mon téléphone,
la raison n’a pas du tout sa place dans mes pérégrinations mentales.
Vivement que l’on arrive à R7.
On passe la gare … R11,
Formosa boulevard, la station de correspondance … R10.
À ces deux stations, le temps d’attente est encore plus long.
Je bous dans l’air climatisé de la rame bondée.
Plus que jamais j’ai envie que ces gens qui arrivent de l’est et de l’ouest de la ville,
se dépêchent de rentrer dans cette foutue rame
(en fait je pense des choses bien plus vulgaires qu’un simple « foutue » mais je ne vais pas les écrire ici,
je vous laisse imaginer).
Central Park R9,
19h30, on quitte Sanduo R8.
Je profite du wifi des stations de métro (bien pratique tout de même) pour envoyer le message à Ha Bao.
« j’arrive dans deux minutes »
R7.
Je sors en courant.
Là je peux transpirer.
Ha Bao fera avec.
Et ça sèchera pendant le trajet en scooter.
Il n’est pas encore arrivé quand je sors à l’air libre.
J’aurais dû le prévenir à Central Park.
Attendre .. Encore …
Et râler contre Cheng Wei … même si ça ne sert à rien.
Dans le flot de scooters de la Zhongshan 3rd road,
je reconnais son casque noir et ses lunettes ovales.
J'enfile le casque que Cheng Wei m’a prêté
(ah tiens, c’est vrai que je ne vous ai pas raconté ça …)
et nous voilà repartis.
Bien que nous soyons sur une avenue parallèle à Zhongshan, je sens que nous repartons vers le nord.
Nous revenons donc d’où je viens.
D’ailleurs, nous croisons San Duo 3rd road.
J’aurais donc pu m’arrêter à la station précédente.
Ça nous aurait fait gagner du temps.
Je le dirai plus tard à Ha Bao plus tard.
Après un bon coup de stress nous voilà arrivés.
Je reconnais l’endroit.
C’est là que j’ai donné le cours quand Cheng Wei a fait passer une audition il y a huit jours.
(et c’est ce jour-là que j’ai récupéré le casque … il va vraiment falloir que je vous raconte …).
Les garçons m’avaient prévenu, les stagiaires ne sont pas nombreux.
Probablement parce que nous ne faisons pas de spectacle cette année,
parce que comme à Gangshan, les plus jeunes sont en « vacances »
et puis aussi parce qu’en l’absence de Cheng Wei qui était au Canada au début du mois,
ils n’ont pas été super efficaces en matière de promo.
Au départ, ils avaient prévenus deux semaines de stage,
mais je leur avais dit que s’il n’y avait pas assez de monde, on pouvait n'en garder qu’une.
Pour l’instant, il y a quatre inscrits, dont une absente aujourd’hui.
On fera avec.
D’ailleurs, ça n’est peut-être pas plus mal vu que le studio est très petit.
Une belle surprise m’attend quand j’arrive dans le hall d’accueil :
Des « anciens » de Tsoying.
Il y a d’abord, Yi Chang, un des garçons de Focal Point, la promotion qui a quitté le lycée en 2016.
Mister Kao comme je l’appelle souvent.
Le plus costaud des garçons.
Il m’a toujours fait penser à Fauve dans les Xmen.
Un gamin, fils de restaurateur, dont le sacré talent d’interprète l’a permis d’intégrer en théâtre,
le département des Arts du Spectacle de l’Université de Kaohsiung, (avec un petit coup de pouce de Su Ling …).
Et il y a surtout Jia Ling !
Une fille de la même promotion qui était venu prendre mes cours l’an dernier (avec le tee-shirt gris sur la photo).
et que j’avais croisée à l’arrêt de bus ... quelques heures plus tôt devant le lycée !
J’avais bien senti quand je lui ai dit bonjour qu’elle voulait me dire quelque chose …
Et bien c’était ça.
« tu aurais pu me dire qu’on se voyait ce soir ! »
Elle sourit gênée.
« en tous cas, ça me fait bien plaisir de vous revoir »
Je fais connaissance avec la troisième danseuse,
qui, à la taïwanaise, est peu expansive.
Nous attaquons le cours.
Quel bonheur de voir ces anciens élèves ..
Et de voir qu’ils se souviennent de mes attentes,
qu’ils y prennent du plaisir,
leur sourire quand j’attaque les fameuses « spirales » …
L’avantage d’avoir des gens qui te connaissent
(outre le fait que tu peux te permettre de ne pas tout montrer à fond, ce qui tombe plutôt bien vu l’état de mon dos)
c’est que tu vois comment ces corps ont été transformés,
surtout en comparant avec leur camarade de jeu,
que mes deux jeunes amis tirent dans la bonne direction probablement plus rapidement qu’elle ne l’aurait imaginé.
Je déroule la barre comme sur un boulevard.
Ils captent tout, très vite.
Dès le premier jour, vu qu’ils ont très peu de soucis de mémorisation, je peux déjà faire des corrections.
(de toute manière, il n'y en a pas beaucoup)
Et cerise sur le gâteau :
quand je les invite à rejoindre le sol …
Ils attendent les abdos !
Ces jeunes gens sont des mutants.
De ces tranches de bonheur qui te font oublier tes douleurs au corps et la traversée de la ville aux heures de pointe.
Ainsi, nous passerons ensemble quatre belles parts de soirées.
Le lundi, j’ai repris ce que j’avais fait avec les stagiaires de la Solar Dance Company,
sauf que l’on est allé plus vite et plus loin.
Les trois autres jours, nous avons donc expérimenté cette chose dont je vous parlais au tout début de l’écrit du jour dans une atmosphère proche de celle que j’aurais eu (et que j’aurais sûrement) quand je travaillerai avec les danseurs qui feront la prochaine création.
On a juste été un peu « dérangés » le mercredi par un groupe de stagiaires qui prenaient un cours de théâtre
dans le studio d’à côté et qu’Ha Bao a invité à se joindre à nous.
Outre le plaisir de nouvelles rencontres (qui déboucheraient peut-être sur d’autres choses plus tard),
cela permettait aux caisses de paraître moins vides ...
Enfin, quand je dis « dérangés »,
c’est parce que, si ce nouveau groupe a été assez sympathique pour ne pas gâcher l’ambiance
(sachant qu’en plus, comme presque d’habitude ici, ils ont fait de leur mieux pour ne pas ralentir
le rythme de croisière que nous avions pris),
égoïstement, j’aurais aimé aller encore plus loin avec ces trois là.
Le deuxième jour, nous avons donc attaqué ça :
J’ai profité du troisième jour pour aborder une partie au sol,
moins difficile à appréhender pour nos amis de passage,
et nous avons tout relié le dernier jour, le jeudi.
Le mardi soir, j’avais une demande d’amis sur Facebook de la troisième stagiaire.
Jia Yin (oui je sais c’est presque pareil que Jia Lin),
ce qui m’a permis de briser la glace le mercredi et en savoir un peu plus sur elle.
C’est une étudiante en ingénierie électrique.
Elle doit sûrement exceller dans sa matière,
mais elle n'est pas mal du tout ici aussi.
Le mercredi soir, Jia Lin, m’a envoyé un message via Facebook.
Elle devait partir plus tôt pour rejoindre Taichung.
Peut-être pour rejoindre sa famille, ou alors l’université.
Alors, nous l'avons laissée partir avec sa jolie valise rose à roulettes pour finir le stage en duo.
L’occasion d’expérimenter des choses que j’ai un peu filmées ici.
Plein de pistes, plein d’idées,
l’envie de les faire danser dans des projets,
l’envie de leur montrer comment je me suis servi de ce qu’ils ont appris,
j’espère qu’ils pourront être là l’an prochain quand là-bas, on montrera tout ça …
Cette avant-dernière semaine d’août qui avait commencé sur les chapeaux de roue,
fut finalement une des plus jolies.
J'ai pris un rythme que j’aimais bien :
écriture le matin,
déjeuner léger,
218 jusqu’au lycée pour voir les petits jeunes,
bus, métro, message à Ha Bao,
scooter,
danse en trio,
avec la variante du vendredi où je suis retourné chez Hsu Lin,
(mais ça je vous l’ai déjà raconté)
Garder ce rythme un temps certain ne m’aurait pas déplu ...
Mais bon ...
Donc je ne vous ai pas raconté l’histoire du casque ...
Et donc je ne vous ai pas non plus vraiment parlé de Cheng Wei pendant mon séjour.
Alors ça sera le sujet de notre prochain rendez-vous ici,
avant que je ne vous fasse un résumé de ce dernier trimestre,
et que vous rentriez avec moi dans le vif ... de la création ...
avec des vieilles connaissances jeunes,
dans ces ambiances que peuvent générer
les amateurs éclairés.
17h,
Dans ma fidèle 107 (Florence pour les intimes), je suis sur l’autoroute entre Tarbes et Toulouse,
de retour d’un stage bien agréable pendant lequel j’ai fait traverser quelques phrases de la future création
à de belles personnes dansantes.
Les plus avancés ont goûté à ce qui devrait être dansé à mi parcours des « Chroniques formosanes » sur scène pendant qu’une vidéo du voyage en ferry de Gushan à Cijin sera projetée.
Les autres ont dansé ce qui se passera probablement vers la fin de la pièce.
Une danse que j’avais aussi partagée avec des taïwanais lors d’un stage organisé par la WeiDanceCompany
il y a maintenant plus de trois mois …
« times flies » comme on dit ….
Et justement,
peut-être avez-vous oublié, pendant ces trois mois, tous ces lieux et ces noms auxquels vous vous étiez familiarisés ?
En cas de doute, sachez qu'il y a une colonne cachée à la gauche de la page du blog
sur laquelle vous trouverez une liste de mots clés qui devraient vous rafraîchir la mémoire.
Pour qu'elle apparaisse,
il faut cliquer sur les trois petits traits en haut à gauche
et sous le vocable « libellés » apparaitra un joli nuage de mots.
Bonne exploration.
Ça y est ?
Vous vous souvenez ?
Gushan? Cijin ?
Alors nous pouvons parler ensemble du stage de la WeiDanceCompany.
Pour cela il faut remonter quelques mois en arrière,
au lundi 21 août, vers 16h30.
Je suis arrivé à la Tsoying Senior High School
où je vais rencontrer pour la première fois les nouveaux arrivés,
les « freshmen » comme on les appelle ici.
Dans le bus, qui m’a amené au lycée, je me suis rendu compte que la carte téléphonique prépayée
que j'avais acheté à l’aéroport un mois plus tôt était expirée.
Donc plus de téléphone ni d’internet,
à moins de me connecter à un réseau Wifi gratuit,
ce que je fais depuis la salle des professeurs du lycée.
Pendant que je dis bonjour à mes amis européens,
je reçois un message d’Ha Bao qui répond à la question que je lui ai posé avant de partir de l’appart :
« where do we meet ? »
car aujourd’hui, après Tsoying, j’attaque le stage organisé par la WeiDanceCompany,
et c’est Ha Bao qui m’emmène au studio où se déroulera le cours.
On va donc y aller en scooter
mais d’où partirons-nous ? :
« PM 06:30. KRT 獅甲 gate 3 »
Les ennuis commencent.
Je ne sais pas où est 獅甲,
mais je crois que KRT c’est le métro (quelque chose comme Kaohsiung Rapid Transport),
le « gate 3 » qui m’indique un numéro de sortie que je dois emprunter en est un second indice.
Une station de métro donc, mais laquelle ? Je chercherai plus tard.
Pour l'instant mon principal souci est « PM 06:30 »
18h30.
Ça, c’est plus que problématique.
D’abord, parce que je croyais que le stage commençait à 19h30
(et dans ce cas, me donner rendez-vous une heure avant me parait quand même un peu excessif)
mais surtout
parce que j’ai cours au lycée jusqu’à .. 18h30.
Avant d’aller rejoindre mes jeunes nouveaux élèves, je préviens donc Cheng Wei des embrouilles en vue :
« Alors …
mister D
comme je te l’ai dit,
j’ai cours à Tsoying de 17h à 18h30.
Ha Bao vient de m’envoyer un message me disant qu’il me donnait rendez-vous à 18h30.
Peux tu le prévenir que je ne pourrai pas être là-bas si tôt ?
… et je croyais que le cours était à 19h30 au fait
… et je ne vais pouvoir répondre au téléphone qu’après 18h45 car je n’ai plus de forfait, ma carte est finie »
Je l’avais prévenu de tout ça.
Les collisions de planning, la carte ...
Mais « restless boy » est très occupé
et le connaissant, il a dû se dire que je finirai par me débrouiller pour la carte téléphonique
et que pour les horaires ça allait passer …
juste …
mais ça passerait quand même.
La réponse de mister D
(raccourci pour Dance, Daniel Dance étant le pseudo de Cheng Wei sur les réseaux sociaux)
ne se fait pas attendre :
« alors il dit que quand tu arrives, tu l’appelles
- ok, j’utiliserai le wifi du métro …
ah au fait où est 獅甲 ?
- Metro R7
ligne rouge, 7e station »
Parfait, je connais l’endroit.
C’est là que je descendais quand il préparait sa première création l’an dernier.
Je pars, à peu près rassuré, au cours que je vous ai déjà raconté il y a quelques semaines,
et pour une fois, je finis à l’heure
(les gens qui me connaissent, une fois que je suis rentré en studio, apprécieront ..).
Il est 18h35 quand j’arrive à l’arrêt de bus.
Je regarde les horaires.
Prochain passage de quelque chose qui me rapproche au métro à … 19h.
Ce qui me fait arriver dix minutes plus tard à la station la plus proche,
à quoi il faut ajouter les vingt minutes de traversée sous terre pour rejoindre R7.
Je n’y serai pas avant au moins 19h30.
Il faut que je prévienne Ha Bao.
Heureusement, je capte encore un peu le Wifi du lycée.
« No bus until 7
- OH MY GOD
- I know :( … »
La nuit est tombée.
Je trépigne à l’arrêt de bus.
Le 218 passe …
J’hésite à le prendre pour rallier la gare et de là, prendre le métro
mais s’il y a de la circulation, cela risque de prendre encore plus de temps.
Attendre … En faisant les cent pas …
De toute façon, il n’y a rien d’autre à faire.
Je suis un peu énervé contre Cheng Wei.
Je l’avais prévenu pourtant …
Enfin bon, ce qu’il y a de bien, c’est que ce stress remplace l’autre,
celui de commencer une nouvelle aventure, de proposer à nouveau mon travail à des gens nouveaux.
Et c'est moins désagréable ...
Enfin, je crois ...
19h.
Le 51 arrive.
19h07.
Je dis fébrilement merci au chauffeur et marche d’un pas pressé vers la bouche de métro.
Si je cours un tant soit peu, je serai complètement trempé de sueur, ingérable en heure de pointe ici.
Je me dépêche …
Le plus calmement possible.
19h10.
Je suis dans la station.
Le métro arrive vite.
Heureusement.
Les stations s’égrènent.
Les gens descendent, remontent,
avec cette vitesse constante que j’apprécie tant d’habitude ici
mais qui dans cette situation, me donne envie de crier « bougez-vous » à chaque fois que les portes s’ouvrent.
Si seulement on était à Taipei, ou à Paris …
Quoique, de toute façon, je crois que la durée d’attente minimale en station est standardisée.
Mais là, l’œil rivé sur l’horloge de mon téléphone,
la raison n’a pas du tout sa place dans mes pérégrinations mentales.
Vivement que l’on arrive à R7.
On passe la gare … R11,
Formosa boulevard, la station de correspondance … R10.
À ces deux stations, le temps d’attente est encore plus long.
Je bous dans l’air climatisé de la rame bondée.
Plus que jamais j’ai envie que ces gens qui arrivent de l’est et de l’ouest de la ville,
se dépêchent de rentrer dans cette foutue rame
(en fait je pense des choses bien plus vulgaires qu’un simple « foutue » mais je ne vais pas les écrire ici,
je vous laisse imaginer).
Central Park R9,
19h30, on quitte Sanduo R8.
Je profite du wifi des stations de métro (bien pratique tout de même) pour envoyer le message à Ha Bao.
« j’arrive dans deux minutes »
R7.
Je sors en courant.
Là je peux transpirer.
Ha Bao fera avec.
Et ça sèchera pendant le trajet en scooter.
Il n’est pas encore arrivé quand je sors à l’air libre.
J’aurais dû le prévenir à Central Park.
Attendre .. Encore …
Et râler contre Cheng Wei … même si ça ne sert à rien.
Dans le flot de scooters de la Zhongshan 3rd road,
je reconnais son casque noir et ses lunettes ovales.
J'enfile le casque que Cheng Wei m’a prêté
(ah tiens, c’est vrai que je ne vous ai pas raconté ça …)
et nous voilà repartis.
Bien que nous soyons sur une avenue parallèle à Zhongshan, je sens que nous repartons vers le nord.
Nous revenons donc d’où je viens.
D’ailleurs, nous croisons San Duo 3rd road.
J’aurais donc pu m’arrêter à la station précédente.
Ça nous aurait fait gagner du temps.
Je le dirai plus tard à Ha Bao plus tard.
Après un bon coup de stress nous voilà arrivés.
Je reconnais l’endroit.
C’est là que j’ai donné le cours quand Cheng Wei a fait passer une audition il y a huit jours.
(et c’est ce jour-là que j’ai récupéré le casque … il va vraiment falloir que je vous raconte …).
Les garçons m’avaient prévenu, les stagiaires ne sont pas nombreux.
Probablement parce que nous ne faisons pas de spectacle cette année,
parce que comme à Gangshan, les plus jeunes sont en « vacances »
et puis aussi parce qu’en l’absence de Cheng Wei qui était au Canada au début du mois,
ils n’ont pas été super efficaces en matière de promo.
Au départ, ils avaient prévenus deux semaines de stage,
mais je leur avais dit que s’il n’y avait pas assez de monde, on pouvait n'en garder qu’une.
Pour l’instant, il y a quatre inscrits, dont une absente aujourd’hui.
On fera avec.
D’ailleurs, ça n’est peut-être pas plus mal vu que le studio est très petit.
Une belle surprise m’attend quand j’arrive dans le hall d’accueil :
Des « anciens » de Tsoying.
Il y a d’abord, Yi Chang, un des garçons de Focal Point, la promotion qui a quitté le lycée en 2016.
Mister Kao comme je l’appelle souvent.
Le plus costaud des garçons.
Il m’a toujours fait penser à Fauve dans les Xmen.
Un gamin, fils de restaurateur, dont le sacré talent d’interprète l’a permis d’intégrer en théâtre,
le département des Arts du Spectacle de l’Université de Kaohsiung, (avec un petit coup de pouce de Su Ling …).
Et il y a surtout Jia Ling !
Une fille de la même promotion qui était venu prendre mes cours l’an dernier (avec le tee-shirt gris sur la photo).
et que j’avais croisée à l’arrêt de bus ... quelques heures plus tôt devant le lycée !
J’avais bien senti quand je lui ai dit bonjour qu’elle voulait me dire quelque chose …
Et bien c’était ça.
« tu aurais pu me dire qu’on se voyait ce soir ! »
Elle sourit gênée.
« en tous cas, ça me fait bien plaisir de vous revoir »
Je fais connaissance avec la troisième danseuse,
qui, à la taïwanaise, est peu expansive.
Nous attaquons le cours.
Quel bonheur de voir ces anciens élèves ..
Et de voir qu’ils se souviennent de mes attentes,
qu’ils y prennent du plaisir,
leur sourire quand j’attaque les fameuses « spirales » …
L’avantage d’avoir des gens qui te connaissent
(outre le fait que tu peux te permettre de ne pas tout montrer à fond, ce qui tombe plutôt bien vu l’état de mon dos)
c’est que tu vois comment ces corps ont été transformés,
surtout en comparant avec leur camarade de jeu,
que mes deux jeunes amis tirent dans la bonne direction probablement plus rapidement qu’elle ne l’aurait imaginé.
Je déroule la barre comme sur un boulevard.
Ils captent tout, très vite.
Dès le premier jour, vu qu’ils ont très peu de soucis de mémorisation, je peux déjà faire des corrections.
(de toute manière, il n'y en a pas beaucoup)
Et cerise sur le gâteau :
quand je les invite à rejoindre le sol …
Ils attendent les abdos !
Ces jeunes gens sont des mutants.
De ces tranches de bonheur qui te font oublier tes douleurs au corps et la traversée de la ville aux heures de pointe.
Ainsi, nous passerons ensemble quatre belles parts de soirées.
Le lundi, j’ai repris ce que j’avais fait avec les stagiaires de la Solar Dance Company,
sauf que l’on est allé plus vite et plus loin.
Les trois autres jours, nous avons donc expérimenté cette chose dont je vous parlais au tout début de l’écrit du jour dans une atmosphère proche de celle que j’aurais eu (et que j’aurais sûrement) quand je travaillerai avec les danseurs qui feront la prochaine création.
On a juste été un peu « dérangés » le mercredi par un groupe de stagiaires qui prenaient un cours de théâtre
dans le studio d’à côté et qu’Ha Bao a invité à se joindre à nous.
Outre le plaisir de nouvelles rencontres (qui déboucheraient peut-être sur d’autres choses plus tard),
cela permettait aux caisses de paraître moins vides ...
Enfin, quand je dis « dérangés »,
c’est parce que, si ce nouveau groupe a été assez sympathique pour ne pas gâcher l’ambiance
(sachant qu’en plus, comme presque d’habitude ici, ils ont fait de leur mieux pour ne pas ralentir
le rythme de croisière que nous avions pris),
égoïstement, j’aurais aimé aller encore plus loin avec ces trois là.
Le deuxième jour, nous avons donc attaqué ça :
J’ai profité du troisième jour pour aborder une partie au sol,
moins difficile à appréhender pour nos amis de passage,
et nous avons tout relié le dernier jour, le jeudi.
Le mardi soir, j’avais une demande d’amis sur Facebook de la troisième stagiaire.
Jia Yin (oui je sais c’est presque pareil que Jia Lin),
ce qui m’a permis de briser la glace le mercredi et en savoir un peu plus sur elle.
C’est une étudiante en ingénierie électrique.
Elle doit sûrement exceller dans sa matière,
mais elle n'est pas mal du tout ici aussi.
Le mercredi soir, Jia Lin, m’a envoyé un message via Facebook.
Elle devait partir plus tôt pour rejoindre Taichung.
Peut-être pour rejoindre sa famille, ou alors l’université.
Alors, nous l'avons laissée partir avec sa jolie valise rose à roulettes pour finir le stage en duo.
L’occasion d’expérimenter des choses que j’ai un peu filmées ici.
Plein de pistes, plein d’idées,
l’envie de les faire danser dans des projets,
l’envie de leur montrer comment je me suis servi de ce qu’ils ont appris,
j’espère qu’ils pourront être là l’an prochain quand là-bas, on montrera tout ça …
Cette avant-dernière semaine d’août qui avait commencé sur les chapeaux de roue,
fut finalement une des plus jolies.
J'ai pris un rythme que j’aimais bien :
écriture le matin,
déjeuner léger,
218 jusqu’au lycée pour voir les petits jeunes,
bus, métro, message à Ha Bao,
scooter,
danse en trio,
avec la variante du vendredi où je suis retourné chez Hsu Lin,
(mais ça je vous l’ai déjà raconté)
Garder ce rythme un temps certain ne m’aurait pas déplu ...
Mais bon ...
Donc je ne vous ai pas raconté l’histoire du casque ...
Et donc je ne vous ai pas non plus vraiment parlé de Cheng Wei pendant mon séjour.
Alors ça sera le sujet de notre prochain rendez-vous ici,
avant que je ne vous fasse un résumé de ce dernier trimestre,
et que vous rentriez avec moi dans le vif ... de la création ...


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