06/08/18 - Taiwan été 2018 - Jour 12 - Cijin


Retour sur l'île d'en face,
le temps d'un voyage en bateau,
d'un coucher de soleil,
l'occasion de passer une belle soirée 








Ce jour-là,


les nuages sont apparus vers 16h.

Ce qui m’a fait quelque peu douter de l’agréabilité du voyage.
Heureusement que je n’ai pas changé d’avis.

Bon ok, je vous ai menti.

J’avais promis que cet article aussi ne commencerait pas ni par une date, ni par une heure.

J’ai semi dérapé.
Je vous promettrais bien que je ne vous dirais pas quel jour ça s’est passé, mais je me connais, dans un moment d’égarement, je risque grandement de dater la chose.

Donc,
malgré la fatigue habituelle d’après le cours de deux heures dans le petit studio, et les nuages assombrissant la vue sur les collines de Gushan, j’ai décidé d’aller voir le soleil en face, sur la longue bande de terre dont Mike parle dans le prologue du spectacle.
Je parle évidemment de Cijin.

Maintenant que la création avait eu lieu, refaire cette promenade relevait du pèlerinage.
Je m’en suis rendu compte quand, à bord de l’habituel 248, j’ai passé l’arrêt de bus d’où j’étais parti ce matin-là avant 7h.

Chose étonnante, je ne me suis pas souvenu du jour en question mais j’ai entendu la voix de Mike raconter l’histoire.
(si jamais vous l’avez oubliée, elle est toujours lisible ici)
Ce qu’il y a de bien avec les bus, c’est qu’ils sont rarement indiqués dans les guides touristiques.
Pour aller à Cijin, on dit aux invités de prendre le métro et de marcher jusqu’à l’endroit où le ferry les attend.
Alors que le 248, avec certes quelques détours, non seulement dessert les deux stations de métro mais en plus s’arrête à cinquante mètres de l’endroit où le bateau accoste, élément non négligeable pour les moins sportifs d’entre nous (ou les fatigués qui ont décidé d’aller voir la mer quoiqu’il en coute).
C’est donc après un voyage agréable calé au fond d’un bus à peine rempli malgré l’heure de pointe que je me suis retrouvé à l’un de mes embarcadères préférés.

Comme dans l’histoire, je me suis installé sur le bastingage, à babord pour d’abord apprécier la vue sur la ville.

Mais cette fois-là, j’ai pu expérimenter une chose : vivre la traversée du ferry avec la musique que ladite traversée m’avait inspirée.

Cette même musique pendant laquelle, dans le spectacle, je finis mon thé en regardant mes amis danser.
Quand le ferry s’est mis en route, j’ai tapé sur le « play » de ma tablette et la première guitare a égrené l’arpège en cinq temps, qui sera joué par un nombre certain d’autres guitares (tiens ! j’ai oublié combien) pendant le temps exact que dure la traversée.
Quel mélange de sensations de quitter Gushan avec cette musique calée entre les oreilles, comme le public l’a presque vécu par les prismes des écrans et des enceintes des endroits où nous avons partagé tout ça.
Là encore, j’ai pensé à Fred, à Sylvain ....

Mike était déjà avec moi depuis une petite demi-heure.
Mais ma mémoire a aussi convoqué Magali, Anne, Joseph et bien-sûr mes trois compagnons de scène dont je revoyais l’entrée sur scène alors que le ferry quittait le port.
J’ai bien sûr rempli mon appareil des éléments du jour que je trouvais jolis en ce début de voyage.




Jusqu’à arriver à la photo, qui aurait presque pu être tirée du film du spectacle
(si ce n’est que j’avais choisi un ciel totalement bleu)


Aux trois-quarts du parcours, j’ai fait une entorse à la vidéo.

Je suis allé à tribord pour voir le soleil dans ces derniers quarts d’heure au dessus de l’eau.

J’ai rarement été déçu de la vue à cette heure-là.

Et ce jour-là ... ne fut pas si mal ...


Comme le soleil était encore assez haut, il découpait élégamment les silhouettes des deux rives du chenal.
Sizhiwan à droite, et le fort de Cihou à gauche.
C’était déjà très bien mais je savais qu’en attendant encore un peu, je pourrais emporter avec moi le premier moment magique.
Celui où le cercle jaune apparaîtrait au beau milieu des eaux qui séparent les deux rives.
J’ai donc patienté un moment et c’est une autre surprise qui s’est présentée à moi.

Un bateau de pêcheur dans le soleil.

Les touristes s’étaient postés à la proue et regardaient sagement les bâtiments de Cijin qui nous tendaient les bras.
J’avais envie de leur dire de regarder la ville à gauche, ou le soleil à droite.


Mais j’ai décidé d’être très égoïste et de ne m’occuper que de mon petit bonheur.
Nous avons aussi, forcément, croisé un ferry qui regagnait Gushan.
Ces bateaux ont l’air tellement vieux, on se demande comment ils tiennent encore.
Mais je fais confiance aux gens du pays pour que tout risque d’accident soit écarté.
(quand on sait qu’un ministre de l’énergie a démissionné à cause d’un black out dans l’agglomération de Taipei …
on sait qu’ici, du moins dans les villes, ça ne rigole pas)


J’ai été un des derniers à descendre ce jour-là.

Profitant du fait qu’il y avait un ou deux bons groupes de touristes, j’ai pris le temps d’apprécier pendant quelques minutes supplémentaires la vue que l’île nous offre en arrivant de l’autre côté.
Je me suis réfugié au niveau inférieur, celui des scooters.


Et j’ai profité de la vue encore un tout petit moment.


Arrivé sur l’île, j’ai pris mon chemin habituel, celui qui longe le canal, pour aller me poser à l’embouchure sur la mer de Chine, en espérant que personne n’ait eu la même idée que moi.
J’ai, comme très souvent, parcouru au pas de course le trajet qui relie l’embarcadère à la dernière jetée du canal avant la mer.
De peur de rater un autre de ces moments magiques, celui où le soleil plonge dans l’horizon.

J’ai déjà capturé ce moment un certain nombre de fois,
je me souviens aussi que les plus belles images que j’ai d’ici, sont arrivées presque par hasard dans mon appareil mais comme il m’était aussi arrivé d’être en retard à mon rendez-vous avec le soleil …
J’ai marché d’un pas bien décidé.
(bon ok, il ne les a pas faites tout seul, mais ce sont souvent des clichés pris à des moments que je n’avais absolument pas prémédités et où je m’étais très rapidement posé la question du cadrage, pour l’évacuer encore plus rapidement en y répondant par « appuies ... tu verras bas bien »)

Dès mes premiers pas sur la jetée, je n’ai évidemment pas résisté au plaisir de reprendre la photo qui a servi d’affiche.
En me disant que c’était ridicule puisque je l’avais déjà
mais en me répondant que mes amis de là-bas loin prendraient plaisir à revoir l’image d'autant que de toute façon la lumière n’était pas du tout la même.

(vous doutiez encore du fait que nous étions plusieurs là-haut sous mon crâne ? c’est dommage)


La vue de cet endroit est toujours magique.

Je suis sûr que si j’y venais un jour de pluie, je trouverais quand même une belle raison de prendre une ou deux photos.

(les quelques irréductibles pécheurs qui auraient bravé la pluie ce jour-là me prendraient pour un fou mais si ce sont les mêmes que ce que je croise quand je repars à l’embarcadère quand la nuit est déjà bien installée, ils ont l’habitude).
Ce jour-là, ce pêcheur avec son chapeau traditionnel m’a permis de fixer dans ma carte mémoire, quelque chose qui aurait aussi fait une belle affiche.


Et les deux jeunes en arrière plan sur la digue méritaient un gros plan.


Personne à l’endroit où j’ai l’habitude de me poser.

Je grimpe deux rochers, pose le sac à marron, m’installe sur la pierre la plus plate, celle qui est accolée à sa cousine qui me servira de dossier,

je sors du sac une pipe, du tabac, la traditionnelle bière et ...

j’attends.
J’attends juste que ça se passe.


Regardant les bateaux de pêcheurs et entendant Mike décrire ce que je suis en train de vivre.


Et puis le moment arrive, le fameux moment très précis qui définit le crépuscule.

C’est par ma définition de cet instant que Mike commence la séquence des couchers de soleil,
avec les fameux bateaux de pêcheurs dont il parle dans la même séquence.
Dans l’autre blog, c’est ce texte-là.
J'y évoque la scène de l'autre côté, depuis le phare de la digue nord.

Il faudra que j’y retourne.

Vite.

J’ai encore tenté de capter ce moment où la lumière va voir ailleurs sachant que mon appareil numérique, même en faisant de son mieux, n’arriverait pas à magnifier l’instant autant que je le voudrais.


Et puis la couleur du ciel s’est approché du bleu nuit,
et je me suis encore dit :
« je suis bien »
et en me le disant, j’ai entendu Mike le dire pour moi.


J’ai pris une ou deux photos de la jetée à peine éclairée par la nuit noire.

La lune est cachée ce soir.


J’en ai pris une dernière sur le ferry.


De retour au port de Gushan, j'ai pris le 219 pour m’arrêter au snack.

J’ai acheté les mêmes bouchées que l’autre soir, deux jours après mon anniversaire.
Pendant que je payais mon dîner j’ai crû apercevoir mon ami le chauffeur dans le 248 qui arrivait du centre ville.

Alors j’ai une fois de plus décidé de rentrer à Zhongshan Road en m’offrant une traversée de la ville by night.

Cinq grosses minutes plus tard, le bus avait fini sa boucle par le débarcadère.
Presque le temps exact qu'il m'a fallu pour rejoindre l'arrêt.
Je ne m’étais pas trompé.
C'est bien mon ami le chauffeur qui m'a accueilli.
On a discuté un peu avant qu’il ne redémarre (mais pas longtemps … il a des horaires à tenir !)
et nous avons traversé Yangchepu, et le quartier de la gare jusqu’à ce qu’il me dépose devant chez moi.

Un des ces soirs comme je les aime.
où je dîne en écoutant de la musique et en me réjouissant que Cijin ait encore une fois tenu toutes ses promesses.


Hé ! Mais je ne vous ai pas dit quel jour c’était finalement ....
En fait si, c’est écrit quelque part.
Mais c’est un peu caché quand même.





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