Weiwuyin les matins ou ma vengeance sur les fleurs de lotus
Weïwuyin,
encore,
pour y voir la vie
autrement
Comme je vous disais dans l'article précédent, Weiwuyin le soir, c'est bien pour les couchers de soleil.
Mais je savais qu'il y avait encore là-bas une ou deux choses à voir
pour lesquelles il fallait que je sacrifie mon matin.
C'est ce que j'ai fait deux jours d'affilée pendant ce séjour.
On était déjà à la fin du mois mardi 29 et mercredi 30 août.
J'y suis allé par les deux moyens que je connaissais déjà en commençant par le bus le mardi.
Mon idée première avait bien été de prendre le premier métro, celui de 6h30
(évidemment que c'est possible !
J'ai bien réussi à prendre un jour le premier 248 pour aller voir le soleil arriver de derrière les montagnes à Cijin).
Mais évidemment, ce mardi matin-là a fait partie des jours où je n'ai pas entendu France Inter il est minuit.
Un de ces matins diésel ...
L'envie y était mais l'énergie beaucoup moins.
En plus, le matin, c'est un cercle vicieux :
le soleil se lève tôt, et la chaleur le suit.
Donc plus on tarde, plus on se dit qu'on va suer comme un veau
et plus on s'enfonce dans son lit à regarder le ciel à travers la fenêtre.
(maintenant que je l'écris, je me rends compte que c'est pareil le soir :
plus il est tard, plus le soleil est bas,
du coup, on se dit que le temps d'arriver sur les lieux propices, on peut être déçu …
l'appel de la fenêtre est décidément insoluble).
Mais c'est aussi cette vue sur ce grand ciel bleu,
qui m'a fait bondir (calmement) de mon lit le lendemain,
me donnant l'envie de me débarrasser une bonne fois pour toutes
de cette frustration de couleur et de lumière que je gardais jusque là.
Et ce jour-là, j'ai pris le métro.
Et à 7h45 (contre 9h la veille), j'étais à l'entrée du parc.
Ma première halte a été à l'entrée du parc pour fumer une pipe en buvant mon thé glacé mélange jade
acheté la veille au bar à thé.
J'ai d'abord été subjugué par les premières images de cette micro forêt urbaine.
puis intrigué par ce son de frottement.
Cela ressemblait à quelqu'un qui passait un balai dans ces allées pour moi déjà bien propres.
Puis, j'ai vu arriver ce personnage,
une femme je crois,
qui, effectivement, balayait.
Elle enlevait les feuilles mortes.
L'allée devait rester « propre » de tout élément végétal.
J'ai pensé aux Tuileries en automne.
Ça aurait été sûrement joli ici aussi.
J'ai aussi eu droit à une visite incongrue.
Il avait l'air un peu perdu de s'être aventuré plus près que d'habitude dans le monde des humains.
Toujours assis sur mon banc,
j'ai aussi croisé ce couple qui sortait de sa balade matinale.
Madame et monsieur prenaient une pause avant de rejoindre la ville.
C'est que le matin, il y a encore plus de sportifs que le soir.
Des marcheurs, souvent âgés, (ce que semble être le cas de nos amis sur la photo),
mais aussi des joggeurs et des cyclistes plus jeunes,
qui commencent probablement leur travail à 10h, dans les commerces.
Parfois seuls, faisant du yoga ou d'autres arts martiaux,
de la méditation
Souvent en groupe.
À deux, cinq, dix, trente.
Dans le parc, on sent que les choses bien installées, et totalement organisées.
Chaque groupe a sa place et les rendez-vous semblent être inamovibles.
Ici ce groupe de « gymnastique douce » (qui a l’air beaucoup moins douce qu’en Europe),
là ces « social dancers », qui, sur des musiques actuelles, s'agitent en ligne
enchaînant des suites de mouvements mélangeant tout un tas de danses importées de l'ouest.
Je suis resté longtemps dans les environs proches de ce monsieur en costume traditionnel.
Mais pas trop près pour ne pas le déranger.
Le mardi, je suis arrivé à la fin de sa séance de ce que je crois être du tai chi.
Le mercredi, exactement au même endroit, j'ai assisté à toute la leçon.
Alors, j'aurais aimé partager la petite vidéo que j'ai faite de lui avec vous,
mais il y a apparemment, une fois de plus, un problème de droit, sur un des sons que l'on entend dans le film.
Pour ceux qui ont un compte Facebook, la vidéo est (pour l'instant !) visible sur ce lien :
Si vous avez eu accès à la vidéo,
vous avez peut-être perçu un autre groupe d'usagers du parc,
ceux que l'on entend plus qu'on ne les voit : les musiciens.
Souvent cachés, dans un de ces recoins, dont le parc a le secret, ils travaillent leur passion à l'ombre d'un des arbres accueillants.
Ils n'ont hélas pas tous le même stade d'avancement.
C'est parfois plus joli à voir qu'à entendre ...
Quant à la nature ...
On ne sait où regarder.
Et mon premier cadeau, m'a été offert dès l'entrée avec les fameux lotus.
Un régal pour les abeilles semble t-il.
Certains sont encore fermés de la nuit, car ces fleurs se ferment pour dormir.
Ma vengeance était accomplie.
Je pouvais donc enfin faire le tour du parc en toute quiétude.
Ayant plus de temps que le soir, j'ai fait des circuits un peu plus grands que ceux de mes balades vespérales.
L'occasion de voir d'autres fleurs,
de croiser d'autres lotus dans ces étangs en terrasse aux abord du lac sud.
Un lac sud qui relève plus de la mare que d'autre chose comparé à son grand frère septentrional.
J'ai été impressionné par ces arbres monumentaux,
(dont la hauteur est d'ailleurs toujours un peu difficile à rendre en photo,
essayez de repérer un banc, ça vous donne une idée).
J'ai été agacé par ces arbres-là,
des sortes de saules pleureurs exotiques,
dont j'ai eu beaucoup de mal à capter les larmes à la bonne lumière :
de bruns ou orangés de loin,
ils devenaient quasiment gris de près.
S'il n'y avait pas « la » bonne lumière.
Ce que j'ai eu la chance d'avoir le mercredi matin .
Je suis passé par le lac nord.
Beaucoup moins fréquenté que le soir,
du moins sur la terre ferme.
Parce que côté volatile, tout le monde est bel et bien présent.
D'aileurs, quand je suis arrivé, sur les berges, c'était l'heure de la toilette.
Je ne sais pas où en était mon couple fétiche de ses pérégrinations amoureuses.
(je ne les ai d'ailleurs pas vraiment reconnus dans ces bains municipaux).
En tous cas, une chose est sûre.
Ce parc prouve, s'il en était encore besoin, que Taïwan est vraiment l'île aux oiseaux.
En groupe, comme sur cette branche, qui a l'air d'être le dernier endroit à la mode..
à moins que ça soit une HLM ? une résidence ?
Partout ailleurs, ça se balade.
Certains papotent à deux en attendant une livraison ...
D'autres préfèrent rester seuls.
surtout à l'heure du repas
Et si on ne les voit pas, ma foi, on les entend.
Les vidéos ont l'avantage certain d'ajouter du mouvement et du son à ce que je tente de vous raconter.
J'aimerais tellement aussi partager avec vous les odeurs.
Je me souviens de la remarque de mon amie Kwan-Ling quand j'annonçais un de mes retours à Taiwan.
Elle faisait le chemin inverse venant danser en Suisse et aux États-Unis.
On avait prévu de peut-être se revoir vers Zürich alors elle m'avait demandé
de lui ramener un bol d'air du pays.
Je la comprends.
L'herbe fraîchement coupée ressemble a l'odeur de celle de ses cousines d'ailleurs sans être exactement la même.
Un peu comme mon tabac sur le balcon,
ou le thé vert qui infuse.
mais
l'odeur des nights markets et de tous ces stands de cuisine,
le « stinky tofu » dont la puanteur est détectable à des dizaines de mètres à la ronde
même par les nez les plus enrhumés,
la senteur de la moiteur de l'air quand la pluie est tombée,
celle des peaux d'ici, où elles sont très peu parfumées.
Une amie m'a dit, à propos de la pièce précédente, qu'elle aurait aimé pouvoir sentir le thé dont je parle si souvent, dans la danse que nous partagions.
Comment transmettre ces odeurs dans le mouvement ?
Je n'ai pas encore trouvé la réponse.
À Weiwuying, il a eu aussi cette odeur de fin de rosée, alors que le soleil sèche tout le parc de l'humidité de la nuit.
Ce parc que la lumière révélait autrement à mes yeux,
avec ces étendues d'eau, ces allées de lumière,
ces chemins tracés en grande courbe ou en ligne droite pour les cyclistes,
ces moyennes traverses regorgeant de coins secrets, d'endroits de pause inédits,
ces abris pour observer les oiseaux sans les déranger,
ce nouveau bâtiment qui ma foi, ne s'intègre pas si mal à tout ce qui était là avant,
et ces vestiges de la destination précédente des lieux,
des baraquements militaires naturellement ou artificiellement plongés dans la verdure.
Bien des coins tranquilles,
pour se poser et écouter les oiseaux,
parler avec les amis,
réellement ou virtuellement
ou se promener simplement.
Et là, je vous présente un délinquant !
Il fumait sur son vélo !
Je me suis d'ailleurs aperçu en plein soleil,
que ce que je pensais être un joli banc reculé, à la nuit tombée,
était un siège parmi tant d'autres
Soleil, qui a tapé fort, surtout le mercredi.
Et comme ici, (je vous l'ai déjà dit) il est le meilleur ennemi des hommes.
Alors on se balade quand même, mais couvert.
C'est aussi sûrement une autre raison de la disparition prématurée des marcheurs que j'avais croisés en arrivant.
Je dois avouer que moi-même, j'ai capitulé vers 11h après avoir épuisé mon litre de thé glacé.
Avant de partir, j'ai fait mon petit pèlerinage.
Le 281.
Ce baraquement pas comme les autres, transformé en salle de spectacle.
Et dire qu'il y a un peu plus d'un an …
Quand j'arrive dans l'allée, je croise une jeune fille avec une bouilloire,
je lui demanderai bien de rentrer pour revoir tout ça.
Je la laisse vaquer à ses occupations, souriant de cet arbre toujours aussi vaillamment accroché au bâtiment.
Je me suis remémoré, ces moments
de repos, de réflexion, de crise, de tristesse,
passés là, à l'entrée des artistes.
Je me suis souvenu de l'arrivée et du départ des chaises.
de la pluie de certains jours,
de l'autel pour les prières,
et de toutes ces autres émotions ...
Comme l'an dernier,
je suis sorti par l'entrée principale.
Pour une raison qui m'échappe encore, je ne la trouve que quand je m'en vais.
On nous y souhaite des belles choses.
Le mercredi matin, j'ai continué ma balade en découvrant des nouveaux quartiers de la ville,
profitant de la climatisation du bus pour reprendre mes esprits.
J'ai pris le 70 comme la semaine précédente, mais j'ai continué ma route avec lui, jusqu'au port.
Et de là, j'ai pris le tramway,
quelques arrêts avant mes zones de promenades habituelles.
J'ai traversé le port jusqu'au Glory Pier, la Love River et au Pier 2.
Là aussi, en plein jour, c'était autre chose.
Avant de rentrer,
m'étant levé assez tôt et ayant marché plus que d'habitude,
je me suis arrêté pour déjeuner.
Mais vraiment déjeuner,
dans un restaurant japonais.
Un peu comme si je m'étais arrêté dans un resto italien à Marseille.
J'y ai savouré un « maquereau cheval » avec sa garniture, son verre de thé Oolong bien frais,
et son demi litre de bière taïwanaise, servi dans des petits verres … où je lis ... du français
Ce qui m'a inexorablement mené vers une sieste que j'ai estimé avoir bien mérité.
Ces balades au parc me manqueront quand je serai là bas loin.
Il y a sûrement - forcément - la même chose,
mais ça ne serait jamais pareil.
Merci Weiwuyin.
Merci Taiwan pour tout ça.
encore,
pour y voir la vie
autrement
Mais je savais qu'il y avait encore là-bas une ou deux choses à voir
pour lesquelles il fallait que je sacrifie mon matin.
C'est ce que j'ai fait deux jours d'affilée pendant ce séjour.
On était déjà à la fin du mois mardi 29 et mercredi 30 août.
J'y suis allé par les deux moyens que je connaissais déjà en commençant par le bus le mardi.
Mon idée première avait bien été de prendre le premier métro, celui de 6h30
(évidemment que c'est possible !
J'ai bien réussi à prendre un jour le premier 248 pour aller voir le soleil arriver de derrière les montagnes à Cijin).
Mais évidemment, ce mardi matin-là a fait partie des jours où je n'ai pas entendu France Inter il est minuit.
Un de ces matins diésel ...
L'envie y était mais l'énergie beaucoup moins.
En plus, le matin, c'est un cercle vicieux :
le soleil se lève tôt, et la chaleur le suit.
Donc plus on tarde, plus on se dit qu'on va suer comme un veau
et plus on s'enfonce dans son lit à regarder le ciel à travers la fenêtre.
(maintenant que je l'écris, je me rends compte que c'est pareil le soir :
plus il est tard, plus le soleil est bas,
du coup, on se dit que le temps d'arriver sur les lieux propices, on peut être déçu …
l'appel de la fenêtre est décidément insoluble).
Mais c'est aussi cette vue sur ce grand ciel bleu,
qui m'a fait bondir (calmement) de mon lit le lendemain,
me donnant l'envie de me débarrasser une bonne fois pour toutes
de cette frustration de couleur et de lumière que je gardais jusque là.
Et ce jour-là, j'ai pris le métro.
Et à 7h45 (contre 9h la veille), j'étais à l'entrée du parc.
Ma première halte a été à l'entrée du parc pour fumer une pipe en buvant mon thé glacé mélange jade
acheté la veille au bar à thé.
J'ai d'abord été subjugué par les premières images de cette micro forêt urbaine.
puis intrigué par ce son de frottement.
Cela ressemblait à quelqu'un qui passait un balai dans ces allées pour moi déjà bien propres.
Puis, j'ai vu arriver ce personnage,
une femme je crois,
qui, effectivement, balayait.
Elle enlevait les feuilles mortes.
J'ai pensé aux Tuileries en automne.
Ça aurait été sûrement joli ici aussi.
J'ai aussi eu droit à une visite incongrue.
Il avait l'air un peu perdu de s'être aventuré plus près que d'habitude dans le monde des humains.
Toujours assis sur mon banc,
j'ai aussi croisé ce couple qui sortait de sa balade matinale.
Madame et monsieur prenaient une pause avant de rejoindre la ville.
Des marcheurs, souvent âgés, (ce que semble être le cas de nos amis sur la photo),
mais aussi des joggeurs et des cyclistes plus jeunes,
qui commencent probablement leur travail à 10h, dans les commerces.
Parfois seuls, faisant du yoga ou d'autres arts martiaux,
de la méditation
Souvent en groupe.
À deux, cinq, dix, trente.
Dans le parc, on sent que les choses bien installées, et totalement organisées.
Chaque groupe a sa place et les rendez-vous semblent être inamovibles.
Ici ce groupe de « gymnastique douce » (qui a l’air beaucoup moins douce qu’en Europe),
là ces « social dancers », qui, sur des musiques actuelles, s'agitent en ligne
enchaînant des suites de mouvements mélangeant tout un tas de danses importées de l'ouest.
Je suis resté longtemps dans les environs proches de ce monsieur en costume traditionnel.
Mais pas trop près pour ne pas le déranger.
Le mardi, je suis arrivé à la fin de sa séance de ce que je crois être du tai chi.
Le mercredi, exactement au même endroit, j'ai assisté à toute la leçon.
Alors, j'aurais aimé partager la petite vidéo que j'ai faite de lui avec vous,
mais il y a apparemment, une fois de plus, un problème de droit, sur un des sons que l'on entend dans le film.
Pour ceux qui ont un compte Facebook, la vidéo est (pour l'instant !) visible sur ce lien :
Si vous avez eu accès à la vidéo,
vous avez peut-être perçu un autre groupe d'usagers du parc,
ceux que l'on entend plus qu'on ne les voit : les musiciens.
Souvent cachés, dans un de ces recoins, dont le parc a le secret, ils travaillent leur passion à l'ombre d'un des arbres accueillants.
Ils n'ont hélas pas tous le même stade d'avancement.
C'est parfois plus joli à voir qu'à entendre ...
Quant à la nature ...
On ne sait où regarder.
Et mon premier cadeau, m'a été offert dès l'entrée avec les fameux lotus.
Un régal pour les abeilles semble t-il.
Certains sont encore fermés de la nuit, car ces fleurs se ferment pour dormir.
Ma vengeance était accomplie.
Je pouvais donc enfin faire le tour du parc en toute quiétude.
Ayant plus de temps que le soir, j'ai fait des circuits un peu plus grands que ceux de mes balades vespérales.
L'occasion de voir d'autres fleurs,
de croiser d'autres lotus dans ces étangs en terrasse aux abord du lac sud.
Un lac sud qui relève plus de la mare que d'autre chose comparé à son grand frère septentrional.
J'ai été impressionné par ces arbres monumentaux,
(dont la hauteur est d'ailleurs toujours un peu difficile à rendre en photo,
essayez de repérer un banc, ça vous donne une idée).
des sortes de saules pleureurs exotiques,
dont j'ai eu beaucoup de mal à capter les larmes à la bonne lumière :
de bruns ou orangés de loin,
ils devenaient quasiment gris de près.
S'il n'y avait pas « la » bonne lumière.
Ce que j'ai eu la chance d'avoir le mercredi matin .
Je suis passé par le lac nord.
Beaucoup moins fréquenté que le soir,
du moins sur la terre ferme.
Parce que côté volatile, tout le monde est bel et bien présent.
D'aileurs, quand je suis arrivé, sur les berges, c'était l'heure de la toilette.
Je ne sais pas où en était mon couple fétiche de ses pérégrinations amoureuses.
(je ne les ai d'ailleurs pas vraiment reconnus dans ces bains municipaux).
En tous cas, une chose est sûre.
Ce parc prouve, s'il en était encore besoin, que Taïwan est vraiment l'île aux oiseaux.
En groupe, comme sur cette branche, qui a l'air d'être le dernier endroit à la mode..
à moins que ça soit une HLM ? une résidence ?
Partout ailleurs, ça se balade.
Certains papotent à deux en attendant une livraison ...
D'autres préfèrent rester seuls.
surtout à l'heure du repas
Et si on ne les voit pas, ma foi, on les entend.
Les vidéos ont l'avantage certain d'ajouter du mouvement et du son à ce que je tente de vous raconter.
J'aimerais tellement aussi partager avec vous les odeurs.
Je me souviens de la remarque de mon amie Kwan-Ling quand j'annonçais un de mes retours à Taiwan.
Elle faisait le chemin inverse venant danser en Suisse et aux États-Unis.
On avait prévu de peut-être se revoir vers Zürich alors elle m'avait demandé
de lui ramener un bol d'air du pays.
Je la comprends.
L'herbe fraîchement coupée ressemble a l'odeur de celle de ses cousines d'ailleurs sans être exactement la même.
Un peu comme mon tabac sur le balcon,
ou le thé vert qui infuse.
mais
l'odeur des nights markets et de tous ces stands de cuisine,
le « stinky tofu » dont la puanteur est détectable à des dizaines de mètres à la ronde
même par les nez les plus enrhumés,
la senteur de la moiteur de l'air quand la pluie est tombée,
celle des peaux d'ici, où elles sont très peu parfumées.
Une amie m'a dit, à propos de la pièce précédente, qu'elle aurait aimé pouvoir sentir le thé dont je parle si souvent, dans la danse que nous partagions.
Comment transmettre ces odeurs dans le mouvement ?
Je n'ai pas encore trouvé la réponse.
À Weiwuying, il a eu aussi cette odeur de fin de rosée, alors que le soleil sèche tout le parc de l'humidité de la nuit.
Ce parc que la lumière révélait autrement à mes yeux,
avec ces étendues d'eau, ces allées de lumière,
ces chemins tracés en grande courbe ou en ligne droite pour les cyclistes,
ces moyennes traverses regorgeant de coins secrets, d'endroits de pause inédits,
ces abris pour observer les oiseaux sans les déranger,
ce nouveau bâtiment qui ma foi, ne s'intègre pas si mal à tout ce qui était là avant,
et ces vestiges de la destination précédente des lieux,
des baraquements militaires naturellement ou artificiellement plongés dans la verdure.
Bien des coins tranquilles,
pour se poser et écouter les oiseaux,
parler avec les amis,
réellement ou virtuellement
ou se promener simplement.
Et là, je vous présente un délinquant !
Il fumait sur son vélo !
Je me suis d'ailleurs aperçu en plein soleil,
que ce que je pensais être un joli banc reculé, à la nuit tombée,
était un siège parmi tant d'autres
Soleil, qui a tapé fort, surtout le mercredi.
Et comme ici, (je vous l'ai déjà dit) il est le meilleur ennemi des hommes.
Alors on se balade quand même, mais couvert.
C'est aussi sûrement une autre raison de la disparition prématurée des marcheurs que j'avais croisés en arrivant.
Je dois avouer que moi-même, j'ai capitulé vers 11h après avoir épuisé mon litre de thé glacé.
Avant de partir, j'ai fait mon petit pèlerinage.
Le 281.
Ce baraquement pas comme les autres, transformé en salle de spectacle.
Et dire qu'il y a un peu plus d'un an …
Quand j'arrive dans l'allée, je croise une jeune fille avec une bouilloire,
je lui demanderai bien de rentrer pour revoir tout ça.
Je la laisse vaquer à ses occupations, souriant de cet arbre toujours aussi vaillamment accroché au bâtiment.
Je me suis remémoré, ces moments
de repos, de réflexion, de crise, de tristesse,
passés là, à l'entrée des artistes.
Je me suis souvenu de l'arrivée et du départ des chaises.
de la pluie de certains jours,
de l'autel pour les prières,
et de toutes ces autres émotions ...
Comme l'an dernier,
je suis sorti par l'entrée principale.
Pour une raison qui m'échappe encore, je ne la trouve que quand je m'en vais.
On nous y souhaite des belles choses.
Le mercredi matin, j'ai continué ma balade en découvrant des nouveaux quartiers de la ville,
profitant de la climatisation du bus pour reprendre mes esprits.
J'ai pris le 70 comme la semaine précédente, mais j'ai continué ma route avec lui, jusqu'au port.
Et de là, j'ai pris le tramway,
quelques arrêts avant mes zones de promenades habituelles.
J'ai traversé le port jusqu'au Glory Pier, la Love River et au Pier 2.
Là aussi, en plein jour, c'était autre chose.
Avant de rentrer,
m'étant levé assez tôt et ayant marché plus que d'habitude,
je me suis arrêté pour déjeuner.
Mais vraiment déjeuner,
dans un restaurant japonais.
Un peu comme si je m'étais arrêté dans un resto italien à Marseille.
J'y ai savouré un « maquereau cheval » avec sa garniture, son verre de thé Oolong bien frais,
et son demi litre de bière taïwanaise, servi dans des petits verres … où je lis ... du français
Ce qui m'a inexorablement mené vers une sieste que j'ai estimé avoir bien mérité.
Ces balades au parc me manqueront quand je serai là bas loin.
Il y a sûrement - forcément - la même chose,
mais ça ne serait jamais pareil.
Merci Weiwuyin.
Merci Taiwan pour tout ça.


















































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