24/04/18 - la dernière ligne droite française - Jour 1 - 馬賽 la première journée de Cheng Wei


Retrouver un ami,
lui laisser le temps d'atterrir,
de retrouver ses marques 
et savourer son retour








 Mardi 24 avril,

Jour ô combien particulier où l’on célèbre l’anniversaire de mon ami Sylvain
(et accessoirement celui de Véronique Sanson).

Aujourd’hui, je ne répète pas.
Ils arrivent.

Petit déjeuner aux alentours de 7h comme d’habitude,
avant de partir je prépare les fichiers des flyers.
Il faut qu’ils soient commandés avant 10h pour que je les reçoive demain.

9h10,
je suis dans la voiture.
Je l’ai garée à une de ces places livraison résolument modernes
où un œil électronique repère la voiture
et lance un compte à rebours de 20 minutes,
durée maximale de stationnement à cet endroit-là, et ce entre 9h et 19h.
L’appareil moderne devrait donc en être à 10 minutes,
mais il est bloqué.
00 : 00.
Si j’avais su, je ne me serai pas pressé.

Sur le site web de l’aéroport, l’atterrissage du vol est prévu avec un peu avance : 9h46.
Le temps que Cheng Wei récupère sa valise, cela me laisse le temps d’y aller tranquillement.
Je prépare une pipe.

9h20,
je démarre (et le compteur ultra moderne de ma place livraison est toujours bloqué à 00:00).
Vitres ouvertes, je rejoins l’autoroute.
Ils arrivent.
Je suis heureux.

La sortie de Marseille se passe bien.
Après, ça se gâte un peu.
Accident aux Pennes-Mirabeau, juste avant la sortie qui permet d’aller à l’aéroport.
Ce doit sûrement être la raison de l’accident d’ailleurs.
Le matin, il y a souvent des bouchons à cette sortie, située juste après un tunnel,
qui dessert deux grosses zones industrielles avant l'aéroport.
Les petits futés, qui veulent aller plus vite que tout le monde,
restent sur l’autoroute le plus tard possible
et s’insèrent dans la voie de sortie au prix de fabuleuses queues de poisson.
Parfois, ça passe.
Parfois moins ....

Heureusement, l’accident est annoncé assez tôt sur les panneaux de l’autoroute,
qui pour une fois sont à jour, pour que je puisse sortir à la sortie précédente.
Je traverse le village des Pennes-Mirabeau et rejoint la route de l’aéroport par l’ancienne nationale.
Nous faisions souvent cette route quand j’étais petit pour aller à Carrefour.
LE supermarché.
Le premier gros hyper marché de la région.

Bref, j’échappe aux bouchons et j’arrive à l’aéroport en même temps que l’avion.
Le temps de me garer, je rentre dans le hall 1 à 10h01.
Et la photo en haut de l'article le prouve.

Londres Heathrow.
Le panneau des arrivées indique que l’avion a bien atterri en avance, comme prévu.

En attendant Cheng Wei, je passe au bureau d’informations.
J ‘ai une élève qui y travaille.
Marion.
Je devrais d’ailleurs la recroiser ce soir.
Avec son uniforme et son maquillage, je la reconnais à peine.
C’est d’ailleurs souvent le cas quand je croise des élèves hors des studios de danse.
Dans la vraie vie, ils sont souvent si différents.
Ils doivent probablement dire la même chose de moi.

Il y a du wifi dans l’aéroport,
depuis pas si longtemps.
Et c’est une bonne chose car je peux converser avec mon ami
qui est là, juste de l'autre côté, en train d’attendre ses bagages :
« Bienvenu à Marseille Provence !
- je suis là ! J’attends ma valise
- je sais
- ils ont dit que l’on était arrivés avec 17 minutes d’avance
- et oui …
- c’est bien ... c'est bien de savoir que tu es là aussi »

9h54,
le tapis est toujours vide.



 Je m’impatiente.


Sylvain m’envoie une bande dessinée qui me fait bien rire


« ah, le tapis a commencé à bouger
- ils sont tellement lents dans cette ville »
On rit.
« ça y est, je l’ai »
Je me prépare avec ma tablette en mode vidéo :

10h 25,
le voilà qui apparaît de derrière les deux grandes portes vitrées translucides.



Big big hug.
On est contents de se retrouver.
Et je suis soulagé qu’il soit arrivé jusque là sans encombre.

Reconstitution du groupe,
étape1.


Oui,
nous sommes au maximum de notre potentiel séduction.

On se dirige vers la sortie,
en passant par le bureau d’informations où je présente Cheng Wei à Marion.
Il la trouve jolie.

Retour à la voiture.
On cale sa grosse valise à l’arrière de manière à ce que je puisse quand même un peu voir derrière moi en conduisant,
et,
en route.
Direction Allauch, chez Jennifer et Gaby.

Ceux qui ont suivi les aventures de «La Septième Nuit » et de « In Wei», connaissent déjà ce couple attachant.
Jennifer qui est une élève à moi, m’avait proposé d’héberger Cheng Wei et Wan Chu, lors de premier voyage.
Depuis, ils sont restés en contact et quand Gaby a eu l’opportunité de partir pour un voyage d’étude en Chine,
ils ont tout naturellement fait un saut à Taïwan où ils ont été accueillis comme il se doit
par Wan Chu, son mari et sa famille.
Je les avais croisés le jour de mon arrivée sur l’île.

Ces deux séjours, le premier en France pour les uns, le premier à Taïwan pour les autres,
avaient tissé des liens indéfectibles qui ont fait, qu’à chaque fois que les taïwanais reviennent,
ils ne peuvent pas ne pas dormir chez leurs amis.
Pour moi, c’est parfait quand on est en résidence au théâtre des Chartreux.
Ça l’est moins quand on est à Aix ou ailleurs.
Mais je n’ai pas le droit de me plaindre.
Même si la logistique est complexe, c’est autant d’argent d’économisé pour la WeiDanceCompany
et surtout, le bonheur de retrouver des amis n’a pas de prix.

Sur la route, on fait le point sur nos vies.
Cheng Wei me raconte comment s‘est passé sa dernière pièce,
les bonnes critiques,
il semblerait que quand il y a du texte le public soit plus réceptif,
le besoin de « comprendre » sûrement.
Plutôt bon signe pour les Chroniques.
Il a eu un souci avec sa scénographe.
Elle a accepté de travailler pour une somme qu’elle a contestée après.
En fait, c’est surtout que la jeune femme n’a pas su gérer son budget :
elle a gaspillé des fournitures, et a embauché beaucoup de collaborateurs
qui, du fait de la somme dont elle disposait, ont été mal payés et s’en sont plaints.
Elle a sûrement appris de l’expérience,
autant que lui probablement.

Pour les chroniques à Taïwan, Cheng Wei a choisi un créateur lumière que je connais.
Bei Yi.
Il avait mis en lumière, les trois premières pièces que j’ai créées.
Notamment « Et toujours cette odeur de chaud après la pluie », celle qui m’a ancré dans le pays il y a sept ans ...
Déjà.
Quand Cheng Wei lui a parlé de moi, il semble s’être tout de suite souvenu de mes pièces.
C’est plutôt flatteur et c’est une très très bonne nouvelle
car il est d’une remarquable efficacité.

Nous entrons dans la ville.
Et comme l’an dernier, la L2, le boulevard périphérique marseillais, est toujours en travaux.
Cheng Wei s’en souvient.
On en rit.

Sortie Cinq Avenues,
la passerelle du boulevard de Plombières,
le vaisseau bleu du conseil départemental,
la voie rapide,
La Rose,
La Croix Rouge,
Plan de Cuques,
la route du Logis Neuf,
après le centre culturel Robert Olive (ça ne peut pas s’inviter), au feu, on tourne à gauche
chemin de Bon Rencontre.

Nous voilà chez Jennifer,
il fait grand soleil.

Belles retrouvailles.
Big hugs encore.
On s’installe dehors.
Jennifer a prévu un déjeuner léger avec bien évidemment, du fromage ...
et du bon vin.
(Jennifer et bon vin, c’est presque un pléonasme,
elle fait bien honneur à ces racines bourguignonnes)
Je parle avec elle pendant que Cheng Wei se douche,
met ma tablette à charger,
quand il revient, on trinque à son arrivée et on déjeune.


Je suis tellement heureux.
Il fait beau,
nous sommes bien,
tout est sous contrôle.

Wan Chu est en chemin.
Elle est à Roissy quand nous en sommes au fromage.


Je les quitte à regrets.
J’aurais bien passé l’après midi dans ce jardin.
Ce que Cheng Wei, le veinard, va sûrement faire.
À moins qu’il ne fasse une sieste bien méritée.
En tous cas pour le moment, il retrouve avec bonheur une des occupantes des lieux.


Mimine a pris son temps,
mais elle est venue retrouver son ami de l'année d'avant.


Événement plus que remarquable,
je trouve facilement une place pour ma voiture, en centre-ville, en milieu d’après-midi.
Décidément, la journée est belle.

Tout en suivant, la progression de Wan Chu,
(dont je vous ai parlé dans le précédent article)
je travaille sur la vidéo de l’épilogue.
Mise en place des photos,
organisation des durées,
ça sera moins beau que la version originale faite par Sylvain mais bon ...
Ça n’est pas mon métier.
Je fais de mon mieux.

Je vais travailler là dessus jusqu’au moment du cours de ce soir.
Ce qui veut dire que je vais partir sur les chapeaux de roue.
Alors, pour une fois, je suis prévoyant et prépare mon sac à l’avance.
Un tee-shirt, le short que je mettrai sous le jogging comme d’habitude, la tablette ...
LA TABLETTE !
Je l’ai oubliée chez Jennifer.
Appel en urgence,
elle me répond d’une petite voix,
Cheng Wei dort encore.
Ils me l'amèneront quand ils iront chercher Wan Chu.

La suite de l’histoire vous la connaissez :
(sinon vous avez raté un article qui est juste là)
j’ai discuté avec la taïwanaise pendant tout son voyage,
où elle s'est fait draguer par tout un (petit) tas de français
puis je suis allé donner un cours où Marion était là,
et je me suis écroulé après minuit,
épuisé et presque heureux.


Tiens,
petite leçon de mandarin.
Comment dit-on Marseille ?
Ma sèï
Et ça s’écrit comme ça :
馬賽






Commentaires