25/04/18 - la dernière ligne droite française - Jour 2 - 馬賽 la première répétition française des taïwanais


une passation de carnet,
le plaisir de se retrouver,
et de travailler ensemble
même si on va moins vite que prévu ...









Mercredi 25 avril,
9h45.

J’attends les flyers, qui, contrairement aux affiches, vont arriver chez moi incessamment sous peu.

Attendre.
Difficile pour moi ce matin.
D’abord parce que la belle journée d’hier a quand même été bien stressante,
et puis aussi parce que j’ai tourné quarante-cinq minutes il y a maintenant plus de deux heures
pour garer ma voiture sur une place honorable et que depuis, je n’ai qu’une seule envie :
aller me recoucher.

Je suis devant l’écran de l’ordinateur.
J’aimerais avancer sur l’épilogue.
Hier, j'ai fait mon choix définitif des images pour cette version.
Il y a celles de la version originale, celles qui sont apparues dans les dix ans qui séparent les deux moutures.
Tant de souvenirs,
toutes ces choses que j’ai vues, que j’ai vécues, dans l’île là-bas loin,
les beaux souvenirs, les bons, les moins bons.
Le souci avec cette vidéo c’est que je ne peux pas travailler le montage sans pleurer.
Pas pratique pour y voir clair.

10h45,
la livraison arrive.
Trois versions des flyers.
Au verso, mes trois amis.


Je vais pouvoir en donner à chaque danseur.
Anaïs en distribuera à ses élèves,
(et me laissera le soin de choisir combien elle doit en prendre)
Wan Chu, et surtout Cheng Wei les distribueront quand ils rencontreront des gens intéressés.
Ils savent bien faire ça.

Il me reste un peu de temps
mais plus assez pour dormir,
je me remets sur la vidéo de l’épilogue.
(et je pleure encore).

12h30,
déjeuner en catastrophe,
douche,
préparation des affaires,
je dis à Cheng Wei d’emporter son ordinateur, cela va être plus pratique pour réviser.

13h10,
je suis dans la voiture.
Nous avons rendez-vous à l’église des Augustins sur le Vieux-Port.
Je leur ai expliqué où elle était.
Juste à côté de l’autre sortie du métro, celle que l’on a jamais prise.
Ils ne devraient pas se tromper.
Rue Fort-Notre-Dame,
quai de Rive Neuve,
bouchon.
Mais qu’est-ce que font tous ces gens à cette heure-là autour du port ?
Je peste dans la voiture.
D’autant que je ne peux pas prévenir mes amis car ils n’ont pas internet sur leur portable
et qu’il n’y a toujours pas wifi dans le métro marseillais.

13h20,
ils sautent dans la voiture.
Ils n’ont pas l’air trop fatigués pour un premier jour en jet lag.
L’excitation d’être revenus peut-être.

Direction Aix-en-Provence.
L’ambiance dans la voiture n’a pas été aussi gaie depuis bien longtemps.
Cela me rappelle les quelques voyages que nous avons faits ensemble à Taïwan,
les premières répétitions à Aix pendant la Septième Nuit aussi.
Ils me racontent leur ressenti en ce début de troisième séjour français.
Cette sensation d’être un peu chez soi, de pouvoir déambuler sans se sentir perdu,
avoir ses repères comme un « local »
mais ne pas se sentir à l’aise à cause de ... la langue.
Je les comprends tellement,
j’ai l’impression de m’entendre penser quand je retourne là-bas.

14h,
on arrive vers la gare routière.
Je fais un tour du quartier, histoire de ne pas avoir le regret d’avoir pu me garer gratuitement,
et nous allons au parking.
Pas le temps pour mes boucles infernales, pas envie de leur infliger ça.

14h30,
après avoir présenté mes amis à ceux que je croise et que je connais dans la grande maison,
nous nous enfermons dans le studio Bossatti.

Première chose importante,
un vrai, un grand, un long, un fort hug avec Wan Chu
que je n’avais pas approché depuis qu’elle avait remis les pieds sur l’hexagone.


Deuxième chose,
l’autre selfie,
celui de l’étape 2,


On est si bien tous les trois.
Vivement que l’on retrouve les autres !
Je donne un cours léger.
Une barre une incomplète essentiellement faite d’étirements pour leurs corps de voyageurs.

15h,
je les mets devant les vidéos.
Wan Chu prend ma tablette, Cheng Wei son ordinateur.
On va essentiellement travailler sur leurs solos et si on a le temps, on reprendra le prologue.


Alors là, c’est le narrateur qui vous parle.
Le Claude Aymon d’aujourd’hui, le 6 mai 2019.
Ce qui s’est passé le 25 avril, c’est que j’ai donc fini mon très joli carnet noir.
Il s’entassera avec les carnets de toutes les autres créations très bientôt.
Son successeur est un très joli sketchbook à fleurs que j’utilise en format paysage.
Mais ce premier jour de répétition, je n’ai pas emmené le carnet suivant.
Alors il y a un flottement, un trou dans ma vie rédigée.
Entre la fin de l’un et le début de l’autre ...
Rien
Une sorte d’amnésie du stylo, de vol à l’arraché des feuilles de vie
(sauf que non parce qu’aucune page n’a été arraché aux deux carnets).

Peu de traces de conversations sur les réseaux sociaux.
À peine quelques mots sur Messenger.
Forcément puisqu'on était ensemble.
Et malheureusement pour vous, ma mémoire, bien chargée depuis, n’a pas retenu grand chose.
Alors de ce premier jour, je sais que nous n’avons pas dansé le prologue
et que j’étais inquiet car ils n’avaient pas eu le temps de vraiment réviser avant de partir de Taïwan
alors qu’ils me l’avaient promis.

La soirée ?
Ensemble, c'est certain.
La première … quand-même …
Mais où ?
Je ne sais plus.
Chez Jennifer et Gaby je suppose.

Alors disons que tout ça s’est bien fini,
qu’il y a sûrement dû y avoir des bouchons sur la route,
que la L2 n’était toujours pas ouverte,
que le bon vin a dû couler à flots
et que nous avons savouré avec cette chère Wan Chu de délicieux fromages.

Exit le carnet noir,
retour aux fleurs,
je vous présente le nouveau carnet bleu,
entouré pour l’occasion du bloc note spécial répétitions et de ses deux prédécesseurs,
le carnet à fleurs et le fameux carnet noir.
Ce nouveau contenant de nos aventures futures se range joliment dans un très bel écrin,
mais quelque chose me dit que je vais vite l’oublier quelque part dans les méandres de mon appartement.


Finalement, c’est plutôt bien que j’inaugure précisément aujourd’hui ce nouveau calepin.
Le dernier chapitre de l’aventure française commence.
Vraiment.


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