20-21/07/2017 - Marseille - Schiphol - Hong Kong - Kaohsiung
Le souci (pour les autres) des voyages en famille,
un autre monde
qui en cache un autre,
avant le vrai départ d'une nouvelle aventure
Jeudi 20 juillet,
5h.
(et oui, du coup,
par rapport au début de l'article précédent, on remonte presque dans le temps.)
Je suis réveillé avant le réveil comme la plupart des fois où je dois partir.
Pour éviter d'être en retard,
ce qui m'arrive souvent quand je commence la journée en avance,
je remets le réveil à sonner, mais à 6h30, l'heure où il faudra impérativement passer sous la douche.
Thé vert du japon (en échantillon)
et couques de Dinant (cochonnerie belge entre le pain d'épices, le caramel et le biscuit ... une tuerie)
Sur fond de France Info à la télé, je jette un dernier coup d'oeil à mes affaires,
il me reste à remplir le dernier petit sac,
celui où iront l'appareil photo, le passeport, la carte d'embarquement, une pipe et du tabac,
le nécessaire de survie pour 25h de voyage.
Je réfléchis et change d'avis.
J'opte pour un sac un tout petit peu plus grand (acheté tout récemment chez un maroquinier voisin …
qui a remplacé un maraîcher …
et qui me fait faire une digression donc je reviens au jeudi matin …).
Ce sac-là donc, sera plus agréable pour le voyage en lui-même une fois que le gros sera en soute
mais son utilisation soulève une autre question, quid du trajet maison aéroport ?
pour le bus, le car et le reste, ça va être moins confortable.
Le choix est complexe.
Comme souvent, je choisis l'hybride :
je mets le sac moyen, dans le grand sac, ,
et je garde le petit en bandoulière le temps du voyage à l'aéroport,
avant l'enregistrement, je sortirai le moyen du gros et je mettrai le petit à la place.
Vous suivez ?
C’est pas grave ...
Le temps de tout réorganiser, le réveil sonne.
Je pars sous la douche,
récupère ma trousse de toilette,
et refait un dernier tour pour être sûr de ne rien avoir oublié
(même si comme je vous le disais, j'ai forcément oublié quelque chose)
Premier flip conséquent dans mon corps semi réveillé.
6h50,
je ferme mon appartement.
Je traverse le quartier encore endormi,
quelques noctambules en after sous substances plus ou moins illicites,
le Vieux-Port et ses terrasses
où les premiers clients prennent un café, avant d'aller bosser
ou découvrir la ville (si si, il y en a ...).
6h58,
je suis à l'arrêt de bus.
J'attends le 82S.
Un peu plus long que le métro mais tellement plus pratique,
et plus agréable aussi pour voir la ville une dernière fois en ce début de saison estivale,
d'autant que les préparatifs du Tour de France, qui arrive samedi,
commencent à se voir ça et là,
(je suis bien content d'échapper à tout ça).
7h08,
le bus arrive.
Il y a peu de gens si ce n'est ces deux familles,
deux couples avec deux enfants qui ont quasiment les mêmes âges.
Leurs valises errent dans la partie centrale,
plus ou moins calées entre elles.
La discussion vient de commencer.
Ils habitent dans le même quartier ...
ne sont pas marseillais ...
et le plus grand de la fratrie entre à la maternelle ...
La même maternelle ...
Et ça tombe bien car l'une des deux familles n'a pas pu assister à la réunion de préparation.
Le père de l'un fait un résumé à la mère de l'autre.
Elle s'indigne du fait qu'il n'y ait pas de « semaine d'acclimatation ».
Il va falloir se séparer de ses enfants tout de suite toute la semaine
Et ça ... c'est un choc ... pour les enfants ...
Pendant ce temps-là, qui ne réalisent pas leur futur traumatisme parlent aussi fort que les parents.
« pourquoi on s'arrête ? »
« pourquoi il tourne le bus ? »
« pourquoi on s'arrête encore ? »
Visiblement, ils ne prennent pas le bus souvent .
«on va où ? »
«c'est encore loin ? »
Pas sur que le « on va à la gare mon chéri » ait convaincu qui que soit …
J'espère juste que je n'aurais pas à vivre ce genre de situation pendant le reste du voyage ...
7h25.
Nous sommes à la gare routière,
les valises sont devant la porte de sortie bien avant que les familles ne les rejoignent.
Je passe au bus 91,
direction aéroport Marseille Provence,
qui est déjà bien rempli.
Départ dans cinq minutes.
Chose relativement nouvelle pour ici,
il y a quelqu'un pour mettre les bagages dans la soute.
Ça me rappelle la Finlande où j'avais découvert ça ...
il y a une petite dizaine d'années.
À l’intérieur du bus, le volume de la radio est visiblement réglé pour que nous restions réveillés.
Chérie FM,
ses pubs,
et ses vieux tubes dont ce «everybody got to learn sometimes » des Korgis
dont j'avais oublié la flute de pan synthétique qui égrène les trois notes
qui ont fait chavirer bien des coeurs dans les années 80, à l'époque où les slows avaient encore un sens.
Pas de bouchons dans la traversée de Marseille,
ça m’étonne un peu.
En revanche, on échappe pas à celui où tous ceux, comme nous, qui vont à l’aéroport,
quittent l’autoroute.
J’avais prévu mais ça m'inquiète un peu quand même.
(pas très cohérent au niveau de ses inquiétudes le gars …)
Le bus double les voitures
et s'incruste au dernier moment dans la sortie.
J’aurais été le premier à râler si j'avais été dans ma 107
mais là, je trouve ça bien agréable.
J'arrive même à trouver des excuses pour effacer le fond de culpabilité qui me reste :
« après tout nous sommes cinquante, donc un nombre conséquent de voitures qui aurait pu encore plus grossir
le bouchon … »
Ça ne justifie rien mais ça me détend ....
7h58,
nous sommes en vue de l'aéroport.
Derrière moi, une dame appelle sa collègue pour lui dire qu'elle va être un peu en retard.
Elle part bosser.
J'ai bien de la chance ...
8h10, j'attaque la file d'attente pour l'enregistrement.
Je sais qu'avec le troisième vol, celui après Hong Kong,
je ne pourrai pas retirer ma carte d'embarquement à un guichet automatique.
Il y a beaucoup de monde.
Prendre son mal en patience.
De toute manière, j’ai le temps.
Je discute un peu avec le steward qui nous accueille.
Il en convient :
le personnel fonctionne à flux tendu,
il n'y a pas assez de guichets ouverts pour tous les vols qui décollent à cette heure-là,
surtout quand ils sont complets comme en cette période de vacances.
Derrière moi, deux familles (encore !) qui accompagnent chacun leur bambin qui va voyager seul.
Ils se connaissent et râlent,
dès le début.
J'aurais dû prévoir mon casque et de la musique ...
(qui ne sont pas loin mais je sens que le temps que je les sorte du sac,
si la file avance, ça va encore plus râler derrière moi)
Donc tout ce petit monde n’est vraiment pas content.
C'est qu'un des messieurs a un point de comparaison.
Il est allé en Guadeloupe.
Et là-bas, ça allait plus vite !
C'est vrai que c'est tellement comparable ...
On avance doucement mais forcément, pas assez vite pour eux.
Tout y passe :
les hôtesses ne sont pas assez rapides,
les gens ne réagissent pas assez vite,
« ils n'ont qu'à embaucher les gens au chômage » nous dit un des adolescents ...
Finalement, ils n'en peuvent plus,
une des mères va voir au guichet «Sky priority » (dont je vous parlais dans le précédent article)
et demande s'ils peuvent passer en urgence
parce que les deux jeunes attendent et ils ne peuvent pas rater leur avion.
L'hôtesse leur explique que, non ils ne sont pas prioritaires,
et que si leur avion décollait avant 9h20, on les ferait passer mais que ça n'est pas le cas.
La mère revient dans le rang et tout ce petit groupe se remet râler.
« heureusement qu'elles ne sont pas guadeloupéennes » s'exclame le même adolescent,
à la conscience politique décidément déjà bien éclairée,
je me retourne,
la mère lui dit « chhhhhut ! » et me regarde vaguement gênée,
il ne nous reste que quelques mètres avant notre tour,
heureusement ...
9h,
je m'avance au guichet,
la dame prend mon passeport et me dit :
« qu'est-ce que vous faites là ?
vous auriez dû passer en sky priority,
vous êtes en business class ! »
j'éclate de rire,
je lui explique que j’ai fait l’objet d’un surclassement surprise
et que je n'ai pas du tout l'habitude .
« alors n'hésitez pas à aller au Lounge KLM à Amsterdam ... et peut-être même à Hong Kong ! »
C’est vrai qu’il y a aussi ça ...
J’essaierai.
9h05,
j'ai ma carte d'embarquement et je suis délesté de 20,4 kg de choses
que j'espère retrouver à temps et en bon état dans 10000 km et 25h.
La dame de la police des frontières « oublie » de répondre à mon bonjour
(ça n'est peut-être pas dans son cahier des charges)
elle décoche un « c’est bon » avant de me rendre mon passeport,
mon « merci, au revoir » restera aussi sans réponses.
Le jour où ces agents se rendront compte qu'ils sont à la porte du pays,
et que c'est eux qui donnent la première, et la dernière impression qu'on en a,
cela changera bien des choses ...
Heureusement que l'équipe du contrôle de sécurité est bien plus souriante.
9h15,
je suis dans la file pour embarquer,
je discute avec un hollandais, qui était juste derrière les familles si sympathiques dans l'heure précédente.
Il s'étonne comme nous du peu d'agents en place (mais beaucoup plus calmement que nos « amis » de tout à l’heure)
et ne comprend pas pourquoi on a contrôlé son passeport.
Je lui explique que depuis les attentats, les frontières (du moins aériennes) sont bel et bien fermées
quoiqu’en pensent certains français ...
Place 9F,
je suis devant à droite.
Quand je rentre dans l'avion, mes mots croisés à la main,
j'entends déjà des cris de bébé,
les familles croisées jusque là n'étaient donc qu'une préparation ...
L'avion est plein de familles similaires avec tout un éventail de ce que la petite enfance peut présenter
comme cas d'agitation :
cris d'impatience avant le décollage (notamment à cause de la ceinture de sécurité),
cris de douleur au décollage,
jeux avec la tablette faisant vibrer les sièges de devant,
gamins debout regardant les gens de derrière pouvant se blesser au moindre trou d'air,
bambin renversant le verre de jus d’orange que l’hôtesse lui donne,
et dire qu’une fois de plus, j’ai stupidement laissé mes boules quiès et mon casque dans le sac vert
qui est maintenant au dessus de moi dans le compartiment à bagages ...
2h,
deux longues heures,
les genoux collés au siège de devant à entendre parents et enfants s'exprimer dans toutes les langues ...
et l'hôtesse de l'air de s'attendrir sur cette dame avec ses deux enfants,
elle emmène le plus grand faire pipi mais du coup oublie de ramasser les verres en carton de la collation généreusement offerte par ses collègues, sur toute la fin de la rangée.
Nous restons avec nos verres à la main interloqués.
Quand elle ramène le charmant bambin,
elle explique à la maman que « ça lui rappelait ses enfants quand ils étaient petits » ... et disparait ...
À l'annonce de la descente vers Amsterdam, c’est une autre hôtesse qui viendra finir ce que sa collègue n'a pas fait.
11h58,
Amsterdam Schiphol,
je sors de l'aéroport (sans être contrôlé) et en allant fumer dehors, je tombe sur un vieil ami hollandais, Jos.
Nous déjeunons ensemble.
Petit tour dans un site touristique tout proche
plein de moulins, de cars et d'appareils photos, mais sans tulipes.
Il me ramène vers 16h.
Je me dirige vers le contrôle de sécurité.
Ici, il faut vider plus de choses du sac.
À Marseille, l'ordinateur, la tablette et l'appareil photo suffisaient.
Là, il faut aussi sortir le second clavier
(que j'emporte avec moi quand j'écris depuis la tablette comme je le fais en ce moment)
et aussi le support ventilé que je mets maintenant sous mon ordinateur vieillissant
pour qu'il ne chauffe pas trop vite,
et à Taïwan, c'est bien utile ...
Tout ça se fait très vite, avec le sourire, et même des excuses pour le désagrément.
Un contrôle de passeport qui début par un « hello » et se conclut par un « have a safe trip ! »
Ça tranche radicalement avec la version française quelques heures plus tôt.
Je remplis mon sac
et me voilà à l’entrée d’un de ces immenses centres commerciaux que sont devenus les accès aux salles d'embarquement des aéroports internationaux.
Je cherche le lounge KLM.
Si l'hôtesse française m’a dit d’essayer … ma foi …
Effectivement, une fois mon carte d’embarquement scannée, on me souhaite la bienvenue.
Quel joli sésame !
Je vérifie à quelle heure je dois aller entendre « have a safe trip » de l’hôtesse hollandaise.
16h39!
C’est très précis …
À ce moment là, en haut à droite, sous le nom de la compagnie aérienne, je lis le fameux Sky Priority.
C’était vraiment écrit !
D’où l’étonnement de l’hôtesse ...
Je réalise alors que j’aurais pu passer crânement devant tout le monde à l’embarquement de Marignane.
Çe devrait marcher pour le prochain vol, ce qui me laisse encore plus de temps puisque je me souviens avoir entendu à chaque fois que les passagers Skymachin faisaient en gros ce qu’ils voulaient.
J’irai donc au dernier moment.
18h20,
je suis à la porte F8,
et passe (plutôt discrètement) avant tout le monde.
Je ne reviendrai pas sur mon installation au siège 1A,
je vous ai déjà tout raconté dans l'article précédent.
(à ce propos, pour ceux qui ont lu l'article très vite après sa parution, j'ai rajouté quelques photos …)
Ce vol, vous vous en doutez, n’a souffert d’aucune comparaison avec la première partie du voyage,
ni avec les traversées du monde équivalentes que j’ai pu faire jusqu’alors :
quinze personnes,
peu de bruit
(à part un gros ronfleur que je n'ai repéré qu'au réveil),
la sensation bizarre quand l'hôtesse m'a dit :
« aujourd'hui, je commence avec vous ! »
quand elle est venue prendre la commande de mon repas,
choisi dans un vrai menu avec des choix multiples pour l'entrée, le plat et le dessert,
et le souvenir du bruit des couverts raclant ce qui pourrait être de la porcelaine de nos petites assiettes
à la fin des plats.
Un autre monde.
En y repensant un peu plus,
il y a bien deux ou trois choses que je partagerais bien avec vous à propos de ce le voyage.
D’abord, au moment de l'apéritif.
On a la choix entre un mélange pistache-amandes-cacahuètes et un ramequin de fromages.
« Well .. I’m French ! »
Je choisis le petit ramequin (pas peu fier d’avoir fait rire l’hôtesse)
« Alors vous prendrez peut-être un verre de rouge en accompagnement ? »
Elle me montre un vin français …
Je prends l’espagnol.
L'hôtesse prend un verre (un vrai !) me le tend
et commence à le remplir quand, nous entrons dans une zone de turbulence.
Il y a du vin sur tout l'accoudoir.
Je ris (en redoutant la tache de vin sur le short gris que j'aurai à arborer fièrement
pendant mes quatre heures de correspondance à Hong Kong,
l’heure et demi du vol suivant et à mon arrivée sur l'île ...),
la jeune femme s'excuse et essuie le tout.
Nous attendons que la crise passe,
et elle remplit mon verre comme si de rien n'était.
Ouf …
Il y a aussi eu le choix de la maison !
Alors, heureusement que mon ami Jos m'avait prévenu,
à la fin du voyage, on nous offre un maison miniature en porcelaine de Delft.
Les plus snobs des hollandais, habitués à voyager dans ces standards, affichent fièrement chez eux,
toute leur collection de maison de village KLM.
Je pense que je vais offrir la mienne ...
Et enfin,
le premier oubli !
Quand je m'extasiais (le plus sobrement possible) sur le fait qu'il y a des prises électriques,
mon cerveau a tilté : j'ai oublié les adaptateurs.
Je savais bien que j'oublierais quelque chose.
Il faudra donc que j'en achète en arrivant.
Heureusement que les commerces ferment à 22h à Taïwan ...
Je crois que c’est tout pour les anecdotes.
Le voyage jusqu'à Hong Kong, dans mon siège transformé en lit, s'est déroulé sans faille.
J'ai été réveillé par la lumière … qui nous annonçait un petit déjeuner imminent,
vaguement déçu d’avoir loupé le désert de Gobi que j’aime bien voir de là-haut.
(allez, je vous remets une ancienne photo … de 2013 je crois)
Voyager dans des conditions,
forcément, c'est autre chose ...
Je serais bien resté une heure ou deux de plus ..
J’étais encore tout endormi quand j'ai dû choisir
entre le soufflé aux courgettes,
le pudding
et le fromage blanc aux céréales.
(et c’est là que j'ai entendu le ronfleur ...
Il a loupé le petit déjeuner !)
Hong Kong est juste devant nous.
Et il y a ce point, que je vois se construire,
patiemment (mais rapidement quand même, vu l'ampleur du projet)
c'est ce trait que l'on peut distinguer au milieu de la photo.
Ce que vous voyez, ça c'est que la moitié de la chose …
Aéroport International de Hong Kong,
je sors du Boeing en regardant où j'ai passé une grosse dizaine d'heures.
J'étais juste derrière les trois premiers hublots.
(quand je vous disais dans l'article d'avant que j'étais sous le pilote !)
Me revoilà déversé dans un autre temple de la consommation.
Le cousin de Schiphol, version chinoise.
Mêmes magasins, mêmes bureaux de change,
la seule chose qui diffère vraiment ce sont les gens, et les détails qui s'y rapportent.
Comme par exemple, les fontaines à eau ... chaude, pour réhydrater les pots de soupe instantanée,
les messages sur les escalators et les tapis roulants nous rappelant d'arrêter de regarder les portables
quand on en monte et quand on en descend,
(hélas, dans cette partie du monde, les regards sont encore plus rivés sur les écrans qu’en Europe)
et la langue, cette putain de langue, autrement mélodieuse,
qui ne fait référence à rien dans mon apprentissage d’adolescent,
et qui chante autrement, qu'elle soit cantonnaise ou mandarine ...
Il va falloir se replonger dans ces petites musiques, jusqu'à ce qu'elles redeviennent douces à mes oreilles.
Mais pour l'instant, se reposer semble la meilleure option.
J’ai tenté d'accéder au Lounge Sky team …
Sans succès,
Le traitement de luxe prend fin.
Je suis donc allé squatter, comme je le fais à chaque voyage, une série de trois sièges dans une salle d’embarquement où aucun avion attend.
Je la choisis près de prises pour recharger mes appareils.
(ici, il y a des prises USB - internationales ! - bien pratiques)
Je m’installe dos aux fenêtres et comme d’autres dans les rangs autour, je finis ma nuit.
14h30,
la porte du prochain vol est annoncée.
Je change de rangée de sièges.
Mais je ne me couche plus.
D'abord parce qu'il y a déjà bien trop de monde,
et aussi parce que, tout bêtement, je n'ai plus sommeil,
l'échéance approche.
Je regarde tous ces gens bien différents de moi,
je pense à ce qui m'attend (ou ne m'attend pas),
le flip qui m’avait déserté, revient insidieusement.
Réflexions, atermoiements,
Tout ça occupe la dernière heure qui sépare mon dernier déplacement
(le début de ce paragraphe …)
du moment où l'hôtesse nous annonce l'embarquement.
16h15,
la voix retentit.
Je vérifie mon billet.
34 K.
Je remonte l'aile droite de cet Airbus A330.
Le couloir est plus serré, mais j'aurai plus d'espace pour mes jambes que dans l'A320 du début du voyage.
(je l'espère qu’il y aura aussi beaucoup moins de cris …)
Je suis assis à côté d'une femme à la peau mate et aux yeux ronds sourieurs, peut-être indonésienne ?
Elle n'a pas trop l'habitude de prendre l'avion (on dirait moi dans l'avion précédent).
16h45
Nous quittons Hong Kong sous un ciel nuageux.
Très vite, les hôtesses nous proposent des cartes d'immigration.
Ma voisine n'en prend pas, elle est peut-être résidente taïwanaise.
Je la remplis avec l'adresse de Cheng Wei comme lieu de résidence et je m'endors un peu.
Je suis réveillé par les voix des hôtesses.
Les tablettes se baissent.
C'est l'heure du repas.
Car sur Cathay Pacific, même pour 1h30 de vol, il y a un vrai repas.
Du riz, du porc, des légumes, un dessert,
agrémenté de café ou de oolong (plutôt bon d'ailleurs).
J'engloutis mon plat à toute vitesse, boit mon thé, et me rendors.
Cette fois-ci, c'est le petit garçon derrière moi qui me réveille par ses cris,
Il s'extasie sur la vue.
Nous survolons la banlieue sud de Kaohsiung.
La nuit tombe sur la ville.
Comme à chaque fois que j'arrive.
Me voilà de retour.
Pas l'énergie de prendre une photo,
j'ai le coeur serré …
Atterrissage.
L'avion s'immobilise.
Bruits de ceintures qui cliquent après le bip autorisant à le faire.
La jeune femme à côté de moi a du mal à récupérer son sac.
Je n'ai pas le temps de me lever que le jeune homme derrière lui prête main forte.
Elle le remercie, se retourne vers moi :
« vous allez rester à Kaohsiung :
- oui
- moi je vais à Tainan,
vous voulez que je prenne votre sac ? »
Je souris.
Elle n'arrivera pas à l'atteindre si elle n'a pas pu attraper le sien.
Je lui dis que je le ferai après.
Les portes sont ouvertes.
Nous remontons la rangée, passant d'hôtesses en hôtesses qui nous disent au revoir avec un large sourire.
Premiers pas dans l'aéroport,
je connais le chemin par cœur :
le grand couloir avec les derniers duty free,
le passage sanitaire - quarantaine, où on vérifie parfois que l'on n'a pas de fièvre,
(il y a d'ailleurs un jeune, avec le classique masque de protection, qui est en train de remplir des formulaires),
le contrôle des passeports, avec ces trois couloirs :
les passeports automatisés (avec des lecteurs qui fonctionnent),
les contrôles manuels
pour les résidents,
pour les étrangers.
Nous sommes peu nombreux dans le troisième groupe, cela va assez vite.
(ça coince juste un peu avec une ressortissante ... chinoise).
Me voilà dans le hall de réception des bagages.
Je vais aux toilettes en attendant que mon gros sac apparaisse.
Il ne tarde pas.
Je sors.
Et derrière la porte coulissante,
Ha Bao m'attend, souriant et timide.
Cheng Wei est en cours jusqu'à 21h30 alors il l'a mandaté pour me récupérer.
Je vais le rejoindre avec mon gros sac sur roulettes,
mon sac vert,
mon troisième sac marron,
ma joie certaine
et toute mon appréhension.
L’an dernier, il y avait Cheng Wei,
et aussi Jennifer et Gaby
(que les habitués de mes blogs connaissent déjà, sinon c’est là)
Il est 18h30.
L'aventure commence vraiment.
un autre monde
qui en cache un autre,
avant le vrai départ d'une nouvelle aventure
5h.
(et oui, du coup,
par rapport au début de l'article précédent, on remonte presque dans le temps.)
Je suis réveillé avant le réveil comme la plupart des fois où je dois partir.
Pour éviter d'être en retard,
ce qui m'arrive souvent quand je commence la journée en avance,
je remets le réveil à sonner, mais à 6h30, l'heure où il faudra impérativement passer sous la douche.
Thé vert du japon (en échantillon)
et couques de Dinant (cochonnerie belge entre le pain d'épices, le caramel et le biscuit ... une tuerie)
Sur fond de France Info à la télé, je jette un dernier coup d'oeil à mes affaires,
il me reste à remplir le dernier petit sac,
celui où iront l'appareil photo, le passeport, la carte d'embarquement, une pipe et du tabac,
le nécessaire de survie pour 25h de voyage.
Je réfléchis et change d'avis.
J'opte pour un sac un tout petit peu plus grand (acheté tout récemment chez un maroquinier voisin …
qui a remplacé un maraîcher …
et qui me fait faire une digression donc je reviens au jeudi matin …).
Ce sac-là donc, sera plus agréable pour le voyage en lui-même une fois que le gros sera en soute
mais son utilisation soulève une autre question, quid du trajet maison aéroport ?
pour le bus, le car et le reste, ça va être moins confortable.
Le choix est complexe.
Comme souvent, je choisis l'hybride :
je mets le sac moyen, dans le grand sac, ,
et je garde le petit en bandoulière le temps du voyage à l'aéroport,
avant l'enregistrement, je sortirai le moyen du gros et je mettrai le petit à la place.
Vous suivez ?
C’est pas grave ...
Le temps de tout réorganiser, le réveil sonne.
Je pars sous la douche,
récupère ma trousse de toilette,
et refait un dernier tour pour être sûr de ne rien avoir oublié
(même si comme je vous le disais, j'ai forcément oublié quelque chose)
Premier flip conséquent dans mon corps semi réveillé.
6h50,
je ferme mon appartement.
Je traverse le quartier encore endormi,
quelques noctambules en after sous substances plus ou moins illicites,
le Vieux-Port et ses terrasses
où les premiers clients prennent un café, avant d'aller bosser
ou découvrir la ville (si si, il y en a ...).
6h58,
je suis à l'arrêt de bus.
J'attends le 82S.
Un peu plus long que le métro mais tellement plus pratique,
et plus agréable aussi pour voir la ville une dernière fois en ce début de saison estivale,
d'autant que les préparatifs du Tour de France, qui arrive samedi,
commencent à se voir ça et là,
(je suis bien content d'échapper à tout ça).
7h08,
le bus arrive.
Il y a peu de gens si ce n'est ces deux familles,
deux couples avec deux enfants qui ont quasiment les mêmes âges.
Leurs valises errent dans la partie centrale,
plus ou moins calées entre elles.
La discussion vient de commencer.
Ils habitent dans le même quartier ...
ne sont pas marseillais ...
et le plus grand de la fratrie entre à la maternelle ...
La même maternelle ...
Et ça tombe bien car l'une des deux familles n'a pas pu assister à la réunion de préparation.
Le père de l'un fait un résumé à la mère de l'autre.
Elle s'indigne du fait qu'il n'y ait pas de « semaine d'acclimatation ».
Il va falloir se séparer de ses enfants tout de suite toute la semaine
Et ça ... c'est un choc ... pour les enfants ...
Pendant ce temps-là, qui ne réalisent pas leur futur traumatisme parlent aussi fort que les parents.
« pourquoi on s'arrête ? »
« pourquoi il tourne le bus ? »
« pourquoi on s'arrête encore ? »
Visiblement, ils ne prennent pas le bus souvent .
«on va où ? »
«c'est encore loin ? »
Pas sur que le « on va à la gare mon chéri » ait convaincu qui que soit …
J'espère juste que je n'aurais pas à vivre ce genre de situation pendant le reste du voyage ...
7h25.
Nous sommes à la gare routière,
les valises sont devant la porte de sortie bien avant que les familles ne les rejoignent.
Je passe au bus 91,
direction aéroport Marseille Provence,
qui est déjà bien rempli.
Départ dans cinq minutes.
Chose relativement nouvelle pour ici,
il y a quelqu'un pour mettre les bagages dans la soute.
Ça me rappelle la Finlande où j'avais découvert ça ...
il y a une petite dizaine d'années.
À l’intérieur du bus, le volume de la radio est visiblement réglé pour que nous restions réveillés.
Chérie FM,
ses pubs,
et ses vieux tubes dont ce «everybody got to learn sometimes » des Korgis
dont j'avais oublié la flute de pan synthétique qui égrène les trois notes
qui ont fait chavirer bien des coeurs dans les années 80, à l'époque où les slows avaient encore un sens.
Pas de bouchons dans la traversée de Marseille,
ça m’étonne un peu.
En revanche, on échappe pas à celui où tous ceux, comme nous, qui vont à l’aéroport,
quittent l’autoroute.
J’avais prévu mais ça m'inquiète un peu quand même.
(pas très cohérent au niveau de ses inquiétudes le gars …)
Le bus double les voitures
et s'incruste au dernier moment dans la sortie.
J’aurais été le premier à râler si j'avais été dans ma 107
mais là, je trouve ça bien agréable.
J'arrive même à trouver des excuses pour effacer le fond de culpabilité qui me reste :
« après tout nous sommes cinquante, donc un nombre conséquent de voitures qui aurait pu encore plus grossir
le bouchon … »
Ça ne justifie rien mais ça me détend ....
7h58,
nous sommes en vue de l'aéroport.
Derrière moi, une dame appelle sa collègue pour lui dire qu'elle va être un peu en retard.
Elle part bosser.
J'ai bien de la chance ...
8h10, j'attaque la file d'attente pour l'enregistrement.
Je sais qu'avec le troisième vol, celui après Hong Kong,
je ne pourrai pas retirer ma carte d'embarquement à un guichet automatique.
Il y a beaucoup de monde.
Prendre son mal en patience.
De toute manière, j’ai le temps.
Je discute un peu avec le steward qui nous accueille.
Il en convient :
le personnel fonctionne à flux tendu,
il n'y a pas assez de guichets ouverts pour tous les vols qui décollent à cette heure-là,
surtout quand ils sont complets comme en cette période de vacances.
Derrière moi, deux familles (encore !) qui accompagnent chacun leur bambin qui va voyager seul.
Ils se connaissent et râlent,
dès le début.
J'aurais dû prévoir mon casque et de la musique ...
(qui ne sont pas loin mais je sens que le temps que je les sorte du sac,
si la file avance, ça va encore plus râler derrière moi)
Donc tout ce petit monde n’est vraiment pas content.
C'est qu'un des messieurs a un point de comparaison.
Il est allé en Guadeloupe.
Et là-bas, ça allait plus vite !
C'est vrai que c'est tellement comparable ...
On avance doucement mais forcément, pas assez vite pour eux.
Tout y passe :
les hôtesses ne sont pas assez rapides,
les gens ne réagissent pas assez vite,
« ils n'ont qu'à embaucher les gens au chômage » nous dit un des adolescents ...
Finalement, ils n'en peuvent plus,
une des mères va voir au guichet «Sky priority » (dont je vous parlais dans le précédent article)
et demande s'ils peuvent passer en urgence
parce que les deux jeunes attendent et ils ne peuvent pas rater leur avion.
L'hôtesse leur explique que, non ils ne sont pas prioritaires,
et que si leur avion décollait avant 9h20, on les ferait passer mais que ça n'est pas le cas.
La mère revient dans le rang et tout ce petit groupe se remet râler.
« heureusement qu'elles ne sont pas guadeloupéennes » s'exclame le même adolescent,
à la conscience politique décidément déjà bien éclairée,
je me retourne,
la mère lui dit « chhhhhut ! » et me regarde vaguement gênée,
il ne nous reste que quelques mètres avant notre tour,
heureusement ...
9h,
je m'avance au guichet,
la dame prend mon passeport et me dit :
« qu'est-ce que vous faites là ?
vous auriez dû passer en sky priority,
vous êtes en business class ! »
j'éclate de rire,
je lui explique que j’ai fait l’objet d’un surclassement surprise
et que je n'ai pas du tout l'habitude .
« alors n'hésitez pas à aller au Lounge KLM à Amsterdam ... et peut-être même à Hong Kong ! »
C’est vrai qu’il y a aussi ça ...
J’essaierai.
9h05,
j'ai ma carte d'embarquement et je suis délesté de 20,4 kg de choses
que j'espère retrouver à temps et en bon état dans 10000 km et 25h.
La dame de la police des frontières « oublie » de répondre à mon bonjour
(ça n'est peut-être pas dans son cahier des charges)
elle décoche un « c’est bon » avant de me rendre mon passeport,
mon « merci, au revoir » restera aussi sans réponses.
Le jour où ces agents se rendront compte qu'ils sont à la porte du pays,
et que c'est eux qui donnent la première, et la dernière impression qu'on en a,
cela changera bien des choses ...
Heureusement que l'équipe du contrôle de sécurité est bien plus souriante.
9h15,
je suis dans la file pour embarquer,
je discute avec un hollandais, qui était juste derrière les familles si sympathiques dans l'heure précédente.
Il s'étonne comme nous du peu d'agents en place (mais beaucoup plus calmement que nos « amis » de tout à l’heure)
et ne comprend pas pourquoi on a contrôlé son passeport.
Je lui explique que depuis les attentats, les frontières (du moins aériennes) sont bel et bien fermées
quoiqu’en pensent certains français ...
Place 9F,
je suis devant à droite.
Quand je rentre dans l'avion, mes mots croisés à la main,
j'entends déjà des cris de bébé,
les familles croisées jusque là n'étaient donc qu'une préparation ...
L'avion est plein de familles similaires avec tout un éventail de ce que la petite enfance peut présenter
comme cas d'agitation :
cris d'impatience avant le décollage (notamment à cause de la ceinture de sécurité),
cris de douleur au décollage,
jeux avec la tablette faisant vibrer les sièges de devant,
gamins debout regardant les gens de derrière pouvant se blesser au moindre trou d'air,
bambin renversant le verre de jus d’orange que l’hôtesse lui donne,
et dire qu’une fois de plus, j’ai stupidement laissé mes boules quiès et mon casque dans le sac vert
qui est maintenant au dessus de moi dans le compartiment à bagages ...
2h,
deux longues heures,
les genoux collés au siège de devant à entendre parents et enfants s'exprimer dans toutes les langues ...
et l'hôtesse de l'air de s'attendrir sur cette dame avec ses deux enfants,
elle emmène le plus grand faire pipi mais du coup oublie de ramasser les verres en carton de la collation généreusement offerte par ses collègues, sur toute la fin de la rangée.
Nous restons avec nos verres à la main interloqués.
Quand elle ramène le charmant bambin,
elle explique à la maman que « ça lui rappelait ses enfants quand ils étaient petits » ... et disparait ...
À l'annonce de la descente vers Amsterdam, c’est une autre hôtesse qui viendra finir ce que sa collègue n'a pas fait.
11h58,
Amsterdam Schiphol,
je sors de l'aéroport (sans être contrôlé) et en allant fumer dehors, je tombe sur un vieil ami hollandais, Jos.
Nous déjeunons ensemble.
Petit tour dans un site touristique tout proche
plein de moulins, de cars et d'appareils photos, mais sans tulipes.
Il me ramène vers 16h.
Je me dirige vers le contrôle de sécurité.
Ici, il faut vider plus de choses du sac.
À Marseille, l'ordinateur, la tablette et l'appareil photo suffisaient.
Là, il faut aussi sortir le second clavier
(que j'emporte avec moi quand j'écris depuis la tablette comme je le fais en ce moment)
et aussi le support ventilé que je mets maintenant sous mon ordinateur vieillissant
pour qu'il ne chauffe pas trop vite,
et à Taïwan, c'est bien utile ...
Tout ça se fait très vite, avec le sourire, et même des excuses pour le désagrément.
Un contrôle de passeport qui début par un « hello » et se conclut par un « have a safe trip ! »
Ça tranche radicalement avec la version française quelques heures plus tôt.
Je remplis mon sac
et me voilà à l’entrée d’un de ces immenses centres commerciaux que sont devenus les accès aux salles d'embarquement des aéroports internationaux.
Je cherche le lounge KLM.
Si l'hôtesse française m’a dit d’essayer … ma foi …
Effectivement, une fois mon carte d’embarquement scannée, on me souhaite la bienvenue.
Quel joli sésame !
Je vérifie à quelle heure je dois aller entendre « have a safe trip » de l’hôtesse hollandaise.
16h39!
C’est très précis …
À ce moment là, en haut à droite, sous le nom de la compagnie aérienne, je lis le fameux Sky Priority.
C’était vraiment écrit !
D’où l’étonnement de l’hôtesse ...
Je réalise alors que j’aurais pu passer crânement devant tout le monde à l’embarquement de Marignane.
Çe devrait marcher pour le prochain vol, ce qui me laisse encore plus de temps puisque je me souviens avoir entendu à chaque fois que les passagers Skymachin faisaient en gros ce qu’ils voulaient.
J’irai donc au dernier moment.
18h20,
je suis à la porte F8,
et passe (plutôt discrètement) avant tout le monde.
Je ne reviendrai pas sur mon installation au siège 1A,
je vous ai déjà tout raconté dans l'article précédent.
(à ce propos, pour ceux qui ont lu l'article très vite après sa parution, j'ai rajouté quelques photos …)
Ce vol, vous vous en doutez, n’a souffert d’aucune comparaison avec la première partie du voyage,
ni avec les traversées du monde équivalentes que j’ai pu faire jusqu’alors :
quinze personnes,
peu de bruit
(à part un gros ronfleur que je n'ai repéré qu'au réveil),
la sensation bizarre quand l'hôtesse m'a dit :
« aujourd'hui, je commence avec vous ! »
quand elle est venue prendre la commande de mon repas,
choisi dans un vrai menu avec des choix multiples pour l'entrée, le plat et le dessert,
et le souvenir du bruit des couverts raclant ce qui pourrait être de la porcelaine de nos petites assiettes
à la fin des plats.
Un autre monde.
En y repensant un peu plus,
il y a bien deux ou trois choses que je partagerais bien avec vous à propos de ce le voyage.
D’abord, au moment de l'apéritif.
On a la choix entre un mélange pistache-amandes-cacahuètes et un ramequin de fromages.
« Well .. I’m French ! »
Je choisis le petit ramequin (pas peu fier d’avoir fait rire l’hôtesse)
« Alors vous prendrez peut-être un verre de rouge en accompagnement ? »
Elle me montre un vin français …
Je prends l’espagnol.
L'hôtesse prend un verre (un vrai !) me le tend
et commence à le remplir quand, nous entrons dans une zone de turbulence.
Il y a du vin sur tout l'accoudoir.
Je ris (en redoutant la tache de vin sur le short gris que j'aurai à arborer fièrement
pendant mes quatre heures de correspondance à Hong Kong,
l’heure et demi du vol suivant et à mon arrivée sur l'île ...),
la jeune femme s'excuse et essuie le tout.
Nous attendons que la crise passe,
et elle remplit mon verre comme si de rien n'était.
Ouf …
Il y a aussi eu le choix de la maison !
Alors, heureusement que mon ami Jos m'avait prévenu,
à la fin du voyage, on nous offre un maison miniature en porcelaine de Delft.
toute leur collection de maison de village KLM.
Je pense que je vais offrir la mienne ...
Et enfin,
le premier oubli !
Quand je m'extasiais (le plus sobrement possible) sur le fait qu'il y a des prises électriques,
mon cerveau a tilté : j'ai oublié les adaptateurs.
Je savais bien que j'oublierais quelque chose.
Il faudra donc que j'en achète en arrivant.
Heureusement que les commerces ferment à 22h à Taïwan ...
Je crois que c’est tout pour les anecdotes.
J'ai été réveillé par la lumière … qui nous annonçait un petit déjeuner imminent,
vaguement déçu d’avoir loupé le désert de Gobi que j’aime bien voir de là-haut.
(allez, je vous remets une ancienne photo … de 2013 je crois)
forcément, c'est autre chose ...
Je serais bien resté une heure ou deux de plus ..
J’étais encore tout endormi quand j'ai dû choisir
entre le soufflé aux courgettes,
le pudding
et le fromage blanc aux céréales.
(et c’est là que j'ai entendu le ronfleur ...
Il a loupé le petit déjeuner !)
Et il y a ce point, que je vois se construire,
patiemment (mais rapidement quand même, vu l'ampleur du projet)
c'est ce trait que l'on peut distinguer au milieu de la photo.
Ce que vous voyez, ça c'est que la moitié de la chose …
Aéroport International de Hong Kong,
je sors du Boeing en regardant où j'ai passé une grosse dizaine d'heures.
J'étais juste derrière les trois premiers hublots.
(quand je vous disais dans l'article d'avant que j'étais sous le pilote !)
Me revoilà déversé dans un autre temple de la consommation.
Le cousin de Schiphol, version chinoise.
Mêmes magasins, mêmes bureaux de change,
la seule chose qui diffère vraiment ce sont les gens, et les détails qui s'y rapportent.
Comme par exemple, les fontaines à eau ... chaude, pour réhydrater les pots de soupe instantanée,
les messages sur les escalators et les tapis roulants nous rappelant d'arrêter de regarder les portables
quand on en monte et quand on en descend,
(hélas, dans cette partie du monde, les regards sont encore plus rivés sur les écrans qu’en Europe)
et la langue, cette putain de langue, autrement mélodieuse,
qui ne fait référence à rien dans mon apprentissage d’adolescent,
et qui chante autrement, qu'elle soit cantonnaise ou mandarine ...
Il va falloir se replonger dans ces petites musiques, jusqu'à ce qu'elles redeviennent douces à mes oreilles.
Mais pour l'instant, se reposer semble la meilleure option.
J’ai tenté d'accéder au Lounge Sky team …
Sans succès,
Le traitement de luxe prend fin.
Je suis donc allé squatter, comme je le fais à chaque voyage, une série de trois sièges dans une salle d’embarquement où aucun avion attend.
Je la choisis près de prises pour recharger mes appareils.
(ici, il y a des prises USB - internationales ! - bien pratiques)
Je m’installe dos aux fenêtres et comme d’autres dans les rangs autour, je finis ma nuit.
14h30,
la porte du prochain vol est annoncée.
Je change de rangée de sièges.
Mais je ne me couche plus.
D'abord parce qu'il y a déjà bien trop de monde,
et aussi parce que, tout bêtement, je n'ai plus sommeil,
l'échéance approche.
Je regarde tous ces gens bien différents de moi,
je pense à ce qui m'attend (ou ne m'attend pas),
le flip qui m’avait déserté, revient insidieusement.
Réflexions, atermoiements,
Tout ça occupe la dernière heure qui sépare mon dernier déplacement
(le début de ce paragraphe …)
du moment où l'hôtesse nous annonce l'embarquement.
16h15,
la voix retentit.
Je vérifie mon billet.
34 K.
Je remonte l'aile droite de cet Airbus A330.
Le couloir est plus serré, mais j'aurai plus d'espace pour mes jambes que dans l'A320 du début du voyage.
(je l'espère qu’il y aura aussi beaucoup moins de cris …)
Je suis assis à côté d'une femme à la peau mate et aux yeux ronds sourieurs, peut-être indonésienne ?
Elle n'a pas trop l'habitude de prendre l'avion (on dirait moi dans l'avion précédent).
16h45
Nous quittons Hong Kong sous un ciel nuageux.
Très vite, les hôtesses nous proposent des cartes d'immigration.
Ma voisine n'en prend pas, elle est peut-être résidente taïwanaise.
Je la remplis avec l'adresse de Cheng Wei comme lieu de résidence et je m'endors un peu.
Je suis réveillé par les voix des hôtesses.
Les tablettes se baissent.
C'est l'heure du repas.
Car sur Cathay Pacific, même pour 1h30 de vol, il y a un vrai repas.
Du riz, du porc, des légumes, un dessert,
agrémenté de café ou de oolong (plutôt bon d'ailleurs).
J'engloutis mon plat à toute vitesse, boit mon thé, et me rendors.
Cette fois-ci, c'est le petit garçon derrière moi qui me réveille par ses cris,
Il s'extasie sur la vue.
Nous survolons la banlieue sud de Kaohsiung.
La nuit tombe sur la ville.
Comme à chaque fois que j'arrive.
Me voilà de retour.
Pas l'énergie de prendre une photo,
j'ai le coeur serré …
Atterrissage.
Bruits de ceintures qui cliquent après le bip autorisant à le faire.
La jeune femme à côté de moi a du mal à récupérer son sac.
Je n'ai pas le temps de me lever que le jeune homme derrière lui prête main forte.
Elle le remercie, se retourne vers moi :
« vous allez rester à Kaohsiung :
- oui
- moi je vais à Tainan,
vous voulez que je prenne votre sac ? »
Je souris.
Elle n'arrivera pas à l'atteindre si elle n'a pas pu attraper le sien.
Je lui dis que je le ferai après.
Les portes sont ouvertes.
Nous remontons la rangée, passant d'hôtesses en hôtesses qui nous disent au revoir avec un large sourire.
Premiers pas dans l'aéroport,
je connais le chemin par cœur :
le grand couloir avec les derniers duty free,
le passage sanitaire - quarantaine, où on vérifie parfois que l'on n'a pas de fièvre,
(il y a d'ailleurs un jeune, avec le classique masque de protection, qui est en train de remplir des formulaires),
le contrôle des passeports, avec ces trois couloirs :
les passeports automatisés (avec des lecteurs qui fonctionnent),
les contrôles manuels
pour les résidents,
pour les étrangers.
Nous sommes peu nombreux dans le troisième groupe, cela va assez vite.
(ça coince juste un peu avec une ressortissante ... chinoise).
Me voilà dans le hall de réception des bagages.
Je vais aux toilettes en attendant que mon gros sac apparaisse.
Il ne tarde pas.
Je sors.
Et derrière la porte coulissante,
Ha Bao m'attend, souriant et timide.
Cheng Wei est en cours jusqu'à 21h30 alors il l'a mandaté pour me récupérer.
Je vais le rejoindre avec mon gros sac sur roulettes,
mon sac vert,
mon troisième sac marron,
ma joie certaine
et toute mon appréhension.
L’an dernier, il y avait Cheng Wei,
et aussi Jennifer et Gaby
(que les habitués de mes blogs connaissent déjà, sinon c’est là)
Il est 18h30.
L'aventure commence vraiment.








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