juin 2017 - en attendant le départ
De médiocres nouvelles,
générant une avalanche de questions,
voir le verre à moitié plein,
et avancer avec les autres
Début d’été en demi teinte …
Quelques espoirs évanouis,
là-bas comme ici,
m’ont rappelé que rien n’était jamais gagné d’avance
et que la facilité, ça ne serait pas pour tout de suite.
Ici d’abord,
où après le bien agréable épisode des kimonos,
c’est un peu le désert.
Trois petites heures de stage à Marseille sont la seule activité qui pourrait faire office d’oasis.
Le nez dans le guidon, j’ai laissé passer une opportunité de donner en main propre un dossier du projet
et une autre piste, qui m’avait pourtant parue moins semée d’embuches que les autres,
s’avère aboutir au silence :
reports multiples de prise de rendez-vous,
l’été est là, la saison prochaine se boucle.
Je baisse les bras.
Là-bas, une option de résidence disparait.
Comme je n’y avais que moyennement cru, je suis un peu moins atteint.
Mais ça me confronte à une réalité que je ne dois pas me cacher :
à part mes amis, rien ne concret ne m’attend plus vraiment à Taiwan.
Et si là aussi, les choses n’allaient pas de soi ?
Et si l’aventure s’arrêtait là ?
Et si, « tu y retournes encore ? »,
la fameuse question que j’entends souvent ces derniers temps ici,
avec un étonnement plus ou moins grand,
était un signe de clairvoyance ?
un signe que tout était en train de se finir ?
Parce qu’en examinant les faits,
à la Tsoying Senior High School, Su Ling, m’a juste dit avoir noté les dates de mon séjour.
Noyée dans ses projets, elle ne m’a rien promis de concret.
Alors c’est vrai que ça n’est pas la première fois que ça arrive,
et que jusqu’à maintenant, j’ai toujours fini par avoir un planning de cours, aussi petit soit-il,
mais … quand même.
Il y a bien le « I’ll keep you busy » de mon ami Cheng Wei qui augure de stages possibles,
et aussi le souvenir des écoles où je suis passé lors de mes derniers voyages
mais je sais que je ne suis ni le seul, ni le meilleur,
et tellement d’autres éléments dans la vie de ces écoles, ces compagnies,
peuvent interférer dans les invitations lancées envers ma toute petite personne il y a déjà presqu’un an.
Et si c’était le voyage de trop? le projet de trop ?
Et si, malgré tout l’amour que j’ai pour ce pays et ses habitants, je faisais fausse route ?
Peut-être qu’il n’y a jamais eu de prolongement de cette si belle aventure lancée il y a exactement six ans ?
Peut-être n’était-ce juste qu’une suite de rencontres et de coincidences heureuses ?
Et si la ville de Gardanne me lâchait pour « chroniques formosanes » ?
Comme d’autres théâtres de la région l’ont fait avant (Simiane, Rousset, DelRio à Marseille …)
Et que va t-il se passer avec l’Institut Français ?
(encore que ça, je commence à savoir comment pallier leur désaffection)
Une pluie de doutes s’est abattue comme la canicule de juin.
Et dire qu’elle va être rattrapée par l’orage de questions qui précède généralement mon départ …
Alors je me force à voir le verre à moitié plein.
Je me dis que dans le pire des cas, je serai en vacances.
Ça ne peut pas me faire de mal …
Je m’accroche à l’idée que ce voyage, je dois déjà le faire pour exorciser le précédent.
Parce qu’avec Cheng Wei, nous avons une revanche à prendre (même si je déteste ce mot),
et qu’il faudra bien qu’un jour, on arrive à pondre quelque chose sereinement.
Je dois aussi repartir parce qu’Anaïs et Mike,
chacun à leur manière, me montrent qu’ils sont prêts à l’embarquement.
Les jalons des « chroniques formosanes » sont désormais posés.
Je n’ai pas le droit de reculer.
Je me dis aussi que ces doutes sont amplifiés
par le choc d’avoir vu des gens qui sont à mes côtés depuis vingt ans,
rejeter en bloc des choses que j’aime et que je voulais leur faire partager.
Se forcer à regarder les choses différemment,
ouvrir les yeux sur celles qui mettent du baume au coeur.
Au chapitre des petits bonheurs présents,
il y a les plaisirs de fin d'année scolaire :
ces bons moments autour des verres que j’ai partagés avec mes élèves ces derniers jours.
(d’autant qu’ils ont parfois été agrémentés de quelques cadeaux peu orthodoxes
comme ce coffret de côtes du Rhône ... )
ces bien beaux galas de danse, concotés par des amis collègues talentueux.
De ceux qui prouvent que la danse sur un plateau
peut créer du lien, générer du bonheur, raconter des belles choses,
rappeler qu’il faut continuer à se battre pour ce auquel on croit.
Il y a cette douleur dans le dos, qui n’était finalement pas musculaire et qui est en train de disparaître.
(même si on ne sait finalement pas ce qui m’est arrivé …
dernier contrecoup de l’hiver ? réaction épidermique à la canicule ? Juste espérer que cela ne revienne pas)
À Taiwan, Cheng Wei a évoqué le fait de danser « chroniques formosanes » l’été 2018.
Et le connaissant, il va tout faire pour que ça se fasse.
D’ici là, j’ai de belles propositions qui se profilent à l’automne.
Dans le sud-ouest, et aussi à l’île de la Réunion.
Avec une ou deux autres offres de personnes qui m’ont déjà invité ces dernières années,
je devrais presque pouvoir partir l’an prochain sans l’aide de personne
(quoique quand même, vu que sur l’année 2017-2018, il y a une de mes interventions hebdomadaires qui saute,
rien n’est gagné du tout …).
Le ciel n’est pas complètement bleu,
les nuages ne sont pas tout à fait gris.
Surmonter son pessimisme et sa mélancolie chroniques,
éviter le repli sur soi et regarder les autres.
Mon ami Thierry Calvier, qui bosse sur les musiques d’In Wei,
et a pondu des textes, sur chaque partie, qui sont tellement beaux que je les partagerai sûrement avec vous un jour.
Vous qui lisez ce blog, et m’avez encouragé à continuer d’écrire.
Vous qui attendez déjà la sortie de la prochaine pièce,
quel que soit l’endroit où cela se passera …
Remettre le plaisir du quotidien à la place où il devrait être :
si le coucher de soleil sur le Vieux-Port ne fait presque plus d’effet,
discuter avec la pâtissière de ses futures créations,
pouvoir acheter des viennoiseries
du bon thé
et le tabac qu’il faut pour attaquer les journées
en vivant comme il faut ce qu’il y a vivre.
générant une avalanche de questions,
voir le verre à moitié plein,
et avancer avec les autres
Quelques espoirs évanouis,
là-bas comme ici,
m’ont rappelé que rien n’était jamais gagné d’avance
et que la facilité, ça ne serait pas pour tout de suite.
Ici d’abord,
où après le bien agréable épisode des kimonos,
c’est un peu le désert.
Trois petites heures de stage à Marseille sont la seule activité qui pourrait faire office d’oasis.
Le nez dans le guidon, j’ai laissé passer une opportunité de donner en main propre un dossier du projet
et une autre piste, qui m’avait pourtant parue moins semée d’embuches que les autres,
s’avère aboutir au silence :
reports multiples de prise de rendez-vous,
l’été est là, la saison prochaine se boucle.
Je baisse les bras.
Là-bas, une option de résidence disparait.
Comme je n’y avais que moyennement cru, je suis un peu moins atteint.
Mais ça me confronte à une réalité que je ne dois pas me cacher :
à part mes amis, rien ne concret ne m’attend plus vraiment à Taiwan.
Et si là aussi, les choses n’allaient pas de soi ?
Et si l’aventure s’arrêtait là ?
Et si, « tu y retournes encore ? »,
la fameuse question que j’entends souvent ces derniers temps ici,
avec un étonnement plus ou moins grand,
était un signe de clairvoyance ?
un signe que tout était en train de se finir ?
Parce qu’en examinant les faits,
à la Tsoying Senior High School, Su Ling, m’a juste dit avoir noté les dates de mon séjour.
Noyée dans ses projets, elle ne m’a rien promis de concret.
Alors c’est vrai que ça n’est pas la première fois que ça arrive,
et que jusqu’à maintenant, j’ai toujours fini par avoir un planning de cours, aussi petit soit-il,
mais … quand même.
Il y a bien le « I’ll keep you busy » de mon ami Cheng Wei qui augure de stages possibles,
et aussi le souvenir des écoles où je suis passé lors de mes derniers voyages
mais je sais que je ne suis ni le seul, ni le meilleur,
et tellement d’autres éléments dans la vie de ces écoles, ces compagnies,
peuvent interférer dans les invitations lancées envers ma toute petite personne il y a déjà presqu’un an.
Et si c’était le voyage de trop? le projet de trop ?
Et si, malgré tout l’amour que j’ai pour ce pays et ses habitants, je faisais fausse route ?
Peut-être qu’il n’y a jamais eu de prolongement de cette si belle aventure lancée il y a exactement six ans ?
Peut-être n’était-ce juste qu’une suite de rencontres et de coincidences heureuses ?
Et si la ville de Gardanne me lâchait pour « chroniques formosanes » ?
Comme d’autres théâtres de la région l’ont fait avant (Simiane, Rousset, DelRio à Marseille …)
Et que va t-il se passer avec l’Institut Français ?
(encore que ça, je commence à savoir comment pallier leur désaffection)
Une pluie de doutes s’est abattue comme la canicule de juin.
Et dire qu’elle va être rattrapée par l’orage de questions qui précède généralement mon départ …
Alors je me force à voir le verre à moitié plein.
Je me dis que dans le pire des cas, je serai en vacances.
Ça ne peut pas me faire de mal …
Je m’accroche à l’idée que ce voyage, je dois déjà le faire pour exorciser le précédent.
Parce qu’avec Cheng Wei, nous avons une revanche à prendre (même si je déteste ce mot),
et qu’il faudra bien qu’un jour, on arrive à pondre quelque chose sereinement.
Je dois aussi repartir parce qu’Anaïs et Mike,
chacun à leur manière, me montrent qu’ils sont prêts à l’embarquement.
Les jalons des « chroniques formosanes » sont désormais posés.
Je n’ai pas le droit de reculer.
Je me dis aussi que ces doutes sont amplifiés
par le choc d’avoir vu des gens qui sont à mes côtés depuis vingt ans,
rejeter en bloc des choses que j’aime et que je voulais leur faire partager.
Se forcer à regarder les choses différemment,
ouvrir les yeux sur celles qui mettent du baume au coeur.
Au chapitre des petits bonheurs présents,
il y a les plaisirs de fin d'année scolaire :
ces bons moments autour des verres que j’ai partagés avec mes élèves ces derniers jours.
(d’autant qu’ils ont parfois été agrémentés de quelques cadeaux peu orthodoxes
comme ce coffret de côtes du Rhône ... )
ces bien beaux galas de danse, concotés par des amis collègues talentueux.
De ceux qui prouvent que la danse sur un plateau
peut créer du lien, générer du bonheur, raconter des belles choses,
rappeler qu’il faut continuer à se battre pour ce auquel on croit.
Il y a cette douleur dans le dos, qui n’était finalement pas musculaire et qui est en train de disparaître.
(même si on ne sait finalement pas ce qui m’est arrivé …
dernier contrecoup de l’hiver ? réaction épidermique à la canicule ? Juste espérer que cela ne revienne pas)
À Taiwan, Cheng Wei a évoqué le fait de danser « chroniques formosanes » l’été 2018.
Et le connaissant, il va tout faire pour que ça se fasse.
D’ici là, j’ai de belles propositions qui se profilent à l’automne.
Dans le sud-ouest, et aussi à l’île de la Réunion.
Avec une ou deux autres offres de personnes qui m’ont déjà invité ces dernières années,
je devrais presque pouvoir partir l’an prochain sans l’aide de personne
(quoique quand même, vu que sur l’année 2017-2018, il y a une de mes interventions hebdomadaires qui saute,
rien n’est gagné du tout …).
Le ciel n’est pas complètement bleu,
les nuages ne sont pas tout à fait gris.
Surmonter son pessimisme et sa mélancolie chroniques,
éviter le repli sur soi et regarder les autres.
Mon ami Thierry Calvier, qui bosse sur les musiques d’In Wei,
et a pondu des textes, sur chaque partie, qui sont tellement beaux que je les partagerai sûrement avec vous un jour.
Vous qui lisez ce blog, et m’avez encouragé à continuer d’écrire.
Vous qui attendez déjà la sortie de la prochaine pièce,
quel que soit l’endroit où cela se passera …
Remettre le plaisir du quotidien à la place où il devrait être :
si le coucher de soleil sur le Vieux-Port ne fait presque plus d’effet,
discuter avec la pâtissière de ses futures créations,
pouvoir acheter des viennoiseries
du bon thé
et le tabac qu’il faut pour attaquer les journées
en vivant comme il faut ce qu’il y a vivre.

Commentaires
Enregistrer un commentaire