19/02/18 - Taiwan printemps 2018 - Jour 3 - ça ne se passe pas vraiment comme prévu
se mettre en route,
faire contre mauvaise fortune
bon coeur,
et retourner au port.
Lundi 19 février
7h.
Sylvain m’a offert un petit galet ultra moderne nommé Google home,
à qui on peut faire faire toute une série de choses.
Ayant pris le soin de le brancher la veille, je m’écrie, l’œil à peine ouvert, avec ma voix du matin :
« Ok Google, France Inter »
La voix féminine me dit qu’elle a compris
et j’entends mon premier « France Inter, il est minuit » de l’année.
C’est quand même classe, ces petites machines du futur.
Je reste couché encore un certain temps,
écoutant la rediffusion sur France Inter de l’émission des belges fous « Par Jupiter »,
et puis comme l’été dernier « a very good trip », cette émission musicale que j’aime bien.
Pas de raison de m’agiter, le ciel est gris.
8h45,
je me décide à petit déjeuner.
Il reste de l’eau dans la bouilloire et des thés en fleurs.
J’en mets deux pour corser le gout et je prolonge le temps d’infusion.
Les Oréo sont presque finis,
il faut vraiment que j’aille au supermarché pour demain.
9h15,
le blog.
C’est une drôle de sensation de parler des journées de création en France,
assis dans mon lit ici avec ce ciel qui commence à bleuir.
D’ailleurs, je suis torse nu.
Je n’ai pas du tout été réveillé par le froid cette nuit.
Je rédige deux articles sur ma tablette
et me rendors un peu.
En contrebas, les voisins du temple célèbrent quelque chose à grands coups de pétards,
mais le décalage horaire est plus fort que leur joie,
je disparais.
14h,
je crie à nouveau au galet futuriste d’allumer la radio.
Cette fois-ci, il est 7h .. en Europe.
Je me lève et organise le bureau pour qu’il puisse y accueillir l’ordinateur et les disques durs.
Je lance la machine, fais une première sauvegarde, nettoie un peu les boites mail,
alors que je commence la mise en ligne d’un des deux articles,
Cheng Wei m’envoie un message.
Il est au studio de danse, et la porte est fermée …
Ça commence bien …
Je lui dis de me tenir au courant.
Ne pas s’inquiéter plus qu’on ne l’est déjà.
Il en sera toujours temps quand le mur approchera.
Je me plonge sans restriction de temps dans la publication des articles.
Au moins, de ce point de vue, je vais pouvoir rattraper mon retard.
Relecture, choix des photos, des vidéos.
Quand je m’apprête à publier, la première salve de camions poubelles officie dans la ville.
Pas la peine de regarder l’heure.
Il est 15h,
je souris.
Je repars aux nouvelles.
Cheng Wei a annulé sa répétition,
la mienne le sera donc aussi.
Je lui dis que je suis quand même un peu inquiet :
« don’t worry, there will be enough time for us »
J’aimerais bien être aussi confiant que lui.
À défaut de répétition, il me propose d’aller au cinéma ce soir.
« Black Panthers »
Le film qui défraie tant la chronique dans le reste du monde parce qu’il n’y a que des acteurs noirs.
Ma foi pourquoi pas ?
C’est toujours exotique de voir des films en anglais sous titrés en mandarin,
et je pense que les dialogues ne seront pas dans un langage assez châtié pour que je sois perdu.
Vendu pour le film.
On peut même tenter un coucher de soleil avant ?
Vendu aussi.
Évidemment, j’ai prononcé le mot « sunset », le ciel blanchit.
Je retourne à la publication de mes articles.
Quand le premier texte est en ligne, je fais une pause.
Cette fois-ci, je suis en tee-shirt mais je mettrais presque le ventilateur.
La chaise du bureau devient la chaise du balcon.
Les pieds sur le muret, je regarde la ville.
Finalement, le ciel n’est pas si gris,
je dois pouvoir tenter quelque chose.
Je rentre pour commencer la publication du second article.
Dernière relecture,
deuxième salve de poubelles.
Il est temps de décrocher.
De toute manière cet article est plus long, je n’aurai jamais le temps de le finir aujourd’hui.
Je prépare quand même les photos et les vidéos que j’ai prévues,
on verra tout ça ce soir tard .. ou demain.
Douche.
(c’est d’ailleurs le message que j’envoie à Cheng Wei pour lui indiquer que je serai prêt dans la demi-heure).
Il est 16H45 et les nuages s’en vont.
Réponse.
Ils sont en train de diner et
« on n’a qu’un scooter ! .. »
Je lui dis de ne pas se prendre la tête.
Je peux très bien aller voir le soleil se coucher tout seul.
C’est d’ailleurs peut-être mieux comme ça.
Surtout pour le premier soir.
J’organise mon sac marron pour mes déplacements quotidiens :
portefeuille,
appareil photo,
carte de métro,
tablette pour la musique et casque,
tabac et pipe,
je crois que je suis prêt.
À la couleur du ciel sur le balcon, que les nuages ont totalement déserté,
j’ai bien fait de ne pas changer d’avis mais je vais peut-être arriver un peu tard.
Mais ça me fera prendre l’air (pour une fois que je ne me pose pas trop de questions …).
La clé noire,
la deuxième porte que l’on claque,
l’ascenseur,
pas le temps pour un bus,
je vais prendre le métro et aller voir le port près de chez Wan Chu.
Je remonte Zhongshan road jusqu’au carrefour de la gare.
La circulation est dense.
Arthur H chante « La Lionne et l’éléphant » dans mes oreilles.
L’ambiance du carrefour pourrait être celle du clip de cette musique.
Quand je descends dans le métro, c’est Des’Ree qui chante cette chose des années 90
que j’ai retrouvé dans mon ordinateur : « You gotta be … »
Devoir être fier de ce que l’on est, ne pas en avoir honte.
À ce moment précis où beaucoup de ces taïwanais sur l’escalator d’en face
me regardent plus ou moins discrètement,
cette chanson tombe là aussi, à point nommé.
Beaucoup de monde dans le métro en ce lundi.
Les jeunes ne sont pas encore en uniforme.
Les lycées doivent être fermés.
Je vais quand même envoyer un message à Su Ling pour lui rappeler que je suis arrivé.
Quand je sors à Sanduo, Grace Jones me dit qu’elle voit « la vie en rose ».
Une version de cette chanson que j’aime bien,
sur laquelle j’avais fait une « chorégraphie » dans mes premières années d’enseignement,
il y a … trente ans.
Quand elle est dans la dernière minute, la chanteuse s’envole dans des aigües qui m’ont toujours fait planer,
pas dans ces contre-ut à la hurleuse, façon Maria Carey, quelque chose de bien plus classe,
comme cette chanson et celle qui l’interprète.
Là encore, le timing est parfait.
Les dernières notes s’égrènent quand j’arrive au port.
Comme je le pensais, j’arrive un petit peu tard.
Le ciel a déjà passé sa phase rouge orangée,
la plus magique à mes yeux.
Mais ça vaut quand même le coup.
Encore des jeunes sans uniformes.
Ils se tiennent presque la main (mais attendront que la nuit soit installée pour ça).
Je repense à ce que me disait Cheng Wei ces deux derniers jours.
L’international, le festival, la programmation.
Moi qui ai plus, ces temps-ci, l’idée de tout arrêter,
je m’émerveille d’autant d’envies, d’énergies.
Je me sens fatigué de tout ça.
Se battre,
montrer que l’on n’est pas pire qu’un autre,
que l’on a un univers.
Être présent, souriant,
croire assez en ce que l’on croit pour avoir toute la force de continuer.
Il me faudrait un Ha Bao pour me soutenir dans cette aventure.
Je ne sais pas si Cheng Wei se rend compte de la chance qu’il a, d’avoir un bras droit comme lui.
Le soleil est parti réchauffer d’autres cieux,
mes amis chiliens par exemple.
Je préviens les amoureux que je suis au Port
et que je remonte tranquillement vers Sanduo pour grignoter quelque chose.
Ils n’ont pas faim.
(forcément, ils ont dîné (ou déjeuné ?) il y a deux heures)
On se donne rendez-vous à 20h20 devant le cinéma.
D’ici-là,
manger, retrouver ses marques et apprécier cette première partie de soirée en solitaire …
à l’heure où nous aurions dû commencer à danser les chroniques .. en taïwanais.
faire contre mauvaise fortune
bon coeur,
et retourner au port.
7h.
Sylvain m’a offert un petit galet ultra moderne nommé Google home,
à qui on peut faire faire toute une série de choses.
Ayant pris le soin de le brancher la veille, je m’écrie, l’œil à peine ouvert, avec ma voix du matin :
« Ok Google, France Inter »
La voix féminine me dit qu’elle a compris
et j’entends mon premier « France Inter, il est minuit » de l’année.
C’est quand même classe, ces petites machines du futur.
Je reste couché encore un certain temps,
écoutant la rediffusion sur France Inter de l’émission des belges fous « Par Jupiter »,
et puis comme l’été dernier « a very good trip », cette émission musicale que j’aime bien.
Pas de raison de m’agiter, le ciel est gris.
8h45,
je me décide à petit déjeuner.
Il reste de l’eau dans la bouilloire et des thés en fleurs.
J’en mets deux pour corser le gout et je prolonge le temps d’infusion.
Les Oréo sont presque finis,
il faut vraiment que j’aille au supermarché pour demain.
9h15,
le blog.
C’est une drôle de sensation de parler des journées de création en France,
assis dans mon lit ici avec ce ciel qui commence à bleuir.
D’ailleurs, je suis torse nu.
Je n’ai pas du tout été réveillé par le froid cette nuit.
Je rédige deux articles sur ma tablette
et me rendors un peu.
En contrebas, les voisins du temple célèbrent quelque chose à grands coups de pétards,
mais le décalage horaire est plus fort que leur joie,
je disparais.
14h,
je crie à nouveau au galet futuriste d’allumer la radio.
Cette fois-ci, il est 7h .. en Europe.
Je me lève et organise le bureau pour qu’il puisse y accueillir l’ordinateur et les disques durs.
Je lance la machine, fais une première sauvegarde, nettoie un peu les boites mail,
alors que je commence la mise en ligne d’un des deux articles,
Cheng Wei m’envoie un message.
Il est au studio de danse, et la porte est fermée …
Ça commence bien …
Je lui dis de me tenir au courant.
Ne pas s’inquiéter plus qu’on ne l’est déjà.
Il en sera toujours temps quand le mur approchera.
Je me plonge sans restriction de temps dans la publication des articles.
Au moins, de ce point de vue, je vais pouvoir rattraper mon retard.
Relecture, choix des photos, des vidéos.
Quand je m’apprête à publier, la première salve de camions poubelles officie dans la ville.
Pas la peine de regarder l’heure.
Il est 15h,
je souris.
Je repars aux nouvelles.
Cheng Wei a annulé sa répétition,
la mienne le sera donc aussi.
Je lui dis que je suis quand même un peu inquiet :
« don’t worry, there will be enough time for us »
J’aimerais bien être aussi confiant que lui.
À défaut de répétition, il me propose d’aller au cinéma ce soir.
« Black Panthers »
Le film qui défraie tant la chronique dans le reste du monde parce qu’il n’y a que des acteurs noirs.
Ma foi pourquoi pas ?
C’est toujours exotique de voir des films en anglais sous titrés en mandarin,
et je pense que les dialogues ne seront pas dans un langage assez châtié pour que je sois perdu.
Vendu pour le film.
On peut même tenter un coucher de soleil avant ?
Vendu aussi.
Évidemment, j’ai prononcé le mot « sunset », le ciel blanchit.
Je retourne à la publication de mes articles.
Cette fois-ci, je suis en tee-shirt mais je mettrais presque le ventilateur.
La chaise du bureau devient la chaise du balcon.
Les pieds sur le muret, je regarde la ville.
Finalement, le ciel n’est pas si gris,
je dois pouvoir tenter quelque chose.
Je rentre pour commencer la publication du second article.
Dernière relecture,
deuxième salve de poubelles.
Il est temps de décrocher.
De toute manière cet article est plus long, je n’aurai jamais le temps de le finir aujourd’hui.
Je prépare quand même les photos et les vidéos que j’ai prévues,
on verra tout ça ce soir tard .. ou demain.
(c’est d’ailleurs le message que j’envoie à Cheng Wei pour lui indiquer que je serai prêt dans la demi-heure).
Il est 16H45 et les nuages s’en vont.
Réponse.
Ils sont en train de diner et
« on n’a qu’un scooter ! .. »
Je lui dis de ne pas se prendre la tête.
Je peux très bien aller voir le soleil se coucher tout seul.
C’est d’ailleurs peut-être mieux comme ça.
Surtout pour le premier soir.
J’organise mon sac marron pour mes déplacements quotidiens :
portefeuille,
appareil photo,
carte de métro,
tablette pour la musique et casque,
tabac et pipe,
je crois que je suis prêt.
À la couleur du ciel sur le balcon, que les nuages ont totalement déserté,
j’ai bien fait de ne pas changer d’avis mais je vais peut-être arriver un peu tard.
Mais ça me fera prendre l’air (pour une fois que je ne me pose pas trop de questions …).
La clé noire,
la deuxième porte que l’on claque,
l’ascenseur,
pas le temps pour un bus,
je vais prendre le métro et aller voir le port près de chez Wan Chu.
Je remonte Zhongshan road jusqu’au carrefour de la gare.
La circulation est dense.
Arthur H chante « La Lionne et l’éléphant » dans mes oreilles.
L’ambiance du carrefour pourrait être celle du clip de cette musique.
Quand je descends dans le métro, c’est Des’Ree qui chante cette chose des années 90
que j’ai retrouvé dans mon ordinateur : « You gotta be … »
Devoir être fier de ce que l’on est, ne pas en avoir honte.
À ce moment précis où beaucoup de ces taïwanais sur l’escalator d’en face
me regardent plus ou moins discrètement,
cette chanson tombe là aussi, à point nommé.
Beaucoup de monde dans le métro en ce lundi.
Les jeunes ne sont pas encore en uniforme.
Les lycées doivent être fermés.
Je vais quand même envoyer un message à Su Ling pour lui rappeler que je suis arrivé.
Quand je sors à Sanduo, Grace Jones me dit qu’elle voit « la vie en rose ».
Une version de cette chanson que j’aime bien,
sur laquelle j’avais fait une « chorégraphie » dans mes premières années d’enseignement,
il y a … trente ans.
Quand elle est dans la dernière minute, la chanteuse s’envole dans des aigües qui m’ont toujours fait planer,
pas dans ces contre-ut à la hurleuse, façon Maria Carey, quelque chose de bien plus classe,
comme cette chanson et celle qui l’interprète.
Là encore, le timing est parfait.
Les dernières notes s’égrènent quand j’arrive au port.
Le ciel a déjà passé sa phase rouge orangée,
la plus magique à mes yeux.
Mais ça vaut quand même le coup.
Ils se tiennent presque la main (mais attendront que la nuit soit installée pour ça).
L’international, le festival, la programmation.
Moi qui ai plus, ces temps-ci, l’idée de tout arrêter,
je m’émerveille d’autant d’envies, d’énergies.
Je me sens fatigué de tout ça.
Se battre,
montrer que l’on n’est pas pire qu’un autre,
que l’on a un univers.
Être présent, souriant,
croire assez en ce que l’on croit pour avoir toute la force de continuer.
Il me faudrait un Ha Bao pour me soutenir dans cette aventure.
Je ne sais pas si Cheng Wei se rend compte de la chance qu’il a, d’avoir un bras droit comme lui.
mes amis chiliens par exemple.
Je préviens les amoureux que je suis au Port
et que je remonte tranquillement vers Sanduo pour grignoter quelque chose.
Ils n’ont pas faim.
(forcément, ils ont dîné (ou déjeuné ?) il y a deux heures)
On se donne rendez-vous à 20h20 devant le cinéma.
D’ici-là,
manger, retrouver ses marques et apprécier cette première partie de soirée en solitaire …
à l’heure où nous aurions dû commencer à danser les chroniques .. en taïwanais.







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