27/07/18 - 1 - Taiwan été 2018 - Jour 0 (1) - Le dix-septième voyage

Un autre départ,
d'autres sensations,
un autre sens du mot accueil,
un début de voyage












Vendredi 27 juillet,
4h45.

Ça vibre près de mon oreiller
et ça pique un peu.

La chose mécanico-électronique obéit à mes ordres
et me réveille assez cliniquement à grands coups de vibration.
Se lever,
vite,
avant que Morphée et les autres ne s’en mêlent.

Un café (un dernier avant des semaines entières de thé, probablement vert),
des biscuits,
et je fais mon sac, une dernière fois,
la troisième je crois,
en séparant ce que je vais vraiment ne pas mettre de ce que je vais emporter pour rien.

Désempilement de fringues plus ou moins correctement défroissées,
comptabilisation du nombre de tee-shirts pour les cours,
des chemises,
des pantalons,
des shorts,
et nième réorganisation de l’espace « sac noir »

Cette fois-ci, j’ai bien fait de tout passer en revue : j’allais oublier « le » pantalon noir.
Le seul, l’unique, le fétiche.
Acheté il y a … pour le mariage d’une danseuse de la compagnie,
que j’ai utilisé depuis pour d’autres mariages de danseuses de la compagnie,
et pour d’autres mariages de danseuses,
et dans tout un tas de spectacles
dont les chroniques printanières.

Oublier ce pantalon.
Comment ai-je pu ?

Probablement, en me disant qu’il était forcément dans le sac,
déjà,
parce que je l’y avais glissé
inconsciemment.

Je range donc avec autant de précaution que possible cette relique quasi incontournable
en me disant que le moment  de son remplacement (ou son agrément par un parent proche) devenait inéluctable.


Départ à l’heure.
Même un poil en retard.
Mais pour une fois, je suis serein.
Anormalement détaché de la situation.
Il y a peut-être une signification à la chose,
qui m’apparaîtra en chemin,
à moins que ce cher stress du départ arrive en cours de route …

7h45,
Marseille Provence.

J’ai deux petites heures pour être dans le premier avion.
Je me dirige vers le hall 1B, anciennement hall 4, là où les vols européens s’organisent.
Parfois on est dirigé vers une sorte d’annexe,
anciennement appelé hall 3.
pendant que dans le grand hall 4, tous les vols nationaux s’entrecroisent.
Ce matin, seuls quels vols corses ont ce privilège.
Dommage.

Je vais donc dans le hall 1B, le territoire d’Air France.
À ma gauche, quelques bornes d’enregistrement automatiques prises d’assaut par des porteurs de valises et de sacs à dos.
Comme d’habitude, je vais directement me présenter aux hôtesses au portique « d’accueil » en leur indiquant ma destination.
Vu que je suis en correspondance sur un vol qui n’est pas de la même compagnie
et que parfois ce changement de partenaire aérien pousse les jolies bornes
à me demander d’aller voir un agent derrière un guichet,
j’ai pris l’habitude d’y aller directement :

« Bonjour je vais à Taipei via Amsterdam
(je montre ma carte d’embarquement)
- vous avez le ticket d’enregistrement bagaaaahages ?
(ah.. il manque le bonjour mais bon … ne soyons pas regardant)
- non parce que j…
- alors c’est aux bornes là bas »

Je vois derrière le cerbère, que les choses ont changé.
Il n’y a plus d’hôtesse du tout derrière les guichets,
en dehors de celui au dessus duquel l’image Sky Priority est crâneusement affichée.

La seule personne avec laquelle je vais échanger sera donc probablement ce personnage peu affable.
Ça promet.

C’est donc aux bornes là-bas que l’aventure continue.
Je m’exécute.
Avec mon gros sac noir, mon moyen sac vert et mon petit sac marron,
je repars par dessus la moquette épaisse du hall vers la presque jolie machine gris clair et bleue.

Je lui présente mon passeport,
lui dis où je vais,
elle ne me croit pas une seule seconde.

Je retourne voir la gentille hôtesse.

« Je pense qu’il faut que je passe par un guichet parce que je vais jusqu’à Taipei
- ben il faut taper Charles de Gaulle d’abord alors …
- mais je passe par Amsterdam
- ben Amsterdam alors …
Ma foi, y en a qui sont allés au bout du monde et pour qui ça a marché …
Allez va … donnez je vais vous le faire »
me dit-elle comme si elle s’adressait à un garçon de huit ans ne sachant pas attacher ses lacets
« Oula non madame je retourne à la borne … je vais me débrouiller »
Je sais attacher mes lacets,
je dois pouvoir me faire comprendre de la borne qui emmène des gens au bout du monde.

La machine grise et bleu clair bloque donc pour une autre raison que le changement de compagnie aérienne.
Voyons voir.

Effectivement,
après une discussion finalement plus sympathique qu’avec l’humain,
entrecoupée de quelques problèmes techniques
(mon passeport a été illisible une demi minute mais c’est allé mieux après),
j’arrive à avoir le sésame.
La solution miracle était donc de taper Schiphol ou AMS et non la destination finale.
Logique improbable du concepteur :
l’appareil te demande ta destination,
tu lui dis
« je vais à Amsterdam »
là, il retrouve ta réservation en te disant fièrement
« vous allez à Taipei ! »
Logique, cohérent …

N’en parlons plus.
J’ai le sésame,
retour au cerbère :
« Bonjour monsieur ! »
(ah … elle ne se souvient pas m’avoir vu il y a trois minutes mais elle est devenue polie,
c’est peut-être un clone mieux programmé)
Je montre le ticket et la carte d’embarquement.
Je passe.
(alors le personnage a peut-être bredouillé un bon voyage, voire même un merci,
mais honnêtement, là, je ne m’en souviens plus,
je crois que j’ai préféré vite passer à l’étape suivante de peur qu’elle me traite d’abruti
ou qu’elle se rende compte qu’un autre aller retour à la machine devait être envisagé).

Me voilà maintenant dans une de ces splendides files d’attente en colimaçon.
Moins de monde que d’habitude pour un coeur d'été.
Devant moi, une voyageuse se rend compte qu’elle a oublié d’imprimer sa carte d’embarquement.
(on se demande comment Cerbère l’a laissée passer)
Elle repart imprimer la chose aux bornes bicolores laissant dans la file son chariot de valises
que nous doublons précautionneusement.

« C’est à vous ça ? »
Aïe, Cerbère a une collègue qui semble, elle-aussi, tout aussi au fait de la définition du mot « accueil ».
J’ai très envie de répondre :
« Oui oui ce sont mes valises
mais j’ai décidé d’enregistrer mes bagages sans mes bagages
en laissant le chariot là, comme ça, pour qu’il bloque tout le monde »
Mais bon, j’ai bien senti que l’ambiance n’était ni à la plaisanterie, ni au bon sens ce matin
je lui réponds le plus calmement possible :
« Euh non c’est à la dame là-bas … Elle n’avait pas sa carte d’embarquement …
- alors elle laisse ses bagages comme ça elle ? »
Alors je ne sais pas … mais en tous cas, ça n’est pas de ma faute …
Je reste concentré sur mon parcours initiatique et demande docilement :
« Euh alors sinon comment ça se passe ?
- vouscannélakart’Vouscannél’tikéhévoupassé
- m … Merci »

L’hôtesse (enfin si on peut encore l’appeler comme ça) se rue sur les passagères suivantes en continuant à râler sur le chariot orphelin :
«  Elle est où elle ? »
Je m’éloigne en pensant douloureusement à ce que la propriétaire des bagages en instance va subir dans quelques minutes.

Il y a du monde à toutes les machines qui avalent les valises pour les ventiler sur le tarmac et les régurgiter en soute.
Je patiente.
Les dames qui étaient derrière moi dans la file, s’approchent après avoir été contrôlées avec autant d’amour que moi par la dame si chaleureuse :
«  Elle ne sont pas sympas hein ?! »
Sa copine lui répond :
« Air France… »
Je leur dis :
« Le pire … Ça sera au retour »

Elles sourient,
jaune.

Un comptoir se libère.
Je pose ce cher sac noir sur le tapis roulant.
21,7 kg.
C’est une bonne nouvelle.
J’ai droit à un gros kilo de bagages en plus au retour …

L'écran me dit :
«  Vérifiez que vous avez bien accolé l’étiquette d’enregistrement sur votre bagage »
Ah ….
Je n’ai pas eu le courage de demander à la cousine de cerbère
comment on organisait autour de mon sac l’étiquette obtenue après tant d’âpres négociations.
Je fais « à la hussarde » en tentant de suivre les instructions de découpage et de collage
émanant sûrement de la même gamme de cerveaux
que ceux qui trouvent logique qu’une machine vous dise que vous partez à Taipei
lorsque vous venez de lui écrire que vous allez quelque part ailleurs en Europe.
D’ailleurs, je me demande bien qui est réellement capable de lire lesdites explications
tellement elles sont inscrites en tout petit, à même le sésame en question.

8h
L'étiquette ne fait qu'une avec les sangles de mon sac.
Je regarde partir ma valise dans les tuyaux de Marseille Provence.

8h05,
je ressors pour fumer la première pipe de la journée et me détendre un peu.
Moi qui était si calme il y a une demi-heure ...
Je n’ai jamais autant regretté de ne pas avoir été surclassé.
Je serais allé voir madame Sky priority.
Oui, du coup, je ne vous ai pas dit …
contrairement au voyage précédent, et même celui d’avant,
je n’ai pas eu de bonne nouvelle quand je me suis enregistré cette fois.
J’ai tout essayé pourtant ..
par tous les sites …
J’ai même appelé un monsieur qui m’a expliqué que ça n’était pas possible car le vol était complet …
Complet ! …
Un Amsterdam Taipei Manille …
mais qu’est-ce qu’ils ont tous à dépenser autant de sous ?

Je suis donc dehors sur les volumes en bois qui permettent à toute personne entrant ou sortant des bâtiments
de prendre le temps de faire quelque chose.
Positivité.
Le soleil est encore doux.
Tout est sous contrôle.
Et c’est allé assez vite.
Plus vite qu’avant.
Mais ça n’en est pas plus agréable pour autant.


8h30,
en route pour le contrôle de sécurité.
Enlever l’ordinateur portable vieillissant, son plateau de ventilation,
l’appareil photo, la tablette, les quatre disques durs,
mettre le déodorant petit format dans la pochette plastique,
vérifier que les poches sont vides,
ah … ce short a une ceinture avec une boucle métallique …
dans le doute, enlever le ruban de tissu et tenir ce qui cache son intimité …

Passer sous le portique,
Ouf ! Ça ne bipe pas.
Attendre les sacs.
Ouf ! Ils restent dans la colonne où je ne vais pas avoir à les vider encore plus qu’ils ne le sont déjà.
Vite remettre la ceinture à ce short qui tombe,
ranger l’ordinateur,
insérer le plateau de ventilation à la place où il était dans le sac vert,
se rendre compte qu’il ne veut plus du tout s’insérer,
le garder sous le bras pour le moment,
remettre les disques durs à leur place dans la poche extérieure,
ranger le déodorant, l’appareil photo et la tablette dans le sac marron.
Évacuer la zone devant le tapis roulant pour que les voyageurs suivants puissent faire de même sans trop attendre,
trouver un siège pour pouvoir vider le sac vert,
insérer le plateau de ventilation qu’il le veuille ou non,
et remettre toutes ces choses à la place qu'elles occupaient il y a un quart d’heure.

On aimerait pouvoir prendre son temps à ce moment là,
démarrer le voyage sereinement, quelle qu’en soit la raison.
Mais visiblement, cet espace n’a pas du tout été conçu pour ça.
Cela dit, ici, au moins, le service est agréable,
les voisins d’Air France devraient s’en inspirer …

Je me suis trouvé un siège près de prises électriques,
idéal pour charger les appareils électroniques une dernière fois.
L’afflux de population aux contrôles de sécurité se tarit.
Les agents se détendent.
L’un d’entre eux, pour une raison qui nous échappe, se met à miauler.
Sûrement une blague entre collègues.
On ne pouvait pas imaginer mieux pour clore cet épisode bagages avant embarquement.

Je vais sur le net dire au revoir aux français et prévenir les taïwanais que cette fois-ci, c’est sûr, j’arrive.
Il y a beaucoup d’enfants, de tous les âges, qui courent un peu partout.
Je n’aime pas trop ça …

Les appels s’égrènent :
Bastia, Figari, Toulouse, Lille, Roissy
c’est sûrement ce vol-là qu’Anais et son compagnon prendront s’ils n’arrivent pas à changer leur billet.

Justement mon téléphone vibre :







« Bon voyage !
(des bisous à Cheng Wei et Wan Chu pour moi )
Gros bisous »






Anaïs, et son sens inouï du timing ...
Il suffit que je pense à elle pour qu'elle se manifeste.

9h30,
« Mesdames, messieurs, le vol Air France 1820 pour Amsterdam est maintenant près pour l’embarquement. »
J'envoie un dernier message aux amis :
« Boarding »
et je me dirige mollement vers les toilettes, le temps que la file d’attente se raccourcisse.

Quand je reviens,
on est presque à la fin.
Parfait.

Dans la passerelle, l’ambiance sonore n’augure rien de bon quant à la fréquentation de ce vol.


J’ai tout prévu.
Casque et boules Quiès,
ils pourront crier à l’envi.

Je patiente dans le bouchon habituel dont le point d’origine est l’endroit précis où l’équipage nous souhaite la bienvenue.
Juste après le temps se dilate.
Il faut que chacun trouve de la place pour ses bagages,
ainsi que le siège qui correspond à sa carte d’embarquement,
sans compter les nouveaux voyageurs qui découvrent la cabine.

9h40,
derniers pas sur la passerelle,
Un nouvel épisode de l’aventure commence.

L’hôtesse me dit bonjour un peu mécaniquement, je lui réponds en souriant.
Certains passagers des premiers rangs nous regardent avec condescendance,
j’avance vers le fond de la cabine.
J’ai choisi un siège au dernier rang.
C'était un des derniers hublots disponibles où j'étais presque sûr de pouvoir prendre quelques photos du ciel
sans être gêné par un bout d’aile ou de réacteur.
À mi-chemin dans l'allée centrale, nouvel embouteillage.
L’hôtesse doit réorganiser les places
car les enfants voyageant seuls ne peuvent pas être assis à côté de passagers adultes masculins :
« monsieur je vais vous demander de vous déplacer ...
…. vous, qui êtes si charmant, vous allez prendre cette place près de l’issue de secours
et je vais venir vous expliquer comment ça fonctionne …
…. Do you speak English ? French ? … don’t worry ! it’s ok ! »

Attendre encore un peu.
Une fois que tout le monde est à une place adéquate,
je continue ma route vers l’arrière de l’appareil pendant que l’hôtesse explique au « charmant monsieur »
comment fonctionne la sortie de secours.

Siège 25A.
À côté de moi, une jeune femme est déjà plongée dans un livre électronique.
Avant de la déranger, je cherche une place pour mon sac.
« c’est un sac de l’armée ? »
Bien vu monsieur le steward.
Maintenant si vous pouviez m’aider à trouver un endroit pour le caser …
« il reste de la place un peu partout »
Bon … Je vais donc me débrouiller tout seul.

Je resserre des sacs, entasse des vestes.
Dans la série je suis seul au monde, il y a quelques beaux épisodes.
Comment peut-on imaginer qu’il y aura assez de place pour tous en étalant ses affaires comme ça ?

Je trouve un volume suffisant pour sac vert et je vais demander à la lectrice de m’excuser
le temps que je m’installe discrètement à côté d’elle.

L’ambiance est plutôt calme,
tous les enfants de la photo de tout à l’heure, sont loin devant.
Je garde quand-même à portée de main les boules Quiès et le casque audio au cas où …

Décollage,
on passe au dessus de l’étang de Berre.
Les deux agents de l’équipage qui sont à l’arrière de la cabine s’organisent.
Bruits de cartons qui s’ouvrent,
de liquides qui se déversent,
l’hôtesse a eu des soucis de planning et elle n’est pas contente.
Une réorganisation de dernière minute lui a fait faire des voyages supplémentaires.
Par rapport à sa collègue plus jeune, ça n’est pas juste du tout, et pourtant cette jeunette se plaint
(parce que, elle, pas du tout …) :
« … de toute façon, le prochain week-end, je le prends c’est l’anniversaire de ma … vas-y fais l’annonce,
je m’occupe du reste »
C’est donc le steward qui nous explique comment s’attachent et se détachent les ceintures de sécurité,
comment on met le gilet de sauvetage, et tout le protocole habituel.
Deux autres collègues s’agitent machinalement dans l’allée
et comme bien souvent, personne ou presque ne les regarde …

Impossible de dormir.
Les bruits de préparation des chariots et les histoires de rotation de planning (elle ne les a décidément pas digérées) sont bien trop présents.
Je joue à des jeux stupides en regardant de temps en temps à travers le hublot.
Ciel dégagé,
pas de nuage,
pas de photos.

Maintenant, on est passé aux soucis de réforme du personnel naviguant cabine
et à l’arrivée d’un futur PDG à la tête d’Air France.
Je me demande comment fait ma voisine pour continuer à lire.

Bruit des roulettes du chariot :
« que désirez-vous boire monsieur ? … »
Le temps qu’ils aillent jusqu’au milieu de la cabine et qu’ils en reviennent,
le silence relatif revient.

Comme l’avion sera ravitaillé à Schiphol, ils n’ont pas de quotas,
(enfin c’est ce que je crois avoir compris de ce que nous a expliqué l’hôtesse contrariée),
nous avons droit à un deuxième service !
Je bois donc un deuxième café pendant que l’équipage mange ce qui semble être leur repas de midi.
Ils n’auront pas le temps de déjeuner pendant le ravitaillement semble t-il.

11h20,
« PNC … préparez vous pour la descente »

11h30,
les roues de l’Airbus crissent sur le tarmac batave :
« mesdames, messieurs, bienvenue à l’aéroport d’Amsterdam Schiphol …
nous vous prions de garder vos ceintures attachées jusqu’à l’extinction des signaux lumineux ».

Schiphol c’est grand.
Nous roulons encore quelques minutes avant d’entendre le salvateur « dernier virage » du commandant de bord.

« PNC aux portes
désarmement des toboggans
vérification de la porte opposée »

L’avion s’immobilise.
Bruit de claquements des ceintures de sécurité qui se détachent,
suivi du signal sonore qui nous prévient de l’extinction du signal lumineux
qui nous autorise à détacher les ceintures déjà détachées à peu près partout.

La plupart des gens sont déjà debout,
se ruant sur les coffres à bagages pour récupérer leur bien.

Je reste assis.
J’ai tout mon temps.
J’envoie un message aux amis :
« Amsterdam »

On attend.
La passerelle n’est pas encore en place.
Comme d’habitude.

Quelques minutes plus tard, l’avion se vide.
Un peu plus vite qu’il ne s’est rempli.
Et comme souvent, je suis dans les derniers à en sortir.

Le steward me reparle de mon sac.
« vous l’avez gardé de l’armée ? »
Je ris …
Et bredouille une phrase sur le fait qu'il est plus vieux que moi
(le sac ! pas le steward !)


Schiphol à l’heure du déjeuner.
Tout le monde court dans ce vaste centre commercial
dont les odeurs de restaurant s’entremêlent dans un parfum improbable qui me coupe l’appétit.
Mais finalement, c’est plutôt une bonne chose.
Cela me pousse à sortir, et j'ai largement le temps avant mon vol suivant qui est en début de soirée.
Si vous suivez mes aventures depuis au moins le début de celle-ci, vous le savez déjà.
Je passe généralement ma correspondance hollandaise avec Jos, mon ami du coin,
une sorte de rendez-vous annuel pour faire le point sur nos vies.
La dernière fois, il était en vacances en Afrique du Sud, mais mon surclassement m’avait permis de découvrir les salons confortables de KLM dans lesquels j’ai finalement passé l’après-midi.
Cette fois-ci, Jos n’est pas disponible non plus.
L’occasion pour moi de faire ce que j’avais conseillé aux deux françaises quand elles m’avaient rejoint pour In Wei : aller jouer au touriste à Amsterdam.

Dire que c’était il y a deux ans, presque jour pour jour.

Hier soir, en cherchant quel était le meilleur moyen pour aller de l’aéroport à la grande ville toute proche,
j’ai repéré une formule économique combinant un billet de train aller retour
avec un ticket permettant de visiter le centre-ville assis dans ces bus qui sillonnent les quartiers touristiques, passant d’un monument à un autre.
Ici, il y a une version aquatique.
Des cousins des bateaux mouche parisiens.
J’aime bien l’idée.

Première étape,
voir si je peux acheter cette formule à Schiphol.
Je passe de l’aéroport à la gare ferroviaire qui est dans le même bâtiment.
Apparemment, on peut acheter des billets de train mais pas ces offres promotionnelles.
Je m’installe sur un banc et grâce au wifi gratuit, j’achète le tout sur le net.

Deuxième étape,
donner le sac vert en gardiennage, histoire d’avoir le dos libre pendant quelques heures.
Des grands plans sont à disposition un peu partout,
la consigne est au sous-sol.
J’y dépose mon sac contre un petit ticket que je m’empresse de ranger dans un endroit sûr dont je peux me souvenir.

12h45,
je suis de nouveau à la gare le dos léger.

En route pour la Venise du Nord.










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