27/04/18 - 1 - la dernière ligne droite française - Jour 4 (1) - Martigues - au deuxième jour
mais qui semble tendre
vers un joli rythme de croisière,
même si le retard se creuse
5h.
J’ouvre un œil,
mais pas pour bien longtemps.
7h,
je tente quelque chose
mais je sens bien que rien ne sera réellement possible tant que le réveil n’aura pas sonné.
Me lever pour aller danser après la sonnerie d’un réveil,
quelque chose d’inhabituel dans la quotidienneté de ma vie.
J’en ai de la chance.
Pour le petit déjeuner, je savoure les « pineapple cakes » que m’ont ramenés mes amis.
Ça n’est pas du tout la saison mais ils savent de quoi je suis capable pour déguster ces petits biscuits à l’ananas.
Avec ma tasse de dong ding, la brume se dissipe de mon esprit.
J’entends presque vraiment ce qui est raconté sur France Infos.
Passage à l’ordinateur.
Réponse par mail du traiteur.
Il a déjà trop de travail.
Ça sera pour une autre fois.
Cheng Wei a vu l’ébauche de l’affiche que j’ai faite hier :
« c’est bien mais il faudrait que tout soit en anglais
- évidemment ! Idiot ! C’était juste pour te donner une idée »
Il rit.
Je crois que le jour où je ne râlerai plus il sera malheureux.
D’autres amis sont en ligne.
Je discute un peu.
Bruno Agati avec qui j’ai beaucoup appris et qui est maintenant mon collègue
(et ça me fait tout drôle)
m’a dit avoir parlé de moi dans un centre artistique où il va régulièrement du côté de Strasbourg.
Je ne pense pas qu’ils donneront suite mais je suis honoré qu’il ait pensé à le faire.
8h50,
douche et préparation des affaires.
9h07,
je suis dans la voiture.
Un peu tôt pour mes amis mais dans les temps au cas où je devrais déplacer le véhicule.
Comme je vous le disais dans le précédent article, hier soir, je me suis garé sur une place pour les livraisons.
Gratuite jusqu’à 9h, on ne peut y rester que 20 mn après.
J’ai donc en théorie jusqu’à 9h20 pour pouvoir démarrer.
Sauf que la dame du magasin devant lequel je me suis garé n’est pas contente.
Elle me dit qu’il faut bouger ma voiture là maintenant tout de suite parce que ça la gêne pour son magasin.
Elle me donne d’autres raisons que je n’ai pas envie d'entendre.
Il y a une place 50 mètres plus bas.
Je la laisse râler et j’obtempère.
Déplacé d’un saut de puce, je fume pour me détendre.
9h23,
je démarre.
Rue Paradis,
je tourne à gauche au niveau de la place de la Bourse,
à droite rue Beauvau,
puis à gauche rue Bailli du Suffren,
puis encore à droite sur le Vieux-Port.
9h27,
mes amis embarquent dans la 107 devant l'église des Augustins.
Wan Chu va à l’arrière.
Elle n’est pas tout à fait réveillée.
En route pour Martigues,
jour 2.
La circulation est fluide,
le ciel est bleu.
Sur la route, Cheng Wei me parle d’un nouveau projet.
Beï Ji, un créateur lumière, lui a dit qu’il voudrait ouvrir un lieu et l'associer à l'aventure.
Ça serait génial pour lui.
L’avenir nous dira ce qu’il en adviendra.
Nous arrivons avant 10h au site Picasso.
Papi est là avec une collègue.
Le conservatoire est très calme pendant ces vacances scolaires,
il n’y a aucune raison que je ne me sente pas bien.
Pourtant, ces premières journées sont quand même pour moi teintées de déception.
Je pensais vraiment que l’on irait plus vite.
On s’installe sur les galets.
Pas de nuages, il y a un peu de vent.
Wan Chu finit son réveil en buvant son thé.
Après avoir trouvé d’où vient la brise, nous allumons nos pipes et nous discutons un peu.
Le planning, les échéances,
je n’avais peut-être pas assez dit les choses.
Je ne veux pas d’un second « In Wei.
Tout va trop bien entre nous.
L’échéance est de plus en plus concrète.
Nous descendons dans l’auditorium.
11h,
la barre.
Ils la savent mieux que moi maintenant.
C’est plutôt bon signe.
11h40,
on peut plonger dans l’aventure.
Ils me proposent de revoir Cijin.
Cela nous permettra de pouvoir filer dans l’ordre.
J’aime cette énergie positive.
Je les laisse comme les autres jours devant l'écran.
et je profite de ce temps pour écrire tout ce que je vous raconte
en prenant de temps en temps quelques photos.
Je branche la tablette à l’ampli installé par ce cher Papi et ils bossent.
Seuls.
Wan Chu se recalera avec Anais,
je vérifierai les choses avec Cheng Wei demain.
pause déjeuner.
Il reste encore des tomates et du fromage d’hier mais ça ne suffira pas.
Aujourd’hui, ils ne veulent pas venir avec moi, ils préfèrent continuer à bosser.
Ils veulent se remémorer « la traversée ».
Je crois que cette fois-ci, on est tous dans la même direction.
Cheng Wei sait où est la musique, je les laisse.
Aller retour à Carrefour Market et déjeuner au soleil comme la veille.
Ils me reparlent des bouchons d’hier car vraiment, ça les a étonné.
Non pas qu’il n’y ait pas d’embouteillages dans les villes taïwanaises,
mais ils ne comprennent pas que les pouvoirs publics ne fassent pas plus.
Ils me racontent que sur l’île, il y a dans certains endroits une loi instaurant l’utilisation obligatoire de trois passagers par voitures aux heures de pointe.
Dans une autre région, un responsable des transports a été obligé de démissionner à cause des problèmes de circulation qui ne se résolvaient pas.
Quand je leur dis que le maire de Marseille en est à son quatrième mandat, ils n’en croient pas leurs oreilles :
À Taïwan, on ne peut pas faire plus de deux mandats.
« is this really democracy ? »
Vaste débat ...
Photo fondamentale
car Wan Chu n’aime pas qu’on la prenne en photo.
On ne retourne au théâtre qu’à 15h20.
Et je fais le deuil définitif d’un dimanche de repos.
Mais je n’ai pas envie de les speeder plus.
Il nous reste presque trois semaines.
Je passerai la vitesse supérieure dans les prochains jours s’il le faut.
Quant à la sortie de résidence, et bien c’est une sortie de résidence.
Pas une première.
On montrera ce qui sera prêt.
Enfin bon, il ne faut pas trop traîner quand même.
15h30,
la musique de « la traversée » tourne en boucle dans le théâtre.
Wan Chu essaie d’abord de reconnaître sa partition sur la vidéo puis abandonne.
Elle préfère suivre son collègue pour ne revenir devant un écran que lorsqu’ils font vraiment des choses différentes.
J’ai bien fait de construire leur partition de manière à ce qu’ils puissent soit s’appuyer l’un sur l’autre
soit se raccrocher à Anaïs et moi.
Du moins dans un premier temps.
Je suis sûr que viendra un jour où je leur courrai après.
16h30,
On peut tout enchaîner.
Le prologue, le solo de Wan Chu, le duo au thé que je fais seul, la traversée, Cijin.
Et c’est presque assez regardable pour être filmé.
Dommage.
S’ils avaient pu avoir ce déclic 24 ou 36h plus tôt, on aurait pu aller se promener dimanche.
17h,
Papi vient sonner la fin des hostilités.
Nous partons dans les loges.
J’éteins les services comme il me l’a montré hier et je range l’ampli dans un coin de la coulisse à cour.
Ça sera sa place dorénavant je crois.
Et le monsieur tout en haut près de la porte ... c'est Papi.
(ça ne se voit pas vraiment sur la photo mais je vous assure qu'il est loin d'avoir un physique de grand-père)
Aujourd’hui, nous ne sommes pas pressés car nous sommes invités à dîner chez Jean-Max,
qui m’avait prêté son appartement pour les héberger pendant leur séjour précédent.
Ils s’étaient à peine croisés le jour de leur départ.
Ce jour-là, il revenait en France.
Nous aurions dû prendre le café ensemble mais son avion avait eu du retard.
Comme il fallait faire plusieurs voyages à l'aéroport parce que tout ne rentrait pas dans ma 107,
Cheng Wei était parti avant.
Nous avons rendez-vous à 20h.
Cela nous laisse un peu de temps avant de regagner Marseille.
De toute façon, le plus tard on part, moins il y aura de monde sur la route.
Je propose à mes amis ... de faire un tour dans Martigues ...






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