27/04/18 - 2 - la dernière ligne droite française - Jour 4 (2) - Martigues - un peu de tourisme


Une balade tranquille après le travail,
de ces jours où l'apéritif devient incontournable,
un coucher de soleil  
et un dîner de retrouvailles







Vendredi 27 avril,
17h.


La journée de répétition est finie
et comme je vous le disais dans l'article précédent, nous n'avons rendez-vous qu'à 20h chez Jean-Max.

L'occasion parfaite pour faire découvrir la Venise provençale à mes amis taïwanais.

Nous quittons le Site Picasso un peu fatigués mais plutôt détendus.
La 107 nous amène à Ferrières, et nous faisons d'abord une visite express en voiture.
L’île, Jonquières,
mes amis sont conquis, je peux donc mettre mon plan à exécution.
Je me gare de ce côté de la ville et on part se promener.
Mes amis prennent beaucoup de photos,


surtout Wan Chu ...
Cela lui rappelle les vieilles rues d’Aix-en-Provence,
mais forcément, les canaux, c'est quand même autre chose.


On prend un café sur l’île.
Premier mojito de l’année pour Wan Chu.
Cheng Wei prend un coca.


Le patron nous apporte des olives comme ça se fait ici.
Même si ça n’est pas la première fois qu’ils vivent la situation, ils ne sont toujours pas habitués.
J’explique au patron la chose
et je lui raconte aussi que d'où ils viennent, les olives n’ont ni la même taille, ni la même saveur.
Je retrouve une photo de mon voyage du nouvel an (si vous ne vous souvenez pas, c’est par ici).
Il est tout aussi étonné qu’eux.
Faire des liens entre les cultures ?
On est en plein dedans.


On repart faire un tour avant de regagner la voiture.
Vers l’ouest.
Histoire de voir le soleil se coucher.
Il y a un joli espace aménagé sur le bout de l’île.


Cheng Wei a envie d’aller aux toilettes.
Et en bon taïwanais, il ne va sûrement pas pisser contre un mur.
Il va donc aux toilettes publiques.
Avec Wan Chu, nous l’attendons sur un banc, face au soleil.
Elle est heureuse.
Moi aussi.

À ce moment précis du récit de la journée, il faut que je vous parle de la photo de couverture.
Celle qui est au tout début du texte.
Les deux personnages assis sur le banc,
c’est nous.
Et la photo a été prise par Cheng Wei … de retour des toilettes.
Avant ça, il y a eu chez lui un petit vent de panique.
En fait, il y en a même eu plusieurs.
Déjà, il y a une minuterie dans les toilettes.
Quand il nous le raconte, forcément on imagine tout un tas de situations qui nous font bien rire.
Ensuite, il y a la porte dont il n’a pas trouvé tout de suite l’ouverture.
Et là-aussi, bien sûr, nous avons trouvé d’autres occasions de rire.
Mais surtout, quand il est sorti de l’aventure « toilettes », il est parti à gauche, vers la voiture.
Sauf que nous, nous étions à droite sur un banc bien visible.
Donc ils nous a cherchés un certain temps.
Temps pendant lequel, face au soleil couchant, nous nous demandions avec Wan Chu,
qu’est-ce qu’il pouvait bien faire dans ces toilettes ...
Quand il a rebroussé chemin et nous a aperçus sur le banc, il a pris la photo
et nous a rejoint encore tout affolé de l’aventure,
ce qui contrastait grandement avec la zénitude toute particulière qui nous avait gagné la jeune taïwanaise et moi.


19h20,
nous quittons Martigues.
La circulation est aussi fluide que ce matin,
nous arrivons à Marseille par l’autoroute du Littoral,
avec cette magnifique vue, qui fut la première chose que mes amis ont vu de la ville il y a maintenant quatre ans.

20h,
Nous sonnons chez Jean-Max.
Parfait timing.
Il nous accueille comme il se doit et nos amis retrouvent cet appartement dans lequel ils ont vécu tant de choses pendant la création précédente.
Les bons souvenirs reviennent, les mauvais aussi …
Étranges sensations.
Et puis, il y a ce drôle de sentiment de revenir dans un chez soi habité par quelqu’un d’autre.
Quand ils m’en parlent, je m’entends penser quand je suis retourné à Zhongshan road
et que Yung Hua et Cheng Wei, qui y vivaient depuis des mois, avait réaménagé l’appartement.

Passés ces premières émotions, l’ambiance se détend très vite.
Tout le monde est content de vraiment se rencontrer.
C’est une sorte de boucle inachevée de l’aventure française de « In Wei » qui se boucle enfin.
Les taïwanais remercient plus d’une fois ce bonhomme (au sens étymologique du terme)
qui leur avait laissé son appartement sans les avoir ne serait-ce que croisé une fois dans sa vie.
Une façon de faire toute ... taïwanaise ...
Ils en sont presque gênés.
Surtout Cheng Wei, qui a oublié le cadeau de Jean-Max en partant ce matin de chez Jennifer et Gaby.

Les rires émaillent fréquemment l’apéritif
(le second donc ... nos amis taïwanais y prennent vraiment goût ma foi !)


Alors là aussi une petite explication s'impose :
si Jean-Max tire la langue, ça n'est ni un tic nerveux ni une simple blague,
c'est parce que c'est à peu près la tête de l’émoticône dont se sert Cheng Wei en discussion instantanée
pour tout un tas de situations.
Quand il rit, quand il est énervé, quand il est ennuyé.
Et comme Jean-Max n'a pas échappé à l’émoticône générique, il a fallu marquer le coup.

On rit aussi beaucoup au repas notamment grâce au talent de conteur de Jean-Max
que je laisse divertir ses convives de ses histoires vraies ... ou pas.
Il a quand-même presque réussi à faire croire aux vertus quasi médicinales du riz de Camargue !
Entre autres canulars de compétition, lors de la création précédente
(certains d'entre vous s'en souviennent peut-être mais je vais rafraîchir la mémoire des autres),
il avait fait croire à Cheng Wei que l’appartement où ils allaient loger, était un boui-boui infâme
en lui postant des photos d’une maison vétuste.
Je me souviens de la réaction du jeune homme quand il est rentré dans l’appartement pour la première fois,
il m'a appelé ... et ce fut le grand silence.
Il ne trouvait pas les mots tant la surprise fut grande.
(enfin si, il a juré un certain nombre de fois en anglais et en mandarin)
La blague avait fonctionné à merveille.
Après quelques recherches archéologiques (merci Messenger), j'ai retrouvé la photo.


Sacré Jean-Max !

Grâce à ses talents de conteur, notre hôte a réussi à agrandir le légendaire appétit d’oiseau de Wan Chu,
en lui racontant avec moult détails, l’histoire d’une danseuse du XIX° siècle (romantisme oblige)
qui serait morte de fin pendant la Commune de Paris.
Il a aussi vanté les mérites du riz camarguais comme personne ne l’avait fait à ma connaissance.


Nous avons quitté notre ami plus de trois heures plus tard
et j’ai laissé Wan Chu et Cheng Wei chez leurs autres hôtes aux alentours de minuit.
Gabriel m’a proposé de rester un peu autour d’un digestif,
mais j’ai décliné l’offre poliment,
je connais le bougre.

Demain est une journée plutôt tranquille pour eux,
mais pas pour moi.
Nous montons à Manosque où ils vont rencontrer Carole,
il y a 4h d’atelier à assurer.
Je dois être en forme.
Nous en profiterons pour travailler une troisième phrase des danses de « Rentrer ».
Une autre façon d’avancer.
Un peu comme si aux côtés d’Anaïs, ils prenaient toute l’année des cours avec moi.


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