27/02/18 - Taiwan printemps 2018 - Jour 12 - Cheng Wei et moi

Musique et danse pour remplir une journée,
écrire à quatre mains une nouvelle fois,
partage et filiation,
une autre manière de parler de notre histoire












Mardi 27 février ,
3h.

Réveil sans aucune raison apparente.
La lumière de la ville éclaire les vitres translucides de l’appartement.
Je me lève, ferme les rideaux et me rendors.

7h20.
Une heure assez décente pour commencer la journée.
Rituels du matin.
Mon corps est courbatu.
La fatigue s’installe.
La bonne, celle des jours du travail
plutôt bien fait.

7h50,
(ça n’est pas moi qui le dit, c’est l’appareil photo)
j’ouvre les rideaux, le ciel est bleu.


Je retourne au lit.
Oui, je suis vraiment nase.
Qu’est-ce que c’est bon !

Je m’assois et me remémore par écrit les journées passées.

Au fait, j’ai entamé un nouveau carnet.
À fleurs aussi.
Ça me fait réaliser que je ne me sers pas trop de l’autre pour les corrections de répétition.
Pas pour l’instant, il faut que la danse soit plus intégrée dans les corps de mes partenaires de jeu
pour que je puisse me poser et regarder ce qui se passe avec la casquette du répétiteur.


10h40,
(oui, là aussi, c’est super précis … j’ai regardé l’horloge qui trône au dessus de la télé spécialement pour vous)
je décide de m’attaquer enfin à la musique de Wan Chu.
Il était temps.
On commence demain.

Je fouille dans mon ordinateur.
Il me semblait avoir commencé un ternaire un jour où je travaillais sur des musiques en France
et que je pensais à elle.
Visiblement, il n’y est plus.
Pourtant, il ne peut être que sur cet ordinateur vu qu’il n’y a que sur cette machine que je fais ce genre de choses.

Tant pis.
Je me lance sur une nouvelle route.
Un ternaire donc.
Forcément.

Pourquoi ?
Euh …
Parce que puissance et émotion.
Je trouve que les femmes ici paraissent souvent faussement fragiles.
Tout en retenue en apparence, mais quand on les connaît, il y a une certaine force qui les a construites,
une capacité à la résistance qui mérite le respect.
Wan Chu en est presqu’archétypique de ce point de vue.
Faisant preuve d’une maturité qui contraste tellement avec certains de ses comportements de petite fille,
dont Jim, Cheng Wei et moi, nous nous moquons si souvent,
elle peut à la fois être forte comme un roc et fragile comme si elle allait à l’école pour la première fois.

Il y aura donc de la percussion, avec des peaux.
Je veux dire pas une batterie jazz ou rock.
Quelque chose de plus « tribal ».
La fragilité sera mélodique, ou dans l’instrument qui le jouera.
La zhiter,
cette cousine asiatique de la harpe,
que j’avais entendue ce soir si particulier où Cheng Wei et moi étions allés dîner au delà de la plage de Sizhiwan.
C’était dans les jours qui ont suivi le départ des françaises après In Wei.
Je me souviens que l’on s’était assis sur un banc pour écouter la nuit,
et la mer.
J’avais écrit deux ou trois choses à ce sujet.


Donc la zhiter.
Elle est dans ma banque d’instruments.
Ça tombe bien.
D’ailleurs, je me rends compte que je m’en suis déjà servi.
Pour la traversée en scooter.
Mais je n’avais pas regardé le nom de l’instrument quand je l’ai choisi.
C’est le son aigrelet qui m’avait plu.

Dans mon logiciel, il y a des mélodies toutes faites.
Celles que joue cet instrument me semblent tellement caricaturales,
mais au moins, je suis sûr que le son de base sera propre,
plus propre que si je pars de rien.
Je prends donc d'une phrase musicale toute faite … et je la défais complètement
jusqu’à obtenir ce que j’entends déjà dans ma tête.

Quand je tourne un peu en rond, pour me vider l’esprit je reviens sur la musique de Cheng Wei .
Son volume n’est décidément pas assez haut.
Je ne sais pas bien comment faire.
Je tente des bidouillages.
On verra tout à l’heure quand je travaillerai avec lui.

L’après-midi se passe au bureau.
Avec des pauses pipe, qui entraînent l’ouverture de la fenêtre,
qui entraîne l’utilisation de la climatisation
et la fermeture au moins partielle des mêmes fenêtres mais aussi des rideaux quand je me remets à travailler.
Activités parasites auxquelles je commence à m’habituer.


Le travail musical a bien avancé quand la lumière annonçant le sunset modifie l’ambiance de la chambre.
J’ai une base pour tout, même si je ne suis pas bien sûr du résultat.
Il me restera encore demain pour le solo de Wan Chu
et puis quelques mois pour harmoniser le tout avant la première française.

Je mets un article en ligne vers 17h,
celui des belges dont je vous parlais la dernière fois.
 
17h45,
passage à la douche et préparation du sac.

18h,
fermeture de la porte,
le casque audio sur les oreilles,
le casque pour le scooter au fond du sac sous les affaires de danse.

18h10,
le 248 arrive.
Je valide ma carte, prêt à devoir expliquer que, oui, je vais bien à Fongshan.
Rien.
Le chauffeur, plus jeune que ses collègues des jours précédents, me calcule à peine.
Moi qui râlait hier, je suis presque déçu.

Pendant que nous remontons vers l’est sur Zhongzheng road,
une plaque métallique cachant le système d’ouverture de la porte arrière du bus s’ouvre toute seule.
Les vis ne sont plus de la première jeunesse.
À l’arrêt suivant, le chauffeur vient revisser la plaque.
Nous repartons.

La plaque est récalcitrante.
Le chauffeur s’y reprendra à plusieurs fois, à chaque arrêt.
Bien que la porte fonctionne très bien sans que la plaque soit fixée,
il décider de la condamner.
Tout le monde monte et descend dorénavant par l’avant.

J’écoute en boucle la musique du solo de Cheng Wei, je l’ai appelée « incertitudes » .
Elle colle parfaitement à ce voyage.
C’est une musique de nuit et de transports.

Weywuyin,
on tourne à gauche,
puis à droite au feu suivant.
Le lycée, le Carrefour,
je me prépare à descendre.

Message de Cheng Wei.
il doit être en retard.
Gagné.
J’en profite pour faire quelques photos du temple la nuit.



J’attends mon collègue dehors, devant le studio, dans la rue qui commence à s’animer.
Il y a un nightmarket ce soir.
Comme dimanche dernier.
Les étals s’installent sur la chaussée, sous les arcades.
Il y a de tout : de quoi boire et manger bien-sûr, mais aussi des vêtements, des jeux, de l’électronique.

Voilà mon ami.
Il enlève son casque avec un sourire béat.
Un directeur de compagnie de théâtre est intéressé par son travail.
Il veut l’embaucher pour mettre en mouvement et en espace ses prochaines créations.
Reconnaissance et entrée d’argent supplémentaires.
Je suis bien content pour lui.

On monte au studio.
Pendant que l’on se change, je lui demande si on dîne ensemble après.
(parce qu’avec tout ça, je n’ai pas déjeuné !)
Il ne pourra pas.
En fait, il a un rendez-vous avec la créatrice lumière pour sa création du mois prochain.
C’est « un peu plus tard » dans la soirée ...
à 2h du matin !

La jeune fille est sur d’autres projets et elle enchaînera trois réunions,
dont celle avec Cheng Wei.

« 2 am ! … Those Taiwanese people »
Cheng Wei éclate de rire.
J’imaginais juste la chose en France …


On se chauffe avec la musique du solo en fond.
Il la connaît déjà mais pas dans cette version remixée.
Comme je vous l’ai déjà raconté, j’ai fait cette musique il y a presque cinq ans,
l’année où l’on s’est rencontré.
J’étais en pleine répétition avec Dancecology, une compagnie de Taipei (dont je vous aussi parlé).
On s’était recroisé là-haut parce qu’il devait passer à la fac pour des papiers.
Il avait plu ce soir-là, comme trop souvent à la capitale.
Mais à toute chose malheur est bon, j’avais fait cette musique et lui avais offert.

L’année suivante, il l’a utilisée pour la chorégraphie fondatrice de sa compagnie.
Elle avait été jouée pour la première fois en même temps que la Septième Nuit et la soliste en était … Wan Chu.

Cela avait été rude pour elle parce qu’il lui avait demandé de crier sur scène.
Pour y arriver, elle n’avait trouvé qu’une seule solution,
se remémorer un mauvais souvenir.
Elle était sortie de scène en pleurant les deux soirs.

Quand j’ai dit à Wan Chu que Cheng Wei allait danser sur cette musique,
elle l’a regardé avec un sourire vengeur.
Il allait lui aussi en baver un peu sur cette mélodie-là.


On reparle de la veille, et des enfants croisés le soir.
Je lui demande si c’est comme ça tous les jours.
Il me dit que oui … sauf demain.
Le 28 février est un jour de commémoration d’un événement tragique sur l’île,
un de ceux qui sont à l’origine de la transformation du pays en « démocratie ».
Les écoles et certains bureaux officiels ferment de manière très officielle,
les autres bossent comme d’habitude.
Ils se souviennent,
c’est tout.

Pendant qu’il me raconte tout ça, j’improvise un peu.
Et un premier mouvement me vient.
Puis en le répétant, apparaît une suite de choses qui me paraissent être le début de l’histoire.
On verra l’entrée après.
« Stand up ! I got an idea ! »
Il se lève.

Je lui apprends ce qui est venu dans mon corps.
Une fois qu’il le sait plus ou moins, il enchaîne sur une de ses propositions.
Je la récupère au vol et je continue l’histoire.
Nous avançons lentement, comme ça,
dialoguant façon cadavre exquis, avec comme idée de fond que d’une manière ou d’une autre,
cette danse doit parler de lui, et de nous.

Proposition, réponse, rebondissement, tentatives plus ou moins réussies, utilisation d’erreurs fortuites,
je garde quand même la main sur les décisions finales,
en taillant, sculptant, modifiant, ce que je vois naître dans le corps de mon ami.
Il éclate de rire quand j’accepte certaines de ses idées :
« j’étais sûr que ça te plairait !
En le faisant je me suis dit que ça serait typiquement le genre de mouvements que tu ferais
- tu te dis ça tout le temps ? »
Il sourit.
Ça veut dire oui.

Intéressant de voir ce qu’il imagine que je danserais à travers lui.
Parfois, il est dans le juste.
Parfois, pas du tout.
Mais ça nous emmène ailleurs, et j’aime ça,
donc je garde,
forcément.

Intéressant aussi de se rendre compte
que consciemment ou non,
mon collègue chorégraphe-interprète s’est mis une consigne supplémentaire :
« quelle serait la danse que Claude aimerait que je danse ? »
Un joli sujet d'une série de solos ...
Pour plus tard ...
Quand je ne danserai vraiment plus.

Pendant une pause, il me dit qu’il trouve que la danse que je propose cette année, a repris de la puissance.
Par rapport aux deux créations précédentes, ça va plus vite, c’est plus « physique ».
À mon tour de rire.
Par rapport à ce qu’ils dansent ici, et même par rapport aux propositions de collègues français,
tout ça me paraît quand même bien tranquille.
Mais il a peut-être raison,
c’est vrai qu’avec les retours sur « In Wei », notamment ceux de mon amie Agnès,
j’ai été plus vigilant à ce que certaines parties soient plus dynamiques.
En tous cas que tout ne soit pas sur le même registre,
le mien,
même si parfois ça me met un peu en dehors de mes clous.

« Ta danse devient plus forte alors que la mienne s’adoucit »
Influence des collaborations.
Ce qui nous amène à parler filiation.
Pendant que l’on dansait « In Wei en France » pas mal de monde nous a dit avoir remarqué une filiation évidente entre nos deux façons de bouger, malgré la différence de dynamisme (et deux ou trois autres choses)
au point qu’à part deux ou trois parties, on ne savait pas forcément qui avait créé quoi.
J’aime bien l’idée.
« le petit frère de l’est »
C’est comme ça que je l’appelle souvent comme vous l’avez peut-être remarqué.
Je lui dis que que j’ai écrit un texte, où je parle de lui comme un petit frère.
Je lui traduirai un jour.

On se remet au travail.
Toujours avec le même système de création.
On cale les durées des mouvements, précise les énergies, les regards,
je le laisse leur donner les intentions qui le porteront le mieux.
Du moins, pour l’instant.
Mais je crois que je vais lui laisser cette part-là de la création.

20h50,
on a passé les deux heures de boulot en tête à tête.
Son corps fatigue :
« on peut continuer ?
- bien-sûr ! »
Je n’en attendais pas moins de lui mais je vais quand même le ménager.
Sa journée est loin d’être finie.

On avance autant que possible.
Son genou - pas le même que le mien - commence à donner des signes de faiblesse.
Ses propositions de danse (et un peu des miennes … mais pas tant que ça quand même) n’y sont pas pour rien.
Bien que l’on soit sur des propositions personnelles, on arrive quand même à créer des mouvements
qui vont à l’encontre de notre organicité ?
Ça arrive presque à chaque fois quand on improvise,
alors que l'on devrait en profiter !
C’est quelque chose qui m’étonnera toujours.


21h30,
j’ai encore une idée,
un truc de dos qui part par l’épaule,
mais là je sens que c’est trop pour son corps et son cerveau.
On verra ça demain,
si je m’en souviens encore.
Pour l’instant,
on filme.

Il manque l'entrée !
J'ai mis des bruits de scooter en ouverture.
Pour parler de ce jeune homme pressé, je lui propose des courses.
Facile à retenir, même pour un cerveau fatigué.

Cette fois-ci, on tourne.

Première prise,
premiers mouvements,
un cri.
J’ai peur.
C’est juste une ampoule.
Ici, les danseurs gardent souvent des chaussettes pour travailler.
(Cheng Wei en a d’ailleurs acheté un stock pour sa compagnie, et en avait offert aux françaises)
Alors les pieds nus sur ce tapis de danse,
aussi longtemps,
avec nos danses très pliées, très souvent glissées,
c’était prévisible.

Il va prendre de quoi se soigner dans la trousse à pharmacie.
Se reconcentre,
se conditionne à gérer l'ampoule naissante,
on y retourne.

Cinq prises.
Jusqu’à 22h.


Fin des hostilités.
On range nos affaires.
Cela fait quatre petites heures que nous sommes là.
J’ai la sensation que l’histoire peut être belle.
On verra bien …
Il nous reste encore une bonne minute à créer.
On fera ça un de ces soirs, quand Wan Chu sera partie donner un cours,
ou alors en France.
Mais j’aimerais bien finir cette histoire avant de quitter le pays quand même.

On remet les éléments du studio à leur place initiale
(vous avez peut-être remarqué sur la vidéo que la grande bouche présente hier a été audacieusement retournée).
On éteint les lumières,
rejoint le rez-de-chaussée
descend le rideau de fer,
dehors, la rue grouille de monde.

On discute un peu pendant qu’il fume.
Comme trop souvent, il garde le regard rivé à son téléphone.
« tu pourrais prendre le train pour rentrer,
la gare est à côté
il y en a un à 23h03 »
Pourquoi pas ?
Contrairement au métro, il n'y a pas de changement.
Je descends directement à la station suivante, la gare centrale, et je suis à 5 minutes de l’appartement.

On en reparle tout à l’heure.
Pour l’instant, on va faire un tour dans le marché qui bat encore son plein.
J’achète un câble de trois mètres pour recharger mon téléphone,
un stock de viennoiseries pour le petit déjeuner.
et des pains au lait fourrés à la viande avec plein de condiments
(le tout pour moins de 5 euros … indécent)

22h25,
retour au scooter.
Il est encore un peu tôt pour le train.
Je serais de retour dans le centre plus vite si je prenais le métro mais je sens que mon ami me cache quelque chose.
À sa manière de tourner autour du pot, d’insister sans vraiment le faire,
je sens que prendre le train est la seule et unique solution que je dois adopter ce soir.
De toute manière, ça m’est égal.
Au contraire, je n’ai jamais fait ce trajet en train.
Quelque chose de nouveau, c’est très bien.

Va pour la gare.
Nous traversons le night market en scooter,
j’installe la caméra sur le dos de mon pote,
mon projet (dont je ne vous parle toujours pas ... mais dont ceux qui ont vu le spectacle devraient se souvenir)
semble prendre forme.

22h30,
nous arrivons à Fongshan station.
C’était vraiment tout proche.

Assis sur les marches de la gare, nous sirotons en fumant une boisson achetée au marché.
Il y a des taxis, des gens qui attendent des voyageurs, des gens pressés, des inquiets.
Une gare quoi.

22h50,
Cheng Wei se lève,
le regard vers le hall d’arrivée, il sourit.
Yung Hua apparaît.
C’était donc ça ...
Je les laisse se retrouver.

La jeune fille sort son smartphone et appelle une copine.
(ce que je n’aurais peut-être pas fait à ce moment-là, vu que ça faisait quatre jours qu’ils ne s'étaient pas vus
et qu’elle se plaint régulièrement de la situation, mais bon …)
Pendant qu’elle s’isole pour parler, la cigarette à la main, j’engueule Cheng Wei qui a refait « son taïwanais » :
« Franchement, tu ne pouvais pas me dire simplement : Claude, ça te dérange de prendre le train ?
Comme ça, je récupère Yung Hua qui arrive tout à l’heure,
la gare centrale c’est la station d’après de toute façon …
J’aurais forcément dit oui ! »
Il rigole, gêné.
« You Taiwanese people … I thought that we were friends ! »
Oui, on est des amis … Mais quand même, il ne voulait rien m’imposer …

Yung Hua a fini sa conversation.
Mon train est sur le point d’arriver.
Je les laisse.



On n’est pas nombreux à attendre ce train de banlieue.
Je prends une ou deux photos et m'installe sur un des sièges sous un panneau indicateur.

23h03,
le train arrive, à l’heure annoncée.
23h05,
nous redémarrons (à l’heure prévue … évidemment).

C’est le même type de train que celui que je prenais pour aller travailler à Tainan il y a dix-huit mois.
Une sorte de train intercités vieillissant mais bien entretenu.
Peu de places de libre.
Je m’installe au premier siège disponible côté fenêtre.

23h30, je sors de la gare centrale.
Il y a un peu plus de SDF qu’en journée.
Plus de taxis aussi.

Je longe la palissade de la gare routière en cours de démolition
et j’attends sur Jiang Huo road que le feu piétons passe au vert.
Il n’y a pas beaucoup de circulation, je pourrais traverser sans attendre
mais les deux ou trois personnes qui sont à mes côtés patientent sereinement, alors je fais de même.

Sur Zhongshan road, une dame, qui a traversé en même temps que moi, marche d’un pas pressé,
jetant régulièrement un coup d’œil furtif derrière son épaule.
Je comprends que ma présence l’inquiète.
Je lui laisse prendre de la distance, elle ne se retourne plus.


23h35,
je suis dans l’ascenseur après avoir dit bonsoir au gardien.
Rentrer,
se poser,
transférer avec impatience les photos du temple et les vidéos des répétitions,
pendant que ça télécharge je déguste mes petits pains du night market.

Regarder les vidéos,
être ému,
se lancer dans le montage du solo de l’ami,
le compresser et le partager tout de suite avec la communauté virtuelle.

Se jeter sur le lit,
content.
Il est 3h du matin.


Encore une belle journée tellement bien remplie
mais ça risque de ne pas être simple au réveil prochain.



0h30,
extinction des feux.
Sacrée journée.
On a bel et bien avancé finalement.







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