03/03/18 - Taiwan printemps 2018 - Jour 16 - un dernier coucher de soleil au port
dernière balade vespérale,
pour apprécier encore une fois
comment le soleil se couche
12h35.
Et de l’autre côté de la terre,
la nuit tombe.
Donc oui, je suis rentré et l’aventure est maintenant finie.
Pour ceux qui ont suivi l’histoire sur les réseaux sociaux,
vous savez dans les grandes lignes comment cela s’est bien passé.
Mais il vous manque tellement de choses.
Si on en est arrivé là, c’est que le printemps a été …
assez intéressant pour que je vous le raconte par le détail.
Remontons donc sept mois et deux semaines plus tôt quand j’étais presque sur le point de rentrer, encore une fois.
Je vous avais laissé au bord de l’eau près du Glory Pier après une bien belle expo.
(spéciale dédicace à ma collègue Christine qui l'avait particulièrement apprécié …)
Je vais vous parler d’un autre samedi soir,
le lendemain de l’autre,
le 3 mars.
Alors,
je suis incapable de vous dire par le menu comment s’est passé ma journée,
mon carnet comporte des pages blanches,
et cette journée là en fait partie.
Mais le soir,
je sais.
On devait faire un peu de shopping,
et après, j’étais invité au cinéma par Cheng Wei et Yung Hua,
en mode « de luxe ».
Je ne savais pas trop de quoi il en retournait,
mais dans le doute j’avais décidé d’agrémenter ce début de nuit,
par un coucher de soleil digne de ce nom.
17h50,
je quitte le 311 Zhongshan road en n’étant pas certain de ma destination finale.
Pour Sizhiwan, c’est un peu tard.
Retourner à Glory Pier ?
Le port semble être une meilleure option.
D'autant que ça sera surement la dernière fois de ce séjour.
Une bonne manière d’attaquer ce pénible chapitre des « dernières fois » auquel je ne me fais pas.
En route pour le port.
Quoique, en métro,
je dois encore pouvoir attraper un minibus jusqu’à l’esplanade de Sizhiwan.
J’hésite.
Rez-de-chaussée,
je dis bonsoir au gardien,
descends les trois marches,
et tourne à droite en direction de Formosa.
Préférons la marche pour cette fois.
Jusqu'à la station de métro, je peux encore réfléchir à ma destination finale,
et si jamais j’ai une subite envie de 248, je peux toujours sauter dans un bus à l’arrêt près de Liouhe.
L'eau et ses reflets peut-être.
Et puis tant de souvenirs nichés juste devant moi au loin,
dans le plus petit des immeubles de ce pâté de maisons,
où j’ai passé quelques unes des pires semaines d’été de ma vie,
il y a presque deux ans.
Je continue ma route,
pensif,
passe Bade road et Cisian,
me voilà dans le quartier des robes de mariées,
c’est fou l’importance que ça a encore ici.
Les barrières bloquant la rue aux voitures ne sont pas encore installées
mais les stands qui accueilleront touristes et habitués s’organisent tranquillement
grignotant aussi discrètement que possible les espaces au delà des trottoirs,
alors que le soleil brûle les vitres des bâtiments les plus hauts,
dernier baroud d’honneur avant de disparaître derrière la colline de Gushan.
Exit 1.
Je descends sur le quai en traversant le grand hall aux jolis vitraux.
Il va falloir que je prenne le temps de faire un safari photo ici aussi.
Ligne rouge ? Ligne orange ?
Jouons la sécurité et choisissons le port.
Ça serait dommage de sortir de terre quelques stations plus tard
en ayant raté la chose pour laquelle on s’était décidé à sortir de chez soi.
Donc ligne rouge, direction Siaogang, au sud, jusqu’à Sanduo.
Dans le casque, j’en suis à « la vie en rose » de Grace Jones.
Cela me rappelle l’autre soir quand j’écoutais justement la même chose
et que j’arrivais ... à l'endroit où je vais.
Central Park,
Sanduo,
Exit 1.
Encore.
(en fait la 2 est la plus proche du port mais elle n’a pas d’escalator et ça n'est pas terrible pour mes genoux)
Zhongshan 2nd road,
le Starbucks,
je tourne à droite sur Xinguang road,
qui est plus un cours qu’une rue.
À cette heure-là, les bancs sont souvent occupés par des personnes âgées
qui profitent d’une fraîcheur relative jusqu’à la tombée de la nuit.
longeant le grand parking de scooters,
John Legend chante « Show me that you love me »,
le ciel est un peu voilé,
mais j’espère voir de jolies couleurs avec l’aide du soleil d’ici
qui me fait si souvent de jolis cadeaux.
Chenggong 1st road,
la ligne de tramway arrive du sud et tourne à gauche pour être au plus près de l’eau.
Je suis à l’entrée du parc qui mène au port.
Le soleil va sortir de derrière les nuages.
Voilà,
tout se dégage.
Statues, oeuvres d’arts plastiques plus abstraites,
fontaines,
il y a peu de monde ce soir.
Pourtant on est samedi.
En même temps, ici, ça ne veut pas forcément dire grand chose.
Des bateaux bouchent la vue à l’embarcadère.
Heureusement, il y a quelques passerelles accessibles d'où on a des panoramas
que, même avec mes douleurs aux genoux, je ne regrette pas.
Il a probablement transporté un groupe de touristes qui a dû prendre un de ces bateaux
qui maintenant sillonnent le port jusqu’au Pier 2.
C’est un de ceux-là qui justement gâche mon plaisir de l’embarcadère.
Celui de gauche.
Un bar à huîtres (d’où son nom bien français).
Quelle drôle d’idée …
C’est tellement « western world ».
D’ailleurs, je n’y ai vu que très peu de monde.
Je ne vais que rarement jusque là d’habitude parce que la pop taïwanaise qui y est diffusée en continu
(à moins qu’elle ne soit coréenne, ou alors les deux),
ne convient que très rarement à l’endroit, aux heures où j’y m’attarde.
C’est encore le cas ce soir où les infra basses et la boîte à rythme sonnent terriblement hors sujet
alors que le soleil rosit (ou plutôt « orangit » pour le moment).
Il me faut plus de sérénité.
Je remets mon casque et m’aventure dans l’Anabel Lee de Thiéfaine.
Il avait fait beaucoup de dégâts l’autre jour,
mais je crois que justement aujourd’hui, je vais prendre une revanche.
même deux fois,
et hormis ma mélancolie ambiante, rien du côté du plexus me pousse à vite écouter autre chose.
J’enchaîne sur d’autres musiques de ma liste de lecture.
Ashes to ashes ne marche pas du tout,
le reste des chansons de Bowie non plus d’ailleurs.
Annie Lennox … Big Sky
Voilà qui nous remet sur les rails.
Cette fois-ci le violet et le rose arrivent.
Les amoureux ne vont pas tarder.
Bientôt 19h,
il va falloir que je quitte le port.
Je serai bien resté jusqu’à la fin du crépuscule.
Mais j’ai rendez-vous avec Cheng Wei.
D'ailleurs, il vient de m'envoyer un message en me racontant ce que nous allions partager.
Ce reste de la soirée s'annonce tout aussi agréable.
Nous irons acheter une petite chose ou deux,
probablement du dernier cri de la mode coréenne,
puis nous rejoindrons Yung Hua qui sera allé acheter des choses de son côté
et nous plongerons donc dans cette soirée cinéma de luxe
qui consiste à regarder un film sur écran géant dans des fauteuils immenses et moelleux
en savourant un dîner commandé juste avant de rentrer dans la salle
(il faudra juste éviter de choisir un film d’horreur).
Un dernier regard,
et ça en est fini pour le port,
du moins pour cette fois.












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