juin juillet 2018 - entre les deux créations
un printemps en pente douce,
la préparation de la suite
Plutôt sereinement.
Anaïs a continué à me supporter dans les studios marseillais, tout en travaillant pour d’autres compagnies.
Quant à moi, j’ai fini l’année tant bien que mal, mettant sur scène, entre deux jurys de concours multiples et divers, celles qui m’avaient suivi tout au long de l’année à la MPDS et à la Ciotat.
La sacrée dose de mélancolie et de solitude apparue lors du départ de mes amis ne s’est estompée qu'avec la perspective de pouvoir rejouer là-bas, et le plaisir de pouvoir danser à nouveau le duo du thé à l’occasion d’un vernissage du peintre Jean-Louis Garcin, qui (vous vous souvenez peut-être mais j’en doute un peu) est le créateur des kimonos avec lesquels nous avons dansé ce duo un an plus tôt.
Au sens propre comme au figuré :
Douleurs aux deux genoux, épuisé jusqu’au malaise ...
Entre deux prescriptions d’imageries médicales, mon cher médecin m’a ordonné un repos total.
Mon dernier jury se terminait le 8 juillet.
Après ...
Rien jusqu’au départ taïwanais.
J’ai obtempéré.
Puisque repos il y avait, j’avais prévu une escapade à Sète chez Sylvain.
Au programme : plages, huîtres, vin blanc et projections privées de films de la vidéothèque ô combien fournie de mon hôte.
Hélas, nous avons dû modifier la teneur de mon séjour :
le 8 juillet au soir, Sylvain s'est cassé la rotule à cause d'un pied de parasol d'une terrasse de bar.
Quelle idée de mettre de pieds transparents à ces gros parapluies que l’on voit sur toutes les rues piétonnes ?
Alors je suis quand-même allé à Sète bien-sûr, mais du fait que mon bien grand ami ne pouvait pas tendre sa jambe, il ne rentrait plus dans ma 107.
Plus de plages.
Plus d'huîtres non plus, parce qu'il découvrait le non plaisir de se déplacer en béquilles.
Surtout quand on habite au troisième étage d’une ville aussi pentue que Sète …
Le séjour fut certes calme mais parce que beaucoup moins festif que prévu.
Tant pis.
Le retour des taïwanais sur leur terre natale a contrasté avec l'après spectacle relativement calme qu’Anaïs et moi avons vécu.
Si vous vous souvenez bien, le retour de Cheng Wei a été plus long que prévu puisqu'il a été bloqué à Londres une nuit à cause d’un problème technique dans l’avion.
Pas de visite de la capitale britannique pour mon ami.
Trop court, trop cher.
Il a passé la nuit dans un hôtel de l’aéroport offert par la British Airways, avec un bon pour un dîner frugal et un petit déjeuner aussi peu copieux.
À toute chose malheur étant bon, avant de prendre la navette qui le menait à sa chambre, le jeune taïwanais, a , comme à son habitude, beaucoup traîné dans les rayons Duty Free de l'aéroport, notamment du côté des casques audio.
Comme il m'a demandé un peu trop de conseils pour que l'achat soit seulement pour lui,
je crois avoir perçu une sorte de perche lancée pour un cadeau d'anniversaire éventuel,
nous en saurons plus dans quelques temps.
Le pauvre Cheng Wei a dû batailler pour qu’on le place sur un vol qui partait le plus tôt possible le lendemain du jour où son départ était initialement prévu.
Forcément, caser la population d’un vol supplémentaire dans des avions déjà bien remplis n’était pas des plus simples.
En payant un peu plus cher, il a réussi à n’arriver chez lui qu’avec une journée de retard.
Cela lui a permis de ne rater qu'une soirée de cours.
Comme l’agence de voyages où il avait pris son billet avait fait les choses correctement,
son billet était assorti d'une assurance par laquelle il a pu recevoir une somme certaine en dédommagement.
De quoi combler à ras bord, le trou occasionné dans son budget par l'annulation de la soirée de travail.
Wan Chu quant à elle, n’a pas eu le voyage de rêves qu’elle espérait.
Tout était bien parti en Italie avec son amoureux de mari, jusqu'au soir où, remontant vers la Suisse pour ensuite rejoindre Paris, ils ont pris une autoroute à contresens, de nuit, à cause de travaux mal indiqués.
Pas d’accident, mais une grosse amende, et des frais colossaux de rapatriement de la voiture, immobilisée en fourrière à Milan.
Sachant que l’agence marseillaise d’Avis avait laissé traîner les choses parce que « vous comprenez, ils ne parlent qu’italien et on comprend rien » (dixit le monsieur de l’agence que j’ai eu au téléphone), la facture a été tellement salée qu'ils ont dû recourir à un échéancier pour en venir à bout.
Une fin de séjour un peu moins heureuse que prévue, qui a durablement changé la vision de Wan Chu sur la belle Italie où s'était installée sa sœur.
Pour ce qui est des Chroniques,
Cheng Wei a posé les premières pierres de notre aventure de l’autre côté du monde en confirmant notre programmation à l’espace 281 de Weywuyin, le lieu qui avait accueilli « In wei » deux ans plus tôt.
Les pièces de la Weidancecompany seront les dernières à être jouées dans ce lieu.
En effet, la ville a décider de délaisser ces anciens baraquements militaires transformés en lieux culturels au profit d’un immense théâtre qui est quasiment prêt à accueillir de futurs spectacles.
(il y a une photo dans cet article-ci)
Nous jouerons les 13, 14 et 15 septembre et Cheng Wei enchaînera avec « the key » , la pièce qu'il crée en collaboration avec des hongkongais.
Il y travaille comme nous l'avions fait avec « In Wei ».
Je me demande ce que ça va donner ...
Nous savions qu’il fallait qu'Anaïs et moi soyons sur l’île au moins deux semaines avant.
Histoire de se replonger dans ce que nous avions dansé quatre mois plus tôt et de savourer la maturation de ce que nos corps en auraient fait.
J’ai décidé de partir comme d’habitude, dans la deuxième partie du mois de juillet.
Cela me laissait le temps de donner quelques cours en préparation au spectacle, de peaufiner la traduction des textes, de travailler avec le Mike taïwanais ... et d’apprécier le pays ...
Anaïs avait d’autres projets en France jusqu'à fin août.
En enchaînant le tout, cela la faisait arriver pile poil quinze jours avant.
On avancera toutes les danses où elle n'intervient pas avant qu’elle ne débarque et comme, de toute manière, c’est elle qui a la meilleure mémoire, tout devrait être prêt à temps.
Départ pour moi le 27 juillet,
pour Anaïs et William (qui était aussi de l’aventure) le 31 août.
Retour ensemble le lundi 17 septembre à minuit par l’habituel (du moins pour moi) Taipei-Amsterdam de la KLM pour enchaîner avec la rentrée des classes des écoles de danse françaises.
Rock'n roll mais jouable.
Pas de subvention cette année,
j’ai donc acheté les deux billets sur mes propres deniers.
Et d’ailleurs, je me suis lamentablement planté :
j’ai d’abord acheté mon voyage dès que j’ai été sûr de ma date
puis, quand Anaïs et William ont fixé la leur, j’ai acheté celui de la danseuse.
Sauf que,
au moment très précis où j’étais devant l’ordinateur pour finaliser l’achat,
mon téléphone a sonné ... c’était ma mère.
Vu que j’avais presque effectué toutes les démarches, j’ai tenté de finir l’opération tout en poursuivant la conversation téléphonique et hélas … j’ai dérapé.
Sur le premier écran des achats, on ne montre pas les correspondances.
J’ai vu : départ Marseille 9h35 arrivée Taipei 14h40.
Cela semblait être ce que j’avais acheté pour moi.
Mais non.
Le Marseille Amsterdam de 9h40 que j’avais prévu pour eux, est précédé d’un Marseille Roissy à 9h35.
En partant cinq petites minutes plus tôt, leur voyage était bien plus complexe :
ils transitaient d’abord par Roissy, puis par Amsterdam où il n’y avait qu’une petite heure pour la correspondance.
La petite heure qui peut se transformer en un tout petit paquet de minutes si le vol précédent a du retard.
Exactement ce que je voulais éviter.
Car si en général, les humains arrivent en courant un peu (ou beaucoup) à attraper le long courrier, les bagages eux, restent à Amsterdam et n’arrivent que par le vol du lendemain …
Dans le cas d’Anaïs et William, vu que le vol arrivait à Taipei dans l’après-midi, les bagages allaient passer une nuit dans l’aéroport de la capitale taïwanaise avant d’être transférés à Kaohsiung.
En résumé, si le vol de Roissy avait un quart d’heure de retard, les bagages de mes amis arriveraient le surlendemain de leur arrivée.
Évidemment, je me suis rendu compte de tout ça, une fois que mon numéro de carte bleue était loin dans les machines KLM.
Il ne restait plus qu’à croiser les doigts ...
Dommage, moi qui voulait leur offrir une après-midi à Amsterdam comme je l’avais fait pour Élise et Marie deux ans plus tôt.
J’ai quand même dit à Anaïs de tenter de modifier le billet, sait-on jamais …
À part le voyage, il fallait aussi penser au logement.
Pour Anaïs, on choisirait l’appartement en fonction de ce que je trouverais comme travail.
Si cela se passait comme les années précédentes, les cours et les stages me permettraient de payer sa location et la mienne.
En ce qui me concerne, je retournais à Zhongshan Road.
Le studio dans lequel j’ai déjà passé deux séjours.
En mon absence, c’est Cheng Wei qui l’ avait occupé.
Il l’a loué à l’année ce qui rend la location moins chère.
(une petite économie dans mon budget déjà serré)
Pendant mon séjour, il retournera chez ses parents.
Enfin, il ne retourne pas vivre avec eux mais avec sa sœur.
Je vous explique.
Ses parents ont deux appartements.
Ils vivent dans le plus ancien.
Dans l'autre, quasiment neuf, il y a deux chambres et pour l'instant c'est là que vit la sœur de Cheng Wei .
Il partagera donc sa vie pendant les sept semaines où je serai sur l'île.
Pour la version taïwanaise des Chroniques, il fallait réfléchir à tous les changements nécessaires.
Par exemple, mon intervention sur les scooters n’avait pas lieu d’être.
On allait quand même pas expliquer aux taïwanais à quel point ce moyen de transport était fondamental pour eux.
Il y avait aussi la démonstration de danse traditionnelle chinoise de Cheng Wei qui était nulle et non avenue.
Il fallait que je trouve d'autres intermèdes.
(peut-être les trouverai-je encore au dernier moment comme la dernière fois ?)
Mais avant tout ça, il y avait une tâche conséquente à accomplir :
traduire les textes.
Comme je ne parle pas plus mandarin que Cheng Wei parle français.
Nous avons eu recours à la langue intermédiaire, l’anglais, pour trouver un terrain commun de compréhension.
La première étape a donc été pour moi, de tout traduire dans une langue plus ou moins proche de celle de Shakespeare pour que mon collègue comprenne et traduise ou adapte le tout dans sa langue maternelle.
Pour ce faire, il a trouvé une aide précieuse : Jin Li.
Je l’avais rencontrée en début d’année,
le premier jour de mon séjour de printemps.
Elle était avec nous quand nous étions allés traîner dans les marchés du Nouvel An Chinois .
(d'ailleurs dans l'article, je n'avais pas pu vous dire comment elle s'appelait, maintenant vous savez)
Cette jeune femme élégante avait une maitrise en mandarin.
C’était un peu plus facile pour elle que pour mon collègue ...
Il a fallu en suite choisir qui allait reprendre le rôle de Mike.
Cheng Wei m'avait demandé à quel type d'acteur je pensais.
Je lui avais d'abord répondu de gagner au loto pour que l'on puisse emmener Mike et ne réfléchir qu’à comment on diffuserait la traduction mais comme c'était une solution pour le moins aléatoire, je lui ai dit de me faire plusieurs propositions.
Comme il n'a pas trouvé de cousin Germain asiatique à notre ami, il m'a proposé plusieurs acteurs et j'ai choisi le plus jeune.
En plus, il a, selon lui, une excellente mémoire.
Vu à quel point Cheng Wei ne s'était pas trompé en choisissant Wan Chu pour la première pièce que nous avons fait ensemble, je lui ai entièrement fait confiance.
Les voyages,
les logements,
l'adaptation de la pièce,
tout avait l'air sous contrôle.
La version française des Chroniques pouvait laisser sa place à sa sœur taïwanaise,
dont voici l'affiche :




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