26/01/18 - Pavillon Noir - Jour 8 (2) - finir le prologue
Avancer avec Anais,
réviser tout,
finir le prologue,
et retourner se coucher.
(il y a de grandes chances que vous ne suiviez pas toutes mes élucubrations,
si vous n'avez pas lu l'article précédent
qui est juste ici)
Vendredi 26 janvier,
Midi.
Anaïs me rejoint dans le studio Bagouet.
Elle m’aperçoit dans le miroir, calé entre mes blocs de mousse et mon banc,
et sourit :
« ça va ?
- ça va ...
- le genou ?
- état stationnaire ... j’ai mis de la glace hier »
Silence
« en fait, je suis vraiment fatigué ... »
Son regard s’assombrit.
(je crois que je ne lui ai vu ce regard que deux fois dans ma vie)
« … mais ça va ! ... je ne vais quand même pas me laisser envahir par un genou bancal et une hanche endolorie !? »
Elle rit.
Je finis d’écrire pendant qu’elle se change et qu’elle se chauffe.
On attaque par le prologue.
Tout est un peu flou.
Moins pour elle que pour moi.
À son grand désespoir, on visionne la vidéo de mercredi,
(il faudra qu'elle bosse un jour sur l'acceptation de son image filmée ...)
et on reprend le filage de ce que l’on sait.
Sa propre exigence et ma mémoire défaillante s’entendent bien.
Le temps qu’elle soit à peu près contente d’elle, je me souviens de tout.
Parfait timing.
On passe à la suite.
Je lui explique l’organisation de la dernière partie.
Deux nouvelles phrases à apprendre.
Je sens une pointe de désespoir dans son regard.
« mais tu n’en apprends qu’une ! »
(je n’en suis pas bien sûr mais il faut que je la rassure)
Les filles commencent par la deuxième phrase que j’ai créée il y a maintenant dix jours,
en réponse nous faisons l’autre,
puis nous dansons ensemble les deux phrases.
Là, Mike entrera sur scène pour faire une traversée,
les deux garçons le suivront pendant que les filles reprennent leur première phrase.
« ah ben du coup, il faut aussi que tu apprennes la première phrase … pardon .. désolé »
elle commence à saturer mais ça la fait quand même rire.
On tente.
Je me trompe plusieurs fois dans mes explications, dans les comptes,
je change d’avis sur les départs,
Anaïs fait ce qu’elle peut pour comprendre.
Je n’arrive pas à être plus clair et j’en suis tellement désolé.
En plus, évidemment, le danseur Claude Aymon, qui n’est pas en meilleur état que le chorégraphe et le répétiteur, se plante magistralement quand il danse ce qu’il vient d’être transmis à sa collègue.
Je sens que l’on rame un peu mais je ne peux pas faire mieux.
Au bout de moult atermoiements, ordres et contre-ordres, essais plus ou moins fructueux,
on réussit à faire cette nouvelle partie, jusqu’aux deux mesures de pause où Mike rentrera sur scène en dansant.
(vous n’imaginez pas à quel point je me languis ce moment)
Dans mes calculs, la traversée des garçons devrait correspondre pile poil à l’arrivée des filles à l’avant-scène cour
ce qui nous permettra de reprendre tous ensemble la phrase de sortie.
Je sens déjà qu’en fonction de la taille des scènes, on va avoir des surprises
mais je décide de ne pas y penser pour le moment.
Créer une version originale est une première étape.
On adaptera le moment venu.
Voilà, cette fois-ci, le prologue est concrètement fini.
J’installe la caméra.
On filme juste la partie où nous sommes tous debout,
juste pour que je puisse me rendre compte.
Pour la première prise, on garde la « face » au miroir.
(alors en français correct, la face c’est l’endroit où est le public)
On a répété dans cette direction
et je sais qu’avec le temps gris, la lumière est la plus intéressante dans ce sens là.
C'est ce que vous avez pu voir sur la vidéo de l’impro de ce matin par exemple.
Je jette un oeil dans l’appareil.
Hélas, beaucoup de choses se passent sur les côtés et à l’avant de la scène.
Elles sont hors champ.
J’annonce la pas très bonne nouvelle à Anaïs.
On pivote tout d’un quart de tour,
face au sud.
Nous aurons le plateau d’Entremont pour le décor.
La lumière est bien moins jolie.
Nous sommes souvent en contrejour.
Mais ça ira pour la mémoire.
De toute manière, nous serons dans le même studio lundi.
Une belle occasion de tout filmer à nouveau.
Avec un peu de chance, je serai moins fatigué et il fera plus beau.
C’est bien mieux de travailler dans ce sens,
cela me forcera à ne plus copier dans le miroir ...
On revoit toutes les variations pour être sûr des directions
et on fait autant de prises qu'il faut pour que être à peu près content de ce que l'on a fait.
(bon, pour Anaïs ça n’arrive jamais)
Le duo au parapluie.
Ma tête est aussi défaillante que mon genou.
D’autant que comme je ne danserai pas ce duo, ma mémoire s’est mis au service plus que minimum.
Comme pour le prologue, l’exigence d’Anaïs me sauve.
Le temps qu’elle soit contente d’elle, je me souviens de tout ce que Cheng Wei fera.
À chaque filage, je l’arrête avant la dernière remontée vers le fond
pour qu’elle ne gaspille pas d’énergie à refaire cette phrase
qui sera plus facile à danser quand son vrai partenaire sera là.
Quand tout se déroule sans faille, je la laisse continuer :
« de là, on peut enchainer avec Cijin ... mais je ne t’ai pas expliqué quand tu rentres
- si si, au second « bom », j’attaque du pied droit »
Dans ce cas ...
On continue ...
Et ça marche.
14h45.
Dans ma tête, je suis prêt à partir.
Je récapitule ce qu’on a revu :
« le prologue ... le duo au parapluie ... Cijin ... l’enchaînement des deux ...
je crois qu’on a tout fait !
- on n’a pas tenté le prologue depuis le début »
Elle a raison, on n’a repris que de la partie debout.
Avec le peu d’énergie et de concentration qui me reste, je cale la musique.
On file à partir des entrées,
sans souci majeur.
Heureusement ...
14h55.
On arrête.
Enfin.
Pour grappiller quelques dizaines de mètres, nous sortons par l’autre côté.
Et comme vous, Anaïs découvre l’autre sortie du bâtiment.
En fait, il y a deux entrées dans les étages supérieurs de ce cube.
La principale, où je croise Estelle (mais pas que) le matin,
et une autre, principalement pour les danseurs,
située sur la même face du bâtiment dans l’angle opposé.
En sortant par là, on est toujours sur l’avenue Mozart
mais un tout petit peu plus près de l’hôtel Renaissance.
Quelques dizaines de mètres en moins donc
qui ont toute leur valeur en ce jour où en terme d’énergie, je puise dans les réserves.
On descend la volée d’escaliers,
comme je l’avais fait avec Nadia et Marie
quand nous avions présenté « apporter sa part de soleil » à la commission DRAC.
Je l’avais aussi fait seul pour danser un extrait de « Correspondance(S) »
(si vous ne savez pas de quoi je parle, c’est que vous n’avez pas lu l’article précédent)
Souvenirs toujours.
Je raconte à Anaïs quelques anecdotes de mon passage devant cette commission.
Avec cette sale manie d’avoir des oreilles partout,
et quelques petites phrases distillées par les uns et les autres,
ces présentations de travail en cours ou à venir devant un comité d’experts ont complètement changé ma vision quant au moyen d’obtenir des soutiens,
et de sa corrélation (ou non ...) avec la qualité du travail présenté.
15h20.
Je dépose Anaïs chez elle et elle m’en remercie.
Comme hier soir après le dernier cours, je lui dis :
« à demain »
En arrivant chez moi, je mange deux assiettes de soupes en buvant une bière.
Le houblon, c’est bon pour les muscles, m’a t-on dit un jour.
On n’aurait jamais dû.
Avant de me lancer dans la relecture d’un article, je décide de faire une « petite » sieste.
Il est 20h quand j’émerge à nouveau.
Pas de relecture aujourd’hui.
Quelques jeux,
une autre assiette de soupe,
avec Mac Gyver nouvelle génération à la télévision en guise de fond sonore,
je rédige ce que je viens juste de vous raconter.
Je tente ensuite de m’intéresser pour de bon à la série télévisée,
mais elle n’est pas assez captivante pour garder mon attention.
Extinction des feux moins tardive que j’aimerais.
Le week-end devra être calme.
Sinon je ne tiendrai pas jusqu’au 16 février.
Il reste juste un cours à donner demain.
Ça devrait aller.
réviser tout,
finir le prologue,
et retourner se coucher.
si vous n'avez pas lu l'article précédent
qui est juste ici)
Vendredi 26 janvier,
Midi.
Anaïs me rejoint dans le studio Bagouet.
Elle m’aperçoit dans le miroir, calé entre mes blocs de mousse et mon banc,
et sourit :
« ça va ?
- ça va ...
- le genou ?
- état stationnaire ... j’ai mis de la glace hier »
Silence
« en fait, je suis vraiment fatigué ... »
Son regard s’assombrit.
(je crois que je ne lui ai vu ce regard que deux fois dans ma vie)
« … mais ça va ! ... je ne vais quand même pas me laisser envahir par un genou bancal et une hanche endolorie !? »
Elle rit.
Je finis d’écrire pendant qu’elle se change et qu’elle se chauffe.
On attaque par le prologue.
Tout est un peu flou.
Moins pour elle que pour moi.
À son grand désespoir, on visionne la vidéo de mercredi,
(il faudra qu'elle bosse un jour sur l'acceptation de son image filmée ...)
et on reprend le filage de ce que l’on sait.
Sa propre exigence et ma mémoire défaillante s’entendent bien.
Le temps qu’elle soit à peu près contente d’elle, je me souviens de tout.
Parfait timing.
On passe à la suite.
Je lui explique l’organisation de la dernière partie.
Deux nouvelles phrases à apprendre.
Je sens une pointe de désespoir dans son regard.
« mais tu n’en apprends qu’une ! »
(je n’en suis pas bien sûr mais il faut que je la rassure)
Les filles commencent par la deuxième phrase que j’ai créée il y a maintenant dix jours,
en réponse nous faisons l’autre,
puis nous dansons ensemble les deux phrases.
Là, Mike entrera sur scène pour faire une traversée,
les deux garçons le suivront pendant que les filles reprennent leur première phrase.
« ah ben du coup, il faut aussi que tu apprennes la première phrase … pardon .. désolé »
elle commence à saturer mais ça la fait quand même rire.
On tente.
Je me trompe plusieurs fois dans mes explications, dans les comptes,
je change d’avis sur les départs,
Anaïs fait ce qu’elle peut pour comprendre.
Je n’arrive pas à être plus clair et j’en suis tellement désolé.
En plus, évidemment, le danseur Claude Aymon, qui n’est pas en meilleur état que le chorégraphe et le répétiteur, se plante magistralement quand il danse ce qu’il vient d’être transmis à sa collègue.
Je sens que l’on rame un peu mais je ne peux pas faire mieux.
Au bout de moult atermoiements, ordres et contre-ordres, essais plus ou moins fructueux,
on réussit à faire cette nouvelle partie, jusqu’aux deux mesures de pause où Mike rentrera sur scène en dansant.
(vous n’imaginez pas à quel point je me languis ce moment)
Dans mes calculs, la traversée des garçons devrait correspondre pile poil à l’arrivée des filles à l’avant-scène cour
ce qui nous permettra de reprendre tous ensemble la phrase de sortie.
Je sens déjà qu’en fonction de la taille des scènes, on va avoir des surprises
mais je décide de ne pas y penser pour le moment.
Créer une version originale est une première étape.
On adaptera le moment venu.
Voilà, cette fois-ci, le prologue est concrètement fini.
J’installe la caméra.
On filme juste la partie où nous sommes tous debout,
juste pour que je puisse me rendre compte.
Pour la première prise, on garde la « face » au miroir.
(alors en français correct, la face c’est l’endroit où est le public)
On a répété dans cette direction
et je sais qu’avec le temps gris, la lumière est la plus intéressante dans ce sens là.
C'est ce que vous avez pu voir sur la vidéo de l’impro de ce matin par exemple.
Je jette un oeil dans l’appareil.
Hélas, beaucoup de choses se passent sur les côtés et à l’avant de la scène.
Elles sont hors champ.
J’annonce la pas très bonne nouvelle à Anaïs.
On pivote tout d’un quart de tour,
face au sud.
Nous aurons le plateau d’Entremont pour le décor.
La lumière est bien moins jolie.
Nous sommes souvent en contrejour.
Mais ça ira pour la mémoire.
De toute manière, nous serons dans le même studio lundi.
Une belle occasion de tout filmer à nouveau.
Avec un peu de chance, je serai moins fatigué et il fera plus beau.
cela me forcera à ne plus copier dans le miroir ...
On revoit toutes les variations pour être sûr des directions
et on fait autant de prises qu'il faut pour que être à peu près content de ce que l'on a fait.
(bon, pour Anaïs ça n’arrive jamais)
Le duo au parapluie.
Ma tête est aussi défaillante que mon genou.
D’autant que comme je ne danserai pas ce duo, ma mémoire s’est mis au service plus que minimum.
Comme pour le prologue, l’exigence d’Anaïs me sauve.
Le temps qu’elle soit contente d’elle, je me souviens de tout ce que Cheng Wei fera.
À chaque filage, je l’arrête avant la dernière remontée vers le fond
pour qu’elle ne gaspille pas d’énergie à refaire cette phrase
qui sera plus facile à danser quand son vrai partenaire sera là.
Quand tout se déroule sans faille, je la laisse continuer :
« de là, on peut enchainer avec Cijin ... mais je ne t’ai pas expliqué quand tu rentres
- si si, au second « bom », j’attaque du pied droit »
Dans ce cas ...
On continue ...
Et ça marche.
14h45.
Dans ma tête, je suis prêt à partir.
Je récapitule ce qu’on a revu :
« le prologue ... le duo au parapluie ... Cijin ... l’enchaînement des deux ...
je crois qu’on a tout fait !
- on n’a pas tenté le prologue depuis le début »
Elle a raison, on n’a repris que de la partie debout.
Avec le peu d’énergie et de concentration qui me reste, je cale la musique.
On file à partir des entrées,
sans souci majeur.
Heureusement ...
14h55.
On arrête.
Enfin.
Pour grappiller quelques dizaines de mètres, nous sortons par l’autre côté.
Et comme vous, Anaïs découvre l’autre sortie du bâtiment.
En fait, il y a deux entrées dans les étages supérieurs de ce cube.
La principale, où je croise Estelle (mais pas que) le matin,
et une autre, principalement pour les danseurs,
située sur la même face du bâtiment dans l’angle opposé.
En sortant par là, on est toujours sur l’avenue Mozart
mais un tout petit peu plus près de l’hôtel Renaissance.
Quelques dizaines de mètres en moins donc
qui ont toute leur valeur en ce jour où en terme d’énergie, je puise dans les réserves.
On descend la volée d’escaliers,
comme je l’avais fait avec Nadia et Marie
quand nous avions présenté « apporter sa part de soleil » à la commission DRAC.
Je l’avais aussi fait seul pour danser un extrait de « Correspondance(S) »
(si vous ne savez pas de quoi je parle, c’est que vous n’avez pas lu l’article précédent)
Souvenirs toujours.
Je raconte à Anaïs quelques anecdotes de mon passage devant cette commission.
Avec cette sale manie d’avoir des oreilles partout,
et quelques petites phrases distillées par les uns et les autres,
ces présentations de travail en cours ou à venir devant un comité d’experts ont complètement changé ma vision quant au moyen d’obtenir des soutiens,
et de sa corrélation (ou non ...) avec la qualité du travail présenté.
15h20.
Je dépose Anaïs chez elle et elle m’en remercie.
Comme hier soir après le dernier cours, je lui dis :
« à demain »
En arrivant chez moi, je mange deux assiettes de soupes en buvant une bière.
Le houblon, c’est bon pour les muscles, m’a t-on dit un jour.
On n’aurait jamais dû.
Avant de me lancer dans la relecture d’un article, je décide de faire une « petite » sieste.
Il est 20h quand j’émerge à nouveau.
Pas de relecture aujourd’hui.
Quelques jeux,
une autre assiette de soupe,
avec Mac Gyver nouvelle génération à la télévision en guise de fond sonore,
je rédige ce que je viens juste de vous raconter.
Je tente ensuite de m’intéresser pour de bon à la série télévisée,
mais elle n’est pas assez captivante pour garder mon attention.
Extinction des feux moins tardive que j’aimerais.
Le week-end devra être calme.
Sinon je ne tiendrai pas jusqu’au 16 février.
Il reste juste un cours à donner demain.
Ça devrait aller.



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