30/01 - 05/02/18 - une semaine sans voir le Pavillon

Hommage aux Sabines
et charmant détour chez les Belges,
une autre répétition avec Anaïs,
et un semblant de repos.













Mardi 30 janvier

Semaine particulière.

Le rythme de croisière, bien que parfois douloureux, d’artiste en création pris ces derniers temps
s’arrête momentanément.
Il n’y a plus de studios disponibles au Pavillon Noir.
(le trimestre dernier j’avais vaguement envisagé de faire une tentative à KLAP pour pouvoir continuer sur la lancée, mais tout allait trop bien pour prendre le risque d’une énième porte claquée en plein visage)

Je vais donc ralentir la cadence,
me reposer un peu et m’occuper de mes chers élèves
(d’autant qu’à travers eux, plus ou moins consciemment, je vais probablement continuer de faire mûrir la création).
Ils ont besoin d’une nouvelle musique.
Celle de « la traversée » qui leur plait beaucoup, a fait son temps.
Et puis, égoïstement, je l’ai trop écoutée.
Il faudrait voir à ce que je ne m’en dégoûte pas.

Un nombre conséquent d’heures devant l’écran d’un des ordinateurs est à prévoir :
il faut que je rattrape le retard dans le récit de cette histoire,
(vous avez été nombreux à réagir sur mon idée de publier le texte ... je vous en remercie ! ...
Non je plaisante, aucune proposition n’est arrivée mais je m’en doutais ...
On ne pourra pas dire que je n'ai pas essayé)
À propos du blog, nous avons eu une vague de visites du Canada :
quand j’ai mis Anaïs à la une, ces anciennes camarades de jeu outre atlantiques se sont intéressées à l’aventure.
Notamment Sabine Auriol, une française,
qui a dansé avec moi avant de quitter Marseille pour Montréal, via Paris.
Sans elle, je ne sais pas avec qui je danserais aujourd’hui.


Il faut aussi que je prenne le temps de regarder calmement les vidéos,
et que je secoue un peu l’arbre taïwanais bien silencieux ...
Aucune nouvelle de Su Ling,
très peu de mes deux collègues,
je sais qu’ils sont en création,
une raison assez prenante pour que je ne m’inquiète pas tout de suite.

Même sans sueur, sans courbatures et sans doutes,
les « chroniques » continuent à vivre,
autrement.
Mais d'ici là, je pars en Belgique, le temps d'un week-end.

Premier jury de concours de l’année
où le niveau est monté d’années en années,
organisé par une équipe pour laquelle j’ai beaucoup d’affection
(l’accueil des Belges, c’est quand même quelque chose !).

Je me souviens de la manière dont j’ai été approché pour faire partie de ce jury :
j’étais à Biarritz pour un autre concours.
À une pause, je descends de la Gare du Midi en direction de l’océan,
l’œil avide de tout ce qui pouvait ne pas être en rapport avec la danse de près ou de loin.
Au bout d’un moment, je me sens suivi.
Deux jeunes femmes,
que j’avais croisées au théâtre.

Ok.
Elles vont sûrement me demander mon avis sur des candidats.
Autant s’en débarrasser.
J’espère juste que ça ne sera pas des cas trop complexes.
Je vais donc à la rencontre des deux jeunes femmes,
Sabine et Aline.
Deux belges.
Elles me filaient maladroitement pour me demander si ça m’intéresserait de participer à leur concours.
Sachant que dans les candidats que je venais de voir, la Belgique avait été magistralement représentée,
et que l’on sentait que c’était la même école,
j’ai accepté avec autant de plaisir que d’intérêt.
C’était il y a presque dix ans.

Depuis, Sabine Bernimont, celle qui a eu la totale inconscience de se lancer dans l’aventure dantesque
dont relève l’organisation d’un concours, m’a invité quasiment tous les ans.
Je n’ai refusé qu’une seule fois,
en 2011,
je dansais en Finlande au même moment.


Samedi et dimanche prochain,
les 3 et 4 février,
j’allais donc m’enfermer dans un théâtre à Charleroi,
et voir défiler devant moi des danseurs qui font des choses que je n’ai jamais faites à leur âge
(ni plus tard d'ailleurs, en tous cas pour certains d’entre eux)
sur fond de bières, de fous rires et de questionnements sur ce que la danse amateur devient.

Cette année, pour rejoindre la Belgique, j’ai choisi l’avion.
Un billet qui coutait aussi cher que le train en prenant autant de temps,
qui me permettait d’accumuler des miles sur ma carte Flying Blue.
en gagnant même au retour, quelques précieuses heures de sommeil par rapport aux options habituelles de voyage.
J’ai hérité d’un billet hybride pour l’aller :
en avion jusqu’à Amsterdam, pour faire demi-tour en Thalys jusqu’à Bruxelles.
Alors que je jetais un oeil sur le site Air France pour voir si je pouvais m’enregistrer,
on m’indiquait une possibilité de surclassement.
Je clique.
Impossible de le faire sur Internet, il faut contacter le service par téléphone.
J’appelle donc madame « flying blue »
qui, de manière peu affable, me dit que j’aurais dû me réveiller plus tôt pour réclamer la chose.
J’ai eu envie de lui dire que ça n’avait pas été dans mes priorités,
et surtout qu’avec un sourire dans la voix, j’aurais peut-être raccroché heureux de ne pas être surclassé,
et puis j’ai laissé tomber.
Il y a définitivement quelque chose à faire autour de la définition du mot « accueil » dans cette partie du monde.
Surtout quand ce concept intervient après une autre situation
que beaucoup d’entre nous connaissent quand on doit joindre un service en relation avec la clientèle :
l’attente.

Bref,
je n’ai pas été surclassé.
Mais ça m’a donné un avant-goût de ce qui pourrait m’arriver dans …
quinze jours ...


Avec la nouvelle musique pondue mardi, j’ai testé sur mes élèves l’une de mes impros du matin.
La plus courte.
Autre atmosphère,
un rythme un peu plus rapide que ce que je l’avais fait à l’origine
(que certaines danseuses ont pourtant trouvé très lent).
J’ai décliné cette danse en plusieurs degrés de difficulté et Anaïs l’a appris par la même occasion.
Étonnant de voir ce que ça donne sur elle.
Ça serait peut-être intéressant pour un duo avec Wan Chu.

Mon genou ne m’a rien dit de bon.
J’ai utilisé une certaine dose d’énergie pour ne pas le montrer aux élèves.

Mercredi,
le jour de mes 50 ans et demi
(j’aurais presque pu les fêter),
je me suis senti beaucoup mieux
mais une série d’insomnies m’a remis sur les rails de la fatigue,
une autre,
de celles que je maitrise mieux,
mais qui me demande aussi de l’énergie pour rester dynamique et positif au contact des autres.

Sans retourner au Pavillon, j’ai quand même passé une autre après-midi avec Anaïs.
Sur le planning, j’avais ajouté cette date hypothétiquement,
au cas où nous n’aurions pas bouclé tout ce qui était bouclable,
mais quand j’ai demandé à ma partenaire vendredi dernier, le caractère hypothétique de l’action avait disparu.
J’ai obtempéré.

Nous sommes allés répéter à La Ciotat,
aux studios Backstage,
là-même où nous allons le mercredi.
Caroline me laisse occuper la salle dès qu’elle est disponible
(je ne la remercierai jamais assez)
et je mets chaque année un point d’honneur à partager avec les élèves
un extrait de la pièce que j’ai répété dans ses studios.

Rendez-vous à 13h30.
Cela nous laisse trois heures.

La salle était un peu fraîche quand nous sommes arrivés
alors Anais a proposé de commencer par la traversée pour se réchauffer
(cela m’a changé du classique « comme tu veux » qu’elle me répond habituellement
quand je lui demande quelle chorégraphie nous révisons en premier).
Dans la foulée, elle a fait le duo.
C’est la partie suivante dans la pièce.
Cela lui a permis de voir comment changer d’état ..
et là, changement il y a ..
vraiment.
On est ensuite revenu sur le prologue, puis dans la phrase de l’épilogue.
Tout était remémoré aux alentours de 16h.
Inutile de vous dire que comme à l’accoutumée, j’ai eu des trous de mémoire,
bien plus que ma collègue, qui n’a pas été contente d’elle.
La routine quoi ...

Quant à la Belgique,
beaucoup de boulot,
de très belles choses.
Notamment une école flamande qui arrive à mettre des adolescents dans des états de corps au delà du remarquable.
L’arrivée de « chorégraphies » façon télé-crochets américains
où des acrobaties gymniques et des virtuosités académiques (ah ... les tours « seconde »)
semblent avoir été promues au rang de fondamentaux des danses jazz et contemporaines,
m’ont un peu gâché le plaisir.
Dommage.
(Là, les béotiens n’ont pas tout compris ... et ça n’est pas très important pour la vie de tous les jours)


Cette photo, avec Sabine Bernimont à ma droite, a été prise au grand moment de l’annonce des résultats,
où nous avons eu la belle surprise,
de revoir d’anciens candidats venir nous saluer.
Je crois que je n’ai vu ça qu’ici.


Je suis rentré lundi matin.
Par l’aéroport de Zaventem dont j’avais un excellent souvenir.
Les choses ont un peu changé.
On sent nos belges « sur les dents » suite à la série d’attentats.


Des bouteilles mises à disposition juste avant l’embarquement.
Elles sont en libre service.
Il y a une fente pour mettre un euro.
Pas sûr que cela fonctionnerait en France …

J’ai voyagé à côté d’un hollandais (ou d’un belge néerlandophone, je ne sais pas faire la différence)
qui, très jovial, a tenté de faire la conversation,
un peu compliqué.
Pas de correspondance ratée malgré un petit retard au décollage,
je suis arrivé en milieu d’après-midi et je n’ai pas fait grand chose
à part relire et publier un article.

Un message de Silvia Caramana, de la ville de Gardanne, dans Messenger,
elle ne trouve plus mon mail pour m’envoyer le contrat,
je lui renvoie.
Les chroniques sur scène se précisent …












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