01/09/18 - 2 - Taiwan été 2018 - la création - Jour 7 (2) - Les valisent arrivent
Un dîner détendu
pour accueillir les valises
comme il se doit
J’émerge d’une petite sieste bien méritée.
Il ne faut pas trop que je tarde pour le coucher de soleil.
Douche rapide, je jette un coup d’œil à mes messages,
pas de nouvelles,
Anaïs, Jim, Wan Chu ... silence.
J’espère qu’ils ont bien reçu ma proposition de rendez-vous.
Comme on dit, pas de nouvelles, bonnes nouvelles,
mais j’aimerais quand même que l’on ne loupe pas le coucher de soleil.
Je jette un oeil vers le balcon,
le ciel est plus nuageux que quand j’ai quitté le studio.
Pas sûr que l’on voit quoi que ce soit se coucher, mais je crois que la balade sur le port vaudra quand-même le coup.
Je prépare mes affaires et me tient prêt.
17h30,
Anaïs me répond.
Ils seront à l’heure au rendez-vous sous les vitraux de Formosa boulevard.
Ils s’apprêtent à prendre le métro à Sizhiwan.
Non, là, ils ne seront pas à l’heure, ils seront en avance.
Je mets le turbo.
(enfin ... le turbo comme après une sieste que la douche n’a pas encore totalement effacé, avec un genou qui ne s'est pas totalement remis de ses émotions matinales)
Dans l’ascenseur, je leur envoie un message :
« restez dans le métro, changez juste de ligne et attendez-moi sur le quai direction Siaogang »
J’espère qu’ils le recevront à temps.
Il y a du wifi dans les rames, ça devrait le faire.
Je vais à Formosa à grandes enjambées.
Heureusement, j’ai presque tous les feux piétons au vert.
(c’est que l’on perd facilement trois-quatre minutes quand on est arrêté par deux feux rouges à ces grands carrefours)
Après le night market de Liouhe, je passe les premières entrées de métro sur Zhongshan.
Il n’y a que des escaliers.
Je préfère l’escalator de la sortie qui est sur le carrefour de Formosa, il donne directement sur la grande salle aux vitraux.
Me voilà sur la place.
(qui, vous vous souvenez, s'appelle Formosa Boulevard ! Je ne m'y ferai jamais je crois)
Les gargotes commencent à ouvrir pour accueillir ceux qui viendront bientôt y dîner.
Je descends l’escalator au pas de course
(cette fois-ci, je suis bien réveillé).
Le grand hall de correspondance de cette station de métro, avec son imposant poteau central irisé et ses vitraux magnifiques, est toujours aussi impressionnant.
Mais aucun touriste européen ne m'y attend.
Il n’y a plus qu’à espérer qu’ils aient reçu mon dernier message.
Je passe les barrières de contrôle.
Depuis l’escalator qui me descend au quai central où passent les rames, la vision des cheveux d’Anaïs, aussi rouges que la couleur de la ligne que l’on s’apprête à emprunter, me permet de retrouver une respiration tranquille.
Ils sont là.
C’est bien pratique cette chevelure.
Nous allons dans une direction qu’ils ne connaissent pas encore.
Je leur montre le nom de la station suivante :
Central Park,
ce qui nous fait bien-sûr sourire :
« c’est par là que l’on mange ce soir ! Hot pot ... votre premier ! Vous verrez ... »
Ils me racontent leur après-midi.
Après avoir déjeuné près d’un temple
(où Anaïs a pris des pieds de porc et William du poisson ... ils mangent vraiment de tout, c’est quelque chose !),
ils ont pris le ferry pour Cijin.
La traversée leur a bien plu.
Je suis à la fois très content, mais un peu triste car j’aurais bien aimé leur faire découvrir.
On est samedi, il devait y avoir beaucoup de monde.
Il faudra qu’on y retourne un jour plus calme.
Peut-être qu’ils le feront sans moi ...
Central Park est passé, les voix des dames du métro nous annoncent le prochain arrêt.
Sanduo shopping district.
On se prépare à descendre.
Le métro s'arrête, on suit le flot des taïwanais pour sortir de la rame et rejoindre la surface.
Juste avant de retrouver l'air libre, nous passons par l’entrée du centre commercial avec le cinéma tout en haut où j’étais allé avec Cheng Wei et Yung Hua.
Je raconte à mes amis que nous y avions vu un film dans une version « premium »
C’est à dire installés dans des moelleux et profonds canapés, où en début de séance, notre dîner nous avait été servi.
(je crois que je vous ai raconté tout ça ici)
On se retrouve dehors, sur Zhongshan road.
Mais 2nd road cette fois.
À la gare, c'est 1st road car on est plus au centre.
Je vous ai expliqué tout ça, il y a très longtemps dans un autre blog qui vous n'avez peut-être pas lu.
Les axes principaux sont des « road ».
Wu Fu, Bo Ai, Jianguo, Zhongshan, Zongzhen.
Comme elles sont vraiment longues et traversent toute la ville, elles ont aussi un nombre ordinal.
Pour les boulevards nord sud, il grandit plus on s'éloigne du centre.
Pour ceux qui leur sont perpendiculaires, il fait de même plus on s'éloigne de la mer, qui est à l'ouest.
Ainsi, à la gare centrale, trois grandes road se croisent : Jianguo 3st road, Zhongshan 1st road et Bo Ai 1st road.
Jianguo s'appelle déjà 3rd road en centre-ville car elle part de la mer à Gushan où s'appelle 1st road.
Zhongshan et Bo Ai démarrent de la gare, donc du centre, c'est pour ça qu'elles ne sont que 1st road à cet endroit-là.
Bo Ai est 3rd road quand on est près de la gare TGV au nord et Zhongshan est 2nd road vers Sanduo car on est plus au sud.
Vous n'avez rien compris ?
Pas bien grave.
Souvenez-vous qu'il y a des numéros ordinaux et que ça permet de se repérer dans la ville.
On est donc sur Zhongshan en direction du part.
Pour cela, on passe devant le Starbucks pour lequel mes amis montrent aussi peu d’engouement que moi,
et nous tournons à droite dans les allées arborées.
Ça me fait drôle de faire ce trajet accompagné.
J’avais emmené Élise à Sanduo lors de son premier séjour, mais nous n’avions pas eu le temps d’aller au port.
Il y avait bien trop de travail dans son séjour d’à peine plus de deux semaines.
De toute façon, maintenant que j’y pense, je ne connaissais pas encore l’endroit quand elle est venue.
Cheng Wei m’avait fait découvrir l’endroit cette année-là., quelques jours après son départ.
Le port, à l’époque, était moins ... « aménagé »
Il fallait aimer les ambiances industrielles.
Les odeurs de gasoil, de rouille, l’eau pas très propre.
Pas sûr que ça ait plu à Élise de toute façon.
Pendant que l’on se rapproche du port.
Le ciel devient jaune.
Un grand classique ici.
Il y avait cette même couleur le jour de mon anniversaire il y a deux ans.
Drôle de souvenir ...
Cette couleur de ciel donne au chemin vers le parc une atmosphère un peu étrange bien propice aux photos.
William ne s’en prive pas
(il prend son temps ... on dirait moi ! ça commence bien ce séjour décidément)
et je fais la même chose.
Nous arrivons un peu tard pour le coucher de soleil.
Il est déjà caché par les bâtiments de Cijin.
En plus, les nuages qui sont au large auraient sûrement gâché le spectacle du plongeon de la sphère rouge dans l’océan.
Mais l’ambiance animée de l’esplanade et la découverte du port ont l’air de conquérir mes hôtes.
Petite attraction ce soir.
Il y a un élevage de perroquets que l’on emmène en promenade.
Comme tous les badauds, on s’extasie des cris, des plumages, des vols en rase-mottes, des réactions des volatiles à ... à peu près tout ce qui est possible.
Et puis, on s’accoude au bastingage et on regarde le port.
Comme je l’ai fait si souvent ici, seul ou avec Cheng Wei.
On reste là, sans rien faire, jusqu’au crépuscule.
Même scénario que la veille dans un autre décor.
Cela confirme donc qu’ils sont donc des contemplatifs.
J’aime ça.
18h45,
la nuit s’installe.
On peut aller dîner.
Je prends des nouvelles de nos amis taïwanais.
Wan Chu et Jim seront en retard.
Cela m’étonne à peine, ils sont souvent les derniers arrivés quand on se retrouve tous pour dîner ou boire un verre.
On retrouve l’autre couple, Yung Hua et Cheng Wei, au carrefour de Zhongshan et Wu Fu.
J’envoie un message pour prévenir que l’on est en route et profite de l’occasion pour savoir ce qu’il en est des bagages de nos amis car ils devraient être livrés aujourd’hui :
« oui, oui, ils sont là, Yung Hua les amène en taxi »
Bonne nouvelle.
Nous reprenons le métro et nous arrêtons donc à la fameuse station étonnamment appelée Central Park.
(comment ils ont pu traduire le nom de la station comme ça ?
En même temps, elle dessert le grand parc qui est en plein centre-ville ... ça se tient …
Mais bon quand même ...
cela dit, on a bien un World Trade Center encore plus ridicule à Marseille alors ...)
Au carrefour du rendez-vous, on retrouve Cheng Wei.
Yung Hua ne va pas tarder.
Je m’apprête à expliquer un peu à mes amis touristes ce qu’il y a dans le quartier mais c’est inutile.
Ils ont déjà été briefés par le couple en retard.
Touristes ... ils commencent à ne plus l’être vraiment.
Ils y ont d’ailleurs acheté leurs premières fringues du cru, en attendant les valises ... qui justement, arrivent dans le taxi qui s’arrête devant nous.
Me voilà rassuré.
Maintenant, ils sont bel et bien là.
Ce dîner sera l’occasion de célébrer la chose.
Mon Dieu que la valise d’Anaïs est grosse.
J’en suis autant étonné que quand j’ai vu la taille du sac à dos d’Élise lors de son premier séjour.
C’était juste l’inverse.
Il était à peine plus grand que mon sac vert de tous les jours ...
Nous entrons dans le centre commercial et prenons l’escalator pour rejoindre le restaurant
(c’est marrant cette façon d’installer les restaurants dans les étages au milieu des boutiques)
Nous dînons donc d’un hot pot, que l’on peut traduire par fondue.
Un peu comme les shabu shabu japonais.
Alors le système est simple.
On choisit des bouillons.
Comme on est huit, on peut en prendre quatre.
Les légumes, les viandes, les nouilles et le riz sont à volonté.
Seule restriction : libérer la table dans 90 minutes.
Jouable.
(sauf peut-être pour Wan Chu et Jim ... ils se dépêcheront ... quoiqu’avec l’appétit d’oiseau de notre amie taïwanaise, il n’y aura plus que son amoureux de mari qui devra se dépêcher)
Ha Bao nous rejoint avant le dernier couple.
On choisit pour eux.
De toute façon, il n’y a pas énormément de choix pour les bouillons.
Et puis, c’est ce qu’on met dedans qui fait la différence.
Le dîner est vraiment agréable.
Ce soir, Yung Hua est en forme.
Moins rivée à son portable que d’habitude, elle rit volontiers et participe aux conversations.
Ha Bao tente de parler anglais alors qu'il n'a même pas bu d'alcool !
Wan Chu et Jim ont adopté le couple français, comme ils l’avaient fait avec Jennifer et Gaby il y a trois ans.
Les filles s’entendent déjà très bien et la complicité entre les deux pièces rapportées fait plaisir à voir.
Je ne m’occupe pas d’eux de la soirée.
Jim les emmène choisir les légumes, les condiments ... en fait, il continue son rôle de guide entamé dans l’après-midi.
L’accueil chez les taïwanais ...
Le seul à être un peu éteint, c’est Cheng Wei qui est assommé par des migraines, dues à un grand classique dans la vie du jeune homme : il est à jeun.
Beaucoup de rires autour de la tablée.
Peu de discussions de travail,
si ce n’est le fait que la billetterie démarre mal ...
il va falloir faire le forcing sur la promotion dans les quinze jours qui restent.
Ils sont encore moins bons que moi pour ça.
On verra bien.
Cela ne nous empêchera pas de danser pour ceux qui seront là de toute façon.
Pour le moment, on célèbre le plaisir d’être ensemble à nouveau ... avec les valises !
Finalement, nous restons au delà de notre heure et demie.
Probablement parce que c’est quasiment la fin de service.
Peut-être même aussi parce que l’équipe qui sert s’est rendu compte qu’il y avait des étrangers.
Tout le groupe se sépare au carrefour.
Je rentre en métro comme Wan Chu et Jim mais dans la direction opposée,
Cheng Wei commande un taxi pour Anaïs et William avant de rentrer en scooter avec Yung Hua.
Quant à Ha Bao, il va ... boire un petit whisky au « 300 » un nouveau lieu de perdition tenu par un ancien du Mini.
Il me demande si je veux l’accompagner (et je vois bien que Cheng Wei tend l’oreille)
mais la journée de demain est beaucoup trop chargée pour que je me lance dans une série de cocktails ce soir.
Je suis de retour à Zhongshan Road à 22h30.
Le temps de télécharger les images du jour, d’envoyer la photo à Nadia pour lui souhaiter un bel anniversaire
(d’autant que ce soir, en France, ils font la fête ... et que j’aurais dû être avec eux)
et je me couche heureux de cette journée aussi remplie que celle qui arrive.
J’espère qu’elle sera aussi jolie.
23h30.
Extinction des feux.
Au programme demain,
le stage comme aujourd’hui,
puis une répétition de tout partie par partie.
Il faut que je sois en forme.






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