13/02/18 - Pavillon Noir - Jour 12 - Le Lotus Pond et réviser en solitaire
pour accompagner une danse à créer,
rendre son danseur autonome,
se préparer mentalement au départ
5h30
Je savais que je n’aurais pas dû me coucher aussi tôt.
On va dire que c’est moins pire qu’une insomnie et qu’aujourd’hui, l’avenir m’appartient ?
Il me reste des Chelsea Buns de la boulangerie « chez Michel »
(des sortes de pains aux raisins enrichis de choses totalement indécentes, une tuerie)
Pas la peine d’attendre l’ouverture d’une des boulangeries.
Je petit déjeune tôt ... et bien.
Puisqu’il me reste pas mal de temps avant de partir à Aix,
je passe un certain temps devant l’écran,
à faire ce que j’aurais dû faire la veille.
Les vidéos vont de la caméra au MacBook,
je regarde,
ce que j’ai fait avec Anaïs me plait,
vivement que l’on soit tous réunis.
9h20.
La 107 quitte l’emplacement livraisons sur laquelle elle pouvait rester gratuitement vingt minutes à partir de 9h.
Je ne pouvais pas être plus dans les clous.
Circulation fluide dans la ville, comme sur l’autoroute,
9h55,
je suis garé avenue de Carthage.
C’est ce qu’on appelle bien commencer la journée.
En plus, il fait grand soleil.
Je descends ma vitre pour nettoyer une pipe,
il fait encore plus froid qu’à Marseille
(un grand classique entre ces deux villes).
Je reste encore un peu dans la voiture à ne pas faire grand chose
en savourant quand même de façon quasi malsaine,
le fait de voir les automobilistes chercher la place que j’ai déjà.
10h15.
Je retrouve le studio Bossatti.
Pour me mettre en « état » , à défaut que ça soit en route,
j’ai décidé que « La danseuse du Lotus Pond » m’accompagnerait.
Je n’ai pas cette musique dans ma tablette.
Bizarre.
Je vais sur Souncloud.
(où vous pouvez d’ailleurs retrouver beaucoup de mes bafouilles musicales)
et je lance en boucle la chose sur le serveur.
Internet, c'est plutôt une bonne chose parfois.
Inspection du corps,
RAS
à part la fatigue et les noeuds habituels.
Cette musique dont le nom est celui de l'étang au bord duquel, à l'entrée d'un temple,
j'ai entendu une mélodie qui m'a inspiré,
sera la base de celle qui accompagnera le solo de Wan Chu.
Je vais peut-être d'ailleurs la garder
ou alors je m’appuierai sur la rythmique pour faire autre chose.
On verra bien
(d’ailleurs, il va falloir que je vois vite … Taïwan c’est là … presque tout de suite).
Pour ce qui est de la danse, je créerai avec ce que la danseuse va nous dire.
Les quatre autres interprètes seront assis, dos au public
(oui, encore une fois, je sais),
et la rejoindront dans sa danse les uns après les autres.
Cette danse au sol doit donc être sobre pour ne pas parasiter ce qui se passera debout.
Puisque je suis au sol,
je réfléchis à ce que nous ferons pendant que la taïwanaise dansera.
Quelques idées me viennent,
il va falloir que je filme tout ça plus tard.
Comme je n’ai pas envie de me lancer dans quoique ce soit de dynamique,
je respecte très consciencieusement la promesse que j’ai faite à Gilian lundi,
le selfie au bonnet.
11h15,
je fais la barre,
complète !
Ça faisait longtemps.
Je remets « La danseuse du Lotus Pond » en boucle
et j’improvise dos à la caméra.
On verra bien.
12h15.
Je m’installe sur le canapé pour écrire deux ou trois choses avant la pause.
J’ai pris la caméra si jamais j’avais des velléités de visionnage de ce que je viens de faire.
Céline du service Relations avec les Publics arrive.
Elle vient installer le paper board pour le groupe de jeunes qu’elle va accueillir de 13h30 à 15h
des lycéens je crois :
« c’est déjà l’heure ?
- nooon, c’est dans trois quarts d’heure tu as le temps ?
- Trois quarts d’heure ? mais on m’avait dit 13h30 »
Elle regarde le planning.
« ah ben non, il y a une erreur, je commence à 13h »
me dit-elle gênée.
« pas grave ... je ferai ma pause tôt ... de toute façon je ne suis pas très inspiré alors ... »
Je range mes affaires et retourne profiter de la dernière demi-heure.
Florette arrive du studio du dessus où elle a pris son cours quotidien.
On parle un peu de sa nouvelle vie.
Elle danse dans le « Roméo et Juliette »:
« les comptes ...
quand je me couche, ils tournent en boucle dans ma tête »
Et on me demande pourquoi j’insiste tant pour que les élèves puissent danser sur des comptes.
Ça peut être utile semble t-il ...
Alors que la jeune danseuse part déjeuner,
Natalia, une des répétitrices de la compagnie, arrive du studio Bagouet avec deux danseurs.
Elle ouvre l’une des portes du studio Bossatti ...
Décidément, tout le monde veut y travailler aujourd’hui.
Je m’agite assez pour qu’elle comprenne.
« tu travailles ici ?
- et oui !
- pas de problème ...
- mais je crois que le studio Bagouet est libre jusqu’à 15h non?
(regard sur le planning devant la pore)
ah oui ... »
Elle repart au studio Bagouet,
moi au Bossatti,
en n’étant pas sûr d’avoir tout compris de ce qui venait de se jouer.
Nouvelle agitation sur la même musique,
je vais en avoir du matériel !
Je filme.
13h,
pause déjeuner.
Le classique soupe sandwich que je vais acheter dans le même snack près de la Rotonde.
Le froid s’est installé et le temps vire au gris clair.
Je remonte manger tout ça au foyer.
La soupe chinoise n’est pas terrible.
Il y a des tas de chaussures devant le studio.
Je finis mes notes sur le carnet noir.
Un monsieur en costume cravate traverse le foyer en me saluant.
Il va au studio Bagouet, ouvre la porte :
« ah, je suis le premier »
Je ne sais pas trop quoi lui répondre.
Peu après, d’autres personnes du même univers défilent,
et vont remplir le studio.
Il y a une réunion qui m’a l’air plutôt sérieuse.
Je croise l’inspectrice de la DRAC de la région.
Elle me demande ce que je fais.
Je lui parle de mon départ imminent.
« ah ben oui, pour ton projet ! »
Les autorités sont donc au courant.
Elle me présente à une dame,
je dis bonjour,
elle lui dit que je suis chorégraphe.
C’est vrai que j’aurais dû me présenter un peu mieux.
Je sais toujours aussi mal le faire.
14h30,
les lycéens quittent le studio Bossatti,
et croisent des danseurs de la compagnie qui viennent prendre leur pause.
Ça parle espagnol, russe ...
J’attends que tous les jeunes soient partis et je retourne m’enfermer dans le studio.
Opération révision.
Comme je m’en étais rendu compte hier,
je m’appuie beaucoup trop sur Anaïs dans ces chorégraphies de groupe.
Mes mouvements sont vraiment conditionnés par l’endroit où elle dans mon champ de vision.
Si c’est plutôt bien pour la cohésion de l’ensemble,
pour ma mémoire, c’est moyen moins.
Il faut vraiment que j’arrive à être autonome.
Je répète seul « le prologue » et « la traversée »,
jusqu’à ce que je puisse faire les phrases sans erreur et que les liaisons deviennent automatiques.
Et ma foi.
C’est long !
16h45.
Je suis vidé.
Je songe, une fois de plus, à partir plus tôt que prévu.
Mais les scrupules sont là.
Et le départ approche.
Je me remets au Lotus Pond après avoir pris le temps de regarder les impros du matin en guise de pause.
Je pioche ce qui me plait dans ce que je vois et retourne essayer une chose semi-fixée.
Forcément, la mémoire flanche.
Je pourrais lire une anti-sèche calée discrètement entre mes jambes, vu que je suis assis de dos,
mais ça, cela aurait possible avant que la presbytie m’ait attaqué ...
Alors je m’agite, en navigation aléatoire.
Mon cerveau hésite,
mon corps bafouille,
je refais,
encore et encore.
Je me rends compte que je me cale sur la rythmique de la musique,
alors que je vais certainement la modifier dans la nouvelle version que je vais faire pour Wan Chu.
Ça ne jouera peut-être plus.
On verra bien.
17h30.
J’arrête.
Remplissage du sac,
accumulation des couches,
mis en place du bonnet (l’ancien, celui de Gilian est trop léger pour ce froid),
je remonte l’avenue Mozart à petits pas,
comme hier et tant d’autres jours.
Le ciel est gris
aussi gris qu’il était bleu ce matin.
Des douleurs nouvelles sont apparues.
Je les espère somatiques.
Le départ approche,
la boule au ventre grandit.
J’ai le cerveau plein.
Des choses faites et de celles à faire.
Et à propos d’affaires, il va falloir que je me mette à remplir le grand sac noir.
Pas le temps de regarder mes agitations sur grand écran ce soir.
Mais d’ici là, je vais avoir le temps de me poser une heure avant le cours de 20h30.
C’est une idée que j’aime bien.




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