17/04/18 - Pavillon Noir - Jour 20 (1) - 1 - Les deux derniers textes pour Mike
danser un peu
quand Claude devient acteur
et Mike devient danseur
Je suis devant l’ordinateur.
Le rythme auquel j’ai décidé de m’astreindre la semaine dernière semble fonctionner.
Je publie un article ici, un de ceux qui n’ont pas été agréables à écrire,
et je jette un dernier coup d’œil sur le premier flyer, celui de notre intervention sétoise.
On n’a jamais été aussi concret.
Géant et flippant à la fois.
9h10,
je pars de la maison.
La voiture est garée sur une place livraison gratuite jusqu’à 9h20.
C’est bien pratique.
La route est tranquille, je suis dans le quartier derrière le Pavillon Noir à 9h50.
10h,
je trouve une place avenue Ferdinand de Lesseps.
C’est un peu loin, mais je ne vais pas prendre plus de temps pour rapprocher la voiture de la grande maison.
Mike y est déjà sûrement en train de m’attendre.
Je remonte l’avenue de Pérouse et tourne à droite sur l’avenue Mozart.
Le hall.
Je dis bonjour à Estelle.
Alors que je m’apprête à gravir les marches pour aller voir si mon collègue est déjà au studio,
je le vois à travers la vitre à la place où je fais ma pause déjeuner.
Il est au téléphone.
Il me voit.
Sacré Mike.
Je vais le rejoindre au soleil et allume une pipe le temps qu’il finisse sa conversation.
Il fait bon ce matin.
Il raccroche, range son portable et me dit bonjour, avec une mine que je ne lui connais pas.
Je prends mon élan et je lui demande si ça va,
pressentant quelque chose qui sera moins drôle que sa grimace d’il y a quelques minutes.
Effectivement, il est contrarié.
Une histoire semblable à celle que j’ai vécu dans la création précédente.
Le début de la fin d’une autre aventure :
« tu as eu « In Wei » ? C’est un peu ce que je vis maintenant »
Mon ami est énervé.
Mais surtout, il est malheureux.
Et forcément, cela me fait de la peine.
On parle encore un peu de tout ça dehors.
Ces histoires sont énergivores, chronophages,
elles génèrent tant de frustration.
Nous montons au studio Bossatti.
Avant de se mettre au travail, on parle planning.
Il m’annonce qu’il pourra être des nôtres dès la première expérience de partage avec le public,
pour l’aventure sétoise (dont je vais bien entendu vous parler … plus tard)
Qu’est-ce que ça fait du bien d’être entouré de gens positifs et disponibles,
quels que soient les événements qui peuvent bouleverser leur vie !
Au boulot !
Aujourd’hui, nous lisons les deux derniers textes.
Ceux que nous n’avons pas expérimenté la dernière fois.
Je dis « nous » car j’interviens dans ces deux parties.
Pour « les couchers de soleil », je ponctue le texte d’informations supplémentaires
sur ce que j’ai découvert de la vie taïwanaise,
dans « la déchirure », je joue mon propre rôle.
Ça ne va pas être simple.
Ce texte est triste.
Comme l’autre jour, nous reconstruisons les textes, les phrases, autrement que dans le blog
et nous revoyons la ponctuation.
Quand je pense qu’il va falloir que j’apprenne mon texte, je flippe.
Je n’ai jamais eu à faire ça jusque là.
J’ai déjà dit des textes des autres quand je travaillais dans d’autres compagnies,
mais jamais les miens.
Pour « la Septième Nuit » et « In Wei », où je parlais aussi sur scène,
je savais ce que je racontais, j’avais une structure de texte, mais je ne l’avais pas écrit.
Cela avait d’ailleurs été une des critiques de mon amie Agnès qui avait vu la première d’In Wei.
C’est pour ça que cette fois, j’avais décidé de tenter de tout écrire.
Et donc, il fallait que je respecte « l’auteur », que je « me » respecte.
Au fur et à mesure des lectures, je me suis quand même octroyé le droit de modifier la forme tant que le fond y était (être le patron, ça a des avantages …)
Il fallait juste que je respecte la dernière phrase pour que Mike puisse enchaîner.
Mais il y avait quelques moments que je voulais dire comme je les avais écrits.
Un nouveau challenge.
Comme pour la danse, nous travaillons les mots jusqu'à ce que cela nous paraisse correct.
Un bon rythme, des dialogues fluides,
une fois que l’on sent que tout est en place, on passe au mouvement : le sol des « filles d’ici ».
Là, je suis plus dans mon élément.
On ne fait que danser, je sais la partition (en principe !)
et si j’ai un doute, j’ai la vidéo de contrôle de ce que nous avons fait avec Anaïs.
On va assez vite.
Mike apprend rapidement et de toute façon, je l'ai mis à une place qui lui permettra de voir tous les danseurs,
pour se raccrocher à nous en cas de doute.
Comme en plus, il faudra que j’apprenne cette danse à Cheng Wei,
nous sommes plutôt confiants.
Je le ferai quand Mike sera là ce qui nous permettra d’être encore plus sûrs de ce que nous dansons.
Midi,
on fait une pause forcée.
Il y a un tournage dans le studio.
Nous partons nous aérer un peu et autour d’un café, nous nous racontons nos vies.
13h,
nous sommes de retour.
Et comme les précédents occupants, nous filmons tout ce que nous avons travaillé le matin :
« les couchers de soleil »
On danse aussi la fameuse phrase que tout le monde attend :
14h15,
Mike repart travailler à Marseille.
Un peu à contre-cœur .
Quant à moi, après avoir grignoté un sandwich en vitesse,
je m’attaque aux dernières chorégraphies.




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