11/09/18 - 1 - Taiwan été 2018 - la création - Jour 17 (1) - en route pour le théâtre
parce que la matinée fut agitée, et la suite aussi ...
retrouver Beï Ji,
et s'installer au 281
J’ouvre un oeil,
regarde le ciel,
prend une photo.
et je me rendors.
7h,
On en revient donc à un réveil à l’heure habituelle, mais il semble encore un peu plus rude que ces jours derniers.
La jolie balade d’hier a laissé des traces dans ce corps déjà bien endommagé.
Mon carnet me dit que le petit déjeuner est constitué de pâtisseries achetées à la nouvelle boulangerie sur Zhongshan Road près de Formosa,
ce qui veut dire qu’à un moment pendant le week-end, je me suis arrêté dans ce lieu de perdition.
À moins que ça ne soit en rentrant de la petite excursion ?
Nous ne le saurons jamais précisément.
Quoiqu’il en soit, ce petit déjeuner était constitué de biscuits aux raisins, et d’un gâteau au chocolat très moyen.
Voilà, vous savez tout.
Nous commençons donc la dernière semaine taïwanaise.
Celle où nous passerons la majeure partie de notre temps au théâtre.
Et dire que mardi prochain, nous serons rentrés ...
Pas trop le temps de penser.
Il ne faut pas que je traîne ce matin.
J’ai encore un film à finir.
Le tout premier.
Dans sa nouvelle version.
Vous ai-je expliqué que je voulais modifier la version française du prologue ?
Je ne sais plus.
Mais si c'est le cas, je suis presque sûr que vous avez oublié.
Donc explication :
quand nous avons joué en France, Mike commençait seul et la vidéo démarrait au fameux « il est 7h » .
Ici, je voulais que l’on commence directement par la voix de Mike, que Fred et Sylvain avaient enregistrée au théâtre des Chartreux.
Histoire que l'on entende un peu de langue française dans le spectacle et que l'on incorpore un peu de nos amis dans cette mouture taïwanaise.
Premier souci, il fallait rendre le texte compréhensible.
Un sous-titrage était donc nécessaire.
et comme un texte qui défile tout seul, devant une scène vide, c'est franchement pas terrible.
J'ai décidé d'ajouter des images.
(je me serai ennuyé sinon ..)
Le film était fait mais ... il fallait y intégrer le texte en mandarin.
8h,
je suis devant mon ordinateur.
Cheng Wei m’a envoyé le sous-titrage hier soir en rentrant de Fo Guan Shan.
(ah ! voilà ce que j’ai fait hier soir avant de me coucher)
J’ai le texte en français, en anglais, sa traduction en mandarin,
il ne me reste plus qu’à mettre les phrases au bon endroit.
Je me lance.
Comme j’ai expressément précisé à mon collègue de bien détailler le texte phrase par phrase
et que je peux aussi me repérer sur les quelques idéogrammes que je connais
(heure, Wan Chu, Cijin, Gushan), ou le chiffre 248,
cela ne se passe pas si mal … mais Dieu que c’est long.
En fait ça ne l’est pas vraiment compte tenu de l’âge de ma machine et du temps que je prends pour déchiffrer
mais à quelques minutes de mon heure de départ, vous imaginez bien que j’aimerais que tout soit fait dans les deux secondes qui suivent le moment où je sais quelle phrase va sous quelle image.
J’essaie de rester calme, dissipant les doutes qui apparaissent de temps en temps quand une phrase me paraît un peu longue, ou un peu courte.
L’autre texte de la pièce, les fameux « couchers de soleil », nous a appris que le passage du français au mandarin offrait bien des surprises à ce sujet.
Il n’y a juste qu’à rester confiant.
Au pire, j’aurai tout à refaire ...
J’avance, méthodiquement, paragraphe par paragraphe, en éditant la vidéo à chaque étape au cas où mon ordinateur chaufferait de trop, essayant de ne pas me laisser stresser par le temps qui avance, le nez dans le guidon bloqué sur mon objectif, avoir fini le film avant de partir.
9h,
voyant l’heure de mon départ bien trop proche pour que j’aie fini à temps, j’envoie un message aux filles pour annoncer dix minutes de retard.
C’est qu’aujourd’hui, puisque nous allons au théâtre, Anaïs ne peut pas aller à la répétition toute seule,
fini Fongshan, ses petites rues, et le studio près du salon de coiffure.
Aujourd’hui c’est Weywuyin, et la traversée du parc.
Un trajet que mon amie française ne connaît pas encore.
Le message envoyé, je me replonge dans la fabrication de la vidéo.
Je suis aux trois-quarts de ma progression quand je me rends compte,
qu’il y a trois phrases qui ne sont pas traduites.
Je vérifie à deux fois, à trois fois, espère m’être trompé dans mes déductions,
hélas, le texte est bel et bien incomplet.
Tant pis.
J’irai donc au théâtre avec l’ordinateur.
J’avance le plus possible et me résous à partir.
9h20,
je prépare mes affaires.
Je n’ai presque plus de fringues propres.
Ça sent le retour.
Il faudra quand-même que je fasse une dernière lessive ce soir.
9h45,
je suis dans l’ascenseur.
Et je me rends compte que j’ai oublié le parapluie pour le duo,
je remonte en catastrophe.
9h50,
je suis sur Zhongshan road,
prêt à rejoindre du pas le plus rapide possible Formosa Boulevard.
Je slalome entre les vieux sous l’alcôve, puis me décale sur le trottoir à l’air libre.
Il y a moins de monde.
J’entends un bus.
C’est un 248.
Je monte dedans sans regarder où il va.
Si sa destination est Gushan, je m’arrêterai au métro, si c'est Fongshan, je resterai jusqu’à Weywuyin.
J’entends le bip qui accompagne le clignotant,
(oui ici on a ça dans les bus)
je vois la flèche gauche qui s'allume par intermittence,
(on a ça aussi)
c'est bon, il va à Fongshan, je peux rester dans le bus jusqu’au théâtre.
Moi qui me suis toujours demandé à quoi cela pouvait bien servir que nous les voyageurs soyons informés du moment où le chauffeur indiquait qu’il tournait et dans quelle direction il le faisait, je ne poserai plus jamais cette question.
Quand on est sur Zhongzhen road, je préviens Anaïs que je ne serai dans aucun métro,
et lui donne rendez-vous à la sortie 6 de la station Weywuyin.
Si je suis encore plus en retard que prévu, elle pourra jeter un œil au nouveau théâtre, celui qui va accueillir les spectacles que le 281 ne verra plus.
Cette sortie a spécialement été créée pour accéder à ce bâtiment.
10h05,
je descends à l’arrêt le plus proche de Weywuyin.
Je traverse le parc qui fait la pointe du carrefour entre Zhongzhen et Wu Fu road.
Alors non ! je ne me suis pas arrêté pour prendre cette photo,
celle-ci je l'ai faite un autre jour.
Je l'ai juste mise là pour que vous ayez une idée.
Mauvaises langues ...
Je traverse Wu Fu en catastrophe et me pointe devant la sortie 6.
L’escalator n’a pas l’air de fonctionner.
Ce serait à Marseille, je ne me serais pas inquiété
(quand on pense qu’ils prennent tellement de temps pour les réparer qu’il y a un onglet sur l’application RTM qui concerne les escalators en panne ...)
mais ici, ça n’est pas normal.
Je m’approche.
La sortie est en travaux.
J’envoie un message à Anaïs ...
Il ne passe pas.
Je dois être à la fin de mon forfait.
Juste là, maintenant.
Je suis en sueurs.
Mon dos chargé de mon sac lesté de mon ordinateur et de sa table de ventilation, me fait déjà trop mal pour un début de journée.
Je retraverse Wu Fu, fais le tour des autres sorties,
elle connaît la sortie 5, c’est celle que l’on a pris pour aller à l’ancien dépôt de bus où j’ai donné le stage.
Personne.
Retour au point de départ.
Je stresse.
Dans un vague moment de calme, je me dis qu’il faut que j’arrête de bouger, sinon je vais finir par la rater quand elle va sortir de terre,
mais où va-t-elle apparaître ?
10h10,
Anaïs est sur Wu Fu Road.
Elle a vu que la sortie était en travaux alors elle a emprunté la plus proche.
Évidemment.
Une fois de plus, je me retrouve dans la situation de celui qui a attrapé son train in extremis et qui voit en face de lui le voyageur calme qui est là depuis dix minutes.
Une fois de plus, je me suis affolé pour rien.
Comme si cette jeune femme, autonome et pleine de bon sens, pouvait ne pas trouver de solution.
Ridicule.
J’ai beau croire que je me suis débarrassé de l’aventure « In Wei », il me reste de bons gros réflexes, et pas les bons.
Nous traversons le coin nord-est du parc qu’Anaïs voit pour la première fois.
J’espère qu’elle aura le temps d’aller se promener dans ce vaste jardin.
Qu’elle aimera les lotus, qu’elle verra les oiseaux, et peut-être un coucher de soleil sur l’étang.
(vous voulez vous faire une idée ? c’est dans cet article-là)
Comme souvent ici le matin, il y a des groupes de personnes âgées qui font des activités physiques.
Certaines dansent.
Alors que l’on croise un cours de cha cha, j’esquisse le pas de base sur la musique.
Les vieilles dames me félicitent.
On rit.
Je me détends un peu.
10h15,
nous arrivons au 281.
L’espace est encore bien vide mais l’équipe technique s’affaire dans tous les coins.
Je raconte à Anaïs l’histoire du lieu.
Cet ancien camp militaire qui a été transformé en jardin public dont ils ont gardé quelques baraquements pour en faire des espaces dédiés à la culture.
Qu’est-ce que j’aime cette idée décidément !
Quand nous arrivons aux loges, nous apercevons Cheng Wei qui vient de garer son scooter.
Wan Chu est déjà là.
Elle nous attend calmement plongée dans son smartphone.
On parle un peu d’hier, de notre promenade, de l’escapade à Liu Qiu d’Anais, William et Jim,
je lui demande comment s’est passé son cours du lundi dont nous avons parlé plus d’une fois :
« euh ... je ne m’en souviens plus ... cela n’a pas dû être passionnant »
On rit.
Quand Cheng Wei arrive, je lui raconte ma galère de texte.
Il s’en doutait vu que j’avais emmené l’ordinateur mais comme je le prends toujours le premier jour au théâtre en cas de modification de dernière minute, il n’a pas osé me demander.
Il faudra que l’on règle ça pendant une pause.
Je laisse tout le monde s’installer et je vais saluer Beï Ji.
Alors Beï Ji, dont vous avez déjà lu le nom une ou deux fois, c’est le créateur lumière et régisseur général et encore plein d’autres choses.
Mon Fred taïwanais quoi.
Il a créé les lumières de la toute première pièce que j’ai fait ici en 2011 lors du projet UNESCO.
Celle qui m’a fait découvrir l’île et ... écrire mon premier blog.
Ce qui lisent tout ce qui s’est passé depuis le savent déjà, mais comme ce matin quand je le retrouve tout me revient à l’esprit, j’ai envie de vous rappeler l’histoire.
Je suis arrivé sur l’île pour la première fois le 2 juillet 2011.
Les huit chorégraphes (dont votre serviteur) ont auditionné les élèves le 3,
et le 23 c’était la première.
Entre temps, il fallait monter une chorégraphie.
Bon, d'une durée de dix à douze minutes mais quand-même ...
Un peu moins de trois semaines pour créer une pièce, c'est un challenge certain.
Les répétitions et le spectacle se passent à Tsoying.
Su Ling (et oui ! déjà elle), organisatrice du projet, nous avait dit lors de notre première rencontre, qu’elle passerait à chaque fin de semaine pour voir l’avancée des projets, et qu’en fin de deuxième semaine, elle serait accompagnée par le créateur lumière.
À l’époque, les studios du lycée étaient tout petits et assez vétustes.
Pour une chorégraphie à dix personnes,
(oui, ils étaient tellement bons que j'en a choisi plein),
les danseurs étaient bien serrés.
J’avais assez peu de recul, (pour ne pas dire pas de recul du tout),
mais on s’en sortait.
celle-ci je l'ai faite un autre jour.
Je l'ai juste mise là pour que vous ayez une idée.
Mauvaises langues ...
Je traverse Wu Fu en catastrophe et me pointe devant la sortie 6.
L’escalator n’a pas l’air de fonctionner.
Ce serait à Marseille, je ne me serais pas inquiété
(quand on pense qu’ils prennent tellement de temps pour les réparer qu’il y a un onglet sur l’application RTM qui concerne les escalators en panne ...)
mais ici, ça n’est pas normal.
Je m’approche.
La sortie est en travaux.
J’envoie un message à Anaïs ...
Il ne passe pas.
Je dois être à la fin de mon forfait.
Juste là, maintenant.
Je suis en sueurs.
Mon dos chargé de mon sac lesté de mon ordinateur et de sa table de ventilation, me fait déjà trop mal pour un début de journée.
Je retraverse Wu Fu, fais le tour des autres sorties,
elle connaît la sortie 5, c’est celle que l’on a pris pour aller à l’ancien dépôt de bus où j’ai donné le stage.
Personne.
Retour au point de départ.
Je stresse.
Dans un vague moment de calme, je me dis qu’il faut que j’arrête de bouger, sinon je vais finir par la rater quand elle va sortir de terre,
mais où va-t-elle apparaître ?
10h10,
Anaïs est sur Wu Fu Road.
Elle a vu que la sortie était en travaux alors elle a emprunté la plus proche.
Évidemment.
Une fois de plus, je me retrouve dans la situation de celui qui a attrapé son train in extremis et qui voit en face de lui le voyageur calme qui est là depuis dix minutes.
Une fois de plus, je me suis affolé pour rien.
Comme si cette jeune femme, autonome et pleine de bon sens, pouvait ne pas trouver de solution.
Ridicule.
J’ai beau croire que je me suis débarrassé de l’aventure « In Wei », il me reste de bons gros réflexes, et pas les bons.
Nous traversons le coin nord-est du parc qu’Anaïs voit pour la première fois.
J’espère qu’elle aura le temps d’aller se promener dans ce vaste jardin.
Qu’elle aimera les lotus, qu’elle verra les oiseaux, et peut-être un coucher de soleil sur l’étang.
(vous voulez vous faire une idée ? c’est dans cet article-là)
Comme souvent ici le matin, il y a des groupes de personnes âgées qui font des activités physiques.
Certaines dansent.
Alors que l’on croise un cours de cha cha, j’esquisse le pas de base sur la musique.
Les vieilles dames me félicitent.
On rit.
Je me détends un peu.
10h15,
nous arrivons au 281.
L’espace est encore bien vide mais l’équipe technique s’affaire dans tous les coins.
Je raconte à Anaïs l’histoire du lieu.
Cet ancien camp militaire qui a été transformé en jardin public dont ils ont gardé quelques baraquements pour en faire des espaces dédiés à la culture.
Qu’est-ce que j’aime cette idée décidément !
Quand nous arrivons aux loges, nous apercevons Cheng Wei qui vient de garer son scooter.
Wan Chu est déjà là.
Elle nous attend calmement plongée dans son smartphone.
On parle un peu d’hier, de notre promenade, de l’escapade à Liu Qiu d’Anais, William et Jim,
je lui demande comment s’est passé son cours du lundi dont nous avons parlé plus d’une fois :
« euh ... je ne m’en souviens plus ... cela n’a pas dû être passionnant »
On rit.
Quand Cheng Wei arrive, je lui raconte ma galère de texte.
Il s’en doutait vu que j’avais emmené l’ordinateur mais comme je le prends toujours le premier jour au théâtre en cas de modification de dernière minute, il n’a pas osé me demander.
Il faudra que l’on règle ça pendant une pause.
Je laisse tout le monde s’installer et je vais saluer Beï Ji.
Alors Beï Ji, dont vous avez déjà lu le nom une ou deux fois, c’est le créateur lumière et régisseur général et encore plein d’autres choses.
Mon Fred taïwanais quoi.
Il a créé les lumières de la toute première pièce que j’ai fait ici en 2011 lors du projet UNESCO.
Celle qui m’a fait découvrir l’île et ... écrire mon premier blog.
Ce qui lisent tout ce qui s’est passé depuis le savent déjà, mais comme ce matin quand je le retrouve tout me revient à l’esprit, j’ai envie de vous rappeler l’histoire.
Je suis arrivé sur l’île pour la première fois le 2 juillet 2011.
Les huit chorégraphes (dont votre serviteur) ont auditionné les élèves le 3,
et le 23 c’était la première.
Entre temps, il fallait monter une chorégraphie.
Bon, d'une durée de dix à douze minutes mais quand-même ...
Un peu moins de trois semaines pour créer une pièce, c'est un challenge certain.
Les répétitions et le spectacle se passent à Tsoying.
Su Ling (et oui ! déjà elle), organisatrice du projet, nous avait dit lors de notre première rencontre, qu’elle passerait à chaque fin de semaine pour voir l’avancée des projets, et qu’en fin de deuxième semaine, elle serait accompagnée par le créateur lumière.
À l’époque, les studios du lycée étaient tout petits et assez vétustes.
Pour une chorégraphie à dix personnes,
(oui, ils étaient tellement bons que j'en a choisi plein),
les danseurs étaient bien serrés.
J’avais assez peu de recul, (pour ne pas dire pas de recul du tout),
mais on s’en sortait.
Donc le vendredi 15 juillet 2001, Su Ling et Beï Ji débarquent.
Le bonhomme pose discrètement sa caméra dans un coin du studio et sort son carnet de notes.
On fait un filage « en l’état » de la chorégraphie.
Su Ling nous remercie (et me lance un « good job » dont je compris plus tard que c’était un sacré compliment) et Beï Ji vient me voir pour savoir si j’ai des desiderata particuliers.
Je lui réponds que non (vous pensez bien ...) et j’ai la présence d’esprit de lui dire qu’il y aura des projections à l’écran.
Le jeudi suivant, on fait nos premières répétitions au théâtre.
Beï Ji est là.
Comme cela se fait en France la plupart du temps, je m’attendais à ce qu’il me montre tout ce qui était possible en terme d’éclairages pour que je lui dise quoi faire.
Et bien, absolument pas.
Quand je suis arrivé à côté de lui, il m’a montré une conduite lumière complètement aboutie où il avait déjà pris en compte tous les éléments de la chorégraphie.
Je m’attendais à : « on a ces latéraux, ça pour la face, ça en contre, pour les couleurs ça va être limité à ça »
et j’ai eu : « alors au début, je te propose ceci pour le soliste, et plutôt ça pour la soliste.
Quand le groupe rentre à jardin, on passe à ça jusqu’au moment où ils ont les bras en l’air .... »
Je crois que j’ai bredouillé un truc du style : « ça a l’air très bien, on va voir avec les danseurs ... » histoire de ne pas rester bouche bée.
Il avait donc tout prévu, et c’était magnifique.
Comme Beï Ji est le créateur attitré de Tsoying, il a aussi mis en valeur autant qu’en lumière les deux créations que j’ai fait là-bas les deux saisons suivantes.
« Les soldats du vent » en 2012


et « Empreintes d'une ville » en 2013


Comme je n'étais pas là au moment des dernières répétitions en théâtre, je ne l'avais plus vraiment revu.
Voilà pour ce qui est de notre histoire commune.
2013.
Cinq ans.
Je n’étais pas sûr qu’il se souvienne de moi.
Mais je suis quand-même allé le saluer avec l’assurance de belles retrouvailles :
« do you remember me ? »
Non, ça n’est pas ce que je lui ai dit ... mais c’est que, lui, m’a demandé.
J’éclate de rire.
On imaginait la même chose.
Il pensait que je ne me souviendrais pas de lui.
Je réponds : « bien-sûr ! »
Il enchaîne : « je me souviens de toutes tes chorégraphies ! »
Là, je suis flatté et cherche mes mots :
« merci beaucoup ! … quand Cheng Wei m’a dit que tu acceptais de travailler avec nous, j’étais honoré »
Je me présente au reste de l’équipe technique et je retourne aux loges, croisant un Cheng Wei déjà plongé dans une surexcitation excessive et pas forcément bénéfique :
le temps que je me retourne pour lui dire ma joie de retrouver le créateur lumière, il a déjà traversé la moitié de ce qui sera notre espace de jeu.
Je lui crie : « calme toi ! Souviens-toi, c’est comme ça que tu t’es blessé il y a deux ans »
Lors de notre dernier passage, à vouloir aller trop vite pour rejoindre la régie, il avait voulu sauter vers les gradins, avait dérapé sur une arête de ces blocs en bois et s’était brulé une partie du ventre.
C'était le jour de la première de « In Wei ».
Si on pouvait éviter de renouveler l’expérience …
Mais le jeune homme m'écoute à peine.
Je retourne calmement dans les loges, les filles sont prêtes.
Il temps de partager notre barre.
Voilà, vous pouvez faire une pause,
sinon la suite, c'est par ici ...






Commentaires
Enregistrer un commentaire