10/05/18 - la dernière ligne droite française - jour 16 - off


logistique à tous les étages, 
finir tout ce qui sera sur scène mais qui n'est pas de la danse,
laisser mes amis profiter de leurs amis,
et aller quand-même boire un verre.







Jeudi 10 mai, 9h30


C’est l’heure où je quitte la mezzanine sur laquelle je dors.
Et comme pour les jours précédents il n’y a que peu de traces écrites de ce que j’ai fait.

Je devais être vraiment fatigué pour ne pas avoir eu le courage d’écrire.

Dans mon joli carnet à fleurs, il n’y a que deux pages et demi pour les trois jours qui vont suivre.
C’est peu.
Je vais donc probablement râler dans les articles prochains de cette absence de traces ...
Vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenus.



Ce jeudi,
c’est off.
D’abord parce qu’officiellement c’est un jour férié.
(ce qui étonnera toujours mes amis taïwanais …)

Ensuite, parce que mon corps donne des signes de fatigue mécanique
(dans les jambes, ça pique dru)
et énergétique
(moi ! réveillé à 9h30 … on aura tout lu !).

Enfin, parce que l’on a bien travaillé ces derniers jours
(ah ! la surprise d’hier …).
Et si les danseurs ont fait ce qu’il fallait,
il faut que le reste soit à la hauteur.
Les jours J approchent, on est au pied des murs.
Sète c’est dimanche, Martigues c’est mardi et Gardanne c’est jeudi.
Que de logistiques à mettre en place !
Il y a aussi la vidéo à finaliser.
Maintenant que la danse est quasiment prête et que la lumière est magnifique,
je ne peux pas me louper.


Donc pas de danse aujourd’hui mais … tout le reste.
D’abord, le bouclage de la vidéo.

Avec le filage de la veille, je sais que c’est surtout cette composante du spectacle qui pêche le plus.

(dans la première page et demi de mon carnet, c’est essentiellement de cela dont je parle d’ailleurs).
Après les rituels du matin, je passe du temps sur le dernier film.

Maintenant que j’ai toutes les images, il faut que j’ai le rythme parfait,
(enfin le plus parfait possible).

Il faut que les images soient à la bonne taille,
qu’elles s’enchaînent avec la meilleure fluidité,
que le tout ait un sens,
que tout le monde y trouve sa place.
Cela prend du temps.

Mais c’est nécessaire.
Je m’attèle ensuite à une tache ingrate : mettre des « noirs » à la fin des vidéos.

C’est à dire ajouter un bout de film sans image à la fin de chaque film.

Comme ça, Joseph n’aura pas le stress d’arrêter la vidéo dès qu’elle est finie
si par exemple la séquence d’après n’est que musicale.

Je sens que je vous ai perdus.

Prenons un exemple.

Dans la première scène, le selfie, il y a une vidéo à l’écran.

Celle qui suit, le prologue, n’en a pas.

Donc à la fin de la séquence vidéo du « selfie », le pauvre Joseph devrait arrêter la vidéo
et se jeter sur l’autre console pour lancer la musique dès que Mike aura dit la phrase repère.
En laissant une longue séquence de « noir » à la fin de la vidéo.

Joseph peut se concentrer sur son top musique et une fois qu’il a lancé la bande son,
il arrête la vidéo qui tourne toujours sans que personne ne s’en soit rendu compte.
Et ça, c'est pour Joseph !
Car aux Chartreux, Fred va endosser toutes les casquettes de l'équipe technique.
Si ça se trouve, il a aussi un changement de lumière à peu près au même moment
que tout ce que je viens de vous raconter.
Je ne peux pas les laisser comme ça.

Et puis, il y aussi la fin.

À la fin de l’épilogue, la pièce est finie.
Donc on salue.

Et il n’y a rien à l’écran pendant les saluts.

En régie, du moins je l’espère, ils seront contents d’avoir fini.

Ils participeront de tout là-haut au bonheur d’être allés au bout de l’aventure.

Quelle frustration ça serait de les obliger à rester concentrés sur la vidéo
alors qu’ils devraient vivre avec nous le plaisir des applaudissements
- que l’on espère fournis -

Déjà que je trouve tout à fait injuste que l’on ne voit jamais l’équipe technique à ce moment-là ...

Avec le noir final, ça tourne sans gêner personne.

Et celui-là, je mets un point d’honneur à ce qu’il dure longtemps.

Peut-être que vous vous demandez comment on peut faire un film avec rien dessus ?
(bon, je sais que certains lecteurs travaillent dans la vidéo … mais les autres ? hein ?)
Comme faire ?

Filmer en pleine nuit ?
En laissant le cache sur l’objectif ?
Ça doit être possible.

Mais je préfère mettre à la fin de chaque film, une suite d’images qui sont juste un rectangle noir.
Et ce, de la durée que je veux.

C’est simple,
surtout pour gérer les durées,
Et cela prend moins de temps pour créer le film définitif que si c’était des vraies vidéos.

L’ordinateur a moins de choses à calculer.

Et puisqu'on en parle, mon ordinateur, bien que particulièrement vaillant, n’est plus tout jeune.
Il a un peu de mal pour l’édition des films finaux.
Disons qu’il prend son temps.

Parfois, il est en surchauffe.

Et là, une sécurité se met en route qui éteint automatiquement la machinerie.

Il ne peut être rallumé que quand il a retrouvé une température honorable.

Je n’ai donc pas d’autre choix que de vivre à son rythme et donc
d’attendre.


C’est dans une de ces attentes que j’ai écrit quelques petites choses sur la matinée.

J’ai même noté que pendant l’une des surchauffes, j’avais fait une petite sieste.
Il fallait que je me repose non ?

Sinon,
je vous ai dit qu’il y avait aussi les logistiques.
Si pour Martigues, je savais que je n’avais pas grand chose à faire.
(c’est quand même bien les résidences décidément)
Il y avait Gardanne où le silence de Silvia Caramana m’inquiétait un peu.
Et puis Sète.
Prendre les événements dans l’ordre.

Dimanche,
L’Espace Brassens Révolution à Sète.
Comme vous le savez, c’est le nouveau lieu géré par mon ami Sylvain,
avec lequel je discute tous les jours.

J’avais prévu d’arriver samedi au soir,
après avoir fait un filage light le matin et être parti directement de Martigues, vu que c’est sur la route.
Cela entraînait une location de chambres pour une nuit.

Devaient faire partie du voyage, Anaïs et William,
(son compagnon assez agaçant de perfection dont je vous ai déjà parlé)
Wan Chu, Cheng Wei et moi.
Comme on n’avait qu’un tout petit budget, j’avais, hélas, décidé de faire sans Mike pour l'étape sétoise.
On ne montrerait que la danse et je raconterai des choses en discutant avec le public après.


Premier point important et ô combien fondamental : la bouffe.
Qui mange quoi et quand ?

Alors,
les petits déjeuners ...

Il y a les buveurs de thé, les buveurs de café,
Anaïs qui nous fait sa réponse classique : « je prends ce qu’il y a »,
une variante du célèbre « comme tu veux »

et les taïwanais, qui découvrent en France, le plaisir du petit déjeuner …

car à Taiwan, on mange peu le matin.

(les plus fidèles d’entre vous se souviennent peut-être que je m’étais insurgé
du fait que les boulangeries certes fermaient tard là-bas ... mais n’ouvraient qu’à 10h)
Le plaisir de l'exotisme rendait mes amis assez malléables à ce sujet ...
En gros, il fallait un peu de tout.
Pour les autres repas, j’avais d’abord envisagé de sortir samedi soir.

Un restaurant de fruits de mer par exemple,
classique pour Sète.

Mais Sylvain a eu une meilleure idée, plus conviviale et plus économique.

Faire un repas au local dans lequel on allait danser.

Plutôt que de manger des fruits de mer au restaurant, il ira les acheter au marché
et on les dégustera entre nous.

J’avais une petite appréhension quant à l’ouverture des huîtres,
mais il se trouve que le week-end de notre visite,
Sylvain a de la visite, son meilleur ami Julien,
qui est aussi partie prenante dans l’aventure du lieu.
Il a tenu à être là pour les premiers événements de Brassens Révolution.
Et c’est une bonne chose car l’une des qualités de Julien est ...
d’aimer ouvrir les huîtres !
Nous sommes donc sauvés.
Pour dimanche midi, on a convenu que l’on enverrait les touristes faire des achats au marché des Halles
où il y a des tas de choses à emporter,
et il y aurait sûrement des restes de la veille.

Tout a l’air bouclé quand je me souviens … qu’Anaïs est allergique ... aux fruits de mer !
(il était temps qu’on lui trouve un défaut !)
Aïe …
Mais elle aime la charcuterie
Ouf.

Comme Wan Chu n’envisage que très difficilement la vie française sans saucisson ...
Le problème a été très rapidement résolu.
(et en écrivant tout ça, je me dis que ça n’est pas très diététique pour des danseurs …
c’est pas faux …
ça me rappelle la réactions de certaines de mes élèves,
de jeunes ballerines découvrant une autre manière de danser avec moi,
qui étaient contentes de partir en concours en ma compagnie parce que … on mangeait bien)

On savait donc ce qu’on allait manger.
Il fallait maintenant savoir comment on allait à Sète …
Et qui allait dormir où.


William étant de l’aventure, on pouvait partir à deux voitures,
Anaïs ayant son chauffeur (la veinarde …).
Pour la nuit du samedi, Sylvain avait trouvé un grand appartement avec un grand lit et deux petits.

Le couple occuperait le grand et les taïwanais les deux petits.

Tout semblait rouler quand
Anaïs a appris que William avait un match de tennis le samedi après-midi.

Exit le chauffeur … mais petite consolation, (si c’en était vraiment une …)
elle avait un grand lit pour elle toute seule

En tous cas, pour nous, cela ne changeait rien.

Sauf que … bonne nouvelle,
Mike étant ... ce qu’il est,
il a décidé de venir avec nous, budget ou pas.

Je dois dire que de l’entendre dire ça m’a mis une sacrée couche de baume au cœur
(et a relégué à une perspective toute particulière des souvenirs de créations précédentes
où des danseuses s’étaient plaintes de ne pas être assez payées …).

J’étais donc très content mais du point de vue de l’organisation,
ça se compliquait un peu.

D’abord, la voiture.

Nous nous retrouvions avec une seule voiture, ma 107.

Et nous étions 5.
Alors certes mes amis ne sont pas des géants et il n’y avait « que » deux bonnes heures de route,
mais quand-même, cela allait moins être une partie de plaisir que prévu.

Et pour les chambres ?
Les filles dans le grand lit ? Les garçons ?
Faire dormir Mike ou Cheng Wei, dans le petit local derrière la salle d’exposition spectacle ?
Impossible car Julien allait sûrement dormir là.
Qui allait dormir où ?
On verrait bien …
L'essentiel c'est qu'il y ait assez de lits pour tous.
Et c'était le cas.

Voilà ce que l’on a organisé entre deux siestes.

Tout était réglé dans le flou, mais on savait que ça devrait aller.
On a aussi réglé des détails techniques du spectacle,
comme sur quel support mettre le film : disque dur, clé USB, DVD,
et tout un tas de choses de cet acabit qui, je le sens, vous passionne moins que les histoires de fruits de mer
et qui se sont résolues par « j’emmène tout et on règlera ça sur place ».
Le flou qui va marcher, tel est notre credo.

Je ne sais pas trop ce qu’ont fait Anaïs et Mike de leur journée.
Profiter de leur famille sans doute.
Du côté de chez Jennifer, la matinée des taïwanais a été très calme.
Il y a eu un apéro à midi.


Et la principale activité de l’après-midi a été :
la pétanque.
Après la sieste bien-sûr.
De vrais marseillais quoi.

L’équipe des filles qui a gagné,
et cela a été célébré au champagne.



Elles ont enfin trouvé une bonne raison d’ouvrir cette bouteille …
Bien-sûr, mes amis m’ont demandé de venir jouer avec eux.

Mais comme je suis aussi bon à la pétanque, que quand je joue au basket
ou que je danse du hip-hop,
j’ai décidé de ne pas aller trop loin dans le ridicule.
Cheng Wei et Gabriel allaient devoir subir les railleries des filles sans moi.

On s’est retrouvé le soir
, où on a bu un verre avec mon amie Nadia,
dont je vous ai probablement déjà parlé.
Une métisse algéro-vietnamienne sur laquelle l'âge a dû mal faire son effet.
Elle transpire avec moi dans les salles de danse,
et avait envie de croiser de près Cheng Wei et Wan Chu
ailleurs que dans un studio ou une salle de spectacles.
En revanche, je ne sais pas où on est allé.

Pas de traces, je vous dis.
C'est rageant quand même.
Même pas une photo !
Ce qui m'étonne de mes amis ...

Mais une chose est sûre, on a passé une belle soirée.




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