12/05/18 - la dernière ligne droite française - jour 18 - En route pour Sète


Filage matinal,
déjeuner sur le port
petite excursion,
et soirée conviviale.











Samedi 12 mai, 15h

Nous sommes sur le Vieux-Port en train de manger des hamburgers.

Je ne vais pas vous raconter à nouveau l’histoire de mes pages blanches.
Sachez que pour ce jour-là, je n’ai hélas qu’une demie page qui relate ce qui s’est passé.

Alors c’est une de fois de plus ma mémoire qui prendra le relais
sur ces quelques lignes laissées dans mon carnet à fleurs.

Le matin a été rude.

Une fatigue inhabituelle que je mets sur le compte de l’accumulation des choses.

La sensation de ne plus pouvoir retenir l’énergie nécessaire au bon fonctionnement de ma carcasse
et du cerveau qui lui est connecté.

Je récupère les taïwanais en retard.

Et ça me contrarie.

(quand je vous dis que la patience est ce qui lâche d’abord quand je fatigue).
Je lui suis d'autant plus que cela n’a pas l’air de les désoler.
La journée off du jeudi, la demi-journée de travail d’hier et l’excitation de faire un petit voyage
y sont sûrement pour quelque chose.

J’aurais aimé qu’ils gardent la vitesse de croisière.

Encore un peu.

Jusqu’à midi.
Jusqu’à 14h.

Est-ce que les journées off ont été une mauvaise idée ?
Je sais bien que non.
Si on avait gardé la même intensité de travail, je ne sais pas dans quel état on serait.

Leur insouciance m'agace alors que c’est probablement eux qui sont dans le vrai.

Je devrais être plutôt détendu.
Leur retard, pas plus que la plupart des autres d’ailleurs, n’est pas bien grave.
Moi qui suis rarement ponctuel, je n’ai absolument rien à dire.
Et puis nous avons passé une belle semaine
où tous les éléments du puzzle se sont mis en place dans le calme.
Même la logistique et la promotion.
Je suis allé jusqu’à m’offrir hier,
le luxe d’une dernière décoration au gâteau, qui est déjà fort appétissant,
en créant ce nouveau duo.
Aucune raison d’être contrarié ou stressé.
Aucune, mais quand même.
Je n’y peux rien.

Alors certes, les solos se fragilisent à nouveau.
Mais comme je vous le disais l’autre jour, ça avait été la même chose dans les créations précédentes.
Il faut juste que je leur fasse encore plus confiance.

Tout était rentré dans l’ordre les autres fois, il n’y a pas de raison que ça soit différent dans cette histoire-là.

Il faudrait juste que maintenant, je laisse faire.

Mais non, impossible de me poser.
Je n’y arrive pas.
Courir.

La sensation de courir.

Tout seul.

C’est d’ailleurs la musique que j’ai dans la tête quand j’emmène mes amis à Martigues.

« je cours tout seul » de William Sheller.
Un peu triste tout ça.

La presque famille qui me suit ces dernières semaines n’y peut pas grand chose.

Et pourtant, j’aimerais qu’ils puissent m’aider d’une manière ou d’une autre.

Mais je ne sais pas laquelle.


Barre et filage martégaux ce matin.
(je viens de réaliser que pour les lecteurs non provençaux,
« martégal » et « martégaux » ça n’avait peut-être pas de sens
les martégaux sont les habitants de Martigues.
Je suis sûr que vous aviez trouvé tous seuls)
(il faudrait que j'arrête avec ces digressions d'ailleurs … non ?)

Donc, ce matin barre et filage, avec les lumières de services.

Celles que l’on avait à notre arrivée.
On n’est que sur la danse.

Le mouvement, le rythme, la précision, les ensembles.

C’est ce qui sera plus important pour demain.
Nous sommes encore bien fatigués.
Mais je crois que c’est nécessaire.



14h,
nous remercions Papi d'avoir sacrifié sa matinée pour nous et nous quittons le Site Picasso désert.
Nos amis ont faim.
Nous aurions pu partir directement comme prévu et nous arrêter en route,
mais je ne suis pas sûr de trouver un endroit assez agréable pour manger à cette heure-là entre Martigues et Sète.
Je décide de revenir sur nos pas,
et de faire découvrir à mes amis le fameux Steak n’Shake du Vieux-Port,
qui avait sauvé ma fausse appendicite de l’autre soir.
L’endroit est un plutôt bon compromis entre un déjeuner à Macdo comme Cheng Wei en rêverait,
et l’idée de manger des « French fries » que pourrait avoir une Wan Chu amoureuse de ce pays
(bien que je lui ai expliqué que les meilleures frites étaient belges)


Au moins, eux, ils vont bien.
Moi je rumine encore mais je tente de le cacher du mieux que je peux.

Trouver son plaisir en faisant plaisir aux autres.

D’habitude ça marche bien pourtant.

Mais là, ça ne va pas.

La lassitude a gagné.

Alors après, nous sommes partis vers l’ouest.

Nous avons récupéré Anaïs et Mike en route, mais je ne me souviens plus du tout où et quand.

L’ambiance était bonne dans la voiture.

Avec Mike, comment cela peut être autrement ?
On passe de blagues en blagues.
Anaïs subit l’avalanche de jeux de mots pas forcément des plus efficaces que nous assénons,
en riant … comme d’habitude,
et elle ne devrait pas.

Car quand on a comme public quelqu’un qui sourit ou qui rit pour tout ou presque,
on a l’impression d’être un comique de haute volée,
ce qui n’encourage pas à stopper la course dans le monde de l’humour approximatif.
De plus, voyant leur camarade éclater de rire,
nos amis touristes veulent savoir ce qu’il y a de si drôle.
Cela a impliqué que je traduise toutes ces choses d’un intérêt relatif dans mon anglais de cuisine,
baissant à nouveau, quand cela était encore possible, le niveau de drôlerie de nos histoires.
À la place des rires d’Anaïs, on a essuyé une série de « aaah » ou de « oooh » de Wan Chu et Cheng Wei,
suivis de silences témoignant de la haute qualité du fiasco des histoires et de leur traduction.

Une série de bides retentissants, qui nous ont fait …
rire de plus belle.

Toute cette bonne humeur m’a fait du bien, mais j’étais fatigué ...

Bon sang que j’étais fatigué.

Pour aller à Sète, nous n’avons pas pris l’autoroute.

Il fallait quand même que nos amis découvrent la Camargue.

D’autant que Jean-Max leur en avait parlé quand on était allé dîner chez lui.
Malheureusement le temps a viré au gris aux alentours d’Arles
Mais la balade fut assez bucolique pour être considérée comme jolie.
Vers Palavas, les flamants roses étaient là.

L’occasion de faire une pause.




Et nous sommes arrivés à Sète à l’heure du dîner.

Hélas, sous une pluie battante.

Le dîner fut copieux
et un peu trop arrosé pour Wan Chu
qui a observé Julien, l’ami de Sylvain, d’un air un peu inquiet une grande partie de la soirée.

Surtout quand il a insisté pour que nous regardions un documentaire sur des volcans ...

Cela dit, la taïwanaise a gouté à ses premières huitres crues.
(et oui ... on les mange cuites là-bas).
Ça n'a pas l'air de lui avoir déplu mais elle est revenue sur des valeurs sûres :
le jambon et le saucisson que nous avions prévu pour Anaïs l'allergique.
(vous vous souvenez ?)
Nous avions prévu de parler un peu boulot ce soir mais l’ambiance est à la fête.


Les sentiments du matin sont encore là.
Je m’inquiète de la suite et je suis le seul.
Mais je crois qu’ils ont raison.
Se détendre autour d’un agréable repas, c’est bon et c’est important.


Les « chroniques » ça sera pour demain.
Ce soir, on se lâche un peu.
Enfin … du mieux possible.






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