07/05/18 - la dernière ligne droite française - jour 13 - Martigues - Fred
Fred,
et aussi d'Anne et Joseph,
la semaine commence bien
Wan Chu : Bonjour Claude
Claude : Bonjour Wan Chu
Wan Chu : We're ready for work
Claude : I'm not
Wan Chu : Hahahah
Claude : I'm still preparing ... but on the way
I make a little bit of promotion
Cheng Wei : About ?
Claude : about ?
REALLY ?
Cheng Wei : Hahahaha
Wan Chu : We're leaving the house now....
Cheng Wei : We will be very late because of me
Claude : tssss ... ok ... so I have to move the car
Voilà la trace de la matinée que j’ai retrouvée dans mes discussions Messenger.
Pour les non anglophones, Wan Chu m’a envoyé un message pour me dire qu’ils étaient prêts à partir.
C’est ce que nous avions convenu la veille.
En sachant à quelle heure ils partaient d’Allauch, je savais s’ils allaient être à l’heure au point de rendez-vous ....
ou en retard, comme ce matin où Cheng Wei m’annonce qu’ils partiront plus tard que Wan Chu ne le pensait ...
À cause de lui ...
Et on dit que ce sont généralement les femmes qui prennent le plus de temps pour se préparer ...
Son côté féminin sans doute ...
Je pense plutôt que, notre ami, n’étant pas du matin, a dû se lever le plus tard possible,
générant le retard dont il est en train de me parler.
Dans la conversation,
j’ai aussi raconté à Wan Chu que j’étais encore en train de bosser sur la promotion des spectacles
mais que je devrais être à l’heure au rendez-vous.
Cheng Wei m’a demandé de quelle promotion je parlais,
et j’ai vraiment cru, du moins au début, qu’il n’avait pas compris.
Quand un taïwanais commence à faire des blagues de mon niveau ...
C’est plutôt bon signe en fait !
Puisqu’ils vont être en retard, j’envoie un message à Anaïs pour lui dire de ne pas être trop à l’heure
et je décide d’aller déplacer la voiture
vu que l’endroit où je l’ai posée hier n’est gratuit que jusqu’à 9h.
Préparation des affaires et douche ...
Et après mure réflexion, je retourne un moment devant l’ordinateur.
La voiture restera là où elle est.
Parions sur le fait que les agents qui verbalisent ne seront pas du matin ...
8h38,
Sylvain : Tu dois sûrement dormir encore un peu
il y a une erreur sur le flyer
Il y a marqué 19h30
Claude : Arg
Sylvain : tu es là !
tu as mis 38 rue de la Révolution sur l’événement
c'est 38 rue Henri Barbusse
Claude : rooooh
Sylvain : tu sais quoi ? on commencera plutôt vers 19h45
et on passera des vidéos des anciens spectacles à partir de 18h30/19h
Claude : ah
alors il faut que je rechange le flyer
Sylvain : ben j'ai fait un événement de mon côté où j'ai mis 19h
Claude : oui
mais comme sur ceux qu'on a distribué ...
Sylvain : sur ceux qu'on a distribué c'est 19h30 ?
oui tu as raison
maintenant on peut très bien envoyer des vidéos en attendant
Claude : oui
Sylvain : sur le flyer c'est 19h ou 19h30 ?
Claude : 30
alors on laisse 19h30 partout ?
Sylvain : et si des gens sont en avance on leur offrira un verre en regardant des vidéos
voilà
Sylvain : vendu
Une autre conversation Messenger bien utile à ma mémoire.
Pas sûr que vous ayez tout compris.
(elle est en français pourtant celle-là)
Alors,
il y a eu une erreur et un malentendu.
L’erreur est de mon côté :
nous allons présenter des extraits de la pièce dans l’espace tout neuf que s’est aménagé l’ami Sylvain
le dimanche 13 mai.
Ce nouveau lieu est à Sète, au coin de la rue Henri Barbusse et de la rue de la Révolution.
Sauf que, dans la promotion, je me suis trompé dans l’adresse.
J’ai indiqué le 38 rue de la Révolution alors que c’était le 38 rue Henri Barbusse.
Pendant que je modifiais rapidement la chose sur Photoshop,
Sylvain s’est rendu compte que l’on s’était mal compris sur le début de l’événement.
19h ou 19h30.
J’avais annoncé 19h30 et lui une demi-heure plutôt.
Mais, comme il avait envisagé de commencer la soirée
en projetant des extraits vidéos des créations précédentes de la compagnie,
nous avons coupé la poire en deux,
en décidant qu’à 19h on commencerait les projections
en attendant ceux qui s’étant référés à l’autre vague de promotion, n’arriveraient qu’à 19h30.
Comme Sylvain l’a écrit : vendu.
Je retourne à la promotion des spectacles suivants
et pars donc un quart d’heure plus tard, eu égard à la lenteur de Cheng Wei.
9h20,
je suis à la voiture.
Mon téléphone sonne deux fois et s’arrête.
C’est le signal de Cheng Wei pour me dire qu’ils sont au point de rendez-vous.
Finalement, ils sont à l’heure.
Ils ont dû être chanceux dans les temps d’attente à l’arrêt de bus et à la station de métro.
Du coup, ils vont devoir patienter cinq bonnes minutes, le temps que je les rejoigne.
9h25,
en un temps record, ils mettent leurs valises dans le coffre et sautent dans la 107.
Le conducteur de la voiture derrière nous n’a même pas eu le temps de s’impatienter assez pour klaxonner.
(ou alors c’est un chauffeur patient)
10h05,
nous sommes à Martigues.
Pour la troisième fois, nous arrivons à la même heure.
Vitesse de croisière je vous dis.
Mais cette fois-ci, Anaïs est derrière nous.
Mike n’arrivant que vers 11h, serions-nous donc les premiers ?
Hélas non.
Mais un hélas heureux :
dans le hall de l’espace Picasso, nous attend cette silhouette que je connais bien.
La barbe, la casquette, la petite valise magique,
c’est Fred !
Une quatrième étape dans les retrouvailles..
Celui qui va m’alléger de tant de choses,
Qui voit mon travail comme personne et le met en valeur comme jamais je n’arrive à l’imaginer est enfin là.
Celui qui fait des tournées mondiales avec des groupes internationalement connus
et qui accepte malgré tout de prendre du temps pour moi
alors qu’il pourrait rester tranquillement avec sa compagne,
nous attend là, à l’accueil.
Fred.
Qu’est-ce que je suis content de le voir !
Ce lundi nous changeons d’équipe technique.
Aux lumières, celle qui épaulera Fred s’appelle Anne.
Elle, je la reconnais.
Je l’ai croisée aux rencontres chorégraphiques de la FFD.
Du côté du son et du vidéoprojecteur, nous travaillerons avec Joseph.
Visage rond, lunettes cachant un regard rieur, queue de cheval ...
Je la sens bien cette équipe.
Et ça tombe bien puisque c’est celle qui sera avec nous jusqu’à la fin de l’aventure martégale.
Première mise au point,
l’heure de la pause.
Aujourd’hui, le rythme sera différent.
On va avancer parties par parties pour que Anne et Joseph découvrent toute l’histoire,
que Joseph, commence à retenir les tops musique et vidéo,
et que Fred voit de ses yeux ce que je lui ai déjà envoyé en notes
(notes sur lesquelles il modifiera au fur et à mesure ce que nous avons décidé de changer entre temps).
Il est 10h20,
on est presque prêts à se chauffer.
Je propose 13h.
Un peu plus tôt que d’habitude mais ça va le faire.
En plus, vu le ton de la discussion, je sens que c’est une heure indicative.
Au pire des cas, on pourra un peu continuer sans eux.
10h35,
nous sommes sur le point de commencer la barre quand Mike arrive.
Je lui dis toujours d’arriver plus tard vu qu’on n’entre dans le vif du sujet qu’au plus tôt vers 11h
mais je dois me faire à l’idée qu’il préfère être avec nous.
Je n’ai pas encore l’habitude de ça.
Jusqu’à maintenant les danseuses arrivaient quand elles pouvaient,
(parfois ... quand elles voulaient ... mais pas comme l’entend Mike ...)
Avant de s’y mettre, on fait le selfie de l’étape 4
On y est presque tous cette fois …
Après la barre, on danse chaque partie dans l’ordre.
Indiquant à Fred, Anne et Joseph, les entrées, les sorties, les tops,
les séquences qui s’enchaînent, les moments où les micros doivent être ouverts.
Chacun prend ses notes,
on peaufine les danses.
Pour être dans une totale continuité, il nous manque « le bureau de tabac ».
On le fera ce soir quand Fred partira.
Je dirai à Anaïs de partir plus tôt aussi.
13h15,
nous partons tous ensemble à Carrefour Market.
Même Anaïs, qui a pourtant sa gamelle préparée amoureusement par William
(ce qui commence à nous exaspérer un brin).
Puis nous retournons déjeuner dans le patio.
Je les regarde, tous, installés sur les faux galets, plutôt détendus,
la connivence s’installe.
Ce sont des gens de bien.
En tous cas, ils sont chers à mon cœur.
Il n’y a pas de raison que rien ne se passe bien.
14h30,
on y retourne.
Cette fois-ci, la technique est un peu plus au fait de tout ce qu'il y aura à faire.
Fred s’installe dans le public avec sa petite console.
Pour l’instant, Anne n’a pas grand chose à faire mais je sais qu’ils travailleront ensemble en temps voulu.
Joseph est en régie avec mon disque dur.
Le vidéoprojecteur est prêt.
Et l’image n’est pas déformée aujourd’hui ...
On a juste un souci à résoudre :
les petits signes « play » et pause » qui apparaissent à l’écran.
Question de logiciel.
Fred me dit qu’il sait comment faire.
Je lui fais confiance.
On reprend,
tranquillement mais sérieusement.
Partie par partie,
une nouvelle fois.
Avec des pauses techniques, des pauses danseurs, des pauses générales,
des fous rires, des auto-agacements, et une bien belle relation qui s’installe dans l’équipe,
à tous les niveaux.
Les choses se mettent en place, lentement,
et agréablement.
Un peu comme le soleil se lève sur un paysage de campagne dont les brumes matinales capitulent peu à peu.
Le selfie du matin,
où l’on s’y reprend à plusieurs fois :
les tops sont nombreux …
Cheng Wei pousse le jeu jusqu'à faire un vrai selfie.
(aujourd'hui, il n'a pas oublié sa perche à selfie)
le prologue,
que l’on refait pour le top musique mais surtout pour les placements,
le « kiss of an angel »,
qui accroche encore un peu,
le solo de Wan Chu,
que l’on double aussi, par sécurité,
le duo au thé,
Là, il y a toute une installation à faire et une organisation précise avec la bouilloire,
qui doit être préparée avant et dont l’eau doit monter à 95 degrés le plus rapidement possible.
Techniquement, ça n’a pas l’air de poser de souci.
La bouilloire sera branchée en coulisses et on gèrera.
Il ne me reste plus qu'à amener ma bouilloire ...
C’est marrant comme les choses deviennent simples avec des gens calmes et compétents.
La traversée,
qui, hélas, nécessite aussi un deuxième passage,
le duo au parapluie,
Cijin,
c’est beau quand même ...
(mais on le double malgré tout, on ne sait jamais)
Mike n’est plus du tout en accord avec les tops.
Je me demande si je ne me suis pas trompé dans les temps de silence en éditant la vidéo hier.
On met les danseurs en pause et on vérifie rapidement sur l’ordinateur où j’ai gardé l’ancienne version.
Ça ne vient pas de la technique.
Il faut que Mike se cale.
Ou qu’il se calme,
sûrement un peu des deux.
C’est juste une question de travail.
Le pauvre.
Si nous, nous avons eu maintes occasions de « faire tourner » les danses.
C'est une des premières fois où il le texte en adaptant son rythme au défilement de la vidéo.
Il lui faut encore un peu de temps.
Et nous en avons.
De toutes manières, si ça ne marche pas dans quelques jours, je pourrai toujours faire d’autres découpes dans le film.
Cela fera plus de tops pour Joseph ...
Mais on s'en sortira.
Je ne le vis pas comme un problème, on trouvera.
Aujourd’hui, tout se passe si bien ...
On passe au solo de Cheng Wei,
et puis à « Rentrer »,
où je me rends compte que je n’ai pas mis dans le disque dur, la dernière version que j’ai retravaillée hier.
Je le note pour ce soir à la maison.
On a toujours la version de la semaine dernière pour s'entraîner.
Voilà un premier bout à bout qui n'est pas si éloigné d'un brouillon de filage technique.
Tout ça augure tout de bon.
J'aime ce trio en régie.
Je sens que je vais pouvoir me reposer sur eux, comme cela m’était rarement arrivé.
Il n’est pas encore 18h,
on est dans les temps.
On peut reprendre ce qui est encore fragile.
D’abord, le solo de Cheng Wei, avec mes entrées.
C’est la danse la plus fragile.
Il faut dire que cette danse est placée juste après une longue partie où on danse peu,
il faut que le jeune homme s’habitue, se prépare …
Il faut aussi que je m’habitue :
aussi bien pour lui que pour Wan Chu,
c’est souvent dans ces derniers jours que les solos, qui tournaient bien jusque là,
recommencent à déraper.
Et plus ou moins dans les mêmes travers que pour les pièces précédentes.
Trouver le bon rapport au sol, la bonne énergie, garder son calme …
Le trac est déjà là, en embuscade ...
On le filme pour mémoire.
Cela me permettra de voir si ce que je fais me plait.
Vous avez peut-être compris au début de la vidéo
que Cheng Wei, mécontent de sa prestation dans le filage précédent,
me demande de danser pieds nus.
Cela fait partie de ses choses qui apparaissent dans les dix derniers jours.
Et je ne peux pas répondre à sa place.
Moi, je veux qu’il se sente bien.
Pieds nus ou en chaussettes, c’est à lui de choisir.
Vous avez aussi entendu la connivence qui s’est déjà installée entre ce cher Joseph et nous.
Je crois que je vais tout le temps l’appeler au micro que de cette façon maintenant …
Après le solo, on reprend les couchers de soleil.
Puisqu’on a du temps, autant qu’on en profite.
Mike peut enfin trouver le bon rythme,
et je peux essayer de ne pas trop bafouiller.
18h30,
je libère Fred.
Il est temps qu’il redevienne un père de famille et qu’il rejoigne son foyer.
En rangeant sa mallette magique, il me dit qu’il est content de passer du temps avec nous,
surtout au vu de ce qu’il vient de voir.
Ça fait chaud au cœur ...
Je libère Anaïs aussi de ses obligations de danseuse,
(même si je sens que l’on n’est loin de l’obligation, et que ça aussi, ça fait chaud au cœur)
puis, nous travaillons, comme prévu, la scène du bureau de tabac.
Pas si simple.
Le texte est à quatre voix et en trois langues.
(vous pouvez le trouver ici)
Comme pour « les couchers de soleil »,
on cale les mots en français sur lesquels Wan Chu et Cheng Wei doivent réagir :
se mettre en mouvement, parler entre eux, me poser des questions …
Même si on choisit les mots les plus simples, ça n’est pas facile.
Mais personne ne s’énerve.
Bien au contraire ...
Cela nous donne encore l’occasion de bons gros fous rires.
Comme les moments où Wan Chu doit dire « huan ying », le bienvenu mandarin,
qu’elle oublie à chaque fois.
Parfois Cheng Wei répond à sa place en prenant une voix suraiguë,
parfois je tape discrètement le pied de ma collègue,
ce qui l’a fait rire plutôt que parler,
bref, pour l’instant, ça n’est pas gagné,
mais qu’est-ce qu’on rit !
Et après tout, ça n’est que la première fois.
On va le répéter presque tous les jours de la semaine maintenant.
Je filme notre dernière lecture, et on n’y coupe pas, le bienvenu de Wan Chu a du mal à venir.
19h,
extinction des feux.
Ce premier jour d’une semaine bien remplie me plait bien.
Dommage qu’il y ait deux jours fériés pendant lesquels l’auditorium est fermé.
Je sens que l’on va passer du bon temps avec cette équipe-là.
Le retour jusqu’à Allauch est long.
Nous sommes nombreux sur la route.
Jennifer me propose bien-sûr de rester boire un verre
mais je sais à quel point cette invitation est piégeuse.
Les vins sont bons dans cette maison.
Et je me souviens des dégâts que cela fait les jours de répétitions suivants …
En plus, il faut que je transfère le solo de Cheng Wei, de l’appareil photo à l’ordinateur,
que je fasse aussi voyager la nouvelle version du film de « Rentrer » de l’ordinateur au disque dur,
et puis surtout il faut que je me repose.
Donc, je décline l'invitation et je rentre.
Demain matin,
pas de rendez-vous.
On ne se verra qu'après le café du déjeuner ... au moins.
C’est le 8 mai.
Il faut marquer le coup quand même.
Du coup, j’aurais peut-être pu rester boire un …
Non, je rentre.
(et je m’étonne moi même d’autant de raison)
On se verra dans l’après-midi à La Ciotat
où nous restera une belle chose à partager :
l’épilogue.






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