15/09/18 - 3 - Taiwan été 2018 - la création - Jour 21 (3) - Chroniques Formosanes à Taïwan - 3e !


Un réveil difficile,
la visite d'Ally,
encore une bien belle représentation,
et des retours ... parfois étonnants









Samedi 15 septembre, 18h30

C’est ce que me dit mon téléphone quand j’ouvre un œil après cette sieste décompressive.

Il ne me reste qu’une heure avant le prochain épisode.

Vite,
se réveiller.
Avant que ça me sorte de l’esprit, je poste sur les réseaux sociaux l’épisode, plein de poésie, de la visite de la pluie pendant le spectacle de cet après-midi, puis je vais sur le plateau me chauffer un peu.



Je suis dans le coaltar quand je m’écroule dans le bain de lumière bleue.

Se réveiller, se réveiller !
C’est pour le moins paradoxal de se répéter en boucle cette phrase en adoptant le plus rapidement possible la position couchée.
Quel est donc le processus mental qui m’a fait me jeter par terre, presque comme un réflexe, alors qu’une attitude plus dynamique aurait peut-être été plus efficace ?

Probablement l’idée qu’il faille, avant de ne tenter quoi que ce soit, faire le tour de mes douleurs.
Plongé dans cette réflexion, que je m’étonne d’avoir eu si tôt après un réveil, j’inspecte comme quelques heures plus tôt, l’état de mon corps de danseur vieillissant.



Cheng Wei tente de me parler.

Grave erreur.

Il ne sait pas qu’il faut à tout prix éviter de m’adresser la parole tant qu’une partie de mon esprit est encore dans les bras de Morphée.

Je ne sais pas ce qu’il me dit mais je lui lance un « je peux finir de me chauffer ? » bien trop agressif pour être sincère.
Mon ami malchanceux disparaît.

Heureusement qu’il n’est pas susceptible le pauvre.


Il aurait pourtant pu envisager ce manque de convivialité de ma part à peine tombé d'un lit.
Je me souviens l’avoir vu dans le même état, ça n’était pas plus glorieux.


Après avoir fait le tour de la question,
(le résumé de l’inspection pouvant se résumer en une phrase : j’ai mal à peu près partout),
je remets la mécanique en route.

Comme hier, cela va assez vite.
Malgré les douleurs, il y a encore des bons restes du dernier spectacle.

Ce qui fait que mon corps est plus ou moins en état de marche alors que mon esprit sort à peine du brouillard.
Drôle de sensation.
Attendre encore un peu que l’horizon s’éclaircisse.


Une fois que je me sens assez sociable, je rejoins les autres de l’autre côté du mur du fond.

Ha Bao est à l’entrée des loges.

Il bloque le passage à quelqu’un qui veut rentrer.

C’est Li Jen, Ally de son prénom anglais, la professeur de danse classique de Tsoying.

« My little sister » comme je l’appelle.

Je dis à Ha Bao de la laisser passer.

Elle me regarde avec un grand sourire et me tend un paquet.

Ally …

Incapable de venir les mains vides.
Cette année, « little sister » a décidé de m’offrir l’ustensile incontournable de tout voyageur qui se respecte.

Vous en avez sûrement vus dans les halls d’aéroport autour du cou de passagers sortant de longs courriers.
C’est un coussin qui enserre la nuque et la maintient assez droite pendant le sommeil.
Très pratique quand on s’endort assis dans les sièges des avions.

J'ai écrit « cette année » parce que pour « la Septième Nuit », elle m’avait offert du pain.
Cadeau étonnant, certes.

Mais cadeau quand-même.
Et même cadeau de qualité car le pain venait de chez Pasadena, mon traiteur chic préféré !


Oui, je sais …
j’aurais pu me contenter de photographier le pain mais j’avais préféré faire toute une série de photos plus ou moins ridicules.
Je vous assure que cette photo était la moins pire ... et que ce pain sentait vraiment très bon.
Adorable Ally.


Wan Chu la connaît bien, Cheng Wei aussi.

Ils discutent un peu en mandarin et puis on prend congé de notre amie, qui comprend très bien que l’on ait besoin d’un temps de concentration avant l’attaque.
C’est que cette chère Ally, qui a six mois de moins que moi (d’où le little sister), monte encore très régulièrement sur scène.
Ce qui n’est pas si courant pour une danseuse classique.
Je dois pouvoir trouver une ou deux photos.
Ne bougez pas.






Je ne ferai jamais à l’idée qu’on a le même âge.


Avant de faire la mise, on se remémore les erreurs faites cet après-midi et les petites corrections opérées.

Cette fois-ci, ça va être bien.

À moins qu’il y ait de nouvelles erreurs qui apparaissent …
(j’ai bien peur que la solution que je viens d’écrire soit la plus proche de la réalité mais si on n’y croit pas un tant soit peu, à quoi bon ?)

Mes camarades de jeu partent installer leurs costumes pour les changements en coulisses, je fais mollement de même, puis je vérifie que mes accessoires soient à leur place et prêts à l’usage.

Le sac marron, avec à l’intérieur l’appareil photo et le billet de 1000 dollars taïwanais pour la scène du bureau de tabac, et aussi tout ce qui faut pour le thé.
Je commence par la théière.
Quand je m’apprête à la rincer, je me rends compte que quelqu’un l’a déjà fait.

Je vais voir la bouilloire, elle est prête.
Je passe donc au sac marron, il est aussi préparé.

Je ne saurai jamais qui, mais quelqu’un a tout mis en place pendant que je dormais.

Des perles !
Je travaille avec des perles.

19h,
le public ne va pas tarder à rentrer, il est temps de retourner à l’arrière.
Avant de disparaître, je crie « good luck ! » à l’équipe technique.

Une dernière révision de toutes les danses où les directions ont été « créatives » à la représentation précédente,
un petit tour des amis, en pleine préparation, histoire de vérifier que tout le monde va bien,
et je n'ai plus d'autre choix que de ... m’habiller.


19h34,
Ha Bao donne le top.

On se souhaite bonne chance avec nos rituels habituels,
on longe le mur du fond,
le bleu disparaît,
c’est parti.



La concentration est là.
La mécanique se met en marche.

À chaque repère du premier texte, chacun est à sa place.
Ça sera la même chose pour tout le reste du spectacle.

On traverse chaque scène sans accrochage.
La fluidité apparue au fil des filages et des spectacles, s’est désormais installée.

On sait quoi faire dans les coulisses,
pour être prêt au bon moment, pour aider les collègues dans les changements de costume très rapides,
on sait où souffler, où plaisanter, quand il faut se concentrer,
et sur scène, on rattrape mieux que jamais nos petites erreurs (évidemment que l’on en a fait, vous pensez bien !)

Avec une semaine supplémentaire, la confiance serait là et …

Mais la dernière est déjà en vue.

Ça va être dur demain.

Revenons un peu à ce que j’ai mis discrètement entre parenthèses.
Nos petits errements …
Quand j’ai écrit que l’on savait quoi faire, quand le faire et où, je parlais surtout de mes collègues parce que personnellement, j’en ai encore fait une belle.
Innovation dans l'erreur : le dérapage ne s'est pas déroulé sur scène.
J’ai apparemment décidé que ça n’était pas assez stressant de faire des changements rapides en coulisses.

Pour corser un peu la chose, j’ai posé certains éléments de mes costumes aux mauvais endroits,
ce qui m’a obligé à courir (discrètement) entre les pendrillons pour retrouver tout ça.
Quelle idée aussi, de faire ma mise quand je ne suis pas encore totalement réveillé ?

Inversion des rôles, ou échange d'énergies façon vase communicant,
pour ces troisièmes chroniques sauce taïwanaise, c’est Cheng Wei qui est fatigué à la fin de son solo.
Quand je m’appuie sur lui, je le sens bien plus faible que d’habitude.
Le pauvre.
Il y a eu tellement de stress ces derniers jours.
Alors, j'allège la charge et fais la dernière remontée presque seul, gardant délicatement mon bras sur son épaule.
Ce soir, c’est moi qui chuchote : « voilà, c’est la dernière » quand je fais le rond de jambes qui nous pose dans la coulisse.
Le typhon a insisté sur le fait que la pluie aurait dû faire partie de la musique.
Les gouttes ont entamé leur chant au début du solo et se sont arrêtées peu avant que je laisse mon ami dans les coulisses pour rejoindre Çong Yen dans l'intermède de l'addition.

De ce que je vois de « rentrer », tout le monde nage un peu dans les entrées sur scène.
Ça n’est pas si grave (puisque l’on fait si bien semblant maintenant) mais il va peut-être falloir que l’on se remette au clair là-dessus.
On en parlera demain.

Quant à l’épilogue, les images deviennent de plus en plus pesantes pour moi.

Le regard de Wan Chu, que je croise au début quand je commence en reculant, en dit long sur ce qu’elle ressent.

Ça va être très dur demain.

Des applaudissements chaleureux à cette troisième représentation.

Les samedis soir c’est toujours comme ça en France.

Serait-ce pareil ici ?

Il faudra que je vérifie la prochaine fois.
S’il y en a une …


Nous voilà à nouveau assis sur nos chaises faisant face au public.
Je suis le premier à m’installer, ce qui m’étonne un peu puisqu’en général, c’est Cheng Wei qui bondit des loges avant tout le monde, mais je n’en ai pas noté la raison.
Sa grande fatigue peut-être …


Le temps que mes collègues arrivent, je fais l’idiot.
Même si tout le monde ne comprend pas ce que je dis car je parle anglais.
Hélas.

La première réaction du public a concerné Anaïs.
Alors que nous peinions à faire démarrer l’échange,
(ce qui m’a rappelé à quel point les taïwanais pouvaient être timides parfois) une main s’est levée.
C’est une adolescente.
Quand le micro arrive jusqu’à ses mains, on comprend que ça n’est pas pour elle qu’elle a demandé la parole mais pour sa copine, qui glousse à côté d’elle en mimant un grand non avec les bras pour tenter d'annuler l'opération.
Trop tard.
Devant le fait accompli, la copine de la courageuse, ose répéter ce qu’elle venait de dire à sa camarade.
Elle regarde Anaïs et lui dit :
« je trouve que vous êtes très jolie »
Nous y voilà.
Après Wan Chu qui avait subjugué le public français dès sa première apparition dans la « Septième Nuit » il y a cinq ans, voilà donc qu’Anaïs lui rend la pareille ici.
Pendant que je regarde ma collègue, particulièrement gênée, intérieurement je ris, car je sais que j’ai une anecdote dont je vais pouvoir me servir pendant des mois.
Cheng Wei et moi allons même pouvoir remettre au goût du jour notre blague de l'époque où nous avions décidé que nous ne danserions plus vu que tout le monde n’avait d’yeux que pour Wan Chu.
Cette fois-ci, on allait laisser les filles envouter le public en faisant consciencieusement la sieste sur le plateau.
De nouvelles raisons de rire.
J’aime bien l’idée.
Cela dit pour revenir à la spectatrice, on est bien d’accord avec elle.

Dans le public ce soir, il y a quelques jeunes étudiantes qui ont pris mes cours quand elles étaient au lycée.
De manière assez fine, elles me posent une question qui me pousse à raconter à tous, le plaisir que j’ai à travailler à Tsoying.
C’est tellement touchant.


Les autres retours sont un peu semblables aux autres séances.

Au rayon des nouveautés, on m’a demandé quel était le thème du solo de Wan Chu.

Je pensais qu’avec le texte qui parlait de la femme taïwanaise et l’idéogramme signifiant « femme » qui apparaissait en gros sur l’écran, le message était clair mais bon … j’ai expliqué.
Il y a eu aussi cette remarque étonnante d’une jeune femme (enfin étonnante pour moi) :
« les couchers de soleil sont les mêmes partout »
Je sens mes collègues frémir.

Ils savent que je considère cette phrase comme une hérésie.
Je lui réponds le plus diplomatiquement possible qu’à mon avis, elle est loin de la vérité et je lui explique que peut-être elle ne regarde plus vraiment, ou encore qu'elle en a perdu l’habitude.
C'est ce que l’on fait tous bien souvent quand on vit à côté de quelque chose de beau.
On oublie d’ouvrir grand les yeux.
On oublie la chance que l’on a.
Mon interlocutrice n’a pas l’air très convaincue par ma réponse.
Elle le sera plus tard peut-être, quand elle retournera au bord de la mer.

La jeune femme enchaîne :
« et c’est pour ça que vous revenez à Taïwan, pour les couchers de soleil ?
- hola non ! il y a tant de choses qui me rappellent ici : les amis, le travail … et puis surtout la gentillesse des gens.
Car la plus belle chose qu’a cette île, c’est vous »
Le public applaudit.

21h30,
le public quitte les gradins.
Ally vient nous voir avant que nous rejoignions les loges.
Elle est accompagnée de Su Ling, qui avait donc bien reçu mon message ce matin, et aussi de Yun Lee, le chorégraphe coréen avec qui j’avais dîné au début du mois dernier,
Tout le monde veut ses photos souvenirs.

On obtempère.







Vous découvrez donc à quoi ressemble la fameuse Su Ling, directrice du département danse du lycée de Tsoying.
Comme pour ma chère Ally, j’ai été très longtemps incapable de lui donner un âge.
Mais j’ai depuis peu une petite idée :
au moment où j’écris ce texte, elle savoure sa retraite, prise le mois dernier.
Quand je lui ai demandé ce qu’elle allait faire de tout ce temps libre,
elle qui était dans les bureaux de 8h à 20h du lundi au samedi,
elle m’a répondu qu’elle irait … au lycée, aider son assistante, devenue directrice,
mais sans la pression qu’elle avait avant.
Su Ling …
Elle a fini notre conversation par une phrase qui en fera frémir plus d’un :
« work is fun »

Dans les loges, Wan Chu et Cheng Wei sont très excités.

Ils parlent entre eux en chinois.
Je me sens un peu exclu de leur joie mais je les comprends.
C’est bien plus facile d’exprimer son contentement dans sa langue maternelle.

On a d’ailleurs dû probablement faire pareil en France.
L’important c’est qu’ils soient heureux.

Je pense à Anaïs qui ne comprend pas plus la discussion que moi.

Pour la faire rire, je vais la voir et transforme certains sons de mandarin de leur conversation, en des mots français approchants, ce qui bien-sûr donne des phrases qui n’ont aucun sens.

Elle rit.
Nous voilà tous dans la même direction.

Débriefing d’après spectacle.

Quelques petites choses ça et là, comme prévu, mais rien que le public ait pu vraiment remarquer.

Pour « rentrer », je n’avais pas rêvé.
Il y a bien eu un flottement dans les entrées.
Cheng Wei n'est plus très sûr de ce qu'il a fait,
quant à Wan Chu, elle est certaine d'avoir bugué.
La taïwanaise nous explique qu'elle ne sait plus trop si ce qu’elle fait est juste.
Quand elle dit cette phrase, Anaïs nous regarde bizarrement.

Je me demande bien pourquoi.
On se dit qu’on règlera ce souci demain.



Wan Chu, qui est décidément très volubile ce soir, nous dit qu’il faut partir au plus vite pour se coucher tôt :
« demain, il y a les fiancés ! » 

Elle dit cette phrase en tapant son parapluie dans la main.

On ne sait pas trop ce qu’elle veut dire mais …
on rit.


Puisque la taïwanaise nous a ordonné de partir sans délai, je range mes affaires.

Anaïs est prête avant moi.
Je suis toujours lent pour faire ce genre de choses mais là, c’est pire que d’habitude.
Il faut être patient avec les vieux danseurs désorganisés.


On vérifie que l’on a laissé ce dont on n’aura pas besoin avant demain midi et on quitte les lieux,
Ha Bao fermant le cortège les poubelles à la main.

Ah !
Je ne vous ai pas raconté ça !
Si Ha Bao sort ostensiblement les poubelles, c'est que nous avons vécu un autre intermède incongru pendant que Cheng Wei dansait.

Alors qu’il faisait les premières courses qui sont au début de son solo, une souris a traversé le plateau.

Un rongeur mélomane, ou amateur de chorégraphie.

On nous avait prévenus de ne pas laisser de nourriture le soir parce qu’il y avait parfois des « visiteurs » mais nous n’en n’avions jamais vu.

Ne jamais dire jamais …
Donc Ha Bao fait en sorte que personne n’ait envie de passer la nuit là où nous passons nos journées,
et sort les poubelles.

Comme les autres soirs de cette semaine, Anaïs et moi traversons le parc pour rejoindre le métro.

Je me sens bien ce soir.
Très fatigué, mais bien.
L’air est presque frais de la pluie tombée une heure plus tôt.

Encore une fois le plaisir de l’après de ces pluies tropicales.
Mais cette fois-ci, j’ai assez d’énergie pour apprécier.
Alors, j’allume une pipe.

Marchant d’un pas tranquille, mon amie et moi reparlons du spectacle.
Les sensations, les rires, les erreurs …
On en revient au bug de Wan Chu.

Elle m’explique que, jusque là, quand sa collègue était « créative », elle avait réussi à adapter sa partition pour qu’elles puissent danser la même phrase au moment où c’était prévu,
mais cette fois-ci, elle n’avait pas pu.

Voilà pourquoi son regard !
Décidément, ces entrées de « rentrer » …
Si je croise le chorégraphe …

On reparle de tout ça demain de toute façon.

La pluie revient.
On ouvre tous les deux nos parapluies, on continue notre chemin,
et je trouve ça très joli.
Cette marche, filmée, avec un joli texte dit par Mike.
Cela ferait un bel instant poétique dans un spectacle.
Une autre image de passation ...

On parle peu dans le métro.

Je crois que l’on a la même chose en tête : la suite.
Demain.

La séparation.
le voyage.
La rentrée.


J’évoque la chose de vive voix et lui dis : « je crois que ça valait le coup »
Ce que je lis dans ces yeux est plus beau que toutes les réponses.

Je l’embrasse à Formosa et me dirige à pas posés vers la surface.



Zongshan road.

Je marche très lentement ce soir.

Pas seulement à cause de la grande fatigue.

La mélancolie des derniers jours apparue ce matin est bel et bien installée.

Je fais cette balade de nuit pour la dernière fois, ce qui donne à tout ce que je vois une couleur singulière.
Ces boutiques de costumes de mariage, encore ouvertes,
le « Sophie Marceau » écrit en grandes lettres lumineuses,
les taxis qui attendent à l’entrée du night market de Liouhe, très animé ce samedi soir,
Cisian road et son supermarché décidément encore ouvert,
Bade road, ses magasins d’électronique,
le canal d’Hebei que je connais par cœur, où j’ai tant de souvenirs, bons comme mauvais,
je m’arrête pour le regarder.

Je n’ai pas le courage de sortir l’appareil photo.

Égoïstement, je garde ce moment,
pour moi.

Le gardien est en train de manger quand je rentre dans l’immeuble du 231.
Je vais faire de même dans quelques minutes, avec la dinner box à laquelle je n’ai pas touché après ma sieste.

J’espère juste que les souris mélomanes n’ont pas décidé de vérifier que ça n’était pas empoisonné …

Voilà,
c’est l’avant-dernière nuit,
et c'était l’avant-dernier spectacle,
je suis épuisé, mais je suis bien.


Après mon dîner, je savoure les deux dernières glaces qui restent au freezer.

Il va falloir le vider lui aussi.

Ou Cheng Wei mangera ce qu’il restera.



Je m’autorise à veiller jusqu’à 1h, pour prendre le temps des dernières heures ici.
De toute manière, demain, il n’y a pas grand chose à faire.

À part revivre tout ça,
une dernière fois.






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