14/09/18 - 1 - Taiwan été 2018 - la création - Jour 20 (1) - matin de première
l'image toujours.
Un rendez-vous manqué
et une belle surprise.
Non, là, ça n’est vraiment pas possible.
Je me rendors.
6h20,
bon,
entre ce que j’ai à faire et le repos dont j’ai besoin,
je crois que l’on a un bon compromis.
J’allume la radio et la bouilloire, je tire les rideaux,
grand soleil.
Je crois que l’on peut être rassuré, le typhon est vraiment allé voir ailleurs.
Cela dit, je me souviens de la première fois où j’ai eu affaire à cette aventure locale.
À 6h, je buvais un thé sur le toit terrasse du studio où j’étais en résidence,
une heure après, la pluie s’abattait sur nous et ne nous quittait que 28h après.
Alors si ça se trouve …
Mais pourquoi faut-il toujours que je noircisse le tableau ?
On est donc vendredi 14 septembre,
le ciel est bleu,
et le typhon est loin.
Vu que j’ai converti la dernière vidéo hier soir, avant de me coucher,
ce matin, je n’ai quasiment rien à faire pour le spectacle.
Ça alors ! Cela ne m'était plus arrivé depuis ... depuis pas si longtemps en y réfléchissant bien.
Mais ces dernières journées ont été tellement intenses que j'ai la sensation de ne pas avoir eu de matin calme depuis un bon mois.
Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire ?
D'abord, petit déjeuner.
Ensuite ? Et bien écrire !
Je note tout ce que vous avez lu dans les six articles précédents.
Six articles pour deux jours.
Quand j'écrivais « intenses », je n'étais pas loin de la réalité.
Ce sont les dernières pages blanches de ce carnet.
Pour pouvoir partager avec vous la fin du voyage, il va falloir inaugurer un nouveau contenant.
Dans la foulée des deux dernières journées, j’écris tout de suite ce que je suis en train de faire.
Comme ça, c’est fait.
J’en arrive donc à écrire que … j’écris.
Vous vous souvenez qu'il y a trois ou quatre étapes entre le moment où je noircis les pages d'un carnet et celui où vous lisez quelque chose.
La première est de transformer le matériau manuscrit en tapuscrit.
Pour cela je relis mes notes, ce qui est toujours émouvant et parfois un peu compliqué car je n'écris pas forcément très bien,
puis, j'en fais un premier texte qui nait dans ma tablette.
Quand j'ai réalisé cette opération à propos de ce que je vous raconte aujourd'hui, j'ai vu que j'avais conclu ce temps de rédaction par :
« voilà, tout est dans le carnet, il ne me restera que samedi, dimanche et lundi derniers à raconter »
J’avais donc encore ce vendredi-là, l’ambition de noter quelque part en détail ce qu’il s’est passé pendant ces trois jours.
Nous savons maintenant que je ne l'ai jamais fait.
Après une bonne heure d'écriture, je choisis le carnet que je vais remplir ces prochains jours.
J'en prends un ni trop grand, ni trop épais.
Comme ça, il ne me servira qu’à finir cette aventure.
Je choisis celui-ci, offert par Bk, le mari de Hsiao-Yin, mon amie chorégraphe de Taipei, il me l’avait offert lors de mon dernier passage le mois dernier.
10h,
je regarde la vidéo du thé mise format désiré par la technicienne.
Elle fonctionne très bien mais elle est un peu grosse.
J’espère que ça ne posera pas de souci à notre amie de la régie.
Alors, il faut que je vous explique deux choses.
La première,
c’est que depuis le début, cette histoire de format me tracasse.
Ça me paraît bizarre qu’un logiciel refuse mes vidéos.
En réfléchissant au pourquoi de la chose, je me suis dit que cela ne venait peut-être pas du format, mais plutôt de la taille des fichiers.
Pour ceux qui s’y connaissent, j'exporte mes films en Vidéo QuickTime, ce que l’on appelle généralement « .mov ».
C'est un format très courant, mais les «.mov » sont plus volumineux.
C’est peut-être pour ça que la jeune femme les a convertis en mp4.
Les fichiers de ce format-là prennent moins de place.
Un peu comme les mp3 pour la musique.
Vous suivez ?
La deuxième chose qu’il faut que je vous explique
(c’est très technique aujourd’hui vous avez remarqué ?)
C’est que quand on convertit une image, animée ou non, on a le choix entre plusieurs qualités de compression.
Plus on est exigeant sur la qualité du film, plus il prend de place.
Vous suivez toujours j'espère ?
Fin des explications.
Revenons-en à la vidéo du thé.
Pour ma conversion d’hier, vous me connaissez, j'ai choisi la meilleure qualité de compression.
Si vous avez suivi, vous pouvez en déduire que même au format mp4, mon film est quand même un peu volumineux.
Alors dans le doute, pour éviter que ça coince à cause d’un problème de taille, je lance une compression de qualité moyenne.
Si jamais la première ne passe pas, on aura au moins celle-là.
Je me disais bien que ça n'était pas bien normal que je n'ai rien à faire ce matin ...
10h30,
la compression est à 95%.
J’ai prévu de partir à 10h45.
Je vais me doucher et préparer mes affaires.
Le temps que je sois prêt, ça sera fini.
Tout est sous contrôle.
10h42,
je reviens à l’ordinateur.
C’est toujours à 95%.
Ça sent le bug … et le retard.
Pourquoi faut-il que j’aie toujours des choses stressantes à vous raconter ?
Garder son calme.
D’abord, prévenir tout le monde.
Message à Anaïs et Wan Chu pour qu’elle partent à leur rythme,
puis message à Cheng Wei pour qu’il me récupère en scooter au métro,
ce qui me permettra de gagner cinq vraies minutes et aussi un peu d’énergie, ça ne sera pas du luxe.
Je lui enverrai un second message quand je passe le Centre Culturel, le temps que j’arrive il aura fait le chemin depuis chez lui.
D’ailleurs, en lui écrivant je me dis qu’Anaïs pourrait faire pareil avec Wan Chu.
Elle n’a pas encore fait de balade en scooter.
Demain peut-être.
Retour au logiciel de conversion.
Rien n'a bougé.
J’attends encore un peu en râlant contre moi-même.
J’aurais dû me lever à 5h, ou lancer plus tôt cette compression pendant que j’écrivais.
11h,
on est toujours à 95%.
Je laisse tomber, vérifie que j’ai toutes mes affaires et ajoute à tout mon fatras, l’ordinateur.
Si la version volumineuse ne passe pas dans le logiciel de notre amie, je tenterai une nouvelle compression au théâtre.
11h05,
je suis dans l’ascenseur.
Je dis nerveusement bonjour au gardien (le pauvre …) .
Quand je sors, je vois le 248 passer.
Ne pas s’énerver.
On aura le temps de tout faire.
Il y a très peu de choses à revoir.
Tout s’est plutôt bien passé hier soir.
Je pars vers Formosa en marchant comme je peux.
Ma bonne étoile fait ce qu’elle peut pour m’aider : tous les feux sont au vert pour moi, je n’ai pas à attendre.
11h15,
message à Cheng Wei depuis le métro.
11h20,
je suis à Weiwuying,
je prends la sortie 4, c’est l’endroit où il devrait arriver.
Dehors, personne.
J’attends un peu,
puis m’apprête à envoyer un message quand mon téléphone m’indique que quelqu’un a cherché à me joindre.
C’est Cheng Wei.
Il m’attendait à Fongshan West la station suivante.
J'éclate de rire.
J’aurais dû m’en douter.
C’est là que l’on se donne rendez-vous d’habitude.
Décidément, ce matin encore, tout va de travers.
Je lui dis d’avancer vers Weiwuyin et de regarder sur le trottoir, il me verra.
Je marche dans sa direction et le croise avant le carrefour suivant.
11h25,
nous sommes au 281.
Beï Ji discute dehors avec les autres techniciens.
Il nous salue et explique à Cheng Wei qu’ils sont, eux aussi, arrivés en retard.
Pourquoi ?
Parce qu’ils ont compressé le film ce matin.
Garder son calme.
Allumer une pipe.
Au moins c’est fait.
Mais j’aurais pu arriver à l’heure et m’épargner le transport de l’ordinateur.
C’est jour de première.
Et ici, on en appelle aux Dieux pour qu’ils nous soutiennent dans l’aventure.
On installe un autel avec de la nourriture et il y a une cérémonie à laquelle nous participons.
Là, me revient un mauvais souvenir.
Deux ans plus tôt, nous étions au même endroit, dans la même situation.
J’avais proposé aux françaises de venir, Élise avait refusé.
Il avait fallu que j’insiste pour qu’elle nous rejoigne.
C’est ce jour là où Cheng Wei s’était brulé les côtes en tombant de la régie.
Élise avait jugé bon de dire : « elle nous a bien servi la cérémonie … »
Cela m’avait fait de la peine, comme tant d’autres choses cette année-là …
L’autel est installé devant l’entrée principale.
Cela me donne l’occasion de passer par le hall d’accueil pour rejoindre la salle de spectacles et les loges.
On y a livré des fleurs.
Cheng Wei pense que c’est sa mère.
Il manquait quelqu’un à la cérémonie, la dame de l’image.
Elle était pourtant avec Beï Ji dehors.
Je demande où elle est, elle est partie faire une course.
Dommage on aurait pu vérifier la vidéo compressée et revoir tous les tops avant la premier repas.
Je m’interdis de râler.
Il faut que tout soit calme aujourd’hui.
Passons à une activité ludique quoique très sérieuse : la commande du déjeuner.
12h30,
le livreur arrive et derrière lui, la jeune femme.
Beï Ji l’avait envoyé acheter des boissons en cadeaux.
C’est adorable.
J’ai bien fait de garder mon calme.
Il y a le fameux Bubble Tea cher aux taïwanais et pour moi un café froid.
Ils s’étaient souvenus.
Le Bubble Tea traditionnel se fait avec du thé au lait.
Et je ne bois pas de lait.
Ces gens sont vraiment prévenants.
On déjeune et .. on boit.
13h,
Jin Li (la traductrice) arrive, Cheng Wei part avec elle.
Ils ont une « urgence » .
Forcément, les mauvais esprits que nous sommes, imaginent tout un tas d’urgences qui ne sont probablement pas ce que nos deux amis sont en train de faire.
(en même temps, Jin Li est charmante … alors pourquoi pas ?)
Pendant l’urgence, Beï Ji me propose d’aller vérifier avec lui les tops vidéo et la qualité du son.
La « qualité du son » ?
Je ne vois pas trop ce qu’il veut dire puisque tout est mixé mais bon …
Cela dit, il y avait dans mes notes d’hier, quelques parties du spectacle où le volume sonore était à revoir si on en avait le temps.
Notamment au niveau des basses.
Ça sera l’occasion.
Je propose aux filles de m’accompagner.
Qu’elles aient au moins une fois avant de danser, l’occasion de voir toutes les choses en place.
Ils s’installent en régie, nous allons dans les gradins.
On attaque.
Tout est en place.
Beï Ji a dû travailler avec sa jeune collègue déléguée à l'image après notre départ.
Il n'y a pas une seule erreur sur les tops.
Quant au son, et bien, monsieur Bitoniau a agi, et de main de maître.
Tout est au même volume, les aigües délicates, les basses justes comme je l’espérais.
Mon plexus laisse un peu plus d'espace à l'air pour irriguer mes poumons.
J’ai été trop impatient.
Tout est prêt ... au bon moment.
Pourquoi je me suis inquiété ?
Beï Ji a toujours été parfait pour mes autres pièces.
Tant de stress pour rien …
S’il y a une prochaine fois, je le saurai.
14h30,
Cheng Wei est revenu de son urgence.
On va pouvoir danser une dernière fois avant la rencontre avec le public.
La mise est faite.
C’est reparti.
Comme d'habitude, deux options possibles.
Faire une pause,
on lire tout de suite le reste de la journée en cliquant >>> ici.





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