23/07/2017 - Taiwan - Jour 3 - Tsoying ...

Le plaisir du thé sur le balcon,
Un retour étonnant à Tsoying,
des doutes encore
on verra bien ...





Dimanche 23 juillet,
5h,
et j'ai déjà l'œil ouvert …
Fin de jetlag et début de réadaptation à mon rythme local.
Je vois un rai de lumière entre les rideaux.
J'ouvre un pan de rideau et le volant de fenêtre juste derrière.
Le ciel est rose.


Je me rassois sur le lit
et profite de la joie procurée par ces couleurs que me procurent toujours ces cieux tropicaux
pour discuter avec mes amis de l'autre côté,
en France, eu Europe, au Chili, aux États-Unis.
Pendant qu'une amie américaine nous parle de sa mère centenaire,
je vois que le ciel a déjà changé.
Je me lève.


Finie la lumière de l'aube,
Le soleil commence à éclairer le ciel qui s'achemine lentement vers ce bleu pâle qui promet d'être bien lumineux.
La journée risque d'être très haute en température.
Je passe ma tête au delà du balcon pour savourer la quiétude modestement ponctuée par des sifflements d'oiseaux.
À ce moment-là,
très précisément,
je me dis que si je me sens pas encore tout à fait serein,
au moins, je me sens,
bien,
vivant,
(et je trouve ça assez ridicule par aller immédiatement le consigner dans mon carnet)

Inauguration de la bouilloire.
Je sors la chose rouge métallisée de son sachet plastique et la rince avec un peu d'eau.
La chaleur nocturne n'a pas laissé le temps à ma nouvelle amie de prendre une température ambiante :
l'intérieur est encore chaud de la veille, comme si je m'en étais servi il y a quelques heures.
Je lui trouve une place sur la table de chevet, avec quelques éléments d'écriture et de lecture,
deux pipes, les clés de la maison et les boules Quiès (qui ne seront probablement pas très utiles cette fois).



À ma droite, sur le lit, traînent déjà d'autres cahiers, des stylos
(j'ai oublié mon « quatre couleurs », comment j'ai pu faire une chose pareille ?).
Il y a aussi la tablette numérique et le téléphone qui me sert surtout de radio.


Je remplis la bouilloire d'eau chaude.
J'attends le frémissement
et verse de quoi me ravir le gosier dans un gobelet en carton où traîne déjà un sachet de thé au jasmin.
Je suis impatient de retrouver ce goût âcre, cette senteur fleurie.
Cela dit, je boirais bien du oolong.
Peut-être pas au gong fu cha,
ça ne serait pas du tout raisonnable d'en acheter un juste pour ici.
Mais vue la qualité du thé ici, même en sachet,
un oolong de base fera l'affaire.
J'en avais peut-être acheté l'an dernier,
je ne me souviens plus.

La fenêtre est ouverte et la lumière s'accroît.
C'est mon premier matin ensoleillé de ce dixième séjour.

Écrire et boire un thé quand le soleil se lève.
Que demander de mieux ?
Peut-être un petit ventilateur, pour éviter d'utiliser le climatiseur
(et accessoirement, de ne pas réchauffer plus qu'il ne faut l'environnement
qui est mis à rude épreuve dans cette partie du monde).

Après les deux thés réglementaires, accompagnés des premiers Oréo achetés la veille,
je me lance dans la transcription de tout ce que j'ai écrit.
Pour ceux qui ne savent pas comment je fonctionne.
Cela commence dans un des nombreux carnets dont je vous parle si souvent,
cela passe maintenant par la tablette numérique,
avant d'être transféré, relu et mis en forme dans l'ordinateur,
où je publie le tout sur le site que sur lequel vous lisez tout maintenant,
et où se trouvent toutes les photos que vous découvrez, après que je les ai préalablement mises à la bonne taille.

France Inter il est 2h.
Je n'ai pas envie d'entendre les nouvelles.
Je passe sur FIP le temps de me réveiller,
puis j'éteins pour écrire au calme.

9h59,
je suis dérangé par des pétards,
c'est le temple tout proche qui célèbre quelque chose.
J'ai déjà bu un troisième thé, et quelques gorgées du jus de guava au citron.
J'ai un peu mal au dos,
il faut que je trouve une position plus confortable pour écrire sur ce lit.
Pour me détendre, je retourne jeter un œil sur le balcon
et je me replonge dans la transcription.

11h30,
Je fais une autre pause.
Retour sur le lit piégeur pour me faire un quatrième thé,
ce que je pressentais arrive : je me rendors.

12h30,
réveil en catastrophe,
c'est que je dois être à théâtre du lycée de Tsoying à 14h15 au plus tard.
Je regarde le site des transports de la ville.
J'ai un bus direct qui met 35 minutes,
sinon j'ai toujours l'option métro et 51.
Ça nous met le départ dans trois quarts d'heure,
une heure au plus tard avec l'option métro.
Si je me débrouille bien, je dois pouvoir mettre en ligne le premier article,
il n'y a pas beaucoup de photos ...
Pendant que j'organise la page du blog, je dis bonjour à mon amie Agnès, qui se lève.
C'est son dernier lundi avant des vacances bien méritées.

13h,
J'appuie sur le bouton « Publier »
13h10,
je suis sous la douche,
et l'eau qui devrait être froide ne l'est déjà plus,
13h25,
je pars, casque entre les oreilles,
Ian McCulloch chante « The killing moon »
Je ne suis pas sûr d'arriver à temps avec le bus, il n'y en a que toutes les vingt minutes.
Je m'engouffre dans la station de métro.
Il est 13h30.
Et ce cher Joe Jackson entonne le refrain de « Stepping out »
13h50,
je sors à l'arrière de la gare de Zuoying sous une chaleur de plomb.
Les premières notes de synthé, très vite suivies de cette guitare électrique que j'aime tant,
Martha and the Muffins chante pour la je ne suis plus combien tième fois "Echo beach ».
La station de taxi a un petit peu évolué.


14h,
Le 51 arrive.
Peu de monde dans ce bus, toujours un peu trop climatisé.
Je m'arrête un arrêt avant le lycée.
L'entrée du théâtre est de l'autre côté, sur l'avenue de Zuoying.
La chaleur est particulièrement étouffante après les dix minutes passées au frais.
Je cherche l'ombre des bâtiments,
des arcades,
Tears for fears chante « Shout » et me ramène dans mes premières années de fac.

Je passe la grille du lycée avec la boule au ventre.
Le souvenir de moi, il y a six ans, attendant en coulisses,
que ma toute première création taïwanaise se fasse,
loin de mes danseurs, qui avaient eux été installés derrière la scène.

Quand je sors de mes pensées, je crois reconnaître la jeune femme devant moi,
et sa désormais longue chevelure.
Mais dans le doute, je préfère la suivre poliment.
Elle se retourne au moment de monter les escaliers,
c'est Ya-Ting, qui est prof et chorégraphe ici.
Peut-être vous souvenez-vous ?
Elle était avec les Focal Point quand ils répétaient le jour d'un de ces départs si douloureux,
qui m'avait inspiré ce texte-là.
« Hey !
- OOOOOH ! »
Elle me sert fort dans ses bars.
On monte les escaliers ensemble,
vers Su Ling, qui nous attend en haut.

« Ooh ! You're wet ! »
Drôle d'accueil …
Qui tranche radicalement avec celui d'il y a deux ans où en empruntant une de mes phrases fétiches quand je la revois à chaque séjour, elle avait dit :  « I think I met that guy before »
C'est vrai que les deux cents mètres séparant l'arrêt de bus de ce moment précis m'ont été fatals ...
Oui .. J'ai transpiré ... Mais bon …

Elle a déjà fait demi-tour vers l'intérieur.
Les jeunes filles qui sont préposées à la vente des tickets m'accueillent avec un large sourire teinté de surprise,
elles secouent leurs mains frénétiquement,
je leur fais un clin d'oeil.
Ça fait du bien ...
« Il y a quelque chose pour toi au bureau, tu peux aller le chercher maintenant où aller t'asseoir »
J'ai peur de ne plus avoir de place correcte, et de devoir rester par terre avec les lycéens, si je traine trop longtemps.
Pas très envie.
Je rentre dans le théâtre où presque toutes les places sont déjà prises.
Dans l'angle opposé à l'entrée je vois un espace vide entre un adolescent et un papi.
Je m'y installe.

Dans l'audience, toutes les générations sont là.
Lewis, le chorégraphe australien qui avait participé au projet il y a deux ans et créé une pièce l'an dernier,
Francesco et sa femme, qui ont aussi créé une chorégraphie pour l'école en 2015,
des danseuses diplômées l'an dernier
(dont une qui n'ose pas me dire bonjour « parce qu'elle pensait que je ne la reconnaîtrais pas »),
Yi De, qui a dansé pour moi en 2013,
Tae Chi des Soldats du vent de 2012 dont je vous parlais dans l'article précédent,
et même Ko Yin, qui avait dansé ma pièce ici même en 2011 avant de participer elle-même au projet en tant que chorégraphe quatre ans après.
Il y a aussi les piliers de la maison, Ting Wen, le bras droit de Su Ling et tout le staff administratif bénévole.

En attendant que le spectacle, je discute par téléphone interposé avec Tae Chi.
On blague.
C'est drôle de leur voir rire tout seul à côté de sa tante et sa mère.
Je me souviens d'avoir dit à cette dame, qui se plaignait de ne pas travailler assez,
que son fils était loin d'être fainéant,
mais qu'il ne maitrisait pas encore son physique ô combien longiligne
(je l'appelais la liane).

Le spectacle commence avec une pièce d'inspiration aborigène puissante et rythmique, dansée par cinq danseurs.
Ça augure de belles choses pour la suite du programme.
Le chorégraphe est un ancien de la maison et les jeunes (tous de Tsoying) relèvent le défi de main de maître.
Un pur produit de la maison ...

J'ai moins vibré avec les autres pièces mais je suis époustouflé par l'engagement et la qualité d'exécution des danseurs.

À l'entracte, je discute un peu avec Tae Chi.
Il vient de finir ses études de danse à la célèbre fac de Taipei, la TNUA,
et s'apprête à partir à l'armée pour quatre mois (le service militaire est encore obligatoire ici).
Il me dit se souvenir encore de ma pièce, me remontrant des mouvements de bras :
« ça a vraiment été une pièce particulière, je m'en suis rendu compte quand j'étais à l'université, je n'ai jamais rien fait comme ça ici ».
Il me raconte aussi son séjour aux États-Unis, l'été précédent.
Du haut de ces 22 ans, il a déjà plein de projets pour faire changer la danse à Taïwan :
« ici, on fait les choses, mais on ne les vit pas ... Il faut que les danseurs arrivent à plus s'exprimer…
J'ai envie de les voir faire plus d'impro ... »
Je suis bien d'accord avec ce qu'il dit
(c'est d'ailleurs le premier retour que font tous les intervenants étrangers sur ces jeunes danseurs taïwanais).
Je l'encourage à se lancer.
Il me dit qu'il y a déjà d'autres amis qui ont envie d'aller dans ce sens.
Très bien.
Les graines sont semées,
il n'y a plus qu'à attendre et voir comment ça pousse.
Il me demande ce que je fais ici.
Je lui explique un peu « chroniques formosanes »
et je lui dis que je vais donner des cours en ville :
« you wanna join ?
- yes ! ... For sure » me répond-il d'un air étonné.

Dans la deuxième partie, je retiendrai la pièce allemande,
où les jeunes ont dû être assez déboussolés de danser aussi peu …
Ça me rappelle la critique que l'on m'avait fait sur ma seconde chorégraphie pour les terminales de la maison.
Il y a aussi cette pièce japonaise auquel j'ai été sensible, surtout par sa musicalité.
(et pour cause, la chorégraphe est aussi compositrice)

Fin de spectacle,
avec son rituel de questions-réponses avec les créateurs.
Le cru est globalement meilleur qu'il y a deux ans.
Je suis convié au traditionnel, et gigantesque, buffet (où la seule chose qui manque ... c'est peut-être une bonne bière …)
Ma sensation est bien différente d'il y a deux ans.
D'abord, j'étais avec Cheng Wei et Mimi, donc jamais réellement seul.
Et aussi, les chorégraphes étaient assez accessibles.
Ils déambulaient de groupe en groupe, discutant avec tous.
Cette fois, c'est bien différent.
Ils se sont regroupés autour d'une table, ne la quittant que pour aller au buffet ou faire des photos avec leurs danseurs.
J'ai juste pu féliciter le chorégraphe allemand quand nous faisions la queue autour du même plat.
« Where do you come from ?
- France
- oooh … comment allez-vous ? » me dit la jeune fille à côté de lui, qui semble avoir été son assistante.
La conversation n'ira guère plus loin …

Je me sens un peu seul dans cette ambiance de cocktail bon enfant où les intonations si particulières du mandarin prennent largement le pas sur les quelques conversations non sinophones.
Je réussis à rire un peu avec quelques uns des élèves que je connais et qui ont participé au projet.
Je leur demande à quelle université ils vont l'an prochain et réussit à récupérer le paquet dont me parlait Su Ling : les tee-shirts de l'année.
Car ici, chaque promotion a son tee-shirt, dessiné par les lycéens eux-mêmes.
J'ai donc une petite collection : la promotion Oxygène (2014), Polaris (2015), Focal Point (2016) et Link 15 (2017)
avec en plus, la collection « officielle » du lycée, plus traditionnelle,
où seule la couleur change d'années en années.

Je me dirige vers la salle des profs pour regarder le planning du stage d'été.
Une des nouvelles bachelières me dit que j'ai cours avec les niveau 1.
Oui mais quand ?
Partout, c'est aussi l'effervescence.
Rangement de costumes, réorganisation de dernière minute pour les projets suivants.
Je regarde le planning des cours,
cherche désespérément mon nom.
Fin août,
un cours quotidien pendant une semaine.
Cinq cours ...
Cinq tous petits cours ...
Déception.

Heureusement que Cheng Wei m'a trouvé une série de classes à filer ailleurs.
Sinon, je serais non seulement déprimé mais financièrement à la rue ...

Su Ling arrive dans le bureau,
cherche dans son dossier,
et me tend mon planning.
Je vois la feuille,
vide,
sauf la petite ligne tout en bas.
C'est bien ça,
cinq cours.
Je n'ai pas le temps de réaliser qu'elle est déjà repartie.
Décidément, en poussant un tout petit peu mon insécurité chronique
et en la saupoudrant d'une pincée de paranoïa, je dirais que je ne suis plus le bienvenu ...

Je repars au buffet, tentant de faire bonne figure.
Il y a la mère de Ya-Chin.
Alors Ya-Chin
(et non pas Ya-Ting, dont je vous ai parlé tout à l'heure … vous voyez bien que ça n'est pas la même chose …)
était le bras droit de Su Ling en 2011, quand j'ai fait le projet auquel j'assiste maintenant.
C'est la première personne avec qui j'ai parlé sur cette île,
et c'est elle qui était venue me chercher à l'aéroport.
Je me souviens encore de sa main tendue, de peur que je ne l'embrasse, quand elle m'a vu arriver.
La mère de Ya-Chin donc, est ancienne prof d'anglais et bénévole au lycée.
Nous parlons de sa fille, jeune maman, qui vit à Miami avec son mari.
Elle me dit d'aller manger,
encore,
alors d'aller prendre un café !
Soucieuse de mon bien-être.
Ça me fait du bien de voir un visage détendu et amical parmi les adultes.

Je ne m'attarde pas plus.
Je me sens réellement de trop.
En prenant congé de tous ceux que je connais, je dis à Su Ling que je passerai le lendemain.
« Non non pas demain, on n'est pas là, mardi non plus
- alors je viendrai jeudi
- Ok ! On se voit jeudi ...  »
Elle reprend une autre conversation.
Je dis au revoir aux jeunes.
Si ça se trouve, je ne les reverrai plus jamais.
Ne pas s'attacher.
« Nous ne sommes que des professeurs » m'a dit un jour mon ami Jean-Max.
Je m'accroche à cette phrase en traversant la cour la gorge serrée.

Un bus arrive assez vite.
Le 301.
Pas sûr qu'il y a au centre ville.
Tant pis, je monte dedans.
Il faut que je quitte cet endroit le plus vite possible.
Je m'installe dans la dernière rangée de sièges tout au fond.
Le bus démarre.
Je vérifie par mon IPhone sur le site des transports de la ville, que je vais quand même dans le bon sens.
Tout va bien.

Il fait presque nuit,
et plus nuageux que ce matin.
L'avenue de Zuoying défile et je suis en pleine cogitation.
Premier constat,
je suis encore bien fragile par rapport à tous ces genres d'événement,
et sur la valeur que l'on accorde, ou pas, à mon travail.

Je devrais me dire que ça n'est finalement pas une mauvaise chose que j'ai peu de cours,
que je vais pouvoir me reposer,
mais la question qui tourne en boucle est bien-sûr :
« Qu'est-ce que j'ai fait pour que Su Ling m'adresse à peine la parole ? »
Je cherche ce qu'on pourrait me reprocher.
Ma pédagogie ?
Ma foi, elle n'a pas changé depuis que je suis là alors pourquoi maintenant ?
Le fait que je sois proche des gamins ?
Peut-être ..
On me reproche ça très souvent,
dans les cours, les stages, aussi dans les jurys,
mais je ne sais pas faire autrement ...
Je rumine, cherche dans ce que j'ai pu dire, écrire ...

Kaohsiung Arena,
Nous sommes sur Bo Ai road.
Justement, je voulais m'arrêter au centre commercial pour m'acheter des viennoiseries,
histoire de manger autre chose que des Oreo (et éviter d'être accro en rentrant …).
Je descends et traverse l'esplanade où des artisans exposent leur travail dans le cadre d'un de ces nombreux marchés que l'on trouve ici (c'est dans un de ceux-là que la mère et la soeur de Cheng Wei arrondissent leurs fins de mois en vendant des savons maison).
Il y a beaucoup de monde en ce dimanche après-midi.
Heureusement que la boulangerie est à l'entrée.
Évidemment me revient l'épisode du pain de l'an dernier,
et ça m'attriste un peu .. Enfin un peu plus que je ne le suis déjà.

Le moral vacillant, j'achète toute sorte de choses sans m'aventurer sur des terrains gustatifs inconnus.
Il faudrait voir à ne pas se dégoûter complètement de tout quand même ...
Alors que nous attendons patiemment à la caisse selon le principe classique de la file d'attente,
une dame me pousse et s'installe devant moi.
C'est une chinoise.
Une taïwanaise qui assiste à la scène, est désolée.
Je n'arrive plus à en sourire.

Je reprends le métro.
Musique entre les oreilles.
Il me faut au moins ça ...
Positiver,
positiver ....

La gare,
Zhongshan 3rd road,
il y a un nouveau gardien.
Comme il ne me connait pas, il essaie de savoir ce que je fais là.
Je lui montre la clé de l'appart' et lui explique tant bien que mal que j'habite ici.
Il sourit.
Pas sûr qu'il ait tout compris ...
Il en parlera avec ses collègues.

10e étage.
Clé bleu, clé noire,
Je m'assois sur le lit.
Fip,
programme jazz,
Sadao Watanabe,
je sors une bière au miel,
j'allume une pipe.

La soirée est aussi grise que le ciel le serait s'il faisait jour.
Qu'est-ce que je peux faire ?
Me contenter de ce que je suis,
de ce que j'ai ...
Je vais quand même contacter Hsiao-Yin à Taipei, la chorégraphe pour laquelle j'avais dansé il y a quatre ans, peut-être qu'elle aura du boulot pour moi ?

Sur TV5 Monde ce soir, il y a "le coeur des hommes",
pas super gai le film,
ça n'arrange pas les choses.

Je regarde quand même jusqu'au bout (la fin est d'ailleurs tout à fait irréaliste)
et je me mets devant un épisode de mon feuilleton préféré,
Le Coeur a ses raisons,
Brenda a des chaussures en pastèque ...
La seule chose à peu près drôle de la soirée.

Allez,
demain sera un autre jour ...
Mais j'aimerais tellement comprendre ...





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