29/07-03/08/2017 - Taiwan - Nesmat et Haitong
Attendre la pluie,
pour ne plus la supporter,
attendre le soleil
dont si souvent on s'est plaint
Samedi matin,
le ciel est gris.
Je reprends mes travaux d’écriture sans me soucier des aventures de la météo,
laissant mijoter un peu les choses vaguement musicales attaquées la veille, et sur lesquelles je coinçais pour des histoires de son.
C’est qu’entre temps, je me suis souvenu que pour le typhon de 2013,
quand j’étais en résidence au Bamboo Curtain Studio de Taipei, ça avait d’abord commencé par du vent.
Et là, pas la trace du moindre zéphyr.
Alors la montagne qui disparait, le joli rideau de pluie, ça me faisait beaucoup moins d’effet.
(enfin bon … je reste un tout petit peu sur le qui-vive quand même …)
Dans l’après-midi, la double nouvelle tombe.
Nesmat a changé d’avis.
lI va toujours en Chine mais en passant un tout petit peu plus au nord.
C’est à Taipei qu’ils en souffriront le plus.
Ici, nous n’aurons que les pluies, certes diluviennes, mais pas les rafales de vent du coeur du typhon.
Voilà donc pourquoi jusque là, il n’y avait eu que des fausses alertes.
Mais,
une tempête tropicale,
une petite cousine du précédent et qui répond au joli nom de Haitong, arrive tout droit des Philippines.
Et elle, elle va traverser entièrement le pays du sud au nord.
La question est : quand ?
Parce que selon le temps qu’elle prend pour arriver, tout est envisageable dans les prochains jours.
Voire même le risque d’une rencontre inopinée, pas trop loin de nos têtes, de ces deux amas facétieux de vent et de pluie.
En tout état de cause, l’affaire est sérieuse,
car l’état taïwanais a décrété deux jours fériés exceptionnels :
samedi 29 et dimanche 30, les bureaux et les établissements scolaires seront fermés.
« typhoon holidays » comme ils les appellent ici.
Je vous entends vous étonner : samedi et dimanche exceptionnellement fériés ?
Souvenez-vous qu’ici, le week-end n’a qu’un seul sens, celui de la fin de la semaine.
Le dimanche les choses ralentissent vaguement car les administrations ferment
mais la majeure partie des gens gardent le même rythme que les autres jours de la semaine.
Alors là, ça sera différent.
Tout devra être fermé.
Je passe le reste de la journée entre composition, écriture, thé, biscuits
et soupe,
dont je ne connaîtrai jamais le réel goût,
ayant versé dans le bol tout le contenu de la petite poudre du sachet où je sais maintenant qu’il devait y avoir écrit un mot comme « piment » en mandarin …
Dommage, j'avais quand même choisi une « premium » !
Le ciel quant à lui reste désespérément gris,
animé de temps à autre par ces fameuses averses.
On sent quand même, qu’en bas, les locaux se préparent.
Vers 18h, le ciel prend une couleur surprenante.
La couche de coton gris foncé se désépaissit laissant presqu’apparaître quelque chose que l’on pourrait décrire comme bleu,
et les nuages rosissent comme si le soleil voulait nous rappeler qu’à cette heure-là ordinairement,
on s’extasie de son coucher.
Mais on passe vite à autre chose.
À 19h, le ban de pluies accompagné de quelques rafales de vent prend possession de la ville.
Ça, c’est Nesmat.
Il y a de grandes chances qu’il passe dans la nuit.
Je pose mon appareil photo-caméra une ou deux fois dehors pour garder des mémoires sonores de l'aventure.
pour ne plus la supporter,
attendre le soleil
dont si souvent on s'est plaint
le ciel est gris.
Je reprends mes travaux d’écriture sans me soucier des aventures de la météo,
laissant mijoter un peu les choses vaguement musicales attaquées la veille, et sur lesquelles je coinçais pour des histoires de son.
C’est qu’entre temps, je me suis souvenu que pour le typhon de 2013,
quand j’étais en résidence au Bamboo Curtain Studio de Taipei, ça avait d’abord commencé par du vent.
Et là, pas la trace du moindre zéphyr.
Alors la montagne qui disparait, le joli rideau de pluie, ça me faisait beaucoup moins d’effet.
(enfin bon … je reste un tout petit peu sur le qui-vive quand même …)
Dans l’après-midi, la double nouvelle tombe.
Nesmat a changé d’avis.
lI va toujours en Chine mais en passant un tout petit peu plus au nord.
C’est à Taipei qu’ils en souffriront le plus.
Ici, nous n’aurons que les pluies, certes diluviennes, mais pas les rafales de vent du coeur du typhon.
Voilà donc pourquoi jusque là, il n’y avait eu que des fausses alertes.
Mais,
une tempête tropicale,
une petite cousine du précédent et qui répond au joli nom de Haitong, arrive tout droit des Philippines.
Et elle, elle va traverser entièrement le pays du sud au nord.
La question est : quand ?
Parce que selon le temps qu’elle prend pour arriver, tout est envisageable dans les prochains jours.
Voire même le risque d’une rencontre inopinée, pas trop loin de nos têtes, de ces deux amas facétieux de vent et de pluie.
En tout état de cause, l’affaire est sérieuse,
car l’état taïwanais a décrété deux jours fériés exceptionnels :
samedi 29 et dimanche 30, les bureaux et les établissements scolaires seront fermés.
« typhoon holidays » comme ils les appellent ici.
Je vous entends vous étonner : samedi et dimanche exceptionnellement fériés ?
Souvenez-vous qu’ici, le week-end n’a qu’un seul sens, celui de la fin de la semaine.
Le dimanche les choses ralentissent vaguement car les administrations ferment
mais la majeure partie des gens gardent le même rythme que les autres jours de la semaine.
Alors là, ça sera différent.
Tout devra être fermé.
Je passe le reste de la journée entre composition, écriture, thé, biscuits
et soupe,
dont je ne connaîtrai jamais le réel goût,
ayant versé dans le bol tout le contenu de la petite poudre du sachet où je sais maintenant qu’il devait y avoir écrit un mot comme « piment » en mandarin …
Dommage, j'avais quand même choisi une « premium » !
Le ciel quant à lui reste désespérément gris,
animé de temps à autre par ces fameuses averses.
On sent quand même, qu’en bas, les locaux se préparent.
Vers 18h, le ciel prend une couleur surprenante.
La couche de coton gris foncé se désépaissit laissant presqu’apparaître quelque chose que l’on pourrait décrire comme bleu,
et les nuages rosissent comme si le soleil voulait nous rappeler qu’à cette heure-là ordinairement,
on s’extasie de son coucher.
Mais on passe vite à autre chose.
À 19h, le ban de pluies accompagné de quelques rafales de vent prend possession de la ville.
Ça, c’est Nesmat.
Il y a de grandes chances qu’il passe dans la nuit.
Je pose mon appareil photo-caméra une ou deux fois dehors pour garder des mémoires sonores de l'aventure.
Quand je me réveille dimanche matin,
le ciel est presque bleu et je n’ai rien entendu.
Comme l’appartement est bien insonorisé, le son du rideau de pluie au loin ne m’a en rien alerté sur le fait que les éléments faisaient la fête dehors.
Les nuages qui restent là à nous toiser avec arrogance n’augurent rien de bon.
Je me jette (enfin pas trop violemment quand même) sur le site météo qui confirme mon analyse,
le typhon est bien déjà en route vers la Chine.
le typhon est bien déjà en route vers la Chine.
Mais
la carte des pluies était toujours recouverte de violet et le jour était toujours aussi férié
car Haitong était en route.
Cela s’est confirmé dans la demi-heure.
Le vent s’est levé et les nuages ont bien vite levé le camp.
(bon … ok … j'avoue, j'ai un peu accéléré le film pour vous épater)
Le ciel vire au gris.
Très vite.
Le ciel vire au gris.
Très vite.
Et la colline de Gushan disparait à nouveau de mon paysage habituel.
La pluie envahit la ville.
Violemment.
On entend les gouttes s’écraser sur toutes les surfaces imaginables.
Sur les rues, les ruelles, les patios,
sur les quelques balcons non protégés, les terrasses des immeubles, le temple.
Le vent s’infiltre partout il peut (et peut-être même là où il n’est pas sensé pouvoir),
accroissant le volume sonore engendré par le vacarme déjà assourdissant des trombes d’eau sur les toits de tôle,
les tuiles, les gouttières, les carreaux, le béton des berges du canal.
les tuiles, les gouttières, les carreaux, le béton des berges du canal.
Je me dis : « cette fois-ci, on y est ! »
Je mets l’eau du thé à chauffer et tente de filmer, ou au moins d’enregistrer le concert de la pluie.
Et puis tout s’arrête.
Le bruit sourd de l’eau qui s’enfuit se mêle à celui de la bouilloire.
L’air est vraiment frais cette fois-ci.
Il ne doit pas faire plus de 25 degrés.
Je me fais un thé, et m’installe dehors.
Je bois, j’écris, je fume,
je suis bien.
Le dernier cookie Tatawa fourré choco noisette (tout à fait à la hauteur de son emballage) se présente devant moi.
Comment ça il n'y en a plus ?
J’ai à peine eu le temps de les savourer.
Donc il n’y en avait que dix ? Je ne les ai vraiment pas vu passer.
Ils ont décidément bien bossé au marketing parce que le paquet semblait de taille bien plus prometteuse.
Bon, il faut dire aussi qu’ici, pour palier l’humidité, l’emballage extérieur cache souvent un autre emballage plastique dans lequel on trouve des compartiments où se lovent d’autres sachets plastiques individuels.
Pas très éco-responsable mais c'est visiblement le prix à payer pour garder certains biscuits croquants.
Quoiqu'il en soit, sur ce coup, c’est cruellement trompeur.
Coté météo, nous avons un festival.
le vent presque frais de l’aube, s’est transformé en un cousin du sirocco qui aurait perdu son sable,
réchauffant l’air et le sol à tel point que les trois gouttes qui tombent de temps à autre sont immédiatement séchées par le sol chaud.
La colline de Gushan n’est toujours qu’intermittente dans le panorama de l’ouest de la ville depuis mon balcon.
La pluie est parfois sporadique, ressemble parfois à une averse d’avant-goûter,
s’intensifie subitement me faisant dire à nouveau qu’on y est pour de bon
pour disparaitre malicieusement avec un petit air de « et bien non ça n’est pas pour cette fois non plus »
s’intensifie subitement me faisant dire à nouveau qu’on y est pour de bon
pour disparaitre malicieusement avec un petit air de « et bien non ça n’est pas pour cette fois non plus »
En fin de matinée, je me suis à nouveau installé dehors, dans l’air moite et tiède,
cogitant sur ma presque dernière journée dans le monde des quadragénaires,
quand la pluie vient me chanter violemment aux oreilles qu’on a fini de jouer.
Je rentre en catastrophe sans avoir le temps de réaliser que ce que j'attends depuis presque trois jours est là.
cogitant sur ma presque dernière journée dans le monde des quadragénaires,
quand la pluie vient me chanter violemment aux oreilles qu’on a fini de jouer.
Je rentre en catastrophe sans avoir le temps de réaliser que ce que j'attends depuis presque trois jours est là.
Le déluge
avec un ciel bas et gris.
Et la colline de Gushan qui comme le soleil répond cette fois-ci complètement, aux abonnés absents.
Plus personne dans les rues.
Le vent déplace ce qu’il reste encore à bouger sur les balcons et les terrasses.
En entendant le choc d’à peu près tout et n’importe quoi sur les grilles, on ne se pose plus la question de leur utilité.
Les bourrasques s’engouffrent dans les canalisations de l’immeuble, faisant sauter les dalles du faux plafond de la salle de bains.
Je suis très inquiet la première fois, un peu moins la seconde, puis je m’habitue (enfin presque).
Je passe ma dernière soirée chez les quarantenaires dans cette ambiance semi-apocalyptique.
Je continue d'agrandir ma banque de sons au rayon pluie et vent,
et je prépare la carte de voeux que je poste tous les ans sur Facebook.
Une photo avec un texte relatif à mon changement d’année.
et je prépare la carte de voeux que je poste tous les ans sur Facebook.
Une photo avec un texte relatif à mon changement d’année.
Parfois, il n’y a qu’une phrase,
parfois plus.
Cette année, je n’ai pas très envie d’être bavard.
Je vous raconterai ce que j’ai dit (et une ou deux autres choses) dans un article prochain.
Lundi,
le ciel ressemble à samedi matin,
ou à vendredi midi,
ou à dimanche après-midi.
Pas la moindre variation dans le ciel monochrome.
La même chape de nuages lourds que j’avais découvert jeudi soir.
Si seulement, ils avaient été assez bas pour que je sois dans le brouillard,
ça aurait pu être autre chose.
J’aurais pu filmer, photographier.
Mais là, du gris,
du chaud moite et du gris.
L’impression que rien n’avance plus dans le ciel,
que l'édredon cotonneux va rester là, pour très longtemps,
et que je ne reverrai plus la colline de Gushan avant mon retour.
Ça devient long,
très long.
Heureusement que les messages d’anniversaire m’occupent une grande partie de la journée.
Les jeunes d’ici d’abord, les français ensuite …
J'éteins mon téléphone pour changer la puce et remettre la carte SIM française,
sauf que, je ne la retrouve plus.
Recherches en vain dans tout l'appartement.
(ça a le mérite de m'occuper aussi)
De toute manière, j'ai décidé que cette journée se finirait bien.
Ce soir je sors, c’est prévu.
Et là, je dois dire que j’ai de la chance.
La pluie s'arrête en fin d’après-midi.
Plus de 24h après ses premiers cris.
La météo a continué à m'être clémente au delà de toutes mes espérances,
mais ça aussi je vous l'expliquerai dans l'article suivant ...
Le mardi ?
Temps pourri,
je passe essentiellement ma journée à bosser sur les musiques dont les mélodies étaient apparues dans les méandres de mon cerveau ces dernier jours
et à finir de répondre aux voeux des amis (je sais … j'ai de la chance d'en avoir autant).
Mercredi,
le ciel reste tout aussi désespérément gris le matin,
mais l’après-midi, on sent que ça y est, Haitong est vraiment ailleurs.
La chaleur remonte dans ces hauteurs dont je me replaindrai forcément bientôt.
D’ailleurs, la ville a repris son rythme habituel.
Je fais une vraie sieste après être sorti m’acheter à déjeuner.
En me réveillant, j’ai eu une autre mélodie en tête.
Un cinq temps sur lequel je travaille tout de suite,
puis plus tard après la quête quotidienne d’un dîner honorable.
J’ai même un espoir de balade vers 17h.
anéanti dans le quart d’heure par un baroud d’honneur de nuages
qui ont quasiment envahi l’horizon dans l’heure suivante.
Jeudi 3 août,
5h59.
Je me réveille de deux rêves qui n'augurent rien de bon
(oui, j'ai comme nombreux défauts de croire aux rêves prémonitoires).
Avec le traditionnel, France Inter il est minuit,
je prépare un petit déjeuner classique à base de thé et de biscuits.
Je pense à Chroniques Formosanes en regardant le ciel par la fenêtre.
Un bleu …
Immaculé …
Les alertes étaient levées.
Plus de couleur sur les cartes,
la vie, qui avait déjà repris son cours, peut à nouveau s’écouler paisiblement.
Et revoir un ciel pareil depuis sa fenêtre,
savoir que dans les heures qui suivront, on va devoir à nouveau faire le choix entre la douche et la clim’,
Dieu que c’est bon.
Lundi,
le ciel ressemble à samedi matin,
ou à vendredi midi,
ou à dimanche après-midi.
Pas la moindre variation dans le ciel monochrome.
La même chape de nuages lourds que j’avais découvert jeudi soir.
Si seulement, ils avaient été assez bas pour que je sois dans le brouillard,
ça aurait pu être autre chose.
J’aurais pu filmer, photographier.
Mais là, du gris,
du chaud moite et du gris.
L’impression que rien n’avance plus dans le ciel,
que l'édredon cotonneux va rester là, pour très longtemps,
et que je ne reverrai plus la colline de Gushan avant mon retour.
Ça devient long,
très long.
Heureusement que les messages d’anniversaire m’occupent une grande partie de la journée.
Les jeunes d’ici d’abord, les français ensuite …
J'éteins mon téléphone pour changer la puce et remettre la carte SIM française,
sauf que, je ne la retrouve plus.
Recherches en vain dans tout l'appartement.
(ça a le mérite de m'occuper aussi)
De toute manière, j'ai décidé que cette journée se finirait bien.
Ce soir je sors, c’est prévu.
Et là, je dois dire que j’ai de la chance.
La pluie s'arrête en fin d’après-midi.
Plus de 24h après ses premiers cris.
La météo a continué à m'être clémente au delà de toutes mes espérances,
mais ça aussi je vous l'expliquerai dans l'article suivant ...
Le mardi ?
Temps pourri,
je passe essentiellement ma journée à bosser sur les musiques dont les mélodies étaient apparues dans les méandres de mon cerveau ces dernier jours
et à finir de répondre aux voeux des amis (je sais … j'ai de la chance d'en avoir autant).
Mercredi,
le ciel reste tout aussi désespérément gris le matin,
mais l’après-midi, on sent que ça y est, Haitong est vraiment ailleurs.
La chaleur remonte dans ces hauteurs dont je me replaindrai forcément bientôt.
D’ailleurs, la ville a repris son rythme habituel.
Je fais une vraie sieste après être sorti m’acheter à déjeuner.
En me réveillant, j’ai eu une autre mélodie en tête.
Un cinq temps sur lequel je travaille tout de suite,
puis plus tard après la quête quotidienne d’un dîner honorable.
J’ai même un espoir de balade vers 17h.
anéanti dans le quart d’heure par un baroud d’honneur de nuages
qui ont quasiment envahi l’horizon dans l’heure suivante.
Jeudi 3 août,
5h59.
Je me réveille de deux rêves qui n'augurent rien de bon
(oui, j'ai comme nombreux défauts de croire aux rêves prémonitoires).
Avec le traditionnel, France Inter il est minuit,
je prépare un petit déjeuner classique à base de thé et de biscuits.
Je pense à Chroniques Formosanes en regardant le ciel par la fenêtre.
Un bleu …
Immaculé …
Les alertes étaient levées.
Plus de couleur sur les cartes,
la vie, qui avait déjà repris son cours, peut à nouveau s’écouler paisiblement.
Et revoir un ciel pareil depuis sa fenêtre,
savoir que dans les heures qui suivront, on va devoir à nouveau faire le choix entre la douche et la clim’,
Dieu que c’est bon.











Commentaires
Enregistrer un commentaire