25/07/2017 - Taiwan - Jour 5 (1) - Premier cours chez Solar Site
Rencontrer des nouveaux danseurs,
trouver le chemin le plus simple
pour les faire entrer dans ton univers
quelque soit leur origine et la raison de leur venue à ta rencontre
Mardi 25 juillet,
4h,
un premier œil s’est ouvert.
Je tente de me rendormir,
en vain.
Rester positif.
Avec le décalage horaire je peux regarder sur le net ce que font mes amis français,
souhaiter une bonne nuit à ceux que se qui couchent le plus tôt,
et je serai près pour ma première lumière de l’aube.
5h50.
Que le ciel est bleu ce matin !
Un coucher de soleil ce soir ?
Peut-être après la sieste.
Parce qu’il y aura forcément une sieste après le cours ...
Et oui, aujourd’hui, je donne mon premiers cours de la saison.
Dans les studios de la Solar Site Dance Company, où Wan Chu a travaillé jusqu’à l’année dernière.
(enfin bon … d’après ce que j’ai compris, elle leur donne encore des coups de main de temps en temps).
J’allume la radio.
France Infos, il est minuit et demi ...
Ça a quand même moins de charme.
6h35,
Et je transpire déjà.
Le thé a infusé,
j’attaque le petit déjeuner.
Le brownie de cette pâtisserie est un peu trop sucré à mon goût,
je n’en reprendrai plus.
Au vu de la météo des jours à venir,
le week-end ne va pas être fantastique.
Il faut vraiment que je profite de ces journées.
Avec mon deuxième thé, je prends mon carnet,
je vais sur le balcon,
et j’y consigne des choses passées
ainsi que ce que je suis en train de vous raconter.
Le soleil laisse de moins en moins de place à l'ombre sur les immeubles.
Un troisième thé ...
Le temps passe,
lentement ...
Enfin pas si lentement que ça :
8h35,
je suis presque en retard.
Passage sous la douche et préparation du sac :
le pyjama qui me fait office de pantalon,
un vieux lacet en guise de ceinture,
un tee-shirt presque assorti,
un sachet plastique pour pouvoir remettre tout ça dans ma besace quand ça sera empesé de sueur,
la tablette,
l’alimentation,
la carte de bus,
je suis prêt.
9h10,
j’ai le casque sur les oreilles,
Echo and the Bunnymen lâche ses premiers accords.
La clé noire, je ferme la porte et me dirige vers l’ascenseur.
Attente,
ouverture des portes,
j’appuie sur le bouton 1 pour aller au rez-de-chaussée.
« Under the moon I saw you ... »
Aaaah ... la voix de Ian Mc Culloch...
Rez-de-chaussée.
La porte s’ouvre,
je me rends compte que je n’ai pas pris le câble qui relie l'ampli à la tablette.
Fermeture des portes,
J’appuie sur le bouton 10 pour aller au 9e étage.
La clé bleue,
La clé noire,
comme (pour une fois !), j’ai tout rangé,
je tire le cable à toute vitesse du tiroir.
On reprend :
clé noire,
ascenseur,
numéro 1,
ouverture des portes.
Je dis bonjour au gardien ... qui ne réagit toujours pas.
descends les quelques marches qui me séparent de la rue
et tourne à gauche sur Zhongshan 1st road.
Les boutiques sous les alcôves ne sont pas encore ouvertes.
L’allée est vide.
Ils ne commencent qu’à 10h.
(mais bon ... souvenez-vous quand même qu’ils finissent à 22h ...)
9h20,
j’attends le métro,
4 minutes d’attente.
Je devrais être juste à l’heure pour retrouver Wan Chu avec qui j'ai rendez-vous à 9h30 dans la station Kaohsiung Arena :
« attention ! Ne sors pas ! On s'attend DANS la station !
- Ok Wan Chu … Ok … »
La voix égrène les noms :
« Houyi ...
Aozhidi ...
Jiu Dan »
Le nom en mandarin de Kaohsiung Arena,
littéralement cela se traduit par le dôme, de la forme de la toiture du palais des sports qui jouxte le centre commercial.
Heureusement que les stations sont aussi annoncées en anglais !
Je me dirige vers la porte de sortie
où je crois reconnaître ce physique, pourtant si courant dans ces contrées.
Sous sa casquette et derrière ses lunettes noires, cette jeune femme sportive pourrait être mon guide.
Je me rapproche.
Elle éclate de rire.
« I didn't see you !
- Me neither »
On était dans la même rame à quelques mètres l'un de l'autre.
Chacun dans ses pensées.
Je ne serai donc pas en retard ...
On passe les composteurs,
Wan Chu n’est pas sure de la sortie à emprunter.
On va voir sur le plan,
elle me montre la rue, et cherche les sorties.
Je lui montre laquelle il faut prendre.
« It’s here ! »
Elle éclate de rire, encore ...
« Je vous rappelle que je suis sensé être le touriste miss Su ! »
C’est à dire que c'est comme pour Ha Bao à l’aéroport, ou Cheng Wei les autres fois,
Wan Chu se déplace en scooter.
Donc le métro, pour elle, c’est chaque fois une aventure ...
Sortie 2.
On redescend Bo Ai road,
Deuxième à gauche.
MingHua road.
Pendant que nous remontons la rue, elle me demande comment s’est passé mon retour à Tsoying.
Je lui donne les grandes lignes.
Elle ne dit rien ...
« Quand tu vois le Familly Mart », c’est là ! »
Facile à retenir.
9h40.
Nous poussons la porte du studio de la compagnie Solar Site.
« Au moins, ce studio est au rez-de-ch .... »
Des casiers à chaussures sont disposés au pied d’un escalier qui ... monte aux studios.
J’ai parlé trop vite.
On pose nos sandales et comme dans toutes les écoles dans lesquelles j'ai pu travailler jusque là …
Nous montons.
Une volée d’escaliers plus haut, nous voilà dans le hall d’accueil.
À gauche, un petit studio d’environ 30 mètres carrés.
À droite, un autre un peu plus grand, celui où on va bosser.
Il y a déjà un jeune homme en train de s’étirer.
Il est assez vite rejoint par une danseuse, puis une autre ...
Wan Chu m’explique un peu le fonctionnement de la compagnie.
Deux patrons, une femme, un homme,
qui se partagent les tâches.
Ils ne seront pas là aujourd’hui mais devraient venir demain.
Ce sera l’occasion pour moi de parler français car le patron a fait ses études en France.
Je vais me changer dans le petit studio encore vide
et rentre dans le studio pour préparer la sono :
« pour avoir du son, c’est ce bouton » me montre Wan Chu
au dessus d'un idéogramme qui doit sûrement vouloir dire « auxiliaire » ou tout autre chose
« enfin bon sinon, tu pousses tous les boutons, il y en aura bien un qui fonctionnera ».
Les élèves arrivent tranquillement et se couchent pour s’étirer
(mais vraiment s’étirer ... façon danse traditionnelle chinoise ... et il n’est même pas 10h »
Wan Chu me présente une danseuse un peu plus âgée.
Elle est chorégraphe et arrive de Hong Kong.
(c’est d’ailleurs la première chose qu’elle m’ait dit après son prénom … que je me suis bien-sûr empressé d’oublier ...)
10h01.
Avec (un tout petit peu) d'appréhension, je demande à tout le monde de se lever.
(et oui ... je commence à l’heure ! )
Je fais un saut et je me jette par terre,
j’enchaîne avec une improvisation au sol en donnant des comptes improbables,
je reviens à ma position de départ en déroulant le dos et en disant :
« 11, 12, 13 »
Je me retourne, m’accoude à la barre :
« here we go ! »
Quelques regards médusés,
d’autres un peu inquiets,
mais la plupart esquissent le premier saut et tentent la suite.
J’éclate de rire :
« Come on ... I’m joking »
Ouf (discret !) de soulagement.
Les premiers sourires s'esquissent.
Voilà.
On a un peu détendu l’atmosphère.
On va pouvoir y aller.
J'attaque plus sérieusement la démonstration du premier exercice.
Six filles, deux garçons,
des niveaux et des âgés différents,
certains sont danseurs, d’autres performers,
amateurs, professionnels, en passe de le devenir,
j’ai visiblement devant moi tous les cas de figure.
(petite note à ceux qui ont déjà pris mes cours :
ils ont un peu galéré aux spirales, et bien sûr ... aux abdos où la jeune fille qui chante les a aussi fait rire)
Comme souvent ici, on applique tout de suite les consignes, du moins dans la forme.
(ça, c’est la petite note pour mes collègues enseignants ...)
Je fais relativement peu de corrections, le temps qu’ils impriment les choses.
On en reparlera demain.
Mais je repère déjà ce sur quoi on va travailler globalement,
et quelques choses ici et là plus personnalisées.
Dans mes comptes, je passe de l'anglais au chinois
(et Wan Chu rit discrètement … donc je sais que j'ai encore dit « poulet » à la place de « sept »..)
Je choisis « Gameland » comme musique pour la variation de fin de cours.
Une musique rapide qui convient bien aux danseurs d'ici.
On calmera le jeu une autre fois.
La musique leur parle.
C’est toujours agréable de sentir des corps réceptifs à une musique que l’on propose.
Quand on fait pour la première fois la variation en musique, Wan Chu me regarde et me dit :
« hééé … mais c'est rapide !
- je sais … »
Elle a déjà l'habitude de mon travail.
Pas les autres.
Certains arrivent à être en avance.
La musicalité.
Je commence à leur donner des corrections en ce sens.
On en reparlera aussi demain ...
11h40,
je remercie tout le monde.
Et ma foi, ils ont l’air contents.
En tous cas, moi, ça m’a fait le plus grand bien de remettre cette carcasse vieillissante en mouvement
(même si je redoute les courbatures qui apparaîtront probablement dès demain ...)
Et puis,
de revoir Wan Chu danser à mes côtés,
sereinement,
ça n'a pas de prix.
Sentir le bonheur émaner des corps.
Quel joli cadeau les élèves nous font là !
Le temps de se sécher un peu
(mon tee-shirt est passé du gris à l'anthracite),
de mettre les fringues trempées dans le sachet plastique prévu à cet effet
(je m’étonne moi-même de toute cette organisation !)
et nous repartons vers le métro avec cette chère miss Su.
Nous nous séparons sur le quai :
je rejoins la gare centrale,
elle va à celle de Zuoying, plus au nord où elle prendra le train pour Tainan
car elle enchaîne avec une répétition avec Liao Mo Hsi (dont je vous avais parlé le premier soir )
Je connais bien ce trajet,
celui que j'ai fait tous les matins l'an dernier,
la semaine où les françaises arrivaient.
À la gare, la chaleur est aussi écrasante que le ciel est bleu.
Je m’arrête au bar à thé du coin de la rue où on avait bu des bonnes choses avec Cheng Wei.
(oui, je sais, je vous l’ai déjà dit).
Je consulte la carte - qui est aussi en anglais, et ça, j’avais oublié -
thé vert, jus de kumquat ... ça me parle.
En première page, ils parlent de smoothie à la mangue.
C'était donc là que les filles étaient allées l'an dernier !
Un matin, Marie avait rappelé à Élise à quel point le smoothie qu'elle avait gouté la veille avait été délicieux
mais nous n’en avions pas su plus,
si ce n'est que c'était quand elles étaient allées faire du shopping avec Mimi près de la gare.
Je commande.
La jeune fille regarde ce que je pointe.
Elle me dit quelque chose que je comprends être,
« Patientez que l’on appelle votre numéro ».
Je m’assois sur les bancs juste en face.
Le préparateur vient me voir avec un sachet.
Forcément ...
Pas la peine de crier mon numéro, il sait que c’était moi.
Je le remercie et je remonte à l’appart’.
Le soleil est quasiment au zénith
et écrase autant les immeubles que la chaleur agit sur les corps.
Je déguste mes boissons tout en cherchant le nom de la Solar Site company en chinois sur Facebook.
Je veux l’envoyer à Tae Chi, si jamais il veut venir prendre le cours demain.
Il fait vraiment chaud,
un coup de clim’ s’impose.
Je m’installe sur le lit et m’endors.
trouver le chemin le plus simple
pour les faire entrer dans ton univers
quelque soit leur origine et la raison de leur venue à ta rencontre
4h,
un premier œil s’est ouvert.
Je tente de me rendormir,
en vain.
Rester positif.
Avec le décalage horaire je peux regarder sur le net ce que font mes amis français,
souhaiter une bonne nuit à ceux que se qui couchent le plus tôt,
et je serai près pour ma première lumière de l’aube.
5h50.
Que le ciel est bleu ce matin !
Un coucher de soleil ce soir ?
Peut-être après la sieste.
Parce qu’il y aura forcément une sieste après le cours ...
Et oui, aujourd’hui, je donne mon premiers cours de la saison.
Dans les studios de la Solar Site Dance Company, où Wan Chu a travaillé jusqu’à l’année dernière.
(enfin bon … d’après ce que j’ai compris, elle leur donne encore des coups de main de temps en temps).
J’allume la radio.
France Infos, il est minuit et demi ...
Ça a quand même moins de charme.
6h35,
Et je transpire déjà.
Le thé a infusé,
j’attaque le petit déjeuner.
Le brownie de cette pâtisserie est un peu trop sucré à mon goût,
je n’en reprendrai plus.
Au vu de la météo des jours à venir,
le week-end ne va pas être fantastique.
Il faut vraiment que je profite de ces journées.
Avec mon deuxième thé, je prends mon carnet,
je vais sur le balcon,
et j’y consigne des choses passées
ainsi que ce que je suis en train de vous raconter.
Le soleil laisse de moins en moins de place à l'ombre sur les immeubles.
Un troisième thé ...
Le temps passe,
lentement ...
Enfin pas si lentement que ça :
8h35,
je suis presque en retard.
Passage sous la douche et préparation du sac :
le pyjama qui me fait office de pantalon,
un vieux lacet en guise de ceinture,
un tee-shirt presque assorti,
un sachet plastique pour pouvoir remettre tout ça dans ma besace quand ça sera empesé de sueur,
la tablette,
l’alimentation,
la carte de bus,
je suis prêt.
9h10,
j’ai le casque sur les oreilles,
Echo and the Bunnymen lâche ses premiers accords.
La clé noire, je ferme la porte et me dirige vers l’ascenseur.
Attente,
ouverture des portes,
j’appuie sur le bouton 1 pour aller au rez-de-chaussée.
« Under the moon I saw you ... »
Aaaah ... la voix de Ian Mc Culloch...
Rez-de-chaussée.
La porte s’ouvre,
je me rends compte que je n’ai pas pris le câble qui relie l'ampli à la tablette.
Fermeture des portes,
J’appuie sur le bouton 10 pour aller au 9e étage.
La clé bleue,
La clé noire,
comme (pour une fois !), j’ai tout rangé,
je tire le cable à toute vitesse du tiroir.
On reprend :
clé noire,
ascenseur,
numéro 1,
ouverture des portes.
Je dis bonjour au gardien ... qui ne réagit toujours pas.
descends les quelques marches qui me séparent de la rue
et tourne à gauche sur Zhongshan 1st road.
Les boutiques sous les alcôves ne sont pas encore ouvertes.
L’allée est vide.
Ils ne commencent qu’à 10h.
(mais bon ... souvenez-vous quand même qu’ils finissent à 22h ...)
9h20,
j’attends le métro,
4 minutes d’attente.
Je devrais être juste à l’heure pour retrouver Wan Chu avec qui j'ai rendez-vous à 9h30 dans la station Kaohsiung Arena :
« attention ! Ne sors pas ! On s'attend DANS la station !
- Ok Wan Chu … Ok … »
La voix égrène les noms :
« Houyi ...
Aozhidi ...
Jiu Dan »
Le nom en mandarin de Kaohsiung Arena,
littéralement cela se traduit par le dôme, de la forme de la toiture du palais des sports qui jouxte le centre commercial.
Heureusement que les stations sont aussi annoncées en anglais !
Je me dirige vers la porte de sortie
où je crois reconnaître ce physique, pourtant si courant dans ces contrées.
Sous sa casquette et derrière ses lunettes noires, cette jeune femme sportive pourrait être mon guide.
Je me rapproche.
Elle éclate de rire.
« I didn't see you !
- Me neither »
On était dans la même rame à quelques mètres l'un de l'autre.
Chacun dans ses pensées.
Je ne serai donc pas en retard ...
On passe les composteurs,
Wan Chu n’est pas sure de la sortie à emprunter.
On va voir sur le plan,
elle me montre la rue, et cherche les sorties.
Je lui montre laquelle il faut prendre.
« It’s here ! »
Elle éclate de rire, encore ...
« Je vous rappelle que je suis sensé être le touriste miss Su ! »
C’est à dire que c'est comme pour Ha Bao à l’aéroport, ou Cheng Wei les autres fois,
Wan Chu se déplace en scooter.
Donc le métro, pour elle, c’est chaque fois une aventure ...
Sortie 2.
On redescend Bo Ai road,
Deuxième à gauche.
MingHua road.
Pendant que nous remontons la rue, elle me demande comment s’est passé mon retour à Tsoying.
Je lui donne les grandes lignes.
Elle ne dit rien ...
« Quand tu vois le Familly Mart », c’est là ! »
Facile à retenir.
9h40.
Nous poussons la porte du studio de la compagnie Solar Site.
« Au moins, ce studio est au rez-de-ch .... »
Des casiers à chaussures sont disposés au pied d’un escalier qui ... monte aux studios.
J’ai parlé trop vite.
On pose nos sandales et comme dans toutes les écoles dans lesquelles j'ai pu travailler jusque là …
Nous montons.
Une volée d’escaliers plus haut, nous voilà dans le hall d’accueil.
À gauche, un petit studio d’environ 30 mètres carrés.
À droite, un autre un peu plus grand, celui où on va bosser.
Il y a déjà un jeune homme en train de s’étirer.
Il est assez vite rejoint par une danseuse, puis une autre ...
Wan Chu m’explique un peu le fonctionnement de la compagnie.
Deux patrons, une femme, un homme,
qui se partagent les tâches.
Ils ne seront pas là aujourd’hui mais devraient venir demain.
Ce sera l’occasion pour moi de parler français car le patron a fait ses études en France.
Je vais me changer dans le petit studio encore vide
et rentre dans le studio pour préparer la sono :
« pour avoir du son, c’est ce bouton » me montre Wan Chu
au dessus d'un idéogramme qui doit sûrement vouloir dire « auxiliaire » ou tout autre chose
« enfin bon sinon, tu pousses tous les boutons, il y en aura bien un qui fonctionnera ».
Les élèves arrivent tranquillement et se couchent pour s’étirer
(mais vraiment s’étirer ... façon danse traditionnelle chinoise ... et il n’est même pas 10h »
Wan Chu me présente une danseuse un peu plus âgée.
Elle est chorégraphe et arrive de Hong Kong.
(c’est d’ailleurs la première chose qu’elle m’ait dit après son prénom … que je me suis bien-sûr empressé d’oublier ...)
10h01.
Avec (un tout petit peu) d'appréhension, je demande à tout le monde de se lever.
(et oui ... je commence à l’heure ! )
Je fais un saut et je me jette par terre,
j’enchaîne avec une improvisation au sol en donnant des comptes improbables,
je reviens à ma position de départ en déroulant le dos et en disant :
« 11, 12, 13 »
Je me retourne, m’accoude à la barre :
« here we go ! »
Quelques regards médusés,
d’autres un peu inquiets,
mais la plupart esquissent le premier saut et tentent la suite.
J’éclate de rire :
« Come on ... I’m joking »
Ouf (discret !) de soulagement.
Les premiers sourires s'esquissent.
Voilà.
On a un peu détendu l’atmosphère.
On va pouvoir y aller.
J'attaque plus sérieusement la démonstration du premier exercice.
Six filles, deux garçons,
des niveaux et des âgés différents,
certains sont danseurs, d’autres performers,
amateurs, professionnels, en passe de le devenir,
j’ai visiblement devant moi tous les cas de figure.
(petite note à ceux qui ont déjà pris mes cours :
ils ont un peu galéré aux spirales, et bien sûr ... aux abdos où la jeune fille qui chante les a aussi fait rire)
Comme souvent ici, on applique tout de suite les consignes, du moins dans la forme.
(ça, c’est la petite note pour mes collègues enseignants ...)
Je fais relativement peu de corrections, le temps qu’ils impriment les choses.
On en reparlera demain.
Mais je repère déjà ce sur quoi on va travailler globalement,
et quelques choses ici et là plus personnalisées.
Dans mes comptes, je passe de l'anglais au chinois
(et Wan Chu rit discrètement … donc je sais que j'ai encore dit « poulet » à la place de « sept »..)
Je choisis « Gameland » comme musique pour la variation de fin de cours.
Une musique rapide qui convient bien aux danseurs d'ici.
On calmera le jeu une autre fois.
La musique leur parle.
C’est toujours agréable de sentir des corps réceptifs à une musique que l’on propose.
Quand on fait pour la première fois la variation en musique, Wan Chu me regarde et me dit :
« hééé … mais c'est rapide !
- je sais … »
Elle a déjà l'habitude de mon travail.
Pas les autres.
Certains arrivent à être en avance.
La musicalité.
Je commence à leur donner des corrections en ce sens.
On en reparlera aussi demain ...
11h40,
je remercie tout le monde.
Et ma foi, ils ont l’air contents.
En tous cas, moi, ça m’a fait le plus grand bien de remettre cette carcasse vieillissante en mouvement
(même si je redoute les courbatures qui apparaîtront probablement dès demain ...)
Et puis,
de revoir Wan Chu danser à mes côtés,
sereinement,
ça n'a pas de prix.
Sentir le bonheur émaner des corps.
Quel joli cadeau les élèves nous font là !
Le temps de se sécher un peu
(mon tee-shirt est passé du gris à l'anthracite),
de mettre les fringues trempées dans le sachet plastique prévu à cet effet
(je m’étonne moi-même de toute cette organisation !)
et nous repartons vers le métro avec cette chère miss Su.
Nous nous séparons sur le quai :
je rejoins la gare centrale,
elle va à celle de Zuoying, plus au nord où elle prendra le train pour Tainan
car elle enchaîne avec une répétition avec Liao Mo Hsi (dont je vous avais parlé le premier soir )
Je connais bien ce trajet,
celui que j'ai fait tous les matins l'an dernier,
la semaine où les françaises arrivaient.
À la gare, la chaleur est aussi écrasante que le ciel est bleu.
Je m’arrête au bar à thé du coin de la rue où on avait bu des bonnes choses avec Cheng Wei.
(oui, je sais, je vous l’ai déjà dit).
Je consulte la carte - qui est aussi en anglais, et ça, j’avais oublié -
thé vert, jus de kumquat ... ça me parle.
En première page, ils parlent de smoothie à la mangue.
C'était donc là que les filles étaient allées l'an dernier !
Un matin, Marie avait rappelé à Élise à quel point le smoothie qu'elle avait gouté la veille avait été délicieux
mais nous n’en avions pas su plus,
si ce n'est que c'était quand elles étaient allées faire du shopping avec Mimi près de la gare.
Je commande.
La jeune fille regarde ce que je pointe.
Elle me dit quelque chose que je comprends être,
« Patientez que l’on appelle votre numéro ».
Je m’assois sur les bancs juste en face.
Le préparateur vient me voir avec un sachet.
Forcément ...
Pas la peine de crier mon numéro, il sait que c’était moi.
Je le remercie et je remonte à l’appart’.
Le soleil est quasiment au zénith
et écrase autant les immeubles que la chaleur agit sur les corps.
Je déguste mes boissons tout en cherchant le nom de la Solar Site company en chinois sur Facebook.
Je veux l’envoyer à Tae Chi, si jamais il veut venir prendre le cours demain.
Il fait vraiment chaud,
un coup de clim’ s’impose.
Je m’installe sur le lit et m’endors.




Commentaires
Enregistrer un commentaire